[Chronique scientifique (La Tête en l’air): Les aurores polaires]

Dans le dernier épisode de [LA TÊTE EN L’AIR], nous expliquions l’origine des arcs-en-ciel. Nous voilà maintenant deux semaines plus tard, et comme promis, nous allons nous intéresser à un autre phénomène lumineux résultant également de l’activité du Soleil : les aurores polaires. 

Les aurores polaires se trouvent, comme leur appellation  l’indique, principalement aux plus grandes latitudes du globe terrestre. Ces lumières célestes prennent forme à une altitude comprise entre 80 km et 500 km. Dans l’hémisphère nord, elles s’appellent aurores boréales tandis que dans l’hémisphère sud on les qualifie d’aurores australes.

Quelle est l’origine des aurores polaires ? 

Le Soleil est à l’origine de ce phénomène ! Cette étoile 109 fois plus grande que la Terre éjecte du plasma sous forme de vents solaires. Les électrons et les protons qui composent ces derniers sont envoyés vers tous les recoins du Système solaire à une vitesse moyenne de 400 km/s. Certains parcourent les 150.000.000 km nous séparant du Soleil s’écrasent contre un bouclier naturel de la Terre : la magnétosphère ! 

Comment se forment-elles ?

Les aurores polaires se produisent généralement entre 20h et 1h du matin. Les particules arrivant jusqu’à notre atmosphère contournent la Terre grâce au champ magnétique terrestre. Parfois, lors d’éruptions solaires suffisamment fortes, il arrive que ces particules entrent dans l’atmosphère au niveau des pôles magnétiques : le pôle Nord et le pôle Sud. Attention, ces derniers ne sont pas identiques aux pôles géographiques ! Au contact de l’ionosphère (une couche de notre atmosphère), la matière solaire ionise ou excite les molécules et atomes des différents gaz présents (en particulier l’oxygène et l’azote). Cela entraîne la production de photons illuminant le ciel. Ainsi, chaque aurore est différente !

Quels sont les facteurs qui décident de leur forme et couleur ?

La coloration dépend du gaz ionisé, autrement dit de l’altitude de l’aurore et de l’intensité du vent solaire :

  • Entre 200 et 500 km d’altitude, l’oxygène ionisé produit une couleur violette rouge, voire légèrement bleue lorsque les vents solaires sont exceptionnellement intenses.
  • Entre 100 et 200 km d’altitude, la couche plus dense d’oxygène ionisé génère une couleur verte plus largement répandue.
  • Entre 80 et 100 km d’altitude, une couleur rose est produite lorsque de forts et denses vents solaires ionisent l’hydrogène et l’azote.

Les périodes d’activité solaire suivent un cycle solaire de 11 ans en moyenne. Lors de « pics d’activités solaires », des aurores pourraient être visibles jusqu’en France, voire en Espagne et au Maroc ! Cependant, ces fortes tempêtes solaires apportent également des problèmes tels que le brouillage de systèmes GPS et l’irradiation des passagers des avions à haute altitude. Pour être renseigné sur les activités aurorales et solaires en temps réel, nous vous conseillons le site : https://www.spaceweatherlive.com/fr.html.

Les aurores moins intenses pourraient être moins visibles à l’œil nu que sur les photos, ce qui explique pourquoi elles sont très appréciées par les photographes. Ce n’est d’ailleurs pas le seul phénomène météorologique qui intéresse ces derniers. Ils sont souvent aussi passionnés par les éclipses. Cela tombe bien, c’est ce que nous étudions dans le dernier épisode de cette chronique, dans trois semaines ! 

Article écrit par Amy Zhao et Florian d’Ingeo

Cet article n’engage que ses auteurs.trices.

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[Chronique scientifique (La tête en l’air): Comment se forment les arcs-en-ciel]

Dans l’épisode 2 de [LA TÊTE EN L’AIR], nous expliquions l’origine du mauvais temps. Nous voilà maintenant quatre semaines plus tard. Après la chronique spéciale dédiée à la Lune bleue il y a deux semaines, nous allons nous intéresser à un autre phénomène météorologique lumineux, qui résulte du mauvais temps : l’apparition des arcs-en-ciel.

