Journée internationale de l’éducation

Quel est l’importance de cette journée ? 

La célébration de l’éducation à pour but de ne pas oublier le rôle primordial de celle-ci. En effet l’éducation est “un droit humain, un bien public et une responsabilité publique”* et a pour but de favoriser la paix et le développement de tous et doit se faire dans une égalité afin de briser le cycle de pauvreté que des millions d’enfants et d’adultes subissent. 

Pour illustrer ce propos, selon le site de l’Unesco, 258 millions d’enfants et de jeûnes ne vont pas à l’école aujourd’hui. 

C’est pour cela que tous les 24 janviers, depuis 2019, la journée internationale de l’éducation est mise à l’honneur. Pour Audray Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, cette journée symbolise un changement de cap afin de repenser l’éducation. En effet, il ne s’agit plus de constater mais d’agir afin d’ ”orienter la transformation numérique vers l’inclusion et l’équité”1*, ainsi qu’inclure le développement durable afin qu’il soit enseigné aux élèves par des enseignants formés dans cette dynamique. 

Le rapport “Les futurs de l’éducation” 2022 :

Afin d’appuyer ces propos, l’UNESCO a publié un rapport sur “Les futurs de l’éducation”. Il a été rédigé par une commission internationale indépendante composée de professionnels universitaires et privés, dans des domaines de la science politique, des arts, des affaires, de la science et de l’éducation, le tout sous la direction de la Présidente de la République démocratique fédérale d’Éthiopie, Madame Sahle-Work Zewde. Ce rapport a donc pour but de “susciter un débat mondial sur la nécessité de réinventer le savoir et l’apprentissage dans un monde de plus en plus complexe, incertain et précaire.”2*

Ce qui est très intéressant dans ce rapport, c’est cette approche multiple. En effet l’éducation entretient une forte interdépendance avec beaucoup d’autres notions comme le développement durable, le genre, la finance, la communication, le numérique, qui permet d’avoir une approche globale ainsi que de soulever de nombreux débats générateurs de nombreuses avancées. 

Le thème de cette année : “Changer de cap, transformer l’éducation

Cette année, le thème de la journée est “Changer de cap, transformer l’éducation”, un thème très bien amorcé par le rapport que je viens de citer. En effet, ce thème a pour objectif de présenter les principales transformations qui doivent être menées afin renforcer la définition de l’éducation comme étant un bien commun, fournis par l’entité publique, portée par des enseignants soutenus et préparés. Enfin il est aussi une priorité de piloter l’éducation sous une forme numérique afin que chacun puisse y avoir accès, ainsi qu’inclure le développement durable dans cette grande notion afin que chaque personne puissent “contribuer au bien-être collectif et à notre foyer commun.”1*

Cet article n’engage que l’auteur, Aurélie Ménard. 

Sources :  

1*https://fr.unesco.org/commemorations/educationday 

2*https://fr.unesco.org/futuresofeducation/ 

Image : https://pxhere.com/fr/photo/1201352 

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[Journée mondiale de l’égalité des chances en collaboration avec l’Antenne UNICEF]

Le renforcement de l’égalité des chances par le système scolaire 

Qu’est-ce que l’égalité des chances ? 

Elle consiste en la garantie d’une égalité aux mêmes opportunités entre les tous individus, sans avoir comme facteurs limitants leur moyen financier, religion, sexe, ethnie, handicap, origine sociale, etc. Cela résulte, par exemple, à l’accès égalitaire aux emplois et aux formations supérieures. Selon André Comte Sponville, il s’agit du “droit de ne pas dépendre exclusivement de la chance ou de la malchance”.

L’égalité des chances ne cherche pas à mettre fin aux inégalités sociales en soit, mais se manifeste principalement à travers le fait de favoriser des populations faisant l’objet de discrimination, afin de garantir leur équité de traitement. Cela encourage un système de méritocratie : tout va dépendre du travail, des capacités et de l’implication de l’individu dans la société et ses responsabilités.

L’éducation, plus particulièrement le système scolaire, dispose d’une grande valeur symbolique en tant que levier de développement social. Le système scolaire s’apparente au terrain favori de la mise en œuvre de l’égalité des chances en ce qu’il concerne la majorité de la population et qu’il donne des outils de développement à des individus qui se construisent. Dès lors, le système scolaire veille à écarter les facteurs d’inégalités sur lesquels l’individu n’exerce aucun contrôle afin d’assurer l’accès à l’éducation à tous.

L’égalité des chances se rapproche ainsi du principe de l’équité et le système scolaire comme favorisant un ascenseur social. Il convient alors de se demander comment les réformes nationales et internationales du système scolaire peuvent contribuer au renforcement de l’égalité des chances. 

L’égalité des chances passe par, en premier lieu, l’accès à l’éducation pour tous dans le monde. Il y a encore 58 millions d’enfants en âge d’aller à l’école primaire non scolarisés, et 63 millions d’adolescents en âge d’aller au collège qui ne sont pas à l’école. Il est important de noter que le droit à l’éducation des enfants est consacré aux articles 28 et 29 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant de 1989, signée par tous les pays à l’exception des États-Unis. La CIDE assure l’égalité des chances en appliquant 3 principes fondamentaux: enseignement primaire et secondaire gratuit, universel et obligatoire.

Plus les enfants sont vulnérables, moins ils peuvent participer. A force d’être considérés comme des victimes, des handicapés, des étrangers, incapables, arriérés, difficiles, paresseux, perturbateurs, certains enfants qui vivent des réalités difficiles finissent par penser que tout est déterminé et qu’ils n’ont ni le choix ni les capacités d’agir. 

