LE STREET ART PARISIEN QUI SOUTIENT L’UKRAINE

À Paris comme ailleurs, les artistes soutiennent les Ukrainiens avec des messages de paix et de solidarité en forme d’images dans les murs. L’Ukraine est pleine de street art et plusieurs artistes français et parisiens y voyagent pour les voir.

Dans le 13e arrondissement, au boulevard Vincent Auriol, on apprécie l’oeuvre de Djoulay Papaye. L’artiste signe ici une fresque pour la Paix, pour l’Ukraine, pour la Vie, pour l’Avenir, pour les Femmes, pour les Innocents.

À Rue Barrault, 11 femmes street artistes sont intervenues en live painting à l’occasion de la Journée des Droits de la Femme. La street artiste Carole B Collage a décidé de changer son oeuvre initiale pour soutenir les Ukrainiens et Ukrainiennes : Wonder Woman couronnée de fleurs aux couleurs du drapeau ukrainien, du violet pour la couleur symbolique de la lutte pour le droit des femmes et de l’égalité, mais aussi car la couleur de Marianne à l’international. Ensuite, on lit « Liberté, Égalité, Solidarité » avec les dates de déclaration d’indépendance, proclamée à Kiev en 1917 et le 24 août 1991. Sur son compte Instagram elle a déclaré “Non à la guerre, non à l’injustice”. 

À la Butte aux Cailles, terrain des street artistes, on découvre de nombreuses oeuvres en soutien pour l’Ukraine. « Fight for your rights« , de l’artiste Kelu Abstract, juste en face de l’oeuvre de son ami Jeff Aérosol.

Dans la rue Domrémy et Patay, on voit l’œuvre de Christian Guémy, ou C215, qui rend hommage aux anonymes, victimes et héros de la guerre. Pour l’artiste, cette œuvre, de la taille de 4 étages, représente un enfant universel, avec une couronne de fleurs sur la tête, « symbole des pays slaves ». Il s’est inspiré d’une citation du résistant Ukrainien Volodymyr Zelensky: « Je ne veux vraiment pas de mes photos dans vos bureaux, car je ne suis ni un dieu, ni une icône, mais un serviteur de la Nation. Accrochez plutôt les photos de vos enfants et regardez-les à chaque fois que vous prendrez une décision ».

L’artiste Bebar a décrit son œuvre sur Instagram: « Fresque peinte en soutien au peuple Ukrainien. Il m’a été très difficile de trouver les mots justes lors de l’inauguration. En tant qu’artiste, je me devais de participer bénévolement à cette cause, mais aussi comme citoyen pour prôner la Paix et la Liberté et dénoncer cette guerre fratricide !»

À la rue Buot, on voit la petite fille de Julien Mallan, plus connue comme Seth Globepainter qui représente les enfants qu’il a rencontré en Donbass, l’une des régions ukrainiennes au cœur du conflit.  Au HuffPost US, il a déclaré: “Ce dessin symbolise le courage des Ukrainiens face à l’invasion russe (…) je sais à quel point il est important pour les personnes qui vivent cette situation dramatique de savoir que nous pensons à elles”.

On suggère alors la sensibilisation des habitants de Paris et des touristes dans un détour au 13 ème arrondissement pour voir les dénonciations des artistes à Paris contre la guerre et leur compassion, sensibilisation et soutien aux victimes et à la paix en Ukraine.

SOURCE : https://www.sortiraparis.com/arts-culture/exposition/articles/272465-quand-le-street-art-soutient-l-ukraine-a-paris

LUISA MARUJO IBRAHIM

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[Portraits de la semaine: Raymond Aron, philosophe de la paix et de la liberté]

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Dans un moment de l’histoire où la guerre frappe aux portes de l’Europe, où la paix est mise en discussion et menacée, il y a un philosophe dont la lecture pourrait nous aider à éclaircir l’actualité, à l’interpréter et l’analyser : Raymond Aron, et ses écrits tels que Paix et guerre entre les nations (1962), Essai sur les libertés (1965), Démocratie et totalitarisme (1965), et beaucoup d’autres ouvrages qui ont marqué l’histoire de la philosophie politique et de la sociologie du XXème siècle.

Ecrivain prolifique et intellectuel indépendant, Raymond Aron naît à Paris en 1905 et il intègre en 1924 l’École Normale Supérieure, la même année que Paul Nizan et Jean-Paul Sartre, avec lequel il entretiendra pour toute sa vie une relation assez compliquée : amis pendant les années de la rue d’Ulm, les deux intellectuels commencent à avoir des divergences au niveau politique, divergences qui s’accentuent quand Aron prend les distances à l’égard du maoïsme de Sartre, pour se rapprocher de la pensée libérale. 

Si – dans l’ouvrage homonyme – Aron se définit « spectateur engagé », c’est pour souligner, d’un côté, la nécessité d’une prise de position, du choix, de la décision politique qui accompagne l’intellectuel engagé et, de l’autre côté, la lucidité du spectateur, c’est-à-dire l’observation, l’analyse lucide d’une personne qui regarde les faits sans prétendre jouer un rôle moralisateur, le rôle du grand maître moralisateur qu’il faut suivre. 