Comment un arc-en-ciel se forme-t-il ?

Comme son nom l’indique, les arcs-en-ciel qui apparaissent devant nos yeux comme par magie prennent la forme d’un arc🏹. Leur apparence est dûe à des rayons du Soleil🌞. Nous avons déjà mentionné dans des épisodes précédents que la lumière « blanche » du Soleil contient en réalité toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Lorsque ces rayons de Soleil traversent les gouttes d’eau, ils se réfléchissent et se réfractent à l’intérieur. En conséquence, la lumière « blanche » se décompose et tous les faisceaux de couleurs différentes se séparent. Comme les gouttes d’eau sont un prérequis à la formation d’un arc-en-ciel, ce dernier ne peut ainsi être observé qu’après une averse 🌧, ou quand on observe des gouttes d’eau en l’air en tournant le dos au soleil.

Les couleurs d’un arc-en-ciel conservent-elles toujours le même ordre d’apparition ?

La réponse est oui. Les couleurs se répartissent dans un ordre précis, avec de l’extérieur à l’intérieur : rouge, orange, jaune, vert, bleu, indigo et violet. Cet ordre est mené par les différents indices de réfraction n de l’eau des couleurs. Autrement dit, la couleur réfléchie suivant le plus grand angle préférentiel se trouve à l’extérieur dans un arc-en-ciel 🌈, c’est-à-dire la lumière rouge (42,4°). Ainsi, étant donné que nos yeux ne peuvent constater qu’une couleur par goutte d’eau même si toutes les couleurs sont renvoyées, les gouttes les plus hautes contribuent à la lumière rouge, les plus basses à la lumière violette. 

Un petit point complémentaire : 

En réalité, l’arc-en-ciel regroupe toutes les teintes entre le rouge et le violet dont les nuances sont infinies. Dans ce contexte, c’était Isaac Newton qui avait décomposé la lumière avec l’aide d’un prisme. Les cinq couleurs qu’il avait dénombré en première étaient les trois primaires (rouge, bleu, jaune) et les deux secondaires (violet et vert). Il y a rajouté l’indigo et l’orange pour obtenir sept couleurs, en tenant la croyance que le chiffre 7 est mystique. En effet, ce chiffre est disséminé partout ailleurs, par exemple les 7 couleurs musicales ♪, les 7 jours de la semaine 📅, les 7 merveilles du monde, etc.

L’hiver s’approche et les jours se raccourcissent, ce qui nous fait penser à un autre phénomène lumineux : les aurores polaires. Composées également de différentes couleurs, quels sont leurs liens avec le Soleil ? Rendez-vous dans deux semaines pour le découvrir !

Texte rédigé par : Qianwen Zhao

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[Chronique scientifique (La Tête en l’air): La chronique lunatique]

Aujourd’hui, l’antenne UNESCO avait prévu de vous parler d’arcs-en-ciel, mais 2020 est une année pleine de rebondissements! Cette semaine est en effet très particulière du côté de la Lune 🌙, raison pour laquelle on braque les projecteurs sur notre satellite préféré!


À la racine des phénomènes d’éclipse, métaphore du cyclique ou encore éclairage des
amoureux, la Lune fait tourner des têtes pour beaucoup de raisons. L’humanité entretient depuis
la nuit des temps une relation étroite la Lune, que l’on pense aux Mayas qui s’en servaient pour
identifier les cycles de récoltes 🌱jusqu’à son rôle central dans le phénomène de marées qui
oriente fortement notre relation avec la mer 🌊. Or, avec l’accélération technologique de nos
sociétés et l’agrandissement constant des perspectives de l’exploration spatiale 🚀, la Lune
ajoute de nouvelles cordes à son arc et se dévoile sous un jour nouveau.