La participation de tous les enfants est fondamentale pour sortir de ces représentations négatives, et pour leur donner le temps et l’espace nécessaires pour réfléchir, et après agir. Les plus vulnérables peuvent jouer un rôle important dans la société. Ils ne sont pas des victimes passives ou la source des problèmes. Ils sont des individus à part entière qui, à leur niveau, veulent et peuvent contribuer à donner forme à la société.

Un des buts de l’UNICEF est d’augmenter le nombre d’enfants scolarisés : passer à 619 millions d’enfants, dont l’âge est compris entre 3 et 18 ans, scolarisés dans le monde en 2030 (soit 57% de plus qu’aujourd’hui). Elle a 4 objectifs majeurs : le premier est d’équiparer l’éducation des filles et des garçons (sans distinction en fonction du sexe), car les filles rencontrent d’autant plus de difficultés et de nombreuses sociétés inégalitaires freinent leur accès à l’éducation. De plus, certaines sociétés sont porteuses de pratiques culturelles nuisant à ces dernières. Cela se traduit aussi par des violences sexuelles à leur égard, et un manque d’infrastructures et moyens hygiéniques nécessaires à leur santé.

Les autres objectifs sont en relation à l’apprentissage et l’acquisition de compétences dans le cadre d’un système d’éducation solide et au moyen de solutions innovantes; de l’éducation en situations d’urgence et contextes fragiles, envisageant l’amélioration de l’apprentissage et de la protection des enfants en situation d’urgence et en déplacement. Le maintien du statu quo ne permet pas d’améliorer les résultats d’apprentissage, et c’est fondamental l’adoption d’une nouvelle approche plus radicale, axée sur le renforcement de l’apprentissage, fondement de la stratégie mondiale de l’UNICEF en faveur de l’éducation.   

Pour construire un monde où chaque enfant apprend, l’UNICEF s’engage à promouvoir de plus en plus l’équité et l’inclusion, en menant des actions ciblées en faveur des enfants exclus pour des motifs liés au genre, au handicap, à la pauvreté, à l’origine ethnique et à la langue, ainsi qu’en faveur des enfants déplacés ou aux prises avec une situation d’urgence. 

Les objectifs de 2021: offrir un accès à l’éducation préscolaire, primaire ou secondaire à 60 millions d’enfants déscolarisés, contre 10 millions auparavant, fournir du matériel pédagogique ou préscolaire individuel à 93 millions de filles et de garçons, contre 15,7 millions et améliorer les résultats d’apprentissage des filles et des garçons dans 79 % des pays, contre 62 % et 60 % respectivement.

L’UNESCO s’engage également à assurer l’égalité des chances en matière d’éducation par l’adoption de l’Objectif de développement durable 4 sur l’éducation et le Cadre d’action Éducation 2030 pronant l’inclusion et l’équité comme gage d’une éducation de qualité.

L’éducation est d’ailleurs l’un des fondements principaux de cette organisation, elle a pour objectif principal de permettre à tous les apprenants de réaliser leurs droits et leur potentiel par l’éducation.

La Convention de l’UNESCO concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l’enseignement en 1960 interdit l’exclusion ou toute restriction dans l’éducation, fondée sur toute différence socialement perçue telle que par le sexe, l’origine ethnique/sociale, la langue, la religion, la nationalité, le statut économique, les aptitudes.

L’UNESCO coopère avec les gouvernements pour l’insertion dans l’éducation des personnes qui en sont écartées, notamment les filles, dont l’éducation des filles en science, technologie, ingénierie et mathématiques, des personnes en situation d’handicap ou encore des personnes parlant une langue locale minoritaire.

En ce qui concerne le plan national français, la question de l’accès à la scolarité a énormément évolué. 

La scolarisation des enfants de 6 à 13 ans, tous sexes confondus, a été rendue obligatoire et gratuite en France par la loi du 28 mars 1882 de Jules Ferry. Elle prévoit notamment à l’article 4 la nécessité de créer une éducation adaptée aux enfants sourds-muets et aux aveugles. Cela marque alors le début de l’accès à l’éducation pour tous, renforçant l’égalité des chances. Plusieurs années après, l’âge fut étendu jusqu’à 14 ans avec la loi du 9 août 1936 sous l’initiative de Jean Zay. C’est enfin avec la réforme Berthoin sous l’ordonnance du 6 janvier 1959 que l’éducation devient obligatoire jusqu’à 16 ans. Néanmoins, cette ouverture de l’enseignement est restée minime après ces réformes. En effet, une distinction était opérée entre le primaire considéré comme “l’école du peuple” car ouvert à tous, et le secondaire réservé aux classes bourgeoises. Il faut attendre 1963 pour que cela soit aboli avec la réforme Fouchet-Capelle, qui met en place les collèges d’enseignement secondaire. 

Par conséquent, alors qu’à la fin de l’Ancien Régime en France, l’éducation ne concernait seulement qu’un quart des enfants, ces nombreuses réformes ont grandement accru ce pourcentage. 