         C’est aussi grâce à cette posture engagée et, en même temps, détachée que les analyses philosophiques, sociologiques et politiques de Raymond Aron présentent une lucidité qui est très souvent synonyme d’indépendance intellectuelle, de refus du dogmatisme : sans jamais adhérer aveuglément à une idéologie préconstituée, l’auteur de l’Essai sur les libertés explique les événements de son époque en gardant une liberté intellectuelle à laquelle beaucoup de ses contemporains avaient renoncé. 

         Confiant dans le progrès sans l’idolâtrer, Raymond Aron a toujours incarné une manière de penser modérée et pondérée, plus encline au dialogue et à la réflexion qu’aux solutions extrêmes. La philosophie aronienne est une philosophie de la liberté et de la paix dans la mesure où elle dénonce toute forme de totalitarisme, phénomène que l’auteur de Démocratie et totalitarisme analyse et définit en cinq points :

« 1. Le phénomène totalitaire intervient dans un régime qui accorde à un parti le monopole de l’activité politique.

2. Le parti monopolistique est animé ou armé d’une idéologie à laquelle il confère une autorité absolue et qui, par la suite, devient la vérité officielle de l’État.

3. Pour répandre cette vérité officielle, l’État se réserve à son tour un double monopole, le monopole des moyens de force et celui des moyens de persuasion. L’ensemble des moyens de communication, radio télévision, presse, est dirigé, commandé par l’État et ceux qui le représentent.

4. La plupart des activités économiques et professionnelles sont soumises à l’État et deviennent d’une certaine façon, partie de l’État lui-même. Comme l’État est inséparable de son idéologie, la plupart des activités économiques ou professionnelles sont colorées par la vérité officielle.

5. Tout en étant désormais activité d’État et toute activité étant soumise à l’idéologie, une faute commise dans une activité économique ou professionnelle est simultanément une faute idéologique. »

(Aron, Raymond, Démocratie et totalitarisme, 1965, coll. Idées, Gallimard, Paris)

Cette lucidité analytique se retrouve également chez l’Aron théoricien des relations internationales : on fait référence, entre autres, à des ouvrages comme Paix et guerre entre les nations (1962), où la réflexion sociologique se mêle à une observation attentive des actualités géopolitiques, où la théorie du philosophe s’unit à l’expérience pratique du journaliste, comme le montre la division de l’œuvre elle-même, dont les quatre parties sont, successivement, « théorie », « sociologie », « histoire » et « praxéologie ». 

Complexe et hétérogène, l’œuvre de Raymond Aron se situe au carrefour entre plusieurs disciplines, en touchant des sujets différents et variés : des relations internationales à la politique interne française, de l’histoire à la sociologie, toujours avec un esprit libre, une indépendance intellectuelle assez rare, un attachement sincère aux valeurs de paix et liberté.

Cet article n’engage que son auteur

Emilia Bezzo

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[Rubrique Culturelle: Exposition « Réseaux-Mondes » au Centre Pompidou]

« Tout est-il devenu réseau ? » Voilà la question posée par le Centre Pompidou dans cette exposition qui tiens du 23 février au 25 avril 2022. On y découvre toute l’étendue et la complexité de ce qu’est un « réseau ». En effet, si aujourd’hui on peut se demander si tout n’est pas réseau, c’est parce qu’il s’agit d’une notion qui a connu une extension considérable, dans tous les domaines de la société.

L’exposition présente donc les différents angles sous lesquels on peut déterminer ce que sont les « réseaux » et leurs impacts, en suivant l’évolution même de l’élargissement de sa définition.

Le terme de « réseau » apparait au XIIe siècle pour nommer le « nœud », puis, il est utilisé par les philosophes des Lumières pour désigner plus généralement « ce qui relie », ou encore par des scientifiques pour représenter la transmission neuronale et vasculaire. On retrouve donc naturellement des œuvres textiles réalisées autour du nœud, du tissage. Par exemple, l’artiste Julien Prévieux travaille des fils de laine entremêlés pour relier différents points et représenter l’évolution du parcours visuel ; cette artiste norvégienne, Gjertrud Hals travaille à partir de fibres de cuivre ou de fer pour reproduire le réseau sanguin. Ce lien fort au sens étymologique donne matière à inspirer de nombreux artistes contemporains, dans l’expérimentation d’œuvres très variées. 

Il est ensuite exposé, la vision utopique de la ville des années 1950, avec la présentation d’œuvres d’artistes et de dessins d’architectes représentant un « réseau global ». Le réseau mêle ainsi urbanisation et cybernétique. L’idée qui en ressort est principalement la représentation du réseau au sein des villes, dont l’extension serait sans limite.

Ensuite, ont été réunies des œuvres se plongeant au cœur du réseau informatique depuis son éclosion, en critiquant leurs effets sur la société. Ainsi, le centre Pompidou met en avant, au côté du minitel, des œuvres connectées en temps réels au réseau internet ou réseaux de crypto-monnaie. La majorité des artistes cherchent à y dénoncer les failles. Pour cela sont proposées, par exemple, des analyses de vidéos satellites de la NASA, des démonstrations du site internet Jodi, révélant pour la première fois la possibilité d’appréhender internet comme une matière artistique, ou encore un plateau de jeu rendant visible les arnaques de la blockchain !