De l’eau au service de notre soif d’exploration spatiale


Alors, qu’est-ce qu’elle a de si spéciale pour la Lune, cette semaine? Pour commencer, on a fêté
la confirmation d’une hypothèse vieille de plus de dix ans supposant la présence d’eau sur la
surface lunaire. C’est au sein de l’observatoire stratosphérique d’astronomie infrarouge (SOFIA)
🔭 de la NASA que les scientifiques ont cette semaine réussi à confirmer hors de tout doute la
présence d’eau dans le cratère Clavius, le plus gros de la face visible de la Lune.
Mais qu’est-ce que ça change? Et bien la confirmation de quantités observables d’eau sur la
surface lunaire redéfinit de plusieurs manières la façon dont l’humanité pourrait interagir notre
gros caillou: les quantités sont-elles assez grandes pour que l’on puisse établir une base
scientifique sur la Lune qui soit viable à long terme 👩🚀? Ensuite, si elle peut être bue, l’eau
est également une source de carburant et d’oxygène pour un éventuel campement lunaire
permanent. Soumise à la bonne série de manipulations chimiques, on peut en effet y obtenir du
gaz et de l’oxygène ⛽.


Le premier Halloween du genre depuis des Lunes!


Mais ce n’est pas tout! Pour nous ramener les pieds sur Terre, parlons de la deuxième raison
pour laquelle la Lune reluit dans notre chronique d’aujourd’hui : l’Halloween 🎃! Nous avons
tous déjà vu les clichés dépeignant la fête des esprits comme une nuit sombre bercée
d’épouvante sous une Lune pleine prône aux rites sorciers les plus obscurs et aux réveils de
loups-garous. On se dit alors que le scénario est parfait lorsque la fête concorde avec cette
phase du calendrier lunaire. Or, dans un 2020 qui ne fait pas les choses à moitié, non seulement
notre Lune sera-t-elle pleine le 31 Octobre prochain, mais il s’agira également d’une pleine Lune
totalement externe au calendrier lunaire ordinaire: une lune bleue ☾. Attention! Il est important
de préciser que par lune bleue, on décrit le phénomène de l’ajout d’une treizième pleine lune au
calendrier lunaire annuel régulier qui n’en conçoit habituellement que douze. Elle n’a de bleu
que son nom.


Alors comment se fait-il que 2020 ait-il réussi à ajouter une Lune complète à l’horaire? Est-ce dû
à ses talents particuliers en optimisation d’emploi du temps? À vrai dire, pas du tout. Le cycle lunaire, au niveau macro, s’étale en réalité sur une période située entre deux et trois ans,
fréquence au bout de laquelle une Lune bleue fait son apparition. En somme, si vous êtes en
âge de lire cet article, vous en avez déjà probablement vécu plusieurs. En contrepartie, la vraie
rareté s’obtient lorsque l’on combine le phénomène de Lune bleue à celui de la nuit de
l’épouvante avec une dernière manifestation du phénomène tombant en plein durant la
deuxième Guerre mondiale. Notre conseil : profitez-en bien et dévorez-la des yeux ce samedi.
C’est probablement la seule de votre vie! 😉


On se retrouve à la prochaine chronique pour parler (pour de vrai cette fois) d’arcs-en-ciel!🌈


Article écrit par Philippe Fleury

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[Chronique scientifique: (La tête en l’air): Le mauvais temps]

Temps de lecture : 1min30

Dans l’épisode 1 de [LA TÊTE EN L’AIR] nous expliquions l’origine du bleu céleste. Nous voilà deux semaines plus tard et comme promis, après le ciel bleu vient le mauvais temps !

🌧️ ➡ Comment se forment les nuages et la pluie ?

Les nuages naissent grâce à l’évaporation des grandes étendues d’eau à la surface de la Terre (océans, mers, lacs…). Les gouttelettes qui grimpent dans le ciel grâce aux mouvements d’air ont tendance à se regrouper autour de « noyaux de condensation » (poussières, pollens…). Ainsi se forment ces gros réservoirs d’eau.

De nombreux critères peuvent faire varier la taille d’une goutte d’eau. Il arrive aussi que plusieurs gouttelettes d’un nuage se regroupent en une. Ainsi, la masse globale de la goutte d’eau augmente. Lorsque les courants d’airs ne sont plus capables de soutenir leur poids, les gouttes d’eau tombent et forment sur leur zone d’atterrissage une pluie !

