[ Chronique scientifique, le patrimoine mondial naturel de l’UNESCO : Réseau des lacs du Kenya dans la vallée du Grand Rift ]

Classé en 2011 au patrimoine naturel mondial de l’Unesco, le réseau des lacs du Kenya
dans la vallée du Grand Rift regroupe trois lacs interconnectés : le Lac Bogoria, le Lac Nakuru et le Lac Elementaita ainsi que les territoires les entourant. Le site s’inscrit plus largement dans une succession de lacs traversant la vallée du Grand Rift (Ethiopie, Tanzanie, Kenya…), et orientés dans le sens nord-sud. Le réseau des lacs du Kenya dans la vallée du Grand Rift s’étend sur 32034 hectares. La vallée du Grand Rift correspond à un ensemble géologique situé en Afrique de l’Est et constitué d’une série de volcans et de failles. Son paysage particulier a été façonné par une succession d’épisodes tectoniques et volcaniques.
Les lacs, peu profonds, hébergent une riche biodiversité parfois menacée. Le site abrite
une grande diversité et concentration d’espèces d’oiseaux, notamment des flamants nains et des
pélicans blancs.

Lac Elementaita


Critères de sélection * :


Critère VII : « représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une
importance esthétique exceptionnelle ».
Le site présente une beauté naturelle exceptionnelle avec son paysage spectaculaire,
façonné par une succession d’épisodes géologiques. Il concentre également une profusion « de
chutes, de geysers, de sources chaudes, d’ eaux libres et de marais, de forêts et de pâturages
ouverts, avec pour décor le paysage de la vallée du Grand Rift » qui lui confère une richesse
naturelle. L’abondante biodiversité participe à ce cadre naturel harmonieux et la faune sauvage
offre une expérience exceptionnelle de la nature.


Critère IX : « être des exemples éminemment représentatifs de processus écologiques et
biologiques en cours dans l’évolution et le développement des écosystèmes et communautés de
plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins ».
Le site concentre des processus écologiques et biologiques importants pour l’étude de
l’évolution et du développement des écosystèmes des lacs et de leur biodiversité. Ces lacs alcalins (pH est supérieur au pH neutre qui est de 7) produisant une immense quantité de
biomasse sont aussi d’intérêt scientifique international.


Critère X : « contenir les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants pour la
conservation in situ de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation ».
Le réseau des lacs du Kenya dans la vallée du Grand Rift est le plus important site de
nourrissage de la planète pour les flamants nains et le principal site de reproduction et de
nourrissage pour les pélicans blancs dans la vallée du Grand Rift. Jusqu’à 4 millions de flamants
nains se déplacent entre les trois lacs la majeure partie de l’année. Le site participe à la
conservation de ces espèces et fait partie intégrante de « la route la plus importante sur la voie de migration Afrique-Eurasie, où des milliards d’oiseaux voyagent entre leurs sites de reproduction du nord et leurs sites d’hivernage d’Afrique » Il abrite par ailleurs de nombreux mammifères à l’image du rhinocéros noir, de la girafe de Rothschild ou encore du grand koudou.

*Pour figurer sur la Liste du patrimoine mondial, les sites doivent avoir une valeur universelle exceptionnelle et satisfaire à au moins un des dix critères de sélection de l’UNESCO. Pour retrouver les critères de sélection : https://whc.unesco.org/fr/criteres/


Gestion du site :


Le site classé fait face à des pressions et menaces extérieures de taille : sédimentation due à
l’érosion des sols, extraction accrue d’eau dans le bassin versant (qui augmente avec la
croissance démographique rapide de la région), expansion d’infrastructures, gestion des animaux sauvages, tourisme et pollution venue de la ville de Nakuru….
Chacun des trois lacs bénéficie « d’une protection juridique, de plans de gestion actualisés et
d’une présence satisfaisante pour appliquer les dispositions de gestion sur le terrain ». Les trois
lacs constituant le site classé sont par exemple inscrits sur la liste de Ramsar*.
La coopération transfrontalière est par ailleurs nécessaire pour la protection du bien puisque son fonctionnement (écosystèmes….) dépend en partie de la protection d’autres régions lacustres et de zones humides accueillant les espèces migratrices.

*La Convention de Ramsar, est relative aux zones humides d’importance internationale ( habitats des oiseaux d’eau…). Il s’agit d’un traité intergouvernemental adopté le 2 février 1971 qui sert de cadre à la conservation et à l’utilisation rationnelle des zones humides et de leurs ressources.