Enfin, l’exposition explore la façon dont la « vitalité informatique » s’est mise au service du lien au sein du vivant, ou entre le vivant et le non-vivant, la biologie et l’intelligence artificielle, le tout abordé dans une dimension écologique.

La richesse de cette exposition se trouve dans l’ampleur des sujets traités, que ce soit concernant la variété des techniques artistiques allant de dessins, peintures, sculptures, vidéos, photographies, radios ; ou concernant la diversité des réseaux en eux-même, avec l’impact des avancées technologiques et leurs failles. De plus, le réseau peut aussi représenter le lien entre l’art, le design, l’architecture, les sciences et la société elle-même.

Une exposition dont l’apparente complexité la rend finalement accessible pour un public assez large : qu’on aime l’art, les sciences, la sociologie, l’informatique, tout le monde y trouvera un intérêt, car finalement au sein de cette exposition tous les domaines n’auraient-ils pas un lien ?

Article de Charlotte Gutmann.

Sources : https://www.centrepompidou.fr/fr/

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[Combat pour la restitution des marbres du Parthénon]

C’est en raison des fuites d’eau dans le bâtiment du British Muséum que le débat pour la restitution des marbres du Parthénon est revenu sur le devant de la scène. En effet, c’est ce que souligne le Comité intergouvernemental “Retour & Restitution” de l’Unesco, l’urgence de son retour dépend déjà d’une réclamation de longue date, et surtout, par rapport aux conditions actuelles de conservations qui sont alarmantes. 

En effet, ces marbres sont conservés depuis 1816 au British Muséum de Londres. C’est le diplomate et militaire Lord Elgin en 1801 qui les a fait déplacés jusque dans le territoire britannique lorsqu’il était ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l’Empire ottoman, sous lequel la Grèce était sous contrôle.

Alors que la ville d’Athènes attend depuis le début du XIXème siècle la restitution des marbres du Parthénon, elle entreprend la construction d’un nouveau musée dans lequel des salles sont dédiées au retour des 75 mètres de frise détenues par le British Museum. En effet, ne pouvant obtenir le rapatriement définitif des fresques, La Grèce a demandé au musée de Londres de leur prêter la fresque pour fêter le bicentenaire de son indépendance. 

L’ironie de cette histoire est celle de redonner espoir à la Grèce, non pas grâce à un dialogue bien mené entre les deux pays, mais à cause de problèmes techniques liés à la conservation. Il faut par conséquent attendre l’extrême, c’est-à-dire la détérioration d’une œuvre d’art, pour agir. 

C’est de part l’actualité “humide”, ainsi que dans ce contexte conflictuel que le Comité intergouvernemental “Retour & Restitution” intervient. Effectivement, créé en 1976 sous l’égide de l’Unesco, ce comité d’experts a pour but d’entreprendre, de guider et de faciliter les échanges et négociations autour de la restitution de propriété culturelle dans un cadre d’une période coloniale ou acquise de manière illicite.

L’avancé de cette restitution devrait alors être abordée et définie par le rapport de la 22ème session du Comité. Seulement, Boris Johnson reste ferme sur le fait que ces œuvres antiques resteront sur le territoire anglais puisque son donateur, le Lord Elgin, les auraient acquises de manière légale. Il met fin alors à toutes discussions, aussi bien pour une restitution que pour le prêt.

Aujourd’hui le débat perdure encore, mais pour finir sur une note positive, nous avons le musée italien de Palerme en Sicile qui prête sur une longue durée, un fragment qu’ils avaient du pied d’Artemis, afin de montrer l’exemple, notamment au British Muséum.  

Source photo : Jean-Pierre Dalbéra – Panneau de la frise des Panathénées (lieu : British Museum) https://www.flickr.com/photos/dalbera/8706164279 

Source texte : 

Clara Baudry : https://www.connaissancedesarts.com/musees/british-museum/retour-en-grece-des-marbres-du-parthenon-lunesco-relance-le-debat-11164429/ 

Lou Fritel https://www.lefigaro.fr/culture/marbres-du-parthenon-l-unesco-appelle-le-british-museum-a-revoir-sa-position-20211005 

Antoine Bourdon : 

https://www.connaissancedesarts.com/monuments-patrimoine/marbres-du-parthenon-boris-johnson-dit-non-au-retour-des-sculptures-en-grece-11154149/

Violette Celbert : https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/la-grece-relance-sa-campagne-pour-une-restitution-des-frises-du-parthenon-20211116

Article d’Aurélie Ménard

Cet article n’engage que son auteure

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« Exposition Paris-Athènes au Musée du Louvre »

L’exposition Paris Athènes au musée du Louvre se tient du 30 septembre 2021 jusqu’au 7 février 2022. Elle est ainsi mise en place à l’occasion du bicentenaire de la révolution grecque en 1821 qui, petit rappel historique, a permis à la Grèce, vivement soutenue par la puissance européenne, à faire reconnaître son indépendance par l’Empire Ottoman. Ainsi nous retrouvons l’influence allemande et française notamment dans un certain nombre d’œuvres grecques, empreintes des mouvements artistiques néoclassiques d’Europe de l’Ouest. L’exposition retrace une période plus vaste marquée de conflits géopolitiques, de la naissance de la Grèce moderne de 1675 à 1919. L’exposition nous plonge dans un voyage entre Paris et Athènes en nous faisant parvenir l’héritage d’un mélange de culture grecque et européenne.