Mauvais Temps, Orage, Ligurie, Météo

➡ Mais alors éclairs, tonnerre, foudre, orage… Comment ça marche ? 🤔 En général, plus l’humidité dans l’air augmente, plus les nuages sont gros et/ou denses. Toutes les gouttelettes d’eau qui composent ces nuages sont mobiles et à force de se frotter les unes aux autres, elles créent… de l’électricité ! • Si trop d’électricité s’accumule dans un nuage, celui-ci a besoin de se décharger et forme un éclair. FIIIIZ ! ⚡ • En se déplaçant dans l’espace, les éclairs font vibrer des masses d’air et cela créé… du son ! C’est ce qu’on appelle le tonnerre. CRAAAAAAK ! 🔊 • L’éclair peut se déplacer d’un nuage à l’autre ou bien d’un nuage vers la Terre. La foudre caractérise un éclair qui touche le sol. 👀 • Une fois que les nuages se sont vidés et qu’il arrête de pleuvoir, on dit que l’orage est terminé. Cui-cui 🐦 Lors du retour au beau temps⛅, un curieux phénomène a régulièrement lieu : rendez-vous dans deux semaines pour partir à la recherche du trésor de l’arc-en-ciel ! 🌈

Article de : Florian D’Ingeo

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[Chronique scientifique (La tête en l’air): Pourquoi le ciel est-il bleu?]

L’antenne Unesco vous présente sa chronique scientifique! Tous les jeudis retrouvez sur notre page une publication en rapport avec les sciences. Aujourd’hui nous vous présentons la rubrique « Tête en l’air », qui vise à vulgariser et expliquer les phénomènes qui ont lieu dans le ciel et l’espace.

C’est la rentrée !
L’automne est venu bousculer l’été et il est déjà temps de ranger les claquettes pour enfiler ses chaussettes… Hum. Blague à part, il nous manque déjà, ce ciel bleu.
Mais d’ailleurs, pourquoi est-il bleu ?

Autour de la Terre, une atmosphère protège la vie. Elle filtre les rayonnements solaires ultraviolets et conserve une chaleur suffisamment stable à la surface du globe pour que la vie s’y développe. Cette couche d’air est composée de divers éléments gazeux : diazote, dioxygène, argon, dioxyde de carbone…

Le Soleil diffuse une lumière dite « blanche », c’est-à-dire un mélange de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel . Lorsque les gaz qui composent notre atmosphère sont frappés par la lumière blanche du Soleil, ils retiennent une partie du rayonnement et ne diffusent que certaines couleurs, notamment des teintes de bleu .

Sans notre atmosphère et ces gaz en suspension autour de la Terre, nous aurions donc droit à un ciel… tout noir (incolore). Le phénomène du ciel bleu n’existe, tel que nous le connaissons, que sur Terre !

Certains astres n’ont pas d’atmosphère. Ainsi, rien ne reçoit de lumière, mais rien n’en diffuse non plus. Voilà pourquoi depuis la Lune, le ciel n’a pas de couleur ! Sur Mars, la composition de l’atmosphère (poussière, gaz carbonique) rend le ciel orange pâle ou rose.

Les gouttes d’eau sont capables de diffuser toutes les couleurs de la lumière projetée par le Soleil : voilà pourquoi les nuages sont blancs . D’ailleurs, le mauvais temps, comment ça marche ? RDV dans deux semaines pour la réponse !

Article de Florian d’Ingeo

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[Espèces messicoles : Le printemps, ce monde en couleur]

Alors que les hirondelles viennent nous chanter le début du printemps, certains chanceux ont déjà dû remarquer ces teintes éclatantes qui colorent nos campagnes. Mais qui sont ces intruses qui parsèment le paysage agricole ? On les appelle les messicoles !

Étymologiquement, leur nom signifie « qui habite les moissons ». Elles adorent profiter des soins apportés aux cultures et ont su s’adapter pour survivre aux labours. Voilà pourquoi on les trouve principalement dans les champs de blé, d’orge, de seigle, d’avoine…

Les messicoles sont de grandes voyageuses : la diffusion des espèces cultivées, dès le néolithique, leur a permis de traverser les époques et les paysages pour arriver jusqu’à chez vous ! Ces plantes constituent un élément indispensable dans les équilibres agro-écologique. Elles servent de nourriture et de refuge pour diverses espèces d’animaux et d’insectes, leur permettant de participer activement à la pollinisation des espèces cultivées.