Une fois la première étape de l’accès à l’éducation primaire franchie s’est posée la question de comment améliorer le système scolaire. Une série de changements dans l’organisation des institutions scolaires a été opérée tout au long de la deuxième moitié du XXème siècle à la suite de la massification scolaire. Afin de minimiser les écarts dans l’éducation les enfants, est instauré en 1975 le collège unique posant un socle de connaissances communes à tous. En revanche, une spécification prend place au lycée. Ainsi sont créés les IUT en 1966, le bac technologique en 1965 et le bac professionnel en 1985 pour permettre une ouverture de choix plus large aux élèves en fonction de leurs capacités, et ainsi rallonger leurs années d’étude. Cette volonté s’exprime à travers le plan d’une politique de “80% d’une génération au baccalauréat” lancée par le ministre Jean Pierre Chevènement en 1980. 

En outre, alors que s’instaurait, en baccalauréat général, une hiérarchie des filières scientifiques, économiques et littéraires, une réforme a été mise en place dès 2020 sous l’initiative du ministre de l’Éducation Jean-Michel Blanquer pour abolir les inégalités liées au choix de filière. Désormais, les élèves doivent décider de 3 matières à poursuivre comme majeures en classe de première. Une véritable diversité peut être constatée dès le lycée, permettant ainsi à tous de trouver ce qui leur convient le plus. Le système scolaire s’adapte aux besoins des élèves, et essaye ainsi de n’en laisser aucun de côté. 

D’autre part, le gouvernement français exprime sa volonté d’aller chercher toutes les classes sociales sur la route de l’éducation. De ce désir découle le projet de l’éducation prioritaire en France. Créé en 1981, il a pour objectif de réduire l’impact des inégalités socio-économiques, et ainsi le risque d’échec scolaire, par une action renforcée dans les zones dites prioritaires (ZEP), donc de garantir une meilleure égalité des chances. Depuis la refonte de 2015, les ZEP ont changé de nom, devenant réseau d’éducation prioritaire (REP), et excluent désormais les lycées. 730 collèges en REP peuvent être, aujourd’hui, comptés en France. 

Toutes ces mesures se traduisent par des résultats conséquents. En effet, le taux de scolarisation par âge a fortement augmenté, s’élevant à 79,3 % en 2018 à 18 ans (Insee), soit l’âge du baccalauréat. À cela s’ajoute la multiplication par 2 du pourcentage de réussite à ce dernier entre 1985 et 1995. De plus, les années d’études se sont vues être allongées avec un basculement de l’âge médian des étudiants de 19 à 22 ans entre 1987 et 1997. Enfin, bien que des mineurs sortent toujours du système scolaire avant leurs 18 ans, le nombre de ceux qui obtiennent un diplôme est passé de 16 à 31%, ce qui constitue un progrès non négligeable. 

Malgré toutes ces avancées, des obstacles restent toujours présents, tels que la forte disparité sociale des étudiants dans les établissements privés et publics, ou encore l’accès à certaines écoles dans le supérieur du fait de leur prix conséquent, en dépit des bourses. 

Cet article n’engage que ses auteures!

MIGNOT Morgane AMADY Nasrine MARUJO Luisa 

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[18 novembre, Journée mondiale de la Philosophie]

Philosophes ou non philosophes, spécialistes ou amateurs, jeunes ou adultes, peu importe : aujourd’hui, comme chaque troisième jeudi du mois de novembre, on célèbre la journée mondiale de la philosophie. Instituée par l’UNESCO en 2005, cette journée vise à sensibiliser, vulgariser, diffuser la réflexion et la pratique philosophique dans le monde. Mais qu’est-ce que, vraiment, la philosophie ? Voilà l’une des questions les plus ardues et les plus complexes, une question destinée à demeurer insoluble, parce que c’est justement l’impossibilité d’une réponse ultime le vrai moteur de la philosophie, philosophie en tant que recherche, quête, désir impossible à combler. En effet – comme le montre l’étymologie même du terme « philosophie », du grec φιλέω et σοφία, termes qui renvoient respectivement à l’amour et au savoir, c’est-à-dire, dans leur ensemble, à l’amour pour le savoir – la philosophie se caractérise in primis pour l’amour, le désir, la tension inépuisable vers quelque chose (le savoir) qui ne pourra jamais être atteint dans sa globalité. Le savoir philosophique n’est pas le savoir scientifique, n’est pas le savoir mathématique, médical, physique : il est, avant tout, un amour pour le savoir, c’est-à-dire la prise de conscience socratique de son ignorance, ce qui engendre la volonté – le désir justement – de connaître ce que l’on ignore. Traversée par les paradoxes et les contradictions, la philosophie est une forme de savoir pluriel et plurivoque, qui ne possède pas une vérité unique, figée, solide, mais qui, au contraire, se nourrit de problèmes, de questions, de conflits : le savoir philosophie est, en somme, un savoir de l’instabilité, mais dont l’instabilité constitue, au fond, la force et le charme.

Plus qu’un savoir, toutefois, la philosophie est une attitude au monde, une forma mentis, une manière particulière de se rapporter à la vie dans tous ses aspects : cette attitude est celle du questionnement, de la mise en question de ce que l’on voit et de ce que l’on vit, une mise en discussion des expériences qui nous arrivent individuellement et collectivement. Philosopher, c’est prendre du recul par rapport au monde pour l’interroger et le comprendre, c’est se poser des questions sur ce qui nous apparaît immédiat et évident : notre existence, le monde, les choses, les autres, la société, etc. Ainsi la philosophie est-elle, tout d’abord, une expérience de vie, un ressenti, un regard particulier jeté sur la réalité : loin d’être quelque chose de purement abstrait et dénué d’utilité concrète, elle s’ancre dans le réel et dans la vie de tous les jours, elle influence notre manière de penser, de réfléchir, de voir les choses et, par conséquent, notre manière d’agir. Il y a – il est vrai – plusieurs branches de la philosophie, les unes plus concrètes (philosophie pratique) les autres plus abstraites (philosophie théorétique) : et pourtant, même les questions qui pourraient apparaître les plus abstraites reposent, toutefois, sur une certaine expérience du monde, de la vie, de la connaissance.