Lesser Pink Flamingoes Phoenicopterus minor at Lake Nakuru Kenya East Africa

Lac Nakuru, Kenya. Image libre de droits.


Site : https://whc.unesco.org/fr/list/1060


Cet article n’engage que son auteure.
Ecrit par Agathe Passerat de La Chapelle.

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[Arrticle éducation de l’UNESCO: L’éducation à l’Holocauste : une nécessité historique, morale et avant tout humaine]

« La seule chose que nous disions entre nous : « Si un jour, par hasard, nous retrouvons notre pays, il faut que tout le monde sache ». Sachant d’ailleurs que les choses étaient telles qu’on les mettrait en doute, on ne nous croirait pas. Mais ça nous paraissait comme une obligation par rapport à ce que nous vivions, par rapport à tous ceux qui mourraient. » Simone Veil, Antenne 2, 6 mars 1979, https://www.ina.fr/video/I04342602.

Témoignant de la déshumanisation des déportés dans les camps d’extermination et dans les camps de concentration, Simone Veil, elle-même retenue au camp d’Auschwitz-Birkenau à l’âge de 16 ans, rappelle le devoir moral que constitue le devoir de mémoire. 

Seulement quelques jours après le 58ème anniversaire du traité de l’Élysée, signé par la République Française et la République fédérale d’Allemagne le 22 janvier 1963 et célébrant la réconciliation des deux pays et le début de leur étroite coopération, ainsi que la commémoration internationale des victimes de l’Holocauste le 27 janvier, la question de l’éducation à l’Holocauste est une question encore très sensible et très présente dans le monde. 

» Shoah

Image libre de droit

L’éducation à l’Holocauste : une question encore sensible

La France d’après-guerre, portée par une vague de résistancialisme, ne souhaitait aucunement se confronter aux horreurs commises dans les camps. Le Général De Gaulle, considérant que le régime de Vichy n’était qu’une parenthèse de l’Histoire de France, a tenté d’incarner une France unifiée dans la Résistance. Du côté allemand, la « Stunde Null », traduit littéralement l’heure zéro et faisant référence à la fin de la Seconde Guerre mondiale le 8 mai 1945, souligne la profonde destruction de l’État allemand. L’Allemagne se réveille en ruines, à la suite d’une guerre d’une violence inhumaine. Son régime politique et l’ensemble de l’idéologie sur laquelle celui-ci reposait se sont écroulés. 

Besatzungszeit und deutsche Teilung – segu | Lernplattform ...

Image libre de droit

Dès 1949, le Gouvernement de République Fédérale d’Allemagne démarre un processus de dénazification de la population et organise des visites des camps d’extermination afin que la population soit informée de la barbarie du régime nazi. Mais ce n’est véritablement que par les procès de Nuremberg ou encore l’agenouillement de Willy Brandt, alors Chancelier de la République Fédérale d’Allemagne, le 7 décembre 1970, qu’une partie de l’Allemagne que nous connaissons aujourd’hui a commencé à se confronter à son passé douloureux. 

Willy Brandt whatishappeningnow What is Happening Now?

Image libre de droit

Encore aujourd’hui, évoquer l’Holocauste ou le régime nazi en Allemagne reste plutôt tabou. Il suffit de voir la réaction de la population allemande au livre « Er ist wieder da » de Timur Vermes, traduit littéralement par « Il est de retour » et racontant une fiction dans laquelle Adolf Hitler reviendrait dans l’Allemagne actuelle, pour comprendre le traumatisme profond qui demeure au sein du peuple allemand. De nombreux jeunes s’avouent même honteux, n’ayant pourtant aucunement contribué au régime national-socialiste. Les cours d’histoire en Allemagne cherchent justement à démontrer toute l’horreur qui a été commise et véhicule l’importance du devoir commémoratif dû à l’ensemble des victimes. C’est donc aujourd’hui encore un devoir qui s’impose mais qui reste une question toujours aussi sensible, dans un pays meurtri par l’inhumanité des crimes qui ont été commis. 

L’UNESCO : son engagement éducatif pour la mémoire de l’Holocauste

L’éducation s’avère être le point de départ d’un apprentissage de la paix, du respect des principes fondamentaux et de la dignité humaine. L’UNESCO contribue en ce sens au développement du respect mutuel, d’un meilleur vivre-ensemble dans le respect de l’Humanité. Chaque année, l’UNESCO commémore le 27 janvier la mémoire de l’ensemble des victimes de l’Holocauste. La barbarie nazie a profondément meurtri les pays dans lesquels les crimes ont pu être commis et a plus largement heurté l’Humanité dans son entièreté. 