Il est donc impératif de les protéger ! En attendant les moissons, coquelicots et bleuets cohabiteront avec les plantations de céréales et continueront de former ces étonnants mélanges de couleurs… Pour notre plus grand bonheur !

Article de : Florian D’ingeo

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[L’UNESCO fournit des cadres éthiques aux réponses de COVID-19]

Pour répondre à la pandémie mondiale, les états doivent prendre des décisions rapides cependant, des questions éthiques se posent dans ce contexte d’urgence. L’UNESCO, le Comité international de bioéthique et la Commission mondiale d’éthique des connaissances scientifiques et technologiques se proposent de répondre à de multiples questionnements concernant les ressources médicales, les normes éthiques dans la recherche d’un vaccin, le droit à la vie privée et les nouvelles applications gouvernementales… Ainsi, au travers de vidéos, des éthiciens, bio éthiciens, philosophes et professionnels de la santé du monde entier se sont emparés du sujet pour tenter d’y apporter une réponse.

Professeur de philosophie à l’université Stellenbosch et spécialiste en éthique environnementale, Johan Hattingh avance le fait que les mesures prises contre le virus peuvent être aussi mortelles que le virus lui même. En effet, les pouvoirs politique ont tendance à ne pas considérer tous les laissés pour compte dans leur prise de décision. Or, le confinement doit prendre en considération le manque de ressources essentielles pour certains foyers ou encore l’exposition aux violences conjugales. Si ces risques devraient pouvoir être prévenus, ils le sont rarement du fait que ceux qui prennent les décisions se sentent différents « d’eux », cette catégorie mise à part dans le système social et qui n’apparaît qu’en simple dommage collatéral en temps de crise. Pour que les droits humains soient respectés, une politique flexible et intelligente doit être mise en place. De plus, les décideurs doivent s’interroger si les personnes les plus pauvres et vulnérables sont en capacité de pouvoir faire remonter les dangers qu’ils subissent et si c’est le cas, si ces personnes sont écoutées et non mises au silence par ceux là mêmes qui occupent une position de pouvoir.

Johan Hattingh établit un lien, corroboré par les scientifiques, entre changement climatique et transfert du virus entre espèces. Même si il n’y a pas de preuves directes attestant un lien entre le covid-19 et le changement climatique, celui ci peut changer le niveau d’un virus ainsi que ses hôtes. En effet, plus l’homme pénètrera dans des territoires sauvage et qu’il dérèglera l’environnement, plus il s’exposera à des maladies que l’on ne comprend pas et que l’on ne connaît pas. On peut s’inquiéter que le covid-19 soit seulement l’une des nombreuses pandémies qu’on affrontera dans le futur. Même si des pays ont commencé à réguler les contacts entre la vie sauvage et les hommes, notamment pour la vente de viande d’animal sauvage, il est nécessaire de sauvegarder notre biodiversité et de considérer l’avis des scientifiques. 

Pour Ames Dhai, vice présidente du Comité international de Bioéthique, le Covid-19 révèle la vulnérabilité humaine. Elle s’interroge sur la manière dont les acteurs d’une société peuvent eux aussi donner au personnel de santé qui s’expose en prenant des risques disproportionnés au nom du devoir et du bien commun. Ames Dhai suggère que les preneurs de décisions fassent attention aux travailleurs de la santé en leur fournissant un accès prioritaire à l’équipement de protection mais aussi aux unités de soins intensifs s’ils sont contaminés.

Vitoria Afonso Langa de Jesus, directrice exécutive au FNI, réfléchit sur la stratégie de communication en temps de crise sanitaire publique. Pour elle, une communication basée sur la franchise et des informations scientifiquement valides, est essentielle pour coordonner les stratégies et les actions. Il est nécessaire d’éviter la désinformation en utilisant une source d’information plurielle et variée. Elle met l’emphase sur les problèmes de vulnérabilité et d’inégalité des groupes sociaux ayant des conditions défavorables, il faut pour elle s’adapter aux réalités locales surtout dans les zones de banlieue et de campagne.