Il est donc possible au travers de cette exposition de comprendre et retracer l’origine de l’inspiration grecque qui a poussé de nombreux artistes et intellectuels à la création à travers toute l’Europe. L’exposition mêlant développement de l’État grec moderne et histoire archéologique de cette région est magnifiquement présentée dans le hall Napoléon du musée du Louvre au travers d’un parcours chronologique détaillé. Ainsi sont présentées au public sculptures, tenues traditionnelles et peintures qui sauront ravir les passionnés d’histoire de l’art et les curieux intrigués par la découverte de trésors artistiques souvent méconnus légués par cette période.

L’exposition est encore visible pour trois jours, dépêchez-vous !

Un article de Lili M’rabet

Cet article n’engage que son autrice.

Source :

Expo Paris-Athènes au Musée du Louvre | Réservation de Billet | Expo Paris 2022

Paris – Athènes (louvre.fr)

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[Portraits de personnalités inspirantes: Simone Veil ]

Rescapée de la Shoah, constructrice de l’Europe et de ses valeurs, première femme présidente du Parlement européen : Simone Veil est une figure centrale dans l’histoire du XXème siècle, figure qui incarne les idéaux de liberté et de dignité humaine au nom desquels elle ne cessa jamais d’agir.

Née à Nice en 1927, Simone Veil nous a quittés en 2017, le 30 juin 2017, après une vie menée sous le signe de l’engagement et de la responsabilité publique, au sein des institutions de l’Union européenne et de la République française, qu’elle a servi, entre autres, en tant que ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.

Finalisés non pas au conflit mais au progrès et à l’intérêt commun, les combats de Simone Veil sont avant tout les combats d’une femme qui a vécu la guerre et ses atrocités, qui a subi la déportation et son inhumanité. Le 15 avril 1944, après un trajet étouffant, Simone arrive à Auschwitz, avec sa mère et sa sœur : c’est à ce moment là que commence l’expérience barbare et cruelle du camp de concentration, où Simone voit mourir sa mère, son père et son frère, comme elle l’évoque dans un documentaire de 1976.[1] Rentrée en France le 23 mai 1945, à Paris, elle entreprend un parcours politique et institutionnel en s’inscrivant à l’Institut d’études politiques de Paris, où elle intègre la faculté de droit, qui lui permettra d’entrer dans la magistrature. Femme politique ouverte et non dogmatique, prête à dialoguer avec toutes les positions politiques, Simone Veil devient ministre de la Santé sous la présidence de Giscard d’Estaing, en 1974, en promouvant une loi qui représente un moment fondamental dans l’histoire de la société française : la loi sur l’interruption volontaire de grossesse, grâce à laquelle l’avortement est dépénalisé. Forte de son ouverture politique et de son expérience, Simone Veil est candidate aux premières élections européennes au suffrage universel, celles de 1979 : c’est justement en 1979, le 17 juillet, qu’elle est élue présidente du Parlement européen, première femme à occuper cette fonction.

Personnalité charismatique mais ouverte au dialogue, Simone Veil incarne une manière de faire politique sérieuse et engagée, qui s’exprime dans une action toujours orientée vers le bien public, bien public qui rime avec liberté : d’où le sens de la construction européenne, d’un combat ayant dans la paix, dans la stabilité et dans le progrès ses propres finalités.

Du 28 mai au 21 août 2021, une exposition lui a été dédié à l’Hôtel de Ville de Paris, dans le but de reconstruire et faire découvrir l’extraordinaire parcours d’une femme qui a traversé la guerre, lutté pour la libération, contribué à l’unification européenne : une femme, en somme, qui a joué un rôle essentiel dans l’histoire du XXème siècle.

Cet article n’engage que son auteur

Emilia Bezzo

sources:

[1] https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i04341522/simone-veil-a-propos-de-la-deportation-de-sa-famille

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[ UNESCO x UNICEF: semaine de lecture]

Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964 Le rôle de la lecture et la place des livres, dans l’enfance et la formation de l’un des plus grands écrivains du XXème siècle : Jean-Paul Sartre.

Né au milieu des livres, entouré par ces objets si énigmatiques et si séduisants, Sartre nous fait découvrir les œuvres qui l’ont accompagné pendant sa vie : loin d’être une simple activité intellectuelle, la lecture est ainsi présentée comme véritable moyen d’accès à l’univers, au monde, à la réalité. L’univers livresque semble, dans l’enfance du jeune Sartre, précéder et façonner le monde, toujours filtré par la littérature, regardé et conçu à travers la littérature et les mots. « J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres », Sartre résume ainsi la substance de ce roman autobiographique, qui se veut tout d’abord éloge de la lecture et, par-là, de l’écriture, de la place de l’écrivain dans le monde.