Pourquoi, donc, célébrer la journée mondiale de la philosophie ? A chacun de trouver sa propre réponse, à chacun de découvrir le sens de la philosophie. Mais si l’on veut esquisser une réponse générale, on peut dire que la philosophie est un processus d’apprentissage antidogmatique et ouvert, qui ne pourra jamais correspondre à un ensemble figé de notions et de connaissances transmises de manière mécanique, mais qui, au contraire, permet à l’homme d’élaborer sa propre vision du monde, sa propre interprétation de la vie, sa propre indépendance intellectuelle : voilà finalement pourquoi philosopher, pourquoi célébrer la journée mondiale de la philosophie.

Cet article n’engage que son auteur

Emilia Bezzo

Sources: https://fr.unesco.org/commemorations/philosophyday

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[27 octobre, la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel : un hommage à la Cinémathèque Brésilienne]

Aujourd’hui, on célèbre la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, en attirant l’attention internationale sur la fragilité et la vulnérabilité de ce patrimoine et en mettant à l’honneur le travail des institutions qui contribuent à le protéger.

L’ensemble du patrimoine audiovisuel mondial est menacé, mais des initiatives comme la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel et le programme « Mémoire du monde » sont créés pour l’UNESCO pour honorer le travail des professionnels et conserver ce patrimoine pour les générations futures, malgré les problèmes techniques, politiques, sociaux et financiers qui menacent cette sauvegarde.

Nous avons ainsi attiré l’attention sur la Cinémathèque Brésilienne, l’un des plus importants  centres de l’audiovisuel d’Amérique Latine, située à São Paulo et fondée en 1940, qui abrite une collection d’environ 240 000 pellicules et 30 000 titres, dont des fictions, des documentaires, des actualités, des films publicitaires et des archives familiales.

Ces dernières années, quatre incendies et une inondation ont affecté divers bâtiments de cette institution culturelle, le dernier en juin 2021. Des cinéastes, des artistes et des employés dénoncent une politique de « démantèlement » de la Cinémathèque de la part du gouvernement brésilien, et le ministère public de Sao Paulo a lancé une action en justice contre son « abandon », mettant en cause la rétention des ressources et l’absence de gestionnaire.

Quelques mois avant, ils avaient mis en place un « Manifeste des travailleurs de la Cinémathèque brésilienne » contre le « risque d’incendie », dû au manque de soins pour « le matériel, l’équipement, les bases de données et les bâtiments », mais le mois suivant, l’institution avait cessé de fonctionner et 41 fonctionnaires avaient démissionné.

Le cinéaste Roberto Gervitz, cheville ouvrière du mouvement SOS Cinemateca, a annoncé auprès de l’AFP à Cannes que la Cinémathèque « ne bénéficie d’aucune surveillance, faute de personnel » et que le mouvement s’est résolu à engager un dialogue avec le gouvernement. Le cinéaste Kleber Mendonça Filho a informé que plus de huit cents projets ont été presque ou complètement paralysés.

C’est comme si le pays n’avait plus d’album de famille. Ce n’est pas seulement un lieu de dépôt. C’est un lieu vivant, avec la mémoire du pays – Kléber Mendonça, réalisateur

Mais en ce jour du voyage mondial de l’audiovisuel, nous avons des raisons de la célébrer : le Secrétariat spécial de la Culture, du ministère du Tourisme, a publié le 18 octobre que l’organisation sociale Sociedade Amigos da Cinemateca (Société Amies de la Cinémathèque) sera l’institution responsable de sa gestion, après presque deux ans sans personne. Elle a été créée en 1962 dans le but de développer des actions de soutien à la Cinémathèque.

​​Le SAC devrait recevoir 14 millions de reais par an du gouvernement fédéral et parmi ses attributions figureront la garde, la préservation, la documentation et la diffusion de la collection audiovisuelle de la production nationale à travers la gestion, l’exploitation et la maintenance de la Cinémathèque.

Sources : Nations Unies, Libération, Le Figaro

Cet article n’engage que son auteure.

Luisa Marujo Ibrahim

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[Actualité de l’UNESCO: La journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale]

Le dimanche 21 mars marque la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. 

En effet, depuis le 26 octobre 1966, la date du 21 mars a été choisie par les Nations Unies pour mettre en place une journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale. C’est une Assemblée Générale qui avait décidé, par le vote d’une résolution, d’instaurer cette journée, en mémoire et dans le but de commémorer les événements ayant eu lieu le 21 mars 1960 en Afrique du Sud et ce, plein apartheid. 

Ce jour là, lors d’une manifestation à but entièrement pacifique se déroulant dans la ville de Sharpeville en Afrique du Sud, la police avait ouvert le feu sur des personnes manifestants contre les lois de l’apartheid. Cet épisode tragique et douloureux a été choisi par les Nations Unies pour ne jamais oublier les victimes du racisme et des discriminations raciales. À cette époque, la journée internationale avait été mise en place dans le but d’appeler à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. Malheureusement, ce n’est pas la fin de ce régime par le référendum sur la fin de l’apartheid de 1992 qui ont mis fin aux discriminations raciales et cette journée apparait encore, plus que jamais nécessaire. 