Pour le philosophe Peter Paul Verbeek, les nouvelles technologies peuvent jouer un grand rôle dans la gestion de la pandémie, elles peuvent servir à surveiller la propagation du virus ainsi que le comportement humain. S’attache à ce rôle la question d’une utilisation responsable et respectueuse des droits humains privés. En effet, avertir les personnes qu’elles ont été en contact avec une personne infectée est une intrusion dans la vie privée de l’individu. De plus, se pose la question du stockage des données, de l’appartenance de ces informations, de leur suppression ou encore de leur vulnérabilité face aux hackers. Enfin P. P. Verbeek s’interroge sur le fait que ces applications soient rendues obligatoire et sur leur utilité réelle.

Hervé Chneiwess, docteur en médecine et directeur de recherche au CNRS insiste sur la nécessité de preuves scientifiques solides, même pendant une crise épidémique. Selon lui,  l’urgence de trouver une cure ne doit pas empêcher une recherche responsable, surveillée par des comités éthiques. La peur, la précipitation, les pressions médiatiques et économiques ne doivent pas faire abandonner ces principes éthiques qui ne peuvent en aucun cas être transgressés sinon ajustés. Il est urgent de coordonner les efforts au niveau international par la création d’un comité de surveillance au niveau mondial mais aussi de donner accès aux résultats de recherches à tous. Pour cela, les gouvernement et institutions qui actuellement financent les recherches devraient demander l’abandon des brevets sans limite géographique. Il est nécessaire pour Hervé Chneiwess de pouvoir avoir confiance en une structure garantissant la production de traitements à la fois efficaces, sécuritaires et abordables.

La philosophe Marie-Genviève Pinsart s’intéresse à l’anticipation, conjugaison entre faits avérés et imagination. Pour elle, anticiper face à tout type de crise pandémique, c’est mettre en place un contexte médical et politique stable permettant un accès au soin pour tous, un bon enseignement en médecine, une bonne recherche, du matériel et une société faisant appel aux scientifiques pour les décisions politiques. Pour Marie-Genviève Pinsart, la pénurie de masques et de respirateurs dans les pays occidentaux révèle la faiblesse de la production avec la délocalisation ainsi que l’importance de la coopération. Sans l’anticipation, on ne peut pas toujours combler le manque, elle est cruciale et les politiques en sont responsables. Ils doivent assumer les décisions prise face aux citoyens au niveau de l’anticipation du matériel, des différentes phases de confinement et déconfinement mais aussi du financement de la recherche.

Pour la philosophe des sciences Emma Ruttkamp-Bloem, l’état doit être transparent dans les décisions prises afin de respecter la dignité humaine de chaque citoyen. Elle souhaite revaloriser l’effort commun, pour elle tous les niveaux de la société civile doivent être engagés dans cette prise de décision. Pour cela, des mécanismes doivent être mis en place pour s’assurer que le raisonnement public puisse avoir sa place dans l’anticipation et durant les crises majeures et que les comités éthiques nationaux puissent conseiller les gouvernements, mêmes durant la phase suivant la fin de la crise.

Le philosophe  Ali Benmakhlouf aborde lui aussi le thème de l’action commune et de la solidarité interactive. Il soulève un paradoxe particulier : alors que cette pandémie est inconnue tant au niveau de sa durée, sa gravité et la nature de son traitement, elle rend visible des choses connues tel que les vulnérabilités selon le genre, les positions socio-économiques, ou encore l’insalubrité des logements.

Le médecin Sami Richa aborde le sujet des malades mentaux face au Covid-19. Plus fragiles, ils ont plus de chance d’être affectés par le Covid 19, ont plus de difficultés à suivre les règles de distanciation sociale, ont plus de risque d’anxiété et de dépression. Ils ont plus de chance d’arrêter leur traitement et donc plus de risque de rechute dans leur maladie. Sami Richa s’interroge si les besoins spécifiques de ces personnes sont pris en compte par les organes décisionnaires mais aussi par le personnel soignant s’ils sont atteints.  

Article de : Sana Tekaïa

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