[Rubrique culturelle : La série Twogether sur Netflix]

Les vacances de février ont souvent été l’occasion de voyager, pour skier comme pour chercher la chaleur dans des pays exotiques où les saisons sont inversées avec l’hémisphère nord. Pour rompre avec la monotonie de l’hiver, nous vous proposons aujourd’hui, au lieu de découvrir une potentielle sortie culturelle à faire après les restrictions ou une visite en ligne, de regarder une série qui vous fera non seulement voyager sans bouger de votre canapé, mais qui vous remontera le moral grâce à sa légèreté. 

En effet, sur Netflix est parue il y a maintenant quelques temps le documentaire de voyage Twogether, production sud-coréenne qui met à l’honneur deux stars du cinéma asiatique : Lee Seung-gi, reconnu dans le domaine de l’entertainment en Corée du Sud, et Jasper Liu, taiwanais, reconnu pour les séries télévisées dans lesquelles il a joué. 

Le principe de l’émission est plutôt simple : deux personnalités célèbres en Asie de l’Est se rencontrent et voyagent ensemble pour rencontrer leurs fans. Fans qui leur préparent des parcours atypiques, leur faisant découvrir les lieux emblématiques de leur région avant de pouvoir les rencontrer.

Pour voyager

Longue de huit épisodes, la série nous fait parcourir trois pays : l’Indonésie, la Thaïlande et le Népal. On y retrouve alors des monuments classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, des sites naturels protégés, des places empreintes de culture et de croyances locales. 

Dans les épisodes en Indonésie, nous découvrons alors notamment la Jomblang Cave, grotte mythique, mais aussi le Temple de Prambanan, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Mais, nous voyons également des sites paradisiaques comme les plages de Sawangan.

(Image : Seung-gi et Jasper au Temple de Prambanan)

Ensuite, ils rejoignent la Thaïlande où ils y découvrent Bangkok, ainsi que le marché sur l’eau de Damnoen Saduak et le Hang Dong Canyon.  Ils visitent même l’Université Chiang Mai et doivent jouer au Kick Volley Ball, qui est un sport typique d’Asie du Sud. 

(Image : Marché sur l’eau de Damnoen Saduak)

En troisième étape du voyage, direction le Népal où les deux acteurs découvrent la ville de Pokhara, randonnent jusqu’à l’Annapurna. Ils se rendent également au Lac Phewa et au Temple Tal Barahi, qui est un temple indou dédié au dieu Durga. Là-bas, ils doivent jouer au Darrom, jeu typique népalais. Ils arrivent ensuite à Kathmandou et visitent Khwopa, la ville aux temples et y goûtent des plats indiens, dont le Dal Bhat.

(Image : Lac Phewa au Népal)

L’aventure se termine à Séoul où ils rencontrent leur dernier fan près du fleuve Han. 

Pour décompresser

La légèreté de la série permet vraiment de passer un bon moment. D’abord, les deux acteurs ne parlent pas vraiment la même langue : malgré les connaissances de Jasper en coréen, ils doivent très souvent parler un anglais approximatif qui les met parfois dans de drôles de situations. De plus, les personnalités des célébrités dans la série nous forcent à décompresser : Jasper Liu est le partenaire un peu naïf et fragile, qui se fait souvent avoir par son compagnon rusé Seung-gi. Le fait qu’ils rencontrent leur fan à chaque étape est aussi amusant : passant souvent pour des rencontres assez gênantes, elles permettent aussi de détendre l’atmosphère et, puisque c’est le but de l’émission, donnent un challenge aux acteurs.

Pour ceux qui ne connaissent pas les émissions de variétés coréennes, c’est également une bonne série pour se familiariser avec cette méthode totalement différente de montage : les réalisateurs se plaisent à insérer des commentaires qui ajoutent de l’humour à des situations qui se trouvent souvent être déjà assez cocasses. 

Alors, si le moral est dans les chaussettes, et que l’envie de voyager devient irrépressible, n’hésitez pas à regarder cette série qui vous garantit découverte et bonne humeur !

Voici les bande annonces : 

Article de Tifenn Genestier

Cet article n’engage que son auteure.

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[Les grands travaux de l’UNESCO : La campagne de Nubie, 1960-1980]

La campagne dite de Nubie trouve sa source dans le dilemme qui oppose la culture au développement de l’Égypte alors nommée République Arabe Unie. Le gouvernement prend la décision à la fin des années 1950 de bâtir le haut barrage d’Assouan et d’ainsi créer le lac Nasser (lac de Nubie), réservoir d’eau de 162 milliards de mètres cubes devenu nécessaire pour le développement de la région et du pays. Cependant un tel projet mettrait en péril quelque 17 sites archéologiques égyptiens et 5 autres en territoire soudanais, tous sur les bords du Nil et en amont du barrage. 

    C’est pourquoi en 1959 les gouvernements égyptiens et soudanais font appel à l’UNESCO indépendamment l’un de l’autre, demandant assistance pour sauver ces sites archéologiques nubiens voués à la submersion en l’absence d’action. À la fin de cette même année, la 55e session du conseil exécutif de l’UNESCO adopte le principe d’un appel à la coopération internationale dans l’objectif de sauver les sites en danger. Des études et recherches archéologiques débutent alors en urgence. 

    En janvier 1960 les travaux pour le haut barrage d’Assouan commencent, c’est le début du compte à rebours. Le 8 mars de la même année (1960) Vittorino Veronese alors directeur général de l’UNESCO lance un appel à la communauté internationale pour la sauvegarde de ce qui commence à un être perçu comme un patrimoine appartenant à l’humanité. 

    S’ensuivent 20 ans de travaux pharaoniques pour démonter pierre par pierre ces monuments de l’Égypte antique vieux de plus de 4 millénaires pour la plupart. Ces monuments sont ensuite rebâtis en 6 groupes, à l’abri des eaux du Nil et du futur Lac Nasser : 

  • les temples des îles de Philae sur l’île d’Agilkia à proximité du précédent barrage d’Assouan ; 
  • les temples de Beit el Wali et Kalabsha et le Kiosque de Qertassi sont positionnés près du haut barrage ;
  • les temples de Dakka, Maharraqa et Wadi es Sebua près du site antérieur de Wadi es Sebua ;
  • les temples d’Amada et Derr ainsi que la tombe de Pennut à Aniba près du site antérieur d’Amada ;
  • les temples d’Abu Simbel in situ mais 60 m au-dessus du site d’origine ;
  • les temples d’Aksha, Buhen, Semna Est et Semna Ouest au jardin-musée de Khartoum.
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fb/Abusimbel.jpg
Démontage des statues du temple d’Abu Simbel

    Toutefois 3 monuments ne purent être déplacés et totalement sauvés (le temple de Gerf Husein, les chapelles de Qasr Ibrim et le temple d’Abu Oda), 4 autres temples furent offerts en guise de gratitude à certains pays ayant contribué au succès de la campagne. Ainsi le temple Debod fut offert à l’Espagne, le temple Taffa aux Pays-Bas, le temple Dendur aux États-Unis d’Amérique et celui d’Ellesyia en Italie. 

    Une des opérations les plus spectaculaires fut celle du sauvetage d’Abu Simbel. Ce site archéologique redécouvert au 19e siècle et initialement situé à 280 km d’Assouan abritait 2 temples creusés dans le roc. Un premier était dédié à Ramsès II et un second à la grande épouse Néfertari. C’est en novembre 1963 qu’est signé l’accord pour le sauvetage du site et en avril 1964 que commencent les travaux. Il faut dans un premier temps décaper la montagne pour soulager le poids qui repose sur les temples encastrés dans la roche. La difficulté du site réside dans le fait que celui-ci n’a pas été construit pierre par pierre comme les autres, il ne peut donc pas être démonté, il doit être découpé. C’est le début de mois de travaux où les parois et géants monolithiques de grès sont sciés puis déplacés quelques 60 km plus loin. Là-bas, sur une colline artificielle, une montagne en béton reproduisant celle d’origine attend les décors du temple.

    La campagne de Nubie prend officiellement fin le 10 mars 1980, 20 ans exactement après l’appel de Vittorino Veronese. Il s’agit là du premier grand chantier international de sauvegarde pour des monuments qui font désormais partie du patrimoine mondial de l’humanité. 


Article de Yacine Navenot

Cet article n’engage que son autrice.

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[Rubrique culturelle : Le regard d’une artiste, Frida Kahlo par Lucienne Bloch]

En ces temps de crise sanitaire, de couvre-feu et d’absence de musées ou d’expositions, les galeries d’art représentent une alternative intéressante pour continuer de nourrir notre curiosité culturelle.

La Galerie de l’instant, au cœur du Marais, propose actuellement une exposition  consacrée à des photographies exclusives de Frida Kahlo. Artiste peintre mexicaine, femme engagée et puissante, Frida Kahlo continue aujourd’hui de fasciner tant par ses œuvres que par son personnage courageux et captivant.

 Les photographies présentées dans la galerie sont celles de la photographe Lucienne Bloch, assistante et apprentie de Diego Riviera qui fut l’époux de Frida. Celle-ci est devenue l’amie proche et la confidente de la jeune femme, l’accompagnant dans les moments les plus durs de son existence comme la maladie de sa mère ou sa fausse couche. Ces œuvres témoignent en effet de la proximité et de l’intimité des deux femmes.

Frida Kahlo affirmait d’ailleurs au sujet de l’amitié : « Je serai l’amie de ceux qui m’aime telle que je suis. ».

Ces photos sont ainsi une ode à la féminité, à l’estime de soi et à la simplicité de la vie malgré les tourments et les obstacles auxquels Frida sera confrontée tout au long de son existence. On peut ainsi la voir contempler ses tableaux, échanger un baiser avec son mari ou profiter de la douceur de son pays natal, le Mexique.

Ces portraits en noir et blanc sont fascinants par la simplicité de l’action contrastant avec la fascination du personnage. Ils la représentent dans les moments heureux de sa vie, fière de son travail et de ses œuvres, des moments de complicité avec son époux avant que leur vie conjugale ne vole en éclats, l’estime de soi et l’appréciation de sa féminité.

Cette exposition est d’autant plus captivante, qu’elle a été permise par le jeu du hasard. En effet, après avoir découvert certains de ces clichés à New-York il y a un an, la directrice de la Galerie de l’Instant, Julia Gragnon en poste une image sur instagram. Elle sera ensuite contactée par la petite fille de la photographe, Lucienne Allen Bloch qui collaborera et l’aidera à mettre en place cette exposition.

« Tout le folklore autour de ses vêtements, de ses fleurs, de la couleur, cette espèce d’image d’Epinal de Frida Kahlo, ce n’est pas dans ces images-là qu’on va la retrouver »

Cette affirmation de Julia Gragnon témoigne de la profondeur des photos présentées et de ce visage apaisé de Frida Kahlo que l’on ne voit finalement que trop rarement.

Frida Kahlo de Rivera 1907-1954 , famous Mexican painter

Une visite au cœur de cette exposition dans la Galerie de l’Instant vous permettra donc de retrouver les joies des sorties culturelles, de réapprendre à apprécier la singularité des photographies et surtout à apprécier un aspect lumineux et mélancolique de la vie de Frida Kahlo qui vous donnera l’impression d’accompagner ces moments éblouissants de vie aux côtés de Lucienne Bloch.

La Galerie de l’instant vous accueille toute la semaine jusqu’à 19h et l’exposition consacrée à Frida Kahlo s’achèvera le 31 mars 2021.

Article de Clémence Hoerner

Cet article n’engage que son auteure.

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[Chronique sur le patrimoine UNESCO en France : Les chemins de Saint-Jacques de Compostelle et l’hôpital des Pèlerins de Pons]

En 1998, l’UNESCO décide de classer au patrimoine mondial 71 édifices remarquables qui bordent les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Empruntées tout au long du Moyen-Age par des pèlerins venant de toute l’Europe, ces routes partent de Paris, de Vézelay, du Puy et d’Arles et mènent jusqu’à l’Espagne, à Saint-Jacques de Compostelle.

Il nous faut remonter à l’an 813 pour comprendre les origines du pèlerinage. C’est à cette date que l’emplacement du tombeau de Saint-Jacques est découvert dans le nord-ouest de l’Espagne, un des douze apôtres du Christ qui a converti la péninsule ibérique au christianisme. On raconte que son tombeau aurait été découvert grâce à la lumière des étoiles convergeant vers l’emplacement de sa sépulture, créant une voûte étoilée. Depuis, des milliers de pèlerins font le voyage pour aller s’y recueillir. Cette voûte céleste, souvent confondue avec un fer à cheval, est représentée par les pèlerins le long des nombreux chemins menant à Saint-Jacques de Compostelle, en référence au Saint Patron qui les protège.

Cette gravure date de l’époque médiévale, elle a été réalisée sur un mur de l’hôpital des Pèlerins de Pons en Charente-Maritime. Ce dernier fait partie des 71 édifices classés au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il constitue un point relais important de la Haute-Saintonge, entre Saintes et Bordeaux, et possède une architecture remarquable. Au Moyen-Age, cet hôpital pouvait abriter jusqu’à trente pèlerins, ce qui est considérable à cette époque, et il accueillait également les mendiants et les enfants abandonnés, qui recevaient des soins dispensés par des chanoines. Une reproduction de ces scènes figure dans l’hôpital, ce qui permet de réellement s’imprégner de l’histoire du lieu, d’autant plus que des instruments de médecine médiévaux sont exposés.

Cet édifice possède une forte valeur patrimoniale, puisque depuis l’incendie de Notre-Dame de Paris, la charpente de l’hôpital des Pèlerins est la plus vieille de France connue, elle date de 1230 ! Son bon état de conservation peut s’expliquer par ses matériaux de construction : du chêne et du châtaignier, deux matériaux imputrescibles (qui résistent au temps et éloignent les insectes !).

C’est aussi l’un des plus vieux complexes hospitaliers d’Europe, puisqu’il a été construit au XIIème siècle sous la demande de Geoffroy III, seigneur de Pons, et nous pouvons encore admirer l’impressionnant porche de style roman qui mesure 18 mètres de haut, dont voici une photographie ci-dessous.

Depuis 2003, des jardiniers se sont employés à reconstituer un jardin de plantes médicinales médiévales ! Il est réparti en carrés de plantes suivant leurs propriétés, des plantes qui étaient bien entendu utilisées dans l’hôpital pour soigner les malades. On y trouve plus d’une centaine d’espèces !

Si l’édifice apparait aujourd’hui sous son plus beau jour, c’est parce qu’il a été restauré en 2004. A cette occasion, les vitraux ont été refaits par le maître-verrier Jean-Dominique Fleury avec une approche artistique originale. Son projet s’inspire des portails sculptés romans des églises saintongeaises qui jalonnent la route de Saint-Jacques de Compostelle. Les motifs de ces sculptures, végétaux, rinceaux, entrelacs, sont reproduits en silhouettes sérigraphiées à différentes échelles sur les vitraux, ce qui lui fait dire :

« Des traces du chemin, j’ai décalqué quelques signes, empruntés ici ou là à un portail roman, un ciel de sable. D’un soleil d’or, la couleur s’est ici posée. »

L’Hôpital des Pèlerins est aujourd’hui ouvert au public tous les étés, et sur réservation auprès de l’office de tourisme le reste de l’année. Depuis l’année 2020, il est également devenu un musée archéologique ! En effet, il abrite une collection d’objets allant de l’Antiquité à l’époque moderne, qui proviennent de Pons et ses alentours. Le musée et l’hôpital des Pèlerins se favorisent mutuellement et l’été 2020 a été marqué par une augmentation considérable du nombre de visiteurs !

Si cet article vous a intéressé, nous vous invitons à vous abonner au compte Instagram de l’Hopital des Pèlerins : hopital_des_pelerins_museepons, et pourquoi pas, à venir en Charente-Maritime pour le visiter !

Article de Manon Etourneau

Cet article n’engage que son auteure.

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[Un monde parfait selon Ghibli – Alexandre Mathis]

Ghibli est un nom que j’ai choisi au hasard après l’avoir lu sur un avion. C’est juste un nom.” Tels furent les mots d’Hayao Miyazaki à Mami Sunada en 2013 lorsqu’elle lui demanda s’il était inquiet pour l’avenir du studio qu’il a lui-même créé. 

Si ce nom a été trouvé au hasard, les films issus de ce fameux studio, ont eux tout, sauf un caractère anodin. Hymnes à la jeunesse, à l’amour, à la famille, à l’environnement, et à la femme, ils ont bercé toute une génération d’enfants grandissant à l’ère de la culture de masse, dont le soft power japonais ne fait pas exeption. Pourtant, n’en déplaise aux altermondialistes, ce ne sont pas des idées nationalistes que le studio Ghibli prône, mais bien des valeurs universelles, empreintes de tolérance et de respect pour son prochain.

Expliquer les métaphores de ces films, tel est le pari que s’est lancé le journaliste Alexandre Mathis en faisant la sociologie des personnages inventés par les réalisateurs des studios. LES réalisateurs ? Oui, car si Hayao Miyazaki est sûrement le plus célèbre d’entre eux, il n’est pourtant pas seul à traverser les locaux de Ghibli. Mentionnons alors Toshio Suzuki et Isao Takahata. On peut donc parler d’un trio de cofondateurs des studios. Nombre d’autres réalisateurs sont présents, cependant la prégnance de Miyazaki et Takahata s’explique par les succès qu’ont rencontré leurs œuvres. 

Loin d’être alors un ouvrage sur la beauté des images des films, Un monde parfait selon Ghibli plonge alors en profondeur dans le sens caché des actions que les auteurs prêtent à leurs personnages. On peut alors parler d’écologie, d’égalité, d’amour ! De guerre aussi. 

Retour sur trois des valeurs clefs, vous laissant le plaisir de découvrir les autres lors de la lecture de cet ouvrage qui est, dans la pratique, accessible à toutes et tous. 

Porter sur le monde un regard sans haine

Si nous ne devions revenir ici que sur un exemple, un seul. La Princesse Mononoké, film au titre éponyme, raconte l’histoire d’Ashitaka, prince d’un village du Japon médiéval, dont le corps se fait peu à peu dévorer par une malédiction, après avoir tué un dieu sanglier possédé. Le seul remède : s’exiler dans la forêt, où vivent les esprits, pour trouver la cause de son malheur. Son périple lui apprend une chose tout au moins : les hommes et les animaux de la forêt ne cohabitent pas, ils se battent, ils résistent, ils se vouent une haine sans pareil. Chacun d’eux ont des raisons louables à leur attitude : d’un côté Dame Eboshi, qui tente de subvenir aux besoins de la ville sous son commandement. De l’autre, la forêt, les esprits, attaqués, ne sachant se défendre, haineux envers ces humains qui les attaquent. Mais, dans ce monde manichéen de prime abord, Ashitaka fait la rencontre de San, la princesse Mononoké, humaine élevée par une louve, contre les humains et leur manque de conscience écologique. Le rôle d’Ashitaka dans ce film : apprendre aux éléments à cohabiter ensemble. Montrer que la paix est possible. Et la paix est possible, quand on en arrive à la fin du film.  

    Ghibli et le féminisme

Parler de féminisme pour qualifier les studios Ghibli a été souvent considéré par nombre de journalistes comme une déformation interculturelle. L’auteur, mettant ces critiques à part, montre le rôle fondamental des femmes dans toutes les œuvres des auteurs de Ghibli. Loin de considérer que la femme est plus débrouillarde que l’homme, les auteurs tentent plutôt de montrer des femmes maitresses de leurs destins, et qui sont capables d’obtenir de l’aide d’hommes. En fait, c’est un discours d’égalité. Chihiro mène son aventure seule, et se fait un ami, Haku. Yubaba elle-même est la directrice des bains, et ne dépend d’aucun homme. Naausica, elle, est belle, forte, combattante, débrouillarde. Elle finit d’ailleurs par triompher, et sans l’aide du prince charmant. Dernier exemple, qui me tient particulièrement à cœur je dois bien vous l’avouer, est celui de Kiki, du film Kiki la Petite Sorcière, qui, du haut de ses treize ans, quitte la maison familiale sur son balai pour accomplir son apprentissage de sorcière loin de ses parents. Accompagné de Gigi son chat noir, elle s’établit seule : service de livraison, aventures dans la forêt, secours auprès d’une vieille dame ou de son ami suspendu à un dirigeable, elle est la maitresse de la situation à tout point de vue. Et, lorsqu’elle défaille, elle trouve seule la solution à sa perte de pouvoir. 

    “Quand l’homme rompt l’équilibre du monde, la forêt fait d’énormes sacrifices pour rétablir cet équilibre.

Comment parler des films Ghibli sans s’arrêter quelques instants sur le poids des messages écologiques ? Impossible. Pourquoi ? Car dans tous les films, on y retrouve une morale environnementale. Tous. Nausicaa, c’est l’histoire d’une jeune fille qui tente par tous les moyens de restaurer la paix entre les hommes et la nature, devenue – pense-t-on –  meurtrière après une guerre mondiale qui a mis fin à l’ère industrielle et moderne telle que nous la connaissons aujourd’hui. La Princesse Mononoké délivre le même message : la paix et la cohabitation entre les hommes et les éléments de la Terre. Et que dire de Ponyo sur la falaise, où Fujimoto, sorcier du fond des océans, essaie de rendre à la mer sa prééminence sur les hommes, qui l’ont mal-traitée jusqu’à présent. Dans Le Voyage de Chihiro, alors que les thèmes principaux pourraient être le passage de l’enfance à l’adolescence et l’amitié, on retrouve ce discours écologique, lors de l’arrivée d’un esprit putride dans les bains, métaphore de la pollution des rivières. Enfin – pour ne donner qu’un exemple de plus et vous laisser le plaisir de la découverte lors de la lecture de l’ouvrage – nous pouvons évidemment nous arrêter sur Mon Voisin Totoro, qui laisse une place prééminente encore une fois à la forêt, mettant à l’honneur une sorte de gros ours inoffensif qui fait pousser des arbres devant les yeux émerveillés de deux fillettes. 

    Alors, dans ces temps où la culture a tant de difficultés à nous parvenir, profitons du temps qui nous est laissé pour nous échapper et rêver à un monde meilleur, ou du moins à un meilleur lendemain. Un monde parfait selon Ghibli, en faisant le portrait des œuvres des studios Ghibli, trouve finalement la note d’espoir commune à tous ces films : les idées qui nous divisent ne sont en rien irrémédiables, et le meilleur est – le souhaite-t-on – à venir.

Si cet article vous a fait découvrir l’univers Ghibli mais que vous ne savez pas par où commencer, je vous invite évidemment à lire l’ouvrage d’Alexandre Mathis qui est compréhensible même pour les personnes n’ayant pas vu les films. Voici d’ailleurs la liste des films des studios depuis leur création. Un bon moyen aussi de passer le temps, seul, entre amis, ou avec des enfants, et pour se sensibiliser à des thèmes dont on parle beaucoup, mais finalement avec si peu d’humanité. 

Article de Tifenn Genestier

Cet article n’engage que son auteure.

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[ Rubrique culturelle : Le cimetière du Père-Lachaise ]

Situé dans le 20 ème arrondissement de Paris et s’étendant sur 44 hectares, le cimetière du Père-Lachaise (ou cimetière de l’Est) est le plus célèbre de la capitale. Il tient son nom du confesseur du roi Louis XIV : le père jésuite François d’Aix de La Chaise. Le site a ouvert ses portes le 21 mai 1804. Sa renommée tient au fait qu’il abrite les sépultures de quantité d’hommes et de femmes célèbres ayant marqué l’histoire de France et du monde : des artistes, peintres, musiciens, chanteurs, écrivains, militaires, hommes politiques, historiens, scientifiques… Pour n’en citer que quelques uns des plus célèbres : Proust, Musset, Molière, Edith Piaf, Jim Morisson, Balzac, Chopin, Colette, Jean de La Fontaine, Champollion, Simone Signoret.

Le cimetière accueille également des tombes d’anonymes. Au total, ce sont 70 000 concessions que l’on peut retrouver dans ce véritable jardin-panthéon. Plus de 3 millions de visiteurs venus du monde entier le visitent chaque année.

La partie la plus ancienne du cimetière du Père-Lachaise (celle la plus proche de l’entrée principale), a été classée au titre des « sites historiques et pittoresques » en 1962. Certains monuments funéraires ont été quant à eux été classés monuments historiques, comme le mur des Fédérés, le crématorium de style néobyzantin datant de la fin du XIX ème siècle ou encore les tombes d’Héloïse et d’Abélard, de Molière, de La Fontaine et de l’abbé Delille.

Il s’agit donc d’un lieu unique et original qui invite au recueillement. On peut le comparer à un musée en plein air puisque le site est imprégné d’art, de culture et d’histoire (notamment le « mur des Fédérés » lié à l’histoire de la Commune en 1871). De nombreuses oeuvres architecturales et sculpturales, édifiées par les architectes et les sculpteurs les plus représentatifs de leur époque témoignent de la richesse de l’art funéraire. On peut y observer tous les styles de cet art : des caveaux haussmanniens, des tombes gothiques, des mausolées à l’antique, des édifices néo-classiques, des sculptures aux styles variés…

Le visiteur ne peut que s’émerveiller de ce labyrinthe de tombes et de verdure !

Le cimetière constitue un lieu de promenade agréable avec ses nombreux arbres faisant de lui un écrin de verdure (le plus grand espace vert de Paris intra-muraos) qui semble suspendu hors temps et hors de la capitale. Si les promenades y sont autorisées, attention toutefois à conserver une attitude correcte dans ce lieu de recueillement.

Pour découvrir les personnalités enterrées au cimetière du Père Lachasie : https://pere-lachaise.com/tombes-et-celebrites-au-pere-lachaise/

Pour préparer sa visite : https://pere-lachaise.com/

/!\ Les horaires d’ouverture sont susceptibles d’être changés en fonction de la crise sanitaire et des restrictions liées.

Infos pratiques :

Horaires d’ouverture

Novembre à mi-mars :

de 8h à 17h30 du lundi au vendredi,

de 8h30 à 17h30 le samedi,

et de 9h à 17h30 le dimanche et les jours fériés.

De mi-mars à octobre :

de 8h à 18h du lundi au vendredi,

de 8h30 à 18h le samedi,

et de 9h à 18h le dimanche et les jours fériés.

Attention : Les derniers visiteurs sont admis au plus tard 15 minutes avant la fermeture.

L’entrée est gratuite.

5 entrées au total (pour plus d’informations, visitez le site internet)

Entrée principale :

Adresse : n’a pas d’adresse postale. (Pour indication : située sur le boulevard de Ménilmontant, face à la rue de la Roquette)

Transports : Métro Philippe Auguste (ligne 2) – Bus 61, 69.

Des visites guidées sont proposées (hors Covid).

Cet article n’engage que son auteure.

Rédigé par Agathe Passerat de La Chapelle

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[Un vendredi soir avec les Co’p1]

Le siège de SONU nous a annoncé que notre association entamait un partenariat avec Cop’1 – Solidarités étudiantes en décembre alors, lorsque l’on a proposé à certains membres actifs de se joindre à leur équipe pour leur porter main forte lors d’une des deux distributions alimentaires hebdomadaires, je n’ai pas hésité une seconde. Depuis mon entrée à Paris 1 Panthéon Sorbonne en septembre, j’entendais parler de cette association, je la voyais sur les réseaux sociaux, et même récemment à la télé ! Alors j’y suis allée le vendredi 29 janvier. Résumé d’une soirée avec les Co’p1 – Solidarités étudiantes.

    Co’p1 – Solidarités étudiantes, c’est quoi ? 

L’association Co’p1 – Solidarités étudiantes se veut apartisane avec pour seul et unique but de venir en aide aux étudiants qui sont extrêmement fragilisés à cause de la crise du Coronavirus. Elle effectue principalement des distributions de denrées aux étudiants, mais pas que. Elle s’efforce de les accompagner, tant sur le point psychologique qu’humain pour les aider à traverser cette période le plus sereinement possible. Fondée en septembre 2020 avec son président Ulysse Guttmann-Faure, étudiant en double Licence de Droit et Science Politique, l’association ne compte pas moins de 200 bénévoles, répartis dans 10 pôles. Oui, car il y a une chose à laquelle je n’avais pas pensé : c’est un projet tellement énorme, qu’il ne peut pas être porté par des effectifs restreints.

    Les missions de Co’p1 – Solidarités étudiantes

Souvent, les gens la connaissent comme une association de distribution alimentaire. Pourtant, elle est, elle représente tellement plus que ça. Alors que les étudiants récupèrent leur panier de nourriture, ils peuvent aussi bénéficier de produits d’hygiène, comme du dentifrice, des masques chirurgicaux – indispensables ces derniers temps – et des serviettes hygiéniques, réutilisables ou jetables, pour lutter contre la précarité menstruelle. 

Co’p1 – Solidarités étudiantes, c’est aussi un accompagnement à chaque instant. Avant de partir, les étudiants peuvent aussi s’entretenir avec des bénévoles qui font de leur mieux pour leur apporter les réponses dont ils ont besoin – aides au logement, Sécurité sociale, trêve hivernale, aides psychologiques – ou simplement leur parler, les écouter et les réconforter pour affronter cette vie suspendue depuis maintenant presque un an. 

    Bienveillance 

Bienveillance. Pour beaucoup, c’est le nouveau mot à la mode, dont les contours définitionnels sont bien flous. Pourtant, ce mot représente exactement ce que l’on ressent lors de la préparation et de la distribution des paniers. Arrivée à 16h30, je ne connaissais personne mais je n’ai eu à attendre qu’une poignée de seconde avant que l’une des bénévoles prenne le temps de m’expliquer l’organisation de la soirée. A ce moment-là, tous semblaient se connaître, alors que certains venaient pour la première fois. De l’entraide, de la coopération, voilà les rapports qu’avaient les bénévoles entre eux. De la gentillesse, de la compréhension, de la tendresse aussi. Voilà ce que j’ai ressenti : de la sollicitude qui fait chaud au cœur. Tous ensemble, nous faisions des chaînes humaines pour distribuer pommes de terre, carottes et oignons dans les sacs floqués au nom de l’Association, maintenant reconnaissables entre 1000. Ensemble, nous avons déballé, rangé les denrées, organisé les stands. 

Solidarité

18h30. Les premiers étudiants bénéficiaires des paniers ont commencé à entrer. Tout à coup, on a allumé une enceinte portable, de la musique a commencé à retentir dans la salle et bientôt, j’aperçu les premiers sourires dissimulés par les masques, cafés distribués dehors en mains, pour lutter contre le froid mordant d’une nuit hivernale. J’ai vu des jeunes, et des moins jeunes, des étudiants étrangers, des Français, des filles et des garçons, des habitués et des “petits nouveaux”. Tous étaient reconnaissants, nous remerciaient, voulaient s’engager dans l’Association aussi. Drôle de sentiment : être heureux d’aider, mais triste de devoir le faire. Là aussi, et car l’un ne va pas sans l’autre, la solidarité était constamment accompagnée de bienveillance, de mots encourageants et de petites blagues ; pour reconstruire l’espace d’un instant ce lien social que tant ont perdu ces derniers mois. Comme une bulle de joie, dans une vie qui paraît sous bien des aspects très sombre. 

Et finalement vint la fin de la rencontre, le rangement des cartons, le lavage du sol, l’entreposage des denrées qui elles seront écoulées le lendemain après midi. Le moment de dire au revoir aussi, de remercier d’avoir eu l’occasion de participer, et d’être félicité pour le travail accompli. 

Alors, on entend que les jeunes sont irresponsables et égoïstes, conséquences évidentes de leur immaturité. Moi, c’est tout l’inverse que j’ai vu ce vendredi 29 janvier au soir. J’ai vu des étudiants aider leurs pairs dans le besoin, en respectant les gestes barrières, en discutant joyeusement, en prenant leurs responsabilités quand il le fallait pour régler le moindre problème qui pouvait subvenir. J’ai vu des étudiants venant pour leur panier repas, repartir avec les informations nécessaires pour faire partie de l’équipe des Cop’1 – Solidarités étudiantes eux-aussi. J’ai vu des étudiants dans le besoin, nous souhaitant bon courage. Finalement, j’ai vu cette Humanité que la société a tant perdu durant cette dernière année. 

Article de : Tifenn Genestier

Cet article n’engage que son auteure.

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[Rubrique culturelle : l’Heure bleue de Peder Severin Kroyer]

Aujourd’hui, nous vous présentons une nouvelle exposition que vous prendrez plaisir à découvrir lors de la réouverture des établissements culturels ! Pour voyager sans quitter la France, pourquoi ne pas prendre un après-midi pour visiter le Musée Marmottan Monet, et plus spécialement son exposition qui se déroule jusqu’au 25 juillet 2021 sur l’œuvre de la vie de Peder Severin Kroyer !

Exposition intitulée “L’heure bleue”, elle est placée sous le patronage de la Reine Margarethe II du Danemark. 

Mais, qui est Peder Severin Kroyer ?

Peder Severin Kroyer était un artiste peintre qui a exercé dans la seconde moitié du 20e siècle et qui est décédé en 1909 à 58 ans. Il était de nationalité danoise et norvégienne, et son art était perceptible dans la peinture et la sculpture. 

(Autoportrait, 1897, Copenhague, Collection Hirschsprung)

Pour développer son art, Peder Severin Kroyer a énormément voyagé, surtout entre les années 1877 et 1881, où il a découvert l’Europe, rencontré des artistes et des étudiants en art qui l’ont aidé à développer son style artistique. Il s’est même arrêté quelque temps à Paris, où il fut influencé par des impressionnistes de son temps comme Claude Monet, Alfred Sisley ou encore Pierre Auguste Renoir. Mais, en réalité, c’est toute sa vie durant qu’il a voyagé, continuant de puiser son inspiration chez des artistes et des cultures étrangères à la sienne.

En 1881, de retour dans son pays natal qu’est le Danemark, il s’installa à Skagen et produisit durant cette période un large panel de tableaux retraçant la vie quotidienne de ses habitants ainsi que les paysages de la ville. 

Il est d’ailleurs, dans cette optique, rattaché à l’école culturelle et artistique qui dominait alors dans la ville à la période, que l’on appelle communément Les Peintres de Skagen. 

Focus sur Les Peintres de Skagen : c’est un groupe d’artistes qui se sont tous retrouvés dans la ville de Skagen dans les années 1870 pour capter la lumière si particulière qui y régnait dans la ville. En effet, on se plait à dire que l’heure bleue de Skagen est particluièrement divine pour les artistes qui cherchent à la capturer dans leurs tableaux. D’un point de vue artistique, les Peintres de Skagen peignent des paysages d’une manière très réaliste avec des couleurs elles aussi très riches. 

Alors, Peder Severin Kroyer partageait son temps entre Skagen l’été, et Copenhague l’hiver. Cependant, durant les dix dernières années de sa vie, il fut atteint de cécité ce qui compliqua – mais n’arrêta pas – son travail d’artiste. Il aimait même en plaisanter, en disant que la vue de son œil sain était devenue meilleure depuis la perte de sensibilité dans son œil malade. Il a d’ailleurs réalisé des tableaux qui sont aujourd’hui très célèbres pendant cette période. Malgré cela, il mourut en 1909, non pas de complications dues à sa cécité, mais d’une syphilis aiguë. 

    Capturer “L’Heure Bleue” au Musée Marmottan Monet

Pour la première fois en France, le musée Marmottan Monet présente une exposition monographique des œuvres de Peder Severin Kroyer. L’objectif ? Partir à la recherche de l’Heure Bleue, “ce phénomène météorologique qui précède le crépuscule et ne se déploie surtout aux lointains bords de mer septentrionaux”. 

Cette exposition regroupe plus de 60 œuvres d’art qui viennent de musées tous différents : de Paris à Copenhague, mais aussi de musées comme ceux de Aarhus, Kiel ou Budapest. L’exposition du musée Marmottan Monet s’intéresse donc à la vie de Kroyer à Skagen, où il a pu capturer cette heure bleue jugée si magnifique. 

Elle se déroule d’ailleurs en trois temps. 

Le premier moment de l’exposition, dont le décor ne bouge jamais puisqu’il s’agit constamment de la plage de Skagen, montre des images de la vie quotidienne des pêcheurs, toutes plus vivantes les unes que les autres. On retrouve alors deux toiles qu’on ne présente plus lorsque l’on parle de Kroyer : Pécheurs de Skagen, Danemark, coucher de soleil (1883, Skagen, Skagens Kunstmuseer) et Bateaux de pêche (1884, Paris, musée d’Orsay) 


Dans un second temps, Kroyer montre alors la vie quotidienne sur la plage, avec des enfants qui jouent, se baignent, se baladent, dans des scènes qu’on pourrait qualifier de crépusculaires, où le travail du bleu est primordial pour l’artiste. 

“Attendez-nous!”, 1892, Skagen, Art Museum of Skagen / “Garçons se baignant à Skagen, Soirée d’Été”, 1899, Copenhague.

 

Enfin, l’exposition se termine sur le rattachement de l’artiste aux peintres de Skagen. On y retrouve alors le portrait de sa femme Marie qui faisait partie de cette école artistique (Roses (1893, Skagen, Skagens Kunstmuseer). On découvre ensuite les œuvres des peintres de Skagen, peintres qui auront inspiré Kroyer comme on peut le reconnaître dans son tableau Hip Hip Hip Hourra ! (1888,  Skagen, Skagens Kunstmuseer) pour n’en citer qu’un.  

Article de Tifenn Genestier

Cet article n’engage que son auteure.

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[Portraits de personnalités inspirantes : Rosa Bonheur]

Rosa Bonheur, célèbre peintre et sculptrice animalière française du XIXème siècle, menant une vie à la fois excentrique et conventionnelle, est reconnue pour avoir été une femme libre.


Marie Rosalie Bonheur, dite Rosa Bonheur, est née en 1822 à Bordeaux. Alors qu’on l’a voulait couturière, elle fut encouragée par son père, le peintre Raymond Bonheur, à faire de la peinture. Elle passe une partie de sa jeunesse à la campagne, au château de Grimont en Gironde, où elle acquiert une réputation, qui la suivra toute sa vie, d’être un « garçon manqué ».


Ses peintures témoignent d’un talent précoce. Elle expose au Salon de Paris de 1841 et y obtient une médaille d’or en 1848 grâce au tableau Boeufs et Taureaux, race du Cantal (exposé aujourd’hui au Musée d’Orsay). Elle acquiert rapidement une forte réputation dans les scènes animalières et champêtres, qui la feront rattacher au mouvement réaliste. En 1853, son oeuvre Marché aux chevaux présenté au salon lui vaut une gloire internationale et lui permet de faire des tournées. Elle est la première artiste dans l’histoire de la peinture qui voit le marché de l’art spéculer sur ses tableaux de son vivant.

Marché aux chevaux

Rosa Bonheur réalise également des sculptures en terre cuite représentant des animaux domestiques. Tout comme ses peintures, ses sculptures de caractère connaissent un grand succès. Parmi ses oeuvres sculptées célèbres, on retrouve le Bélier couché en bronze de 1843, ou le Taureau de la même année.


Rosa Bonheur sera vue comme une femme non conformiste. En 1852, pour pouvoir se rendre sur les marchés aux bestiaux, elle obtiendra auprès de la préfecture de police l’autorisation de porter des pantalons.

Transgressant les codes alors convenus de la féminité, elle porte les cheveux courts, fume le cigare et monte à cheval.


En 1860, elle acquiert le château de By en Seine-et-Marne et y installe son atelier. Alors qu’elle se présente simplement comme une travailleuse ou une fermière, elle reçoit en 1865, des mains de l’impératrice Eugénie, la distinction de Chevalier de la Légion d’honneur. En 1894, elle devient la première femme officier de la Légion d’honneur.


Refusant le mariage, elle vivra cependant 50 ans une union avec la même femme, Nathalie Micas, peintre également, qui mourra en 1889. La même année, elle rencontrera la peintre américaine Anna Klumpke, avec qui elle vivra jusqu’à sa mort en 1899, et qui deviendra sa légataire universelle.


Aujourd’hui, on considère que la vie de Rosa Bonheur est associée aux débuts du féminisme.

On peut retrouver certaines oeuvres de l’artiste et s’immerger dans sa vie, à l’atelier de Rosa Bonheur qui est ouvert au public au musée-château de By, à Thomery en Seine-et-Marne.


Cet article n’engage que son auteure.
Article de Nastasia SYED

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[La protection des œuvres d’art durant la guerre : l’exemple des Monuments Men]

L’art est souvent un enjeu lors des conflits, la Seconde Guerre mondiale n’échappant aucunement à cette exception.

Effectivement, les nazis ont été à l’origine de la spoliation d’oeuvres d’art la plus massive, évaluée à plus de cinq millions de tableaux et sculptures. En conséquence, un groupe est formé en juin 1943, nommé les « Monuments Men », par le général Eisenhower et dont l’objectif est de de suivre les Alliés afin de récupérer les très nombreuses œuvres d’art dérobées par les nazis.

Créés grâce à l’initiative du conservateur et directeur de musée américain George L. Stout, ces « Monuments Men » sont des conservateurs, historiens, archivistes, au nombre d’environ 350 et issus de treize nationalités différentes.

Leur travail a notamment fait l’objet d’un ouvrage écrit par Robert M. Edsel et paru en 2007, ainsi que d’un film réalisé par George Clooney sorti en 2014.

Ces derniers reconstituent l’enjeu de l’appropriation des œuvres par le régime nazi, par leur caractère historique, mémoriel, symbolique (en somme, les oeuvres d’art -outre leur appréciation esthétique- ne sont-elles pas la représentation du devenir même de l’humanité en liant passé, présent et futur ?).

Ainsi, le combat de ces hommes et femmes consiste à restituer les biens culturels provenant des collections Rothschild ou de Paul Rosenberg, ainsi que des oeuvres éminemment emblématiques telles que L’Agneau mystique – dit aussi Retable de Gand- des frères Van Eyck ou la Madone de Bruges de Michel-Ange.   

Néanmoins, leur mission ne fut pas sans obstacles, au sein même des troupes alliées, dans un premier temps faisant sourire certaines, agaçant d’autres.

Leur rôle évolue toutefois lorsque les Alliés pénètrent en Allemagne, le film y étant relativement fidèle en explicitant l’utilité de figures comme Rose Valland, conservatrice du Jeu de paume pendant l’Occupation, qui lista en secret le contenu des caisses contenant les collections privées, ce qui fut notamment utile aux Alliés lors des mines de sel d’Altaussee et de Heilbronn où était amassée une partie du butin.

Leur histoire trop longtemps restée dans l’ombre, est aujourd’hui redécouverte. Incarnant un « état d’esprit » selon l’écrivain Robert M. Edsel, les « Monuments Men » ont joué un rôle primordial, nécessaire à la sauvegarde de la mémoire personnelle et collective, en préservant  notre devenir par la survivance du passé dans notre présent avec la symbolique et l’histoire que ces œuvres évoquent et représentent.

Sources :

Article de Noémie Ngako.

Cet article n’engage que son auteure.

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