Pour l’UNESCO, cette journée est d’une importance considérable car l’organisation estime que la fin des discriminations raciales est nécessaire pour « construire la paix dans l’esprit des hommes et des femmes, par l’éducation à la tolérance, (et) le rejet des stéréotypes racistes qui peuvent persister dans la culture ou les médias ». 

Mais que fait réellement l’UNESCO pour combattre le racisme et les discriminations raciales dans le monde ? 

Il est vrai que les récents évènements du mouvement Black Lives Matters ont contribué à mettre la lumière sur le racisme aux États-Unis et dans le monde entier et il est donc intéressant de voir, via le prisme de l’actualité de l’UNESCO, quelles actions concrètes sont menées. 

Premièrement, via un outil propre à l’UNESCO qui est l’éducation, l’organisation vise à promouvoir notamment la non-discrimination et la lutte contre les inégalités. L’UNESCO a donc mis en place un programme pour l’année 2030 et dont le but est de ne laisser personne pour compte. Cela signifie que l’UNESCO travaille avec les États membres vers cet objectif et elle peut, à ce sujet, compter sur son expertise quant au traitement de l’esclavage et de la traite négrière. Elle permet de relier cette histoire aux expressions contemporaines de racisme, préjugés ou discrimination et elle veille, toujours, à ce que la mémoire de ces événements tragiques soit conservée et préservée. 

Plus concrètement, l’UNESCO et les Nations Unies ont mis en place une exposition dans le centre des Nations Unies à New York intitulée « Nous et les autres : des préjugés au racisme ». Lancée en France et soutenue par l’UNESCO, l’exposition visait à faire se questionner les visiteurs sur leurs préjugés et leurs constructions racistes. L’idée derrière cela était notamment que le racisme se combat tous les jours grâce à l’éducation. 

Enfin et parallèlement à cette journée internationale, un forum mondial contre le racisme et la discrimination sera mis en place par l’UNESCO le 22 mars 2021. Il s’agira de présenter les initiatives réalisées par l’UNESCO et de définir les prochains objectifs. 

Face à cela, on voit tout de même que le combat contre les discriminations raciales n’est pas terminé et devra affronter encore beaucoup d’obstacles. Le rôle des Nations Unies et de l’UNESCO sont donc considérables pour que cette lutte ne passe jamais en second plan. Nous pouvons conclure avec les mots de la directrice générale de l’UNESCO, Madame Audrey Azoulay concernant cette journée : « l’UNESCO appelle ainsi chacune et chacun à se mobiliser pour l’égalité et la dignité, et à faire sien le mot d’ordre de l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan : « Notre mission est de confronter l’ignorance à la connaissance, le sectarisme à la tolérance. (…) Le racisme peut, sera et doit être vaincu »». 

Article écrit par Emma Laurent

Cet article n’engage que son auteur.e

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[Actualité de l’UNESCO: la Journée internationale de lutte contre le SIDA]

Ce mardi 1er décembre marquera la journée internationale de lutte contre le SIDA. Cette journée, mise en place par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en 1988 et approuvée par l’Assemblée Générale des Nations Unies est destinée à sensibiliser quant à la pandémie du sida qui, contrairement à ce que l’on peut penser, continue à sévir dans le monde entier. 

En termes de chiffres, la pandémie du sida, consécutive à une contamination par le virus du VIH a fait près de 690 000 victimes en 2019 dans le monde, ce qui est non négligeable par rapport aux 38 millions de personnes qui vivaient avec le VIH en 2019, soit l’équivalent de la population d’un pays comme le Canada. La pandémie est bien un sujet actuel, avec un virus qui touchait en France, près de 170 000 personnes en 2016. 

Si l’ONU a créé un programme commun dédié à la lutte et à la sensibilisation pour le sida, se nommant ONUSIDA et qui participe en premier plan à la médiatisation de cette journée internationale, ce thème n’en demeure pas moins cher aux valeurs de l’UNESCO. En effet, l’UNESCO se distingue notamment par rapport à son programme d’éducation complète à la sexualité qui contribue à permettre aux jeunes de se protéger contre le VIH. 

Comme le rappelle l’UNESCO, son action est essentielle auprès des jeunes puisque la tranche de population entre 15 et 24 ans qui représente 16% de la population mondiale représente 34% des 15-49 ans qui contractent le VIH tous les ans. Il s’agit donc pour l’UNESCO de viser spécifiquement les jeunes dans son programme d’éducation complète à la sexualité qui consiste surtout à mettre en oeuvre, main dans la main avec d’autres organismes ou associations, des programmes pour éduquer les jeunes quant à leur sexualité. L’UNESCO a ainsi publié des Principes directeurs internationaux sur l’éducation complète à la sexualité qui, dans les grandes lignes, donnent des concepts clés à enseigner sur la notion de genre, la sexualité, la santé ou encore le bien-être.  

On déduit alors assez facilement que la lutte contre cette pandémie se réalise de concours avec l’accès à l’éducation et il faut rester vigilant car, là où la pandémie progresse ou stagne, l’accès à l’éducation des populations touchées par le sida se réduit. En effet, les enfants orphelins à cause du sida sont déscolarisés et de l’autre côté, les enseignants peuvent être touchés par la maladie, réduisant de surcroit l’offre éducative. Pour exemple, au Malawi, plus de 30% des enseignants sont infectés par le VIH et le sida y tue près de 4 enseignants par jour. À l’inverse, une étude menée en Afrique du Sud avait conclu que le taux d’infection au VIH était fortement inférieur dans l’enseignement supérieur que dans le reste de la population, ce qui montre l’influence positive que peut avoir l’éducation contre la pandémie. Il s’agit aussi de rappeler que cette pandémie est due en grande partie à la pauvreté. 