L’ensemble des États membres des Nations-Unies se doit de maintenir la paix et de mettre en place des politiques de mémoire et d’hommages. Pour cela, ils s’engagent à développer à l’école l’enseignement de l’Holocauste. En 2013, l’UNESCO a publié une brochure intitulée « Pourquoi enseigner l’Holocauste », dans laquelle l’organisation explique l’importance de cet enseignement. Faire comprendre ce qui semble incompréhensible : il s’agit là d’un défi mondial que la communauté internationale dans son ensemble se doit de relever. Par cette brochure, il est aussi possible de comparer les représentations de l’Holocauste dans les manuels scolaires et les programmes éducatifs nationaux.   

L’Holocauste est tragiquement devenu la référence pour les crimes humanitaires de masse. Avec cette conscience accrue qu’il faut à tout prix éloigner l’Humanité d’une telle atrocité, l’UNESCO cherche encore aujourd’hui à constamment améliorer l’enseignement de la Shoah, ce que l’organisation appelle être « notre responsabilité ». Le 10 novembre 2020, l’UNESCO a par exemple organisé une discussion virtuelle sur la question des défis actuels en matière éducative concernant l’Holocauste (lien de la discussion virtuelle : https://www.youtube.com/watch?v=r1CbxzjboSM). Par cette conférence, les intervenants ont souligné l’importance d’un apprentissage encadré pour lutter contre les idées fausses. Ils ont également plaidé pour enseigner davantage dans les écoles et universités la responsabilité des civils qui ont participé à l’élaboration des crimes. C’est en effet la participation de la population civile, reposant sur l’idéologie national-socialiste, qui marque toute la spécificité de ce génocide. Ce n’est seulement un dirigeant ou de hauts-dignitaires qui ont procédé au massacre d’un peuple, c’est une idéologie dans son ensemble, et partagée par des millions d’individus, qui en était le précurseur. 

L’éducation à l’Holocauste : une question encore actuelle

L’UNESCO tente par son action de remédier à la désinformation croissante et à un déni devenant de plus en plus important. Expliquer l’horreur pour ne pas la revivre : telle est l’idée de l’éducation à l’Holocauste. Dans une société dans laquelle l’antisémitisme et la haine raciale ne cessent de montrer leur visage, la nécessité du devoir de mémoire que constitue l’enseignement de l’Holocauste semble d’autant plus fondamentale. C’est donc, à l’image de ce qu’exprime l’UNESCO en la matière, une responsabilité humaine que de commémorer les victimes de l’Holocauste et, par l’éducation, de préserver l’Humanité. 

Article de Marianne Condette

Cet article n’engage que son auteur

Sources : 

https://www.ina.fr/video/I04342602
https://fr.unesco.org/themes/education-holocauste-genocides
https://fr.unesco.org/news/lenseignement-lholocauste-est-il-crise-discussion-ligne-lunesco-lonu-traite-defis-opportunites
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[Actualités de l’UNESCO: L’UNESCO soutient les industries créatives face à la crise]

    En France, cela fait plus de 100 jours que les musées et cinémas sont fermés. Le Comité intergouvernemental de la Convention de 2005 de l’UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles s’est réuni du 1 au 6 février, dans un contexte de crise profonde du secteur de la culture, engendré par la COVID-19. Plusieurs problèmes majeurs ont été soulevés, tels que la précarité des artistes et le risque d’uniformisation des productions en l’absence de promotion de la diversité culturelle et de soutien aux créateurs les plus précaires. En 2021, l’UNESCO appelle les États à ne pas négliger la culture.

    « La relance à venir déterminera ce que nous deviendrons dans les prochaines années. La culture ne doit pas être oubliée dans les plans nationaux car la reprise économique ne saurait être possible sans elle. […]  L’UNESCO est mobilisée et appelle tous les acteurs à soutenir collectivement ces efforts »

    Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO

    L’événement a réuni de grands acteurs culturels tels que Jean-Michel Jarre (compositeur et Ambassadeur de bonne volonté de l’UNESCO), Abderrahame Sissako (réalisateur), Thomas Steffens (PDG de Primephonic), Vanja Kaludjercic (Directrice du Festival international du film de Rotterdam), Victoria Contreras (fondatrice et Directrice générale de l’association Conecta Cultura de Mexico), ainsi qu’Álvaro Osmar Narvaez (Secrétaire à la culture de Medellín, en Colombie, nommée Ville créative de la musique par l’UNESCO).

    Le Comité a retenu divers projets, qui recevront chacun plus de 70 000 dollars de la part du Fonds international pour la diversité culturelle (FIDC). En voici