Marcel Proust, Sur la lecture, 1906.

Dans cet essai paru en 1906, texte qui annonce la Recherche du temps perdu, Proust revient sur sa propre expérience avec les livres, à partir de leur découverte dans son salon à Illiers. Fascinants et mystérieux, les livres attirent l’attention du jeune Proust, qui accède ainsi à une expérience – la lecture – faite de sensations et de jouissance, de méditation et solitude. C’est justement sur l’élément de la solitude que l’auteur insiste quand il parle de la lecture, qui semble demander le silence et le calme que la solitude seule peut réaliser. A travers des descriptions détaillées et structurées, qui annoncent la Recherche, Proust nous plonge dans son univers littéraire, dans son rapport intime, direct, émotionnel avec les livres, qui deviennent ainsi les véritables protagonistes de cet essai intense et court dans lequel se condense l’essence du rapport de l’écrivain avec la lecture, conçue comme pratique qui fonde et rend possible l’écriture.

La Bibliothécaire, Gudule, 1995.

Dans sa quête éperdue pour retrouver un grimoire magique, Guillaume va devoir plonger au cœur du pays des livres. Au cours de son voyage, il rencontrera les personnages les plus marquants de la littérature française, de Gavroche au Petit Prince. Gudule, grande plume des années 90-2000, est bien connue pour la très grande créativité de ses récits mais aussi pour son humour toujours mordant. Dans ce texte destiné à la jeunesse, elle met en scène un jeune héros attachant dans lequel il est facile de se retrouver. On se souvient alors avec émotion de ses premières découvertes livresques et on retrouve avec plaisir des personnages bien connus, ici revisités avec talent. Le livre est également idéal pour donner aux plus jeunes le goût de la lecture et leur permettre développer leur imaginaire.

Magus of the Library, Mitsu Izumi, 2019.

Shio est un jeune garçon rêveur vivant dans un village isolé, au sein d’une contrée imaginaire. Timide et moqué pour ses grandes oreilles, il a du mal à s’intégrer et préfère souvent la compagnie des livres à celle des autres adolescents. Sa vie va changer le jour où il se voit offrir l’opportunité de passer un concours afin de devenir Kahuna : c’est-à-dire travailler à la conservation des livres au cœur de la plus grande bibliothèque du pays. Cette série de manga a connu un grand succès au Japon avant d’être récemment traduite en français : quatre tomes sont parus à ce jour. Notamment acclamé pour la grande qualité de son dessin et pour ses personnages particulièrement drôles et humains, Magus of the library comporte également quelques touches de magie ainsi que de très beaux messages sur l’acceptation.

Fahrenheit 451, Ray Bradbury, 1955.

Dans ce grand classique du genre dystopique, posséder des livres est un crime et une brigade spéciale est chargée de détruire tous les textes sur lesquels elle peut mettre la main en les brûlant. Le titre fait d’ailleurs référence à la température de combustion du papier. Montag, qui appartient à cette escouade un peu particulière, se dresse peu à peu contre cette idée de brûler les livres, de détruire l’accès à la culture. Il est alors considéré comme dangereux et impitoyablement pourchassé. Acclamé mondialement, Fahrenheit 451 est un texte essentiel sur la liberté d’expression et sur l’importance des livres dans la construction d’une société éclairée et libre. Écrit dans le contexte de la guerre froide et plus particulièrement du maccarthysme, le chef-d’œuvre de Ray Bradbury est demeuré aujourd’hui d’une troublante pertinence. Il contient par ailleurs des passages sublimes qui sont de véritables déclarations d’amour à la lecture.

Emilia Bezzo et Cécile Cabot.

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[Un art encore assez méconnu : la marqueterie de paille]

La marqueterie de paille est un savoir-faire artisanal apparu au 17ème siècle en Europe. C’est une technique de décoration et de sublimation d’objets. Cette technique demande beaucoup de connaissances techniques et de patience. En effet les artisans travaillent doivent travailler en collaboration avec leur fournisseur afin de se procurer la matière première dont ils ont besoin. 

Malheureusement cet art perd vite son succès et tombe dans l’oubli pendant des siècles. C’est à partir de la volonté de restaurer des objets d’art que l’intérêt pour la marqueterie de paille a fait son retour. C’est alors que dans les années 1920 que deux hommes, Jean Michel et André Groult se lancent à la fois dans la restauration d’anciens objets et la confection de nouveaux, et permettent à la marqueterie de vivre un nouvel essor. 

La paille est un matériau qui a toujours été associé au pauvre, fragile et sans valeur. Cependant il est tout à fait surprenant d’apprendre avec la marqueterie, que la paille est finalement un matériau solide grâce au vernis de silice naturel qu’elle possède, lui permettant d’être imperméable et résistant à la chaleur. Ce qui fait son charme est nul doute son aspect soyeux et brillant. La paille a aussi comme avantage d’être cultivée en abondance et est peu coûteuse. 

En marqueterie, c’est la paille de seigle qui est utilisée et cultivée en Bourgogne. Elle subit de nombreux processus, en deux temps,  premièrement nous avons la coupe, le séchage et la teinture qui sont entrepris à la main ou par des machines artisanales. Par la suite, les artisans travaillent paille par paille en la fendant en deux, puis encollée et finalement aplatit, tout ça à la main avec très peu d’outils. 

Aujourd’hui la marqueterie de paille s’est fait une place d’honneur dans le luxe, et recouvre parfois des murs entiers. Même si cet art redevient prisé, on ne dénombre que quelques dizaines de marqueteurs en France, et cela est sûrement dû au fait qu’il n’existe pas une formation exclusivement dédiée à cette formation puisque celle-ci découle seulement d’une option dans la formation d’ébéniste. 

Source de l’image : Collections in the Musée Crozatier of Le Puy-en-Velay

Pour plus d’informations, voici les sources : 

https://artisanat-france.fr/la-marqueterie-de-paille-un-metier-dart-encore-meconnu/

https://www.lci.fr/societe/video-marqueterie-de-paille-un-savoir-faire-ressuscite-2201761.html

Cet article n’engage que son auteur,

Aurélie Ménard .

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[Patrimoine français: Le Palais du Luxembourg, un palais français pour une princesse toscane]

Le Palais du Luxembourg est l’un des lieux majeurs de la politique en France, dans la mesure où il abrite la chambre haute du Parlement français, le Sénat. Mais le Palais du Luxembourg est avant tout, comme son nom l’indique, un palais qui a été témoin de l’histoire de la France et qui, par conséquent, fait aujourd’hui partie de son patrimoine. C’est pourquoi nous allons aujourd’hui vous parler de l’histoire du palais et de ce qu’il apporte au patrimoine français.

Histoire du Palais du Luxembourg

En 1610, Marie de Médicis, femme du roi Henri IV, vit au Louvre. Après l’assassinat de son mari par François Ravaillac, elle décide d’acheter un domaine comprenant un hôtel particulier du XVIe siècle, qui appartient au duc de Luxembourg. Elle part y vivre avec son fils, le futur roi Louis XIII, dans le nouveau palais agrandi. Mais en 1631, Marie de Médicis est exilée sur ordre de son fils, après la “journée des Dupes”. C’est à partir de ce moment-là que Louis XIII décide de se fier non plus à sa mère mais au cardinal Richelieu afin de gouverner.

Louis XVIII devient le propriétaire du palais à la fin du XVIIIe siècle, mais doit fuir en 1791 à cause de la Révolution française et le Palais du Luxembourg devient une “propriété nationale”. Durant la Terreur, le palais sert de prison, avant que les cinq membres du Directoire s’y installent en 1795. Bonaparte occupe le Palais du Luxembourg en 1799 alors qu’il est Premier consul, avant de laisser la place au Sénat, puis à la Chambre des pairs.

En 1944, le palais devient le siège de l’Assemblée consultative provisoire, avant que le Sénat ne prenne sa place en 1958. L’hôtel original, que l’on appelle aujourd’hui le Petit Luxembourg, est quant à lui désormais la résidence officielle du président du Sénat.

Marie de Médicis (1575-1642), son fils Louis XIII (1601-1643), le cardinal Richelieu (1585-1642)

Un Palais français à l’italienne

C’est en 1615 que Marie de Médicis commande la construction d’un nouveau palais. En effet, ayant vécu son enfance au Palais Pitti à Florence, la reine-mère s’ennuie dans un Louvre en piteux état et souhaite retrouver l’esprit florentin. Elle envoie Clément Métezeau à Florence pour étudier le modèle du Palais Pitti, dans le but de construire un palais qui en serait inspiré. Elle finit par retenir les plans de Salomon de Brosse, qui propose l’emploi du brossage de pierre à la place du mélange brique/pierre. En 1624, Marin de la Vallée prend sa relève.

Mais le Palais du Luxembourg comprend de nombreuses caractéristiques propres aux châteaux français telles que la cour carrée, la cour d’honneur, le dôme et les pavillons redoublés dans le corps du logis. Au passage, on peut remarquer que si le jardin du Luxembourg est ouvert en public la journée, il est fermé et gardé par l’armée la nuit dans la mesure où il appartient au domaine du palais.

Le nombre de sénateurs grandissant sous la Monarchie de Juillet (1830-1848), des travaux sont lancés afin de permettre à la salle des séances de tous les accueillir. Ces travaux sont confiés à l’architecte Alphonse de Gisors en 1837.

Un palais-musée à la gloire des rois de France

Dès le milieu du XVIIIe siècle, le Palais du Luxembourg s’illustre comme musée, témoin de l’évolution de la monarchie et, ultérieurement, de l’évolution des régimes politiques en France.

Par exemple, une série de toiles consacrée à la reine-mère est commandée lors de la construction du palais à Rubens. En 1750, la galerie royale de peinture du palais est ouverte à l’emplacement de la galerie de Marie de Médicis. Ce premier musée d’art ouvert au public en France expose une sélection des Tableaux du Roi et préfigure la création du musée du Louvre en 1793.

La salle des conférences, qui se constitue de plusieurs appartements réunis par Napoléon III est sans aucun doute la salle la plus impressionnante du palais. A ses extrémités se trouvent des plafonds en cul-de-four (des voûtes en forme de quart de sphère) qui représentent des personnages célèbres de l’histoire de France, comme Charlemagne ou Jeanne d’Arc. Dans la coupole sont visibles Napoléon I et Napoléon III, qui s’inscrivent dans la continuité des figures emblématiques de l’histoire de France.

Si la plupart des richesses culturelles visibles représentant la monarchie et les empires (on peut voir le trône de Napoléon I et des statues qui représentent ses conquêtes), des bustes de Marianne, figure de la République, sont aussi exposés.

Une autre salle est remarquable : la salle du livre d’or. Cette salle voûtée, qui tient son nom des 400 grammes de feuilles d’or la recouvrant, a été décorée par Pierre Thomas Baraguay, qui a réutilisé des boiseries provenant d’autres salles du palais. Le tableau qui figure au centre du plafond est dédié à Marie de Médicis, représentée comme une figure apportant la paix.

Mais le buste à l’effigie de la reine-mère qui semble admirer la pièce, rappelle l’opinion que le peuple français avait d’elle à l’époque. Marie de Médicis était en effet considérée comme une grande dépensière ; c’est d’ailleurs elle qui avait demandé à ce que des motifs bleus, la couleur la plus chère à produire à l’époque, soient présents dans toute la pièce.

L’hémicycle du palais, qui date du XIXe siècle, comprend lui aussi plusieurs statues marquantes. Les sept statues principales représentent des rois illustres tels que Saint-Louis, des personnages de la monarchie française, mais également Malesherbes et Jean-Etienne Portalis, qui ont respectivement participé à la rédaction de l’Encyclopédie et du Code civil.

Sur certains sièges, que les sénateurs choisissent eux-mêmes en début de mandat, sont gravés les noms de sénateurs célèbres qui s’y sont assis. On peut notamment y voir celui de Victor Hugo. Pour l’anecdote, lorsque Victor Hugo était sénateur, il a dû débattre sur le nombre d’heures de travail imposées aux enfants face à un autre sénateur s’appelant Louis Jacques Thénard. N’ayant pas emporté le débat, Victor Hugo s’est ensuite vengé en utilisant le nom de son opposant pour son roman Les Misérables, et plus particulièrement pour la famille Thénardier.

Si ces trois salles sont représentatives du Palais du Luxembourg, il y en a encore bien d’autres, toutes aussi magnifiques : la bibliothèque Médicis (salle située sous le dôme du palais et peinte par Eugène Delacroix), la galerie des bustes, la salle de l’escalier d’honneur

Nous espérons tout de même que cet aperçu du Palais du Luxembourg vous aura donné envie de le visiter lorsque vous en aurez l’occasion, que ce soit lors des journées du patrimoine ou de visites guidées, régulièrement organisées par les associations étudiantes de la région !

Sources : Sénat, Palais du Luxembourg

Cet article n’engage que son auteure.

Mathilde VARBOKI

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[Rubrique culturelle] Journée internationale des Arts islamiques et de la langue arabe 2021

Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, à l’occasion de la Journée internationale de l’art islamique  a déclaré que « Cette journée a été proclamée afin de célébrer ensemble ce patrimoine exceptionnel, tissé depuis 14 siècles, et qui continue de se renouveler, de se réinventer et d’influencer les cultures du monde entier. » Depuis sa proclamation lors de la 40ème session de la Conférence générale de l’UNESCO, la journée internationale de l’art islamique est célébrée le 18 novembre de chaque année.

Afin de favoriser l’appréciation de l’art islamique il convient de revenir sur sa définition. L’art islamique concerne les formes artistiques crées dans le “Dar al-Islam”, espace géographique s’étendant de l’Espagne à l’Inde en passant par l’Afrique du Nord et l’Egypte, cet espace ne correspondant pas au monde musulman contemporain. L’adjectif islamique employé, ne renvoie pas à la religion dont l’adjectif est musulman, mais à la civilisation. 

D’ailleurs, les arts islamiques sont essentiellement profanes. Lors de la première “exposition générale d’art musulman” ayant lieu à Paris en 1893, l’emploi de l’appellation “art musulman” est employé officiellement pour qualifié “les monuments des pays soumis à la loi de l’islam, qu’ils soient placés à l’Orient ou à l’Occident”. Se référant à l’idée d’unité religieuse des territoires orientaux et africains pour qualifier des œuvres profanes, cette appellation “ d’art arabe” a été remplacée dans la deuxième moitié du XXème siècle par “art islamique”. Dès 1905, l’exposition “Arts de l’Islam, des origines à 1700, dans les collections publiques françaises” prend place au sein du département des Objets d’art du musée du Louvre. Charlotte Maury, chargée des collections ottomanes et de l’Art du Livre au département des Arts de l’Islam du musée du Louvre, dépeint la variété des caractéristiques des arts islamiques à travers l’exemple des Arts du Livre. Ces Arts comprennent à la fois des manuscrits du Coran enluminés qui portent essentiellement des motifs aniconiques, géométriques ou végétaux et des livres qui portent des décors figuratifs, des cycles iconographiques pour illustrer un texte qui peut être une épopée légendaire d’un règne, un roman d’amour courtois ou un roman mystique.

Les expositions d’art islamiques se multiplient sur le territoire national. Au musée du Louvre, les premières œuvres d’art islamique entrent dès sa création en 1793. Les premières salles datent de 1893. Les collections concernent l’espace géographique En 2012, sur le décret du président François Hollande, la collection est installée dans une architecture spécialement conçue à cet effet, une structure de verre et de métal insérée dans la cour Visconti, répartie sur deux niveaux. La section Arts d’Islam regroupe plus de 3000 œuvres dont des objets d’arts ayant appartenu à des princes et  des khalifes révélant la variété et le luxe de cet art. 

Par ailleurs, le musée du Louvre, en collaboration avec la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, lance un événement de promotion des arts islamiques à l’échelle nationale. Du 20 novembre au 27 mars 2022, dix-huit expositions simultanées de l’événement Arts de l’Islam.Un passé pour un présent sont programmées dans 18 villes de France. Chaque exposition accueillera dix œuvres à la fois historiques et contemporaines dans le but de valoriser le dialogue interculturel en ouvrant « plus largement les horizons » comme l’a souligné Roselyne Bachelot, Ministre de la culture. Les 18 villes présentent un événement unique mais disposent toutes d’un dispositif scénographique réunissant un espace d’exposition, un espace de projection, un espace débat ainsi qu’un film immersif  emmenant les visiteurs en voyage en Orient.

L’exposition “ Cartier et les arts de l’Islam. Aux sources de la modernité” présentée par le Musée des Arts Décoratifs, coproduite par le Dallas Museum of Art, avec le soutien de la maison Cartier, met en exergue les influences des arts islamiques sur la création de bijoux et d’objets précieux. Plus de 500 bijoux et objets de la Maison Cartier, dessins, livres, photographies et documents d’archives rendent compte de l’intérêt pour les motifs et matériaux orientaux.

L’Institut des cultures d’Islam, lieu de rencontre et de dialogues, propose toute l’année des  expositions, concerts, conférences, projections-débats et  ateliers visant à partager la diversités des cultures d’Islam contemporaines. A travers l’angle de l’art contemporain, l’Institut des cultures d’Islam entend déconstruire les préjugés et stéréotypes sur les arts islamiques.

Lieu d’échange et d’apprentissage, l’Institut des cultures d’Islam, propose des cours de langue et de pratiques artistiques. D’octobre à juin cet établissement propose des cours de langue arabe qui s’inscrivent dans le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) favorisant la mobilité éducative et professionnelle. L’arabe littéral moderne y est enseigné. L’Institut des Cultures d’Islam propose également des formations artistique tels que l’art de la calligraphie. 

L’Institut du Monde arabe dispense également des cours de langue arabe dans son centre dédié : le Centre de la langue et des civilisations arabes. Les collections exposées à l’IMA proviennent de l’ensemble du monde arabe de l’Antiquité préislamique à la période contemporaine.

Alors que les arts islamiques se distinguent du monde arabe en ce que le monde arabe n’est qu’une partie du monde islamique, l’Institut du Monde arabe prend le contrepied du processus de distinction en mobilisant la notion “d’art arabe” dès sa rénovation en 2008. 

La programmation de l’Institut du Monde arabe vise à exposer la richesse et la diversité de création du monde arabe.  Actuellement,  et ce jusqu’en janvier 2022, l’exposition Lumières du Liban. Art moderne et contemporain de 1950 à  aujourd’hui, célèbre la créativité des artistes modernes et contemporains du Liban et de ses diasporas, du lendemain de son indépendance en 1943 jusqu’à nos jours. 

Cette exposition s’inscrit dans la volonté de l’Institut du Monde arabe de rendre hommage à la résilience de la scène artistique libanaise suite à l’explosion du 4 août 2020.

L’Institut du Monde arabe incarne d’ailleurs la dimension politique sous tendu par la promotion de l’art islamique en Occident. La création de l’Institut du Monde arabe résulte de la volonté puissante des politiques de former un pont entre l’Orient et l’Occident. Cet établissement est placé sous l’autorité morale d’un Haut Conseil, composé des représentants des États membres de la Ligue arabe, et financé par la France et les États arabes. L’institution s’affirme alors comme un outil culturel et diplomatique d’exception au service des relations franco-arabes. En effet, l’Institut du Monde Arabe a été élu « Marque Culturelle Européenne 2014 » lors de la soirée « Awards des Marques Européennes de la Culture (9e édition) »  à Berlin le 30 octobre 2014.

Yannick Lintz, Conservatrice générale du patrimoine, directrice du département des Arts de l’Islam, musée du Louvre a déclaré dans un entretien que les expositions d’art islamique vont “permettre aussi à beaucoup de voir la civilisation islamique avec un autre regard que celui du terrorisme et de la radicalité.” 

La promotion de manifestations culturelles d’art islamique s’inscrit en effet dans la dynamique de partage et rapprochement culturel entre les peuples et d’encouragement à la tolérance par la puissance du vecteur artistique. Ainsi, la journée de l’art islamique incite au dialogue interculturel à travers l’appréciation de l’art islamique.

AMADY Nasrine 

Cet article n’engage que son auteure.

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