Enfin, chaque année, la journée internationale de la lutte contre le sida revêt un thème particulier et cette année, il s’agit de la solidarité mondiale et de la responsabilité partagée. Le thème de cette journée fait ainsi référence à la pandémie de la Covid-19 qui sévit actuellement et a exacerbé les inégalités déjà existantes quant à la l’accès à la santé et donc quant à la lutte contre le sida. Ce thème vise à faire appel à une solidarité nationale pour lutter le plus efficacement contre cette maladie. Cette journée vise donc à informer le public mais aussi à lever des fonds pour lutter plus efficacement contre le virus et apporter les meilleurs soins aux malades. À côté de cette mobilisation internationale qui demeure, reste encore l’espoir d’un vaccin qui pourrait permettre de mettre fin, enfin, à cette pandémie. 

Article écrit par Emma Laurent (Cet article n’engage que son auteur)  

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[Actualités de l’Unesco: La Première journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire]

L’UNESCO et le ministère français de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports s’apprêtent à célébrer en ligne la première Journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire, y compris le cyber-harcèlement, ce jeudi 5 novembre 2020.

Ils donneront à l’occasion une Conférence internationale en ligne sur la lutte contre le harcèlement scolaire de 13 à 15h. Cette conférence fait suite à la « réunion ministérielle éducation G7 » qui s’est déroulée en 2019. Les Ministres et Hauts-Représentants en charge des questions d’éducation s’étaient réunis à Sèvres pour faire de la lutte contre le harcèlement sous toutes ses formes une cause commune. Leur objectif était de garantir que les écoles soient des lieux d’accueil où tous les élèves se sentent bienvenus et en sécurité. Lors de ce premier rassemblement, les membres du G7 ont reconnu les efforts français pour accroître la sensibilisation à la question de la lutte contre le harcèlement à l’école. C’est ainsi que la conférence internationale de ce 5 novembre a été planifiée, avec la France et l’UNESCO comme acteurs principaux.

Le harcèlement scolaire est présent dans tous les pays et affecte de nombreux enfants et jeunes. C’est un véritable fléau : selon les estimations de l’Unesco, jusqu’à 30 % des élèves dans le monde ont été victimes d’une forme harcèlement (1). Les causes de harcèlement les plus fréquemment citées par les élèves sont liées à l’apparence physique, aux origines, à la nationalité ou à la couleur de peau. Les conséquences du harcèlement scolaire sont dévastatrices. Les enfants qui en sont souvent victimes sont en effet presque trois fois plus susceptibles de se sentir marginalisés à l’école et deux fois plus susceptibles de manquer l’école, toujours d’après le rapport de l’UNESCO de 2019. Ils ont des résultats scolaires inférieurs et sont également plus susceptibles d’abandonner l’école.

En 2019, l’UNESCO signifiait déjà un recul notable des situations de harcèlement scolaire, du nombre de bagarres ou d’agressions physiques par rapport aux années précédentes. Cette amélioration s’explique par l’engagement de nombreux États contre les violences physiques et verbales en milieu scolaire. Un certain nombre de mesures se sont révélées efficaces pour réduire la violence et le harcèlement à l’école : mettre en place des systèmes efficaces de signalement et de suivi du harcèlement, des programmes de formation aux enseignants, un soutien pour les élèves concernés, la responsabilisation et la participation des élèves à cet engagement. En France, la proposition de loi nº 1899 prévoit en 2019 « d’intégrer la notion de harcèlement scolaire dans le code de l’Éducation pour mieux la combattre » (2)

La conférence du 5 novembre 2020 s’inscrit donc dans la continuité de cette élan contre le harcèlement scolaire. Elle réunira des ministres, des experts et des représentants de la communauté éducative, ainsi que des témoignages, et sera accessible via YouTube. La question du cyber harcèlement et de ses frontières sera au cœur des interventions, notamment à l’heure de la crise sanitaire qui oblige de nombreux élèves à être très présents sur les réseaux pour suivre certains cours. Le développement du cyber harcèlement pourrait-il être une autre des tristes conséquences de la crise de la COVID-19 ?

(1) rapport Behind the numbers: Au-delà des chiffres: en finir avec la violence et le harcèlement à l’école, 2019

(2) proposition de loi nº 1899 visant à renforcer la lutte contre le harcèlement scolaire

Article de Charlotte Morel

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Journée Mondiale du Patrimoine Audiovisuel

Aujourd’hui a lieu la journée mondiale du patrimoine de l’audiovisuel, une journée organisée par l’UNESCO pour rendre compte de l’importance de la conservation des enregistrements audio-visuels.

La préservation de ces documents, de ces pellicules qui s’abîment de jour en jour est un enjeu majeur pour notre mémoire. À cette occasion nous mettons en lumière les actualités du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir crée en 1982 par trois militantes féministes : les réalisatrices Carole Roussopoulos, Iona Wieder, et l’actrice Delphine Seyrig. Ce centre est « au cœur de leurs objectifs la conservation et la création des documents audiovisuels qui ont alors pu être recensés concernant l’histoire des femmes, leurs droits, leurs luttes, leurs créations ».

Retrouvez le documentaire touchant et engagé : « Delphine et Carole, insoumuses » sur le combat de ses trois femmes pour la préservation des documents audiovisuels féministes. À cette occasion le pôle vous a fait une sélection de ses films préférés avec Delphine Seyrig :

  • Jeanne Dielman, 23, quai du Commerce, 1080 Bruxelles est un film franco-belge, long métrage en couleurs de Chantal Akerman, réalisé en 1975
  • Peau d’âne est un film musical français écrit et réalisé par Jacques Demy, sorti en 1970 ;
  • Le Charme discret de la bourgeoisie est un film français de Luis Buñuel, sorti en 1972
  • SCUM manifesto est un documentaire réalisé par Carole Roussopoulos en 1976.

Le pôle UNESCO vous a aussi fais une petite sélection de films à l’occasion de cette journée, à consommer sans modération !

  • Roma, 2018, film de Antonio Cuarón, avec Yalitza Aparicio, nommée Ambassadrice de bonne volonté de l’UNESCO pour les peuples autochtones pour un mandat, ouvre le rideau, sur une période d’une année, de la vie  tumultueuse d’une famille de la classe moyenne mexicaine des années 70. Film disponible sur Netflix.
  • Persepolis, 2007, de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, la vie à Téhéran en 1978, la chute du régime du Chah, l’instauration de la République islamique, la guerre contre l’Irak ne sont pas des obstacles pour la pensée libre de Marjane.
  • Les 400 coups de Truffaut : C’est le premier long métrage du réalisateur français, qui comprend de nombreux éléments  autobiographiques. Il rencontre immédiatement un immense succès critique, et est primé à Cannes en 1959. On suit le parcours du jeune Antoine Doinel, enchaînant les bêtises et les mensonges à l’école et chez ses parents. Ce film est une véritable perle en terme de mise en scène et est emblématique de la Nouvelle Vague,  offrant une représentation de l’enfance d’une grande sincérité. Le film est disponible sur Netflix.
  • Pierrot le fou, 1965 Ce film réalisé par Jean Luc Godard est emblématique de la nouvelle vague française. Empreint d’une énergie folle et d’une grande poésie vous y verrez Jean Paul Belomondo et Anna Karina face à l’aventure de leur vie. 
  • Memento, 2000 Réalisé par Christopher Nolan ce film psychologique vous emportera dans la soif de vengeance d’un homme, victime de troubles de la mémoire. 
  • La Notte, 1961 Ce film italien raconte l’histoire d’un couple dont l’amour se perd. Découvrez Jeanne Moreau et Marcello Mastroianni entre errance nocturne, silence, lecture et séduction. 
  • Le charme discret de la bourgeoisie, réalisé en 1972 par Luis Bunuel, autre grande figure de la nouvelle vague, rassemble autour de dîners fastueux et sans fin une bourgeoisie burlesque. Bunuel joue du comique de répétition, dans une atmosphère onirique qui lui est fidèle. Le thème du dîner entre amis est prétexte à de très beaux plans de repas, de plats que l’on ne termine jamais… Vous pouvez retrouvez ce film alléchant sur la cinetek, Univercinéet bien d’autres plateformes. 
  •  Les enfants du Paradis, de Marcel Carné, 1945, une des rares productions françaises réalisées sous l’Occupation,  scénario écrit par le poète Jacques Prévert, l’intrigue se déroule à Paris en 1828
  • Metropolis, 1927 réalisé par Fritz Lang, ce film de science fiction est un film en avance sur son temps qui est rythmé par la lutte des classes et la métaphysique.
  • Elephant Man, 1980, réalisé par David Lynch, ce film en noir et blanc tiré d’une histoire vraie pointe du doigt l’intolérance devant la différence. 
  • Sibel, 2018 réalisé par Çagla Zencirci et Guillaume Giovanetti : ode à la libération face aux tabous d’un village, à la force d’une femme en marge d’une société patriarcale et à une langue traditionnelle à protéger… Sibel est une coproduction européenne retraçant le combat d’une femme muette pour vaincre le rejet des habitants d’un village turc étouffé par ses tabous. 
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[Actualités de l’Unesco: Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes]

Une journée cruellement nécessaire encore aujourd’hui …

          Dans moins d’une semaine, le lundi 02 novembre 2020 marquera la journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes. Une date chère à l’UNESCO, qui ne manque pas de la mettre en avant sur son site internet.

Cette journée a été mise en place par une résolution adoptée par l’Organisation des Nations Unies en 2013 et la date a été choisie en mémoire de l’assassinat de deux journalistes français au Mali le 02 novembre 2013. À cette occasion, l’antenne UNESCO de SONU en profite pour faire un point sur la situation mondiale des journalistes, mais aussi sur la position de l’UNESCO quant à cela.

Selon l’association Reporters Sans Frontières, près de 27 journalistes ont été tués depuis le 1er janvier 2020, dont 5 au Mexique, 4 en Irak et 3 respectivement au Honduras et au Pakistan. Ils rejoignent ainsi le total macabre de 1413 journalistes tués depuis l’année 1993.

L’UNESCO s’inquiète de ces chiffres qui démontrent une volonté croissante de museler les médias, acteurs importants de la culture. Au Mexique notamment, le nouveau gouvernement en place n’a pas pris les moyens suffisants pour lutter contre l’impunité des crimes commis à l’encontre des journalistes. Le pays, qui demeure le plus meurtrier d’Amérique Latine pour les médias, comporte de forts risques pour les journalistes qui cherchent à s’intéresser aux affaires de crime organisé. L’Irak est également un pays très dangereux pour les journalistes, en témoigne son classement à la 162ème position quant à la liberté de la presse. Les reporters qui s’aventurent sur les terrains liés à la corruption et aux manifestations prennent des risques insensés pour leur vie, dans un pays où des milices n’ont aucun mal à assassiner les journalistes. Depuis 2019, la situation tend à s’aggraver en Irak car des contestations émergent face à un gouvernement qui est prêt à tout pour museler l’opposition et les journalistes qui la représentent. Enfin, au Honduras, le président Hernandez, réélu en 2017, mets en place de nombreuses manoeuvres afin de porter atteinte à la liberté de presse. Ici, la police et l’armée contribuent au plus grand nombre d’exactions contre les journalistes et l’impunité régnant renforce les menaces pesant contre la presse et les médias.

Face à cette situation qui demeure grave, l’UNESCO et Reporters Sans Frontières s’inquiètent du fait que ces crimes représentent une incapacité réelle de dénoncer des faits commis à l’international. Dans ce sillage, on peut notamment penser à la situation catastrophique du peuple Ouïghour en Chine, où le gouvernement cherche à mettre en place le plus grand nombre de moyens technologiques pour limiter la presse et les médias. L’absence de communication du gouvernement et le manque de visibilité de cette situation à l’international interrogent et illustrent malheureusement les craintes partagées par l’UNESCO et Reporters Sans Frontières.

L’UNESCO et l’ONU condamnent cette situation et, depuis 2003, l’UNESCO recense les crimes commis contre les journalistes avec un observatoire sur les journalistes assassinés par pays, ce qui permet d’avoir une vision tristement objective de la situation. On note aussi de nombreux rapports réalisés par la directrice générale de l’UNESCO sur la sécurité des journalistes et les dangers de l’impunité de tels crimes. Le dernier en date a été publié en 2018 et ces rapports, réalisés à la demande des États membres du Programme international pour le développement de la communication de l’UNESCO (PIDC), permettent d’assurer le suivi des assassinats de journalistes par des analyses incluant les réponses des États membres concernés (https://en.unesco.org/sites/default/files/unesco_dg_report_2018_highlights_fr.pdf). De plus, une conférence mondiale sur la liberté de la presse est organisée en ligne par l’UNESCO les 9 et 10 décembre 2020 afin d’aborder notamment, l’impact de la Covid-19 sur la viabilité des médias mais aussi la lutte contre l’impunité des crimes contre les journalistes et les nouvelles formes d’attaques envers ceux-ci. Ce domaine relève de la compétence de l’UNESCO notamment car il s’agit d’exactions et d’atteintes à la liberté des médias qui représentent la culture dans son ensemble.

Enfin, si la France peut nous paraitre épargnée et éloignée de ces problématiques, il s’agit cependant de souligner que la violence contre les médias et les journalistes semble avoir augmenté depuis les manifestations des gilets jaunes en fin d’année 2018. De plus, ceux-ci sont de plus en plus victimes d’intimidations par des acteurs qui ne cautionnent pas leurs propos. Le récent assassinat du professeur Samuel Paty en témoigne, la liberté d’expression des acteurs de la culture mais aussi de l’éducation semble aujourd’hui et plus que jamais, menacée dans nos démocraties.

Article de Emma Laurent

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[Journée mondiale des villes: l’innovation au cœur de la ville et palmarès des villes intelligentes 2020]

Le 31 octobre 2019 a eu lieu la Journée mondiale des villes 2019, dont le thème était l’innovation. L’UNESCO a célébré cette date en organisant une conférence d’une journée, intitulée « Transformer le monde: innovations et vie meilleure pour les générations futures ».

La conférence a réuni les représentants de 24 municipalités de toutes les régions du monde autour de quatre tables rondes portant sur des questions telles que la durabilité, l’action climatique, la régénération urbaine,l’inclusion sociale, ainsi que l’innovation technologique.

Plus globalement, de nombreux débats thématiques et des présentations audiovisuelles ont mis en lumière les pratiques innovantes mises en place par l’UNESCO et ses partenaires à l’échelle de la ville : sujets spécialisés dans les domaines de la préservation du patrimoine culturel, de l’éducation, de l’apprentissage tout au long de la vie, de la culture, de la créativité, des progrès des technologies, de l’information et de la communication. Ces échanges ont permis finalement de soulever des exemples de réussite et d’envisager différentes perspectives d’avenir.

Enfin, c’est avec l’Observatoire Netexplo que l’UNESCO a annoncé en avant première la liste des 10 villes lauréates du Prix Netexplo Smart Cities 2020. Ces dernières se sont singularisées en innovant dans le domaine de la ville intelligente, durable et inclusive.

Les 10 lauréats sont :

• Austin, États-Unis d’Amérique (Mobilité),

• Dakar, Sénégal (Éducation)

• Espoo, Finlande (Datasphère)

• Medellín, Colombie (Attractivité)

• Shenzhen, Chine (Réseaux de Transport)

• Santiago-du-Chili (Financement)

• Singapour (Objectif Zéro Carbone)

• Surat, Inde (Résilience)

• Tallinn, Estonie (Transformation Numérique)

• Vienne, Autriche (Habitat)

En à peine 5 ans, les villes sont devenues partenaires privilégiés de l’UNESCO, ayant pour but de rapprocher les ambitions internationales des réalités locales au service de la réalisation et l’atteinte des 17 objectifs du programme des Nations Unies du Développement Durable en vue de l’horizon 2030.

Article de : Éléonore Pradal

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