[Interview Johnny Alaniz – Artiste Peintre Nicaraguayen]

Qui est Jonnhy Alaniz Rayo ? 

Johnny Alaniz Rayo est un peintre né à Matagalpa au Nicaragua en 1984. Ses parents étaient principalement commerçants, et en parallèle, son père sculptait le bois. C’est à l’âge de 5 ans qu’il entame son voyage dans la peinture porté par son frère Byron Alaniz Rayo qui avait étudié la peinture à l’Ecole Nationale de Beaux Arts à Managua (Capitale). Bayron a ensuite créé une école de peinture dans la ville de Saint Ramon dans le nord du pays où Johnny a étudié puis est assistant du professeur. 

Après avoir obtenu l’équivalent du bac au Nicaragua, le bachillerato, il a étudié la peinture à l’Ecole Nationale de Beaux Arts. Il s’est spécialisé dans l’étude de la figure humaine et le portrait avec le professeur Fernando Salgado de nationalité espagnole et Rafael Patorollo, d’origine colombienne, tous deux issus de l’Ecole de Beaux Arts de Séville en Espagne.

En parallèle de ses études, il crée sa propre école de peinture normée “ El Renacimiento ” à Matagalpa et développe une extension à Estelí en 2006, avec l’objectif de transmettre sa passion pour l’art. 

Influences majeures : 

Johnny se qualifie comme un artiste versatil, une personne passionnée par l’art dans son entièreté. Cette qualité lui a permis de naviguer dans ses oeuvres à travers les styles et sujets, sans jamais s’établir dans un unique courant.  Cela lui a permis d’explorer diverses techniques. 

Son travail a d’abord été inspiré par son environnement, ses oeuvres majeures s’inscrivent dans le courant régionaliste où il dépeint des scènes de la vie de tous les jours, la nature, les fincas (les fermes), le travail de la terre (tabac, café), les maisons coloniales et les rues des pueblos du nord du pays. Nous retrouvons dans ses oeuvres les paysages tropicaux, des jungles, des animaux exotiques faisant par la même la promotion de la richesse naturelle du pays. 

Au cours de sa vie, Johnny à continué à explorer divers univers, inspiré par la littérature et poésie latino-américaine, il souhaitait apporter son interprétation de poèmes du poète Nicaragua Ruben Dario, aussi appelé le Prince des lettres hispaniques, fondateur du mouvement littéraire moderniste dans la langue hispano-américaine. Ainsi, il interprète en peinture le poème “ Margarita esta linda la mar…” ou encore “Sonatia”  dudit auteur. Il interprète également dans son œuvre “6 bohemios alegres” le poème de Guillermo Aguirre y Fierro “El Brindis del bohemio”. Dans ces peintures créées après son voyage en Europe on peut voir représentée la mairie de la ville de Tours et de Séville. Un doux mélange entre la culture latio-américaine et l’architecture française. 

Par ailleurs le culture Nicaraguayen continue d’’inspirer le peintre, en effet, récemment contacté par la mairie de Sabaco au Nicaragua afin créer une oeuvre muraliste qui fasse référence, il a créé une oeuvre retraçant les éléments principaux de la culture nicaraguayenne à savoir : 

  •  Le Güegüense, danse théâtrale traditionnelle inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2008.  Il s’agit d’une expression virulente de protestation contre le colonialisme, El Güegüense est un drame satirique connu dans tout le pays. Il est représenté pendant la fête de Saint-Sébastien, patron de la ville de Diriamba, dans la province nicaraguayenne de Carazo. Synthèse des cultures indigène et espagnole, El Güegüense mêle le théâtre, la danse et la musique. Il est considéré comme l’une des formes d’expressions latino-américaines les plus remarquables de l’époque coloniale
  • Les légendes locales notamment celle de “La Mocuana” qui raconte, dans la version de la vallée de Sébaco (Matagalpa), la plus répandue, que la Mocuana ‘elle était la belle fille d’un cacique tombé amoureux d’un conquistador espagnol. Le conquistador la convainc alors de lui montrer l’endroit où son père conserve tous ses trésors. Elle l’a emmené dans une grotte, et une fois là, l’Espagnol a pris tout ce qu’il pouvait et l’a enfermée. Bien qu’elle connaisse bien l’endroit et qu’elle ait pu en sortir, à cause de la trahison qu’elle a subie et parce qu’elle a eu honte devant sa famille, elle a perdu la tête et depuis, elle cherche l’homme pour se venger. C’est pourquoi, dans les nuits sombres, elle attaque les hommes qui se promènent seuls, surtout les jeunes et les hommes blancs (ou métis). Elle est décrite comme ayant des cheveux noirs longs et raides qui couvrent tout son visage. Il est dit qu’ils n’ont jamais pu voir son visage, seulement sa silhouette svelte et balancée et ses beaux cheveux ».

Expositions 

Johnny a participé à plusieurs expositions collectives tant au niveau régional que national. Il a exposé dans des galeries d’art de la capitale, Managua : Codice, Pleyades, Josefina, Genesis et Manolo Baca. Au niveau régional, il a exposé dans le “ Multicentro Estéli et la Galerie Schewarts”.  On peut retrouver ses œuvres dans  les collections privées de Banque Centrale du Nicaragua dont certaines peuvent être aperçues dans les plus grandes banques du pays ainsi que dans  les sièges des industries de tabac. 

Certaines de ses peintures ayant été achetées par des collectionneurs États-Uniens, elles peuvent être aperçues à Miami dans le Lincoln Road, Cafetín Galeria, Book and Book, Abel Gallery et Winwood Gallery. 

En 2011 Johnny expose en Espagne lors d’une exposition collective à la casa cultural de la Isla Cristina. Par la suite, lors d’un passage en France de plusieurs mois, il va exposer ses œuvres à la mairie de Tours ainsi qu’à la mairie de Gizeux en plus de donner des cours de peinture avant de retourner au Nicaragua. 

Récompenses et prix 

En 2001 Johnny reçoit son premier prix du “Meilleur muralisme scolaire” par le Collège Simón Bolivar à Matagalpa, 

En 2004, il gagne le premier prix du concours national de peinture avec son œuvre Matagalpa y su Café” ( Matagalpa et son café ) avec une mention spéciale pour son oeuvre nomée “ Ambiente Matagalpino”  ( Ambiance de Matagalpa ). 

La place de l’art au Nicaragua 

L’artiste peintre souhaite mettre en valeur l’art Nicaraguayen et exprime qu’il y a un vrai mouvement positif dans la promotion de l’art et de la culture dans le pays particulièrement dans les grandes villes ( Managua, Matagalpa, Granada, Leon, Esteli ). Bien qu’il existe une réelle nécessité de continuer à développer ce secteur, plusieurs peintres Nicaraguayens ont réussi à se faire une place sur la scène internationale tel que Mauricio Ruiz, Efren Médina en autres. Au niveau régional il est important de noter le travail effectué par les “Casas culturales” ( maisons culturelles ) qui continuent de promouvoir la culture et promouvoir de nouveaux talents. 

Article de Thaïs Mathuz

Cet article n’engage que son auteure

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[Portraits de personnalités inspirantes : Frida Kahlo]

Féministe engagée, artiste accomplie, symbole à part entière de la communauté LGBTQ+, Frida Kahlo de son vrai nom Magdalena Carmen Frida Kahlo y Calderon possède une vie bien remplie. Figure d’émancipation féminine, Frida Kahlo a marqué l’Histoire de l’Art :  Ses autorretratos nous plongent dans son univers, ses engagements ainsi que ses plaies béantes, que chaque coup de pinceau exacerbe. Est-t-elle d’abord une femme ou une artiste ? Certains journalistes bien pensants ont la plume assez aiguisée pour affirmer que l’Homme et l’art peuvent être séparés. N’en déplaise à leur écrit de bois, Frida Kahlo n’est ni une femme ni une artiste, elle est une femme artiste.

Todo sobre la « ballerina »

Rebelle avant l’heure , Carmen devient Frida. Et ce ne fut pas chose aisée…Son prénom elle le tient de son père allemand qui immigre au Mexique, terre des aztèques en 1890. Friede signifie paix en allemand. Ironie du sort , la vie de sa fille est loin d’être de tout repos. D’ailleurs dès sa naissance en 1907, le choix de ce prénom engendre des querelles au sein de la famille. Le prêtre outré que ce prénom ne figure pas sur le calendrier des saints,  menace de refuser le baptême ! Outrage pour la mère, Frida devient Carmen.

Frida détonne , Frida étonne ! Si son certificat de naissance atteste qu’elle est née le 06 juillet 1907, l’artiste affirme qu’elle est née le 07 juillet 1910. Force et raison est de constater que le drapeau rouge enveloppe déjà son berceau. Elle ne choisit pas cette date par hasard, elle coïncide avec la révolution mexicaine qui dure une décennie et qui vient mettre fin au règne du général Porfirio Diaz . Attachée à son pays, patriote, elle représente la voix des opprimés. Bien avant sa carrière toute tracée vers la peinture, l’artiste vise une autre toile de fond et souhaite devenir médecin. Cependant celle-ci s’assombrit le 17 septembre 1925, date fatidique qui trace sa route d’artistes. Accompagné de son ami Alejandro à bord d’un bus, celui-ci entre en collision avec un tramway. Le bus ne survit pas et les passagers jonchent le sol. Parmi eux Frida, la colonne brisée est empalée sur une barre de fer. Un ouvrier laisse tomber par mégarde au moment de l’accident une poudre d’or, elle recouvre la jeune femme de son corps brisé. La vision est si enchanteresse qu’un passant pensant apercevoir une danseuse agonisante sur le sol s’écrie “la ballerina !”.La médecine est aux oubliettes, la ballerina est désormais non plus uniquement malade mais brisée.

Pintarse a sí misma, el arte del autorretrato 

Frida survit mais à quel prix ? Prisonnière de sa chambre et d’un corset qui l’empêche de bouger, les années défilent. Coincée entre quatre murs, la lecture devient sa salvatrice compagne. Proust, Bergson, Botticelli tout y passe ! Un miroir est fixé à son lit, et munis d’une boîte de couleur offerte par son paternel , elle peint. L’autoportrait surgit : Frida devient son propre sujet d’expérimentation :« Si je me peins, c’est que c’est le sujet que je connais le mieux ! ». Évolution de conscience et d’inconscience, les autoportraits sont de véritables œuvres d’introspection. L’une de ses œuvres les plus célèbres relate son calvaire. « La colonne brisée », peinte en 1944 . Cet autoportrait vient illustrer son état après une opération de la colonne vertébrale. Prisonnière, elle s’y représente dans une cage, liée à jamais à un corset. 

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La Bella y el sapo

L’amour naît dans son calvaire. Diego Rivera devient pour Frida ce que Sartre est pour Simone de Beauvoir, son unique âme sœur. La rencontre se passe au domicile de Tina Modotti, photographe italienne et communiste. De vingt-deux ans son aîné, le peintre mexicain la séduit, tous deux finissent par se marier le 21 août en 1929. Diego Rivera est un homme grand aux yeux globuleux, Frida lui attribue le surnom de sapo, de crapaud. Connu pour son engagement, il peint l’histoire du Mexique pour informer ceux qui ne savent pas lire. Communistes, l’espoir d’une renaissance de l’art, ensemble ils partagent tout. La Bella adopte un style bien à elle. Son monosourcil vient s’opposer aux carcans de la beauté féminine. Vastes jupes colorées, boucles d’oreilles lourdes et pendantes, des fleurs parsèment sa longue chevelure. C’est une femme de Tehuantepec désormais, Frida impose son style, qui continue de traverser les siècles. 

La desilusión del sueño americano

Dans les années 1930, un nouveau tournant commence pour le couple. Face à la situation politique pesante au Mexique, le couple bat de l’aile. Une invitation de la California School of Fine Arts de San Francisco sauve la carrière de Diego Rivera et lui commande une fresque. L’oncle Sam fait donc rentrer pour la première fois un artiste communiste dans son temple du capitalisme. La carrière du crapaud décolle, en décembre 1931, le MoMA de New York l’invite à exposer cent cinquante de ses toiles. En 1931, la famille Ford le soutient dans sa candidature pour une série de peintures au Detroit Institute of Arts. Les Rockefeller enfin lui demande de réaliser une peinture murale pour le hall de de réception de la Radio Corporation of America à New York. Le communiste qui rêve d’aider les opprimés, les paysans ainsi que les illettrés, se retrouve au service des plus fortunés et de ceux qui exploitent les travailleurs, le prolétariat. La déception est grande pour le crapaud. L’oncle Sam l’a bien accueilli pendant quatre ans, mais à quel prix ? Ses convictions se sont belles et bien retrouvées noyées entre les Rockefeller et les Ford. Et pour cause, son mari croit en une Amérique encore révolutionnaire et indépendante qui se battait pour sa liberté. Autant dire que l’apparition de Lénine dans la fresque de la RCA a mis fin au rêve américain, l’œuvre est effacée. Le couple prend conscience que deux mondes s’opposent, point d’entente , la fracture est irréversible. En cela Frida l’a parfaitement intégré dans son art. Son Autoportrait à la frontière du Mexique et des Etats Unis, vient illustrer deux mondes que tout oppose. Pour le Mexique, les couleurs sont chaudes, pour les Etats-Unis, les usines Fords dénaturent la fresque. Et pourtant son autoportrait contemple le Mexique. Que n’en déplaise à Ford ou Rockefeller, Frida a choisi sa patrie loin des usines, loin des Etats Unis. 

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Un arte realisto

Face aux tromperies incessantes de son mari,  et à l’interruption de deux grossesses , elle dit un non définitif à la maternité. Le couple divorce en 1938 et se marie à nouveau à San Francisco. Un mariage d’amitié, ils ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Entre-temps, leur engagement prend de l’ampleur. En 1937, les époux Trotski se réfugient devant la Maison bleue de Coyoacán, fuyant un Staline ivre de pouvoir qui cherche à se débarrasser de tous ses opposants. Léon Trotski entame une relation adultère avec Frida avant de partir et délaisse l’autoportrait qu’elle lui a offert. Piètre consolation pour Frida. L’art devient sa bannière. Si certains considèrent sa peinture comme une œuvre surréaliste, celle-ci s’y oppose, elle peint la réalité, sa réalité qu’elle vit.  

Frida ha muerto, Viva Frida

L’artiste passe ses dernières années au Mexique, elle peint et enseigne à ses élèves : les Fridos. Maladie, militantisme, enseignement , peinture, sa vie est bien remplie. En 1953, son amie Lola Alvarez Bravo organise ses expositions à Mexico. Son triomphe est fulgurant et dépasse l’Atlantique, sa consécration est à son apogée. Ni ses admirateurs, ni ses élèves n’ont vu ce vernissage comme un adieu. Et pourtant, Frida Kahlo s’éteint un an plus tard le 13 juillet 1954. Mexico veille désormais sur sa maison bleue , métamorphosée en musée. Frida est partie mais demeure dans les esprits . Matérialisée dans le film d’animation français-belge Josep, Frida guide le peintre immigré espagnol. Frida est une figure de proue pour la communauté LGBTQ+. Bisexuelle, à l’opposé des standards de la mode, elle entretient une relation passionée avec Joséphine Baker.  Son féminisme et son style continuent encore à ce jour de susciter l’admiration, Frida Kahlo est loin d’avoir donné son dernier coup de peinture. 

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LA GUERRE EN UKRAINE MET EN RISQUE PLUS DE 7,5 MILLIONS D’ÉCOLIERS

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation (UNESCO) et le fond des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), la science et la culture mettent en alerte la menace à la vie et le bien-être de plus de 7,5 millions d’enfants et adolescents ukrainiens. Selon les deux organismes des Nations Unies, plus de 500 mil garçons et filles sont partis du pays avec un statut de réfugiés après l’invasion commandé par Vladimir Poutine. Le déplacement forcé augmente le risque d’interruption des études et traumatismes psychologiques.

Les écoliers du pays en crise sont invités à reprendre les cours à distance pour garder une vie “quasi normale”. Le ministère de l’Éducation nationale ukrainien a demandé à toutes les écoles du pays de reprendre les cours à partir d’aujourd’hui, 14 mars 2022, à distance, pour éviter un abandon collectif des étudiants de l’École.

L’UNICEF et l’UNESCO ont condamné une série de six violations graves contre des enfants et des adolescents en temps de guerre. Ce sont: la violence contre les enfants et les adolescents ; le recrutement ou l’utilisation d’enfants et d’adolescents dans les forces armées et les groupes armés ; attaques contre des écoles ou des hôpitaux ; violences sexuelles; enlèvement d’enfants et d’adolescents; et refus de l’accès humanitaire aux enfants et aux adolescents.

Article de Rodrigo Tadeu

Cet article n’engage que son auteur.

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[Portraits de personnalités inspirantes : Milan Kundera]

Milan Kundera est l’un des auteurs les plus lus au monde. Cependant, il a toujours été très discret, et n’a pas donné d’interview depuis 1986. À travers l’ensemble de son œuvre, il explore l’ironie de la vie dans un contexte de communisme, mais aussi toute la profondeur de l’âme humaine en intégrant à la fable romanesque, de grandes réflexions. Ce qui rend sa lecture agréable c’est la façon dont il pose des situations, des réflexions, mais sans jamais imposer une vérité.

Il est né en 1929, en Tchécoslovaquie, dans la ville de Brno, réputée notamment pour ses théâtres et opéras. Son père était pianiste et musicologue. Il a donc grandi entouré de musique, et particulièrement de musique traditionnelle.

Il est ensuite parti étudier à Prague, avant de devenir professeur d’histoire du cinéma, à l’Académie de musique et d’art dramatique, puis à l’Institut des hautes études cinématographiques à Prague.

Il écrit ses premiers textes, dans les années 1950. En 1968, des centaines de chars soviétiques arrivent dans Prague, restreignant toutes libertés. En 1975, l’auteur s’exile en France, où il est naturalisé en 1981. Il écrit d’abord en Tchèque, puis à partir de 1993, il écrit exclusivement en français.

Milan Kundera a reçu de nombreux prix, été cité plusieurs fois sur les listes du prix Nobel de la littérature et son œuvre a été traduite dans 49 langues. Aussi, il fait partie des 7 auteurs à être entré dans la pléiade de son vivant.

Son inspiration, il l’a puisée dans la Tchécoslovaquie et dans le communisme.

De sa ville de naissance, il a gardé son amour pour la musique, qu’on retrouve par exemple dans La plaisanterie, témoignant que la musique traditionnelle est porteuse de traditions très anciennes.

Ensuite, sa principale source d’inspiration est Prague. En effet, il arrive à Prague dans un contexte où le communisme apparait comme le meilleur futur possible. Cependant, le stalinisme est rapidement venu étouffer cette ville, cœur de l’histoire multiculturelle de l’Europe centrale et la spontanéité de sa vie culturelle et amoureuse. Écrivant dans les cafés de Prague, la première inspiration de Kundera est le couple. Dans ses premiers livres, des recueils de poèmes lyriques, il vient déconstruire la culture stalinienne en mélangeant l’ironie et le ludique. Ainsi, il a proposé une nouvelle image du couple, dans laquelle il oppose la pesante tragédie à la légèreté du jeu.

De la façade de l’hôtel de ville, jamais réparée après sa destruction par les allemands, associée au souvenir de sa mère, il fait une métaphore de l’exhibition des souffrances. Il transcrit cette idée dans L’insoutenable légèreté de l’être, dans le personnage de Thérésa. C’est un thème récurrent avec Kundera ; ses personnages sont souvent dans des situations ou univers où tout se développe sous eux. Ils se retrouvent dans un vide, qu’ils ne connaissent et comprennent pas.

Dans L’insoutenable légèreté de l’être il affirme aussi qu’ « il y a des idées qui sont comme un attentat ». Cette citation se rattache incontestablement au rôle intellectuel qu’il a eu contre le régime communiste en Tchécoslovaquie. Il créé des personnages témoins de la « fête de la haine », expression qu’il utilise pour parler de l’invasion russe ayant mis fin au « Printemps de Prague ». Il raconte par exemple, la résistance des pragoises armées seulement de leurs mini-jupes et du drapeau national face aux chars soviétiques ; la surveillance dont il faisait l’objet, avec sa femme Vera ; ou encore l’obligation de quitter Prague qui était « devenue laide ».

Malgré des images négatives s’inspirant d’un contexte pesant, il écrit avec légèreté et éprouve le désir constant d’incorporer des touches d’humour.

La fête de l’insignifiance est l’illustration parfaite de cette idée. Ce roman est considéré par l’éditeur Adelphi « comme une synthèse de tout son travail […] inspirée par notre époque qui est drôle parce qu’elle a perdu tout sens de l’humour ».

Déjà dans L’immortalité, il met en scène Goethe et Hemingway qui se promènent pendant plusieurs chapitres, discutant, s’amusant. Ensuite, dans La lenteur, sa femme Vera le met en garde : « Tu m’as souvent dit vouloir écrire un jour un roman où aucun mot ne serait sérieux. […] Je veux seulement te prévenir : fais attention. »

Ce roman, Milan Kundera le publie en 2013. La fête de l’insignifiance, semble en effet au premier abord à l’opposé du sérieux. Il est court, léger, se lit facilement, fait l’éloge de l’insignifiance. Mais ce roman peut en réalité être classé comme un roman philosophique. Il y dresse notamment un Staline, plus grands meurtriers du XXe siècle, sous un jour léger et un ton insignifiant, dans lequel il raconte une histoire invraisemblable, que ses camarades prennent au premier degré, sans comprendre qu’il s’agit d’une blague. Loin de vouloir rendre le personnage sympathique il pointe en réalité du doigt l’entrée dans l’ère du sérieux, du tout politique. Il écrit de façon isolante et avec une liberté sans filet sur une partie enfouie de Staline éprouvant de l’attachement pour un certain Kalinine, sur des questionnements totalement farfelus sur la futilité des droits de l’homme ou sur le nombril et les statuts des reines du jardin du Luxembourg, …

Ces épisodes anecdotiques de l’ouvrage traduisent en réalité son ensemble. Pour reprendre l’expression de l’éditeur Adelphi, il est « inspiré par notre époque qui est drôle parce qu’elle a perdu tout sens de l’humour ».

« Nous avons compris depuis longtemps qu’il n’était plus possible de renverser ce monde, ni de le remodeler, ni d’arrêter sa malheureuse course en avant. Il n’y avait qu’une seule résistance possible : ne pas le prendre au sérieux. » ?

Article de Charlotte Gutmann

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[Combat pour la restitution des marbres du Parthénon]

C’est en raison des fuites d’eau dans le bâtiment du British Muséum que le débat pour la restitution des marbres du Parthénon est revenu sur le devant de la scène. En effet, c’est ce que souligne le Comité intergouvernemental “Retour & Restitution” de l’Unesco, l’urgence de son retour dépend déjà d’une réclamation de longue date, et surtout, par rapport aux conditions actuelles de conservations qui sont alarmantes. 

En effet, ces marbres sont conservés depuis 1816 au British Muséum de Londres. C’est le diplomate et militaire Lord Elgin en 1801 qui les a fait déplacés jusque dans le territoire britannique lorsqu’il était ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l’Empire ottoman, sous lequel la Grèce était sous contrôle.

Alors que la ville d’Athènes attend depuis le début du XIXème siècle la restitution des marbres du Parthénon, elle entreprend la construction d’un nouveau musée dans lequel des salles sont dédiées au retour des 75 mètres de frise détenues par le British Museum. En effet, ne pouvant obtenir le rapatriement définitif des fresques, La Grèce a demandé au musée de Londres de leur prêter la fresque pour fêter le bicentenaire de son indépendance. 

L’ironie de cette histoire est celle de redonner espoir à la Grèce, non pas grâce à un dialogue bien mené entre les deux pays, mais à cause de problèmes techniques liés à la conservation. Il faut par conséquent attendre l’extrême, c’est-à-dire la détérioration d’une œuvre d’art, pour agir. 

C’est de part l’actualité “humide”, ainsi que dans ce contexte conflictuel que le Comité intergouvernemental “Retour & Restitution” intervient. Effectivement, créé en 1976 sous l’égide de l’Unesco, ce comité d’experts a pour but d’entreprendre, de guider et de faciliter les échanges et négociations autour de la restitution de propriété culturelle dans un cadre d’une période coloniale ou acquise de manière illicite.

L’avancé de cette restitution devrait alors être abordée et définie par le rapport de la 22ème session du Comité. Seulement, Boris Johnson reste ferme sur le fait que ces œuvres antiques resteront sur le territoire anglais puisque son donateur, le Lord Elgin, les auraient acquises de manière légale. Il met fin alors à toutes discussions, aussi bien pour une restitution que pour le prêt.

Aujourd’hui le débat perdure encore, mais pour finir sur une note positive, nous avons le musée italien de Palerme en Sicile qui prête sur une longue durée, un fragment qu’ils avaient du pied d’Artemis, afin de montrer l’exemple, notamment au British Muséum.  

Source photo : Jean-Pierre Dalbéra – Panneau de la frise des Panathénées (lieu : British Museum) https://www.flickr.com/photos/dalbera/8706164279 

Source texte : 

Clara Baudry : https://www.connaissancedesarts.com/musees/british-museum/retour-en-grece-des-marbres-du-parthenon-lunesco-relance-le-debat-11164429/ 

Lou Fritel https://www.lefigaro.fr/culture/marbres-du-parthenon-l-unesco-appelle-le-british-museum-a-revoir-sa-position-20211005 

Antoine Bourdon : 

https://www.connaissancedesarts.com/monuments-patrimoine/marbres-du-parthenon-boris-johnson-dit-non-au-retour-des-sculptures-en-grece-11154149/

Violette Celbert : https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/la-grece-relance-sa-campagne-pour-une-restitution-des-frises-du-parthenon-20211116

Article d’Aurélie Ménard

Cet article n’engage que son auteure

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[Le pass navigo, un pass culturel en cette nouvelle année 2022]

Le groupe Ile de France mobilité s’est lancé dans un partenariat avec plus de 300 espaces culturels dans le territoire de l’Ile de France. 

Ce projet vise à répondre à trois problématiques interdépendantes : relancer la fréquentation des établissements culturels, redynamiser la fréquentation du réseau de transports en commun et enfin, faire découvrir des avantages méconnus du pass navigo. 

L’un des premiers objectifs mis en avant par la campagne est de transformer le simple pass navigo en un pass culturel magique. Deux constatations sont à prendre en compte : les lieux culturels sont en grande difficulté depuis deux ans, trés souvent considéré comme n’étant pas “produit” de première nécessité, en parallèle de cette crise le réseau de transport en commun se voit aussi affecté. Par conséquent, la carte qui sert quotidiennement à prendre les transports en commun, ou bien mise de côté si l’on est en télétravail, s’ôte d’une nouvelle fonction, celle de vous permettre certains avantages dans de nombreux lieux culturels. Une nouvelle fonction qui donne envie de découvrir, d’autant plus qu’il n’y a aucune manipulation a faire, donc très facile d’utilisation. Il suffira de la présenter à l’entrée des lieux culturels partenaires. 

  • Qu’est ce que nous apporte réellement cet avantage ? 

Selon le site Ile de France Mobilité, le pass Navigo nous permet de bénéficier de “tarifs réduits ou dégressifs, la gratuité sur certaines visites, des réductions sur la restauration, des invitations aux vernissages, des ateliers, des rencontres, etc.” 

Mais ces avantages seront-ils à la hauteur de nos espérances ? Est-ce bien de réels avantages qui permettent à ceux qui ont vu leur budget se resserrer pendant la crise et encore aujourd’hui, de pouvoir bénéficier tout de même de leur droit culturels ? 

La réponse se constituera au fur et à mesure de son utilisation. 

Ce pass culturel est donc actif depuis le 10 janvier notamment dans 147 cinémas indépendants, 52 salles de spectacles, 12 festivals, 63 musées, 26 centres culturels et 1 librairie. Nous pouvons dès lors constater que ces avantages mettent en avant les pratiques culturelles du cinéma, des arts du spectacles vivants et des arts visuels avec les visites de musée. A contrario, les librairies et les centres culturels comme les tiers-lieux sont très peu représentés dans l’offre. Cela peut s’expliquer de deux manières, soit le groupe Ile de France mobilités n’est pas intéressé à promouvoir ce genre de lieux, soit, ces types de lieux n’étaient pas intéressés par le partenariat. 

  • Une offre culture au service du transport : 

Dans un second temps, cette offre profite bien évidemment au profit du groupe Ile de France Mobilité, comme le Vice-Président du réseau, Grégoire de Lasteyrie, la ci bien dit :  “L’opération vise à redynamiser la fréquentation des transports en commun comme des lieux concernés”. En effet, depuis la crise, tous les transports en général n’ont pas retrouvé leur flux de voyageurs d’avant-crise, puisque la fréquentation du réseau a diminué presque d’un quart. 

Enfin, cette opération a pour but de mettre en avant la multiplicité des avantages que nous offre déjà depuis longtemps le pass navigo, mais qui ses avantages sont encore méconnus de la majorité des usagers. En effet, le pass navigo met à disposition des parkings voiture en couronne, parkings vélo, et propose même des trajets offerts en BlaBlaCar, et encore bien d’autres que vous trouverez sur le site internet d’ile de France Mobilité.  

  • Qui peut bénéficier de ces avantages ? 

Tous les détenteurs d’un pass navigo en cours de validité (hors Navigo Jour, Easy et Découverte), soit plus de 4 millions de Franciliens. 

Si vous voulez en savoir plus et connaître la liste des endroits culturels partenaires ainsi que les avantages apportés par chaque établissement, rendez-vous sur le site d’Île-de-France Mobilités.

Source : 

Cet article n’engage que son auteur

Article d’Aurélie Ménard

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[Léonard de Vinci, Michel-Ange… Florence, le berceau de la Renaissance italienne]

Ce mercredi 2 février à 18h30, une conférence intitulée Florence, le berceau de la Renaissance italienne sera organisée par Conferentia. L’événement, gratuit et ensuite disponible en replay, sera l’occasion d’en apprendre davantage sur la place qu’a eu la ville de Florence dans le développement des idéaux de la Renaissance.

Présentation de la conférence

Comme l’organisateur de la conférence l’explique, « Florence en 1400 vit une sorte d’âge d’or. Quand le reste de l’Europe est encore plongé dans le Moyen Âge, la ville toscane frémit d’idées nouvelles, la Renaissance s’éveille. Les artistes partent à la conquête de l’espace, du volume, de l’anatomie et de la perspective et Florence devient la ville de l’avant-garde artistique ». Lors de cette conférence, l’intervenante Tatiana Mignot aura l’occasion de revenir sur les œuvres et les artistes qui ont ouvert la voie aux grands génies.

Titulaire d’un Master en Histoire de l’Art et d’une Licence en Histoire, Tatiana Mignot est guide-conférencière à la Sorbonne. Spécialisée dans la période classique (période de l’histoire de la Grèce antique correspondant à la majeure partie des Ve et IVe siècles avant J.-C.), elle travaille également pour l’Ecole du Louvre en tant que chargée de travaux dirigés sur la peinture de la Renaissance.

Conferencia, qui organise cette conférence, est un organisme qui propose chaque semaine des conférences ayant pour objectif de créer des moments de partage de connaissances avec des intervenants spécialisés, quel que soit le thème abordé. Si la plupart des conférences proposées par Conferentia sont payantes, cela n’est pas le cas de Florence, le berceau de la Renaissance italienne.

Florence durant la Renaissance italienne

Mais pourquoi la ville de Florence fait-elle si régulièrement l’objet d’émissions télévisées, ouvrages, documentaires et conférences ?

Rappelons tout d’abord que la Renaissance italienne (Rinascimento), dont les origines remontent au début du XIVe siècle dans la sphère littéraire, a été une période de grands changements culturels en Europe. S’étalant de la fin du XIVe siècle (Trecento) à la fin du XVIe siècle (Cinquecento), elle a amorcé la Renaissance, assurant ainsi la transition entre le Moyen Âge et l’Europe moderne.

D’ailleurs, le terme « Renaissance » a lui-même une signification particulière dans la mesure où il illustre le regain d’intérêt pour la culture de l’Antiquité classique, après les « âges sombres ». Alors que la fin du XVe siècle voyait l’apogée de la Renaissance italienne, le pays était plongé dans le chaos par les invasions étrangères, qui ont par la suite participé à la diffusion des idéaux de la Renaissance dans le reste de l’Europe.

Or cette Renaissance italienne, dont les principales réalisations culturelles sont à la fois de nature littéraire, artistique et architecturale, a vu le jour en Toscane, et tout particulièrement à Florence. En effet, la ville de Florence a connu un essor artistique et économique à partir du XIIe siècle, devenant de fait le berceau d’une certaine  « Renaissance italienne ». De nombreux artistes y sont nés ou y ont vécu, tels que Michel-Ange, Giotto ou Botticelli, contribuant à sa renommée. Aujourd’hui, cette ville traversée par l’Arno regorge de merveilles architecturales, dont l’importance culturelle est démontrée par leur présence au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Que vous souhaitiez en apprendre davantage sur le rôle qu’a eu la ville de Florence à la Renaissance, ou que vous soyiez tout simplement passionnés par ce mouvement, rendez-vous le mercredi 2 février à 18h30 !

Page Facebook de la conférence : https://www.facebook.com/events/462695555362324/ 

Lien pour s’inscrire : https://bit.ly/3qpN0qS 

Site de Conferentia : https://www.conferentia.fr/ 

Pour en savoir plus sur la Renaissance et Florence : La Renaissance à Florence : le Quattrocento, La Renaissance, Centre historique de Florence

Cet article n’engage que son autrice.

Mathilde Varboki

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[Portraits de personnalités inspirantes : René Descartes]

René Descartes (1596-1650) est un homme du 17ème siècle qui est au fondement de la philosophie moderne. Aujourd’hui célèbre pour sa phrase « je pense donc je suis ». René Descartes au-delà du philosophe est aussi connu pour ses contributions aux mathématiques et à la physique. En physique, il apporte une contribution à la mécanique qui fait de lui un des fondateurs du « mécanisme », mais aussi à l’optique. Il est aussi considéré comme étant à l’origine de la géométrie analytique. La contribution qui a eu le plus de retentissement est le cogito qui fait son apparition dans le son livre le discours de la méthode. Cet apport philosophique marque la naissance de la subjectivité moderne.

Alors qu’il avait 8 ans, René Descartes entre au collège des jésuites de la Flèche, une école fondée par Henri IV (1553-1610). Il reçoit alors dans cet établissement, une éducation stricte et solide où il exprime un certain attrait pour les mathématiques. Après avoir finalisé des études de droit à Poitiers, il décide de partir voyager à la découverte du monde. Pendant ses voyages, il s’enrôle dans l’armée notamment en Hollande ou il s’engage dans l’armée du prince d’orange en 1618. Par la suite et notamment en de 1620 à 1628, il voyage dans toute l’Europe et élabore des travails multiples. En 1626, il découvre la loi de la réfraction des rayons lumineux. En 1628, charmé par un esprit de liberté en Hollande, il s’y installe pendant 20 ans, occupé par ses travails philosophiques. En 1633, Descartes publie un traité du monde et de la lumière, ou il défend contre son église avec laquelle il est soumis par la foi, la thèse suivant laquelle la terre tourne autour du soleil et va donc à l’encontre de l’idée contraire d’un soleil tournant autour de la terre. Cependant, apprenant la condamnation de Galilée, Descartes renonce à publier son traité.

En 1637, Descartes publie son fameux discours sur la méthode qu’il publie anonymement à Leyde (situé entre Amsterdam et La Haye). Le discours sur la méthode était avant tout un discours pour bien conduire sa raison, et chercher la vérité dans les sciences. A la base, son traité devait seulement servir d’introduction à trois autres traités scientifiques écrits par l’auteur à savoir : La Dioprique; Les Météores et La Géométrie. Dans son traité « les météores », Descartes démontre que l’on peut traiter des phénomènes météorologiques de manière scientifique par l’observation, l’analyse et les mathématiques. Il se pose donc à l’inverse des traités de scolastique qui considéraient des phénomènes comme la grêle ou les parhélies comme des manifestations magiques. La scolastique était la philosophie développée au moyen-âge que l’on enseignait dans les universités. Cette philosophie conciliait l’apport de la philosophie grecque avec la théologie chrétienne. On peut donc comprendre les difficultés de Descartes en son temps à élaborer une philosophie qui servait le prolongement de sa science et non les apports de la chrétienté.

En dehors des trois autres traités scientifiques qui composaient son ouvrage, le discours de la méthode pose des règles indispensables à la connaissance : Il faut se méfier de tout et en premier lieu des sens. C’est ce qui fait de lui un des philosophes du doute. Avec un regard moderne, on peut voir que Descartes n’était pas en tort avec cette règle tant les énoncés de physique contredisent notre perception sensible et vont même à son encontre. La deuxième règle énoncée dans le Discours est de décomposé un problème en ses différents éléments ; c’est la règle de l’analyse. La troisième règle est de ré agencer chaque élément du plus simple au plus complexe, c’est la règle de la synthèse ou de l’induction. Enfin, il faut vérifier que le raisonnement n’a rien oublié (règle de l’énumération ou déduction). Ensuite, en 1641, Descartes publie en Latin, ses Méditations métaphysiques et occasionne de nombreux débats et polémiques. Du point de vue de l’histoire de la philosophie, cet ouvrage constitue l’une des expressions les plus influentes du rationalisme classique.

Cet article n’engage que son auteur.

Article d’Auxence Jobron

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[Les droits culturels]

L’intérêt pour les droits culturels s’est manifesté en France au début des années 2000, alors que cette notion est nettement plus ancienne. En effet, c’est après la guerre, à l’instauration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, que cette pensée pour les droits culturels s’instaure comme faisant partie des droits humains fondamentaux. Elle est définie selon les articles suivants : 

Article 22 : “ toute personne est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité” 

Article 27 : “Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté.”  

Seulement, sur la forme, cette notion était intégrée mais sur le fond, celle-ci a très vite disparue. 

Cette notion réapparaît alors avec beaucoup plus d’impact en 2007 lors du lancement de la Déclaration de Fribourg. C’est un des textes fondateurs des droits culturels, mené depuis 20 ans par l’action collective d’un groupe nommé “groupe de Fribourg”. 

Ce groupe réclame la reconnaissance des droits culturels comme un droit fondamental, comme promis par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Dès lors, leur démarche consiste à définir plus précisément ce que sont les droits culturels. En effet, il y a deux types de droits : les droits droits libertés aussi dit “droits de” ne sont soumis à aucune contrainte financière ou matérielle, comme la liberté. Alors que les droits-créances, autrement dit les « droits à” entraînent en générale un coup financier, comme l’exemple de la culture. 

Cette déclaration de Fribourg définit dès lors les droits culturels comme visant “ à garantir à chacun la liberté de vivre son identité culturelle, comprise comme « l’ensemble des références culturelles par lesquelles une personne, seule ou en commun, se définit, se constitue, communique et entend être reconnue dans sa dignité » (Déclaration de Fribourg sur les droits culturels, 2007).

Afin de mettre en œuvre ces droits culturels, Jean Michel Lucas, spécialiste engagé pour les droits culturels explique qu’il y a trois étapes à entreprendre. 

La première consiste à penser et pratiquer la coopération territoriale et inter-institutionnelle afin d’éviter une concurrence entre les différentes démarches et créations culturelles. Ensuite, il nous faut penser et pratiquer un pilotage à l’aune des droits culturels, c’est-à-dire, en respectant une égalité, une équité et une diversité entre tous. Enfin, pour fermer la boucle, il faut penser et pratiquer une évaluation de manière continue et partagée, autrement dit, il faut savoir prendre du recul et avoir un regard critique sur nos engagements afin de les réévaluer et de les modifier si besoin afin d’avancer de façon plus efficace. 

Pour en savoir plus voici les sources de cet article : 

https://www.franceculture.fr/emissions/affaire-en-cours/affaires-en-cours-du-jeudi-04-fevrier-2021

https://www.federationartsdelarue.org/ressources/declaration-fribourg-sur-droits-culturels

https://droitsculturels.org/observatoire/wp-content/uploads/sites/6/2017/05/declaration-fr3.pdf

Cet article n’engage que son auteur 

Aurélie Ménard

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[Rubrique culturelle : Marcel Proust, un roman parisien au Musée Carnavalet]

Peut-être en avez-vous entendu parler : l’exposition sur Marcel Proust au musée Carnavalet a débuté jeudi 16 décembre, l’occasion de se plonger ou de se replonger dans les romans de l’écrivain, mais aussi dans le Paris de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.

Parisien de naissance, Marcel Proust n’a eu de cesse de dépeindre la capitale dans ses œuvres, d’autant plus qu’il y habite toute sa vie et qu’il s’immisce dans les cercles restreints du Tout-Paris de la Belle Epoque. Pour le musée Carnavalet, consacré à l’histoire de Paris, revenir sur la vie et l’œuvre de cet artiste pour le 150ème anniversaire de sa naissance est aussi l’occasion de dévoiler la vie bourgeoise dans la capitale à cette période.

L’exposition, chronologique comme la collection permanente du musée, retrace la vie de Marcel Proust en mettant en exergue la récurrence du motif p            arisien dans son Œuvre. Les deux commissaires d’exposition Valérie Guillaume et Anne-Laure Sol se sont associées avec des spécialistes de l’auteur et de ses romans : Jérôme Bastianelli, Jean-Marc Quaranta, Jean-Yves Tadié et Alice Thomine-Berrada. Ainsi, l’exposition ne passe à côté d’aucun fait important et les explications historiques et littéraires qui ponctuent la visite sont d’une qualité indiscutable.

L’exposition se fait en deux temps. Tout d’abord, c’est la vie de Marcel Proust qui est présentée. Une reconstitution cartographique des lieux parisiens qu’il a fréquentés accompagnés de tableaux pour les illustrer permet de bien se représenter le Paris de la Belle-Epoque. La variété des supports de l’exposition participe de cette immersion puisque des vidéos, des brouillons d’écriture, des objets tels que son manteau et des portraits sont exposés.

La deuxième partie de l’exposition se penche sur les sept tomes des romans figurant dans A la recherche du temps perdu. La force de cette exposition réside dans le fait que le parcours est aussi bien conçu pour les connaisseurs de l’Œuvre de l’écrivain que pour ceux qui ne la connaissent pas. L’évocation des nombreux lieux parisiens fréquentés par les protagonistes est l’occasion de montrer des œuvres représentant le Tout-Paris, les activités qui s’y déroulent, des affiches publicitaires, des lettres, des vieux films…

A titre d’exemple, ce tableau monumental peint par Henri Gervex en 1909, Une soirée au Pré-Catelan, représente une soirée mondaine comme celles dans lesquelles Proust avait coutume de se rendre. Sa disposition contre le mur et proche du sol donnerait presque l’impression au spectateur de faire partie de la scène.

La qualité des œuvres présentées et celle du discours sur les romans et la vie de Marcel Proust sont autant de bonnes raisons de se rendre dans cette exposition qui se tient jusqu’au 10 avril 2022. L’exiguïté des salles peut néanmoins rendre la visite peu agréable en heures de pointe, il faut donc privilégier les matinées pour plus de calme.

Article de Manon Etourneau

Cet article n’engage que son auteure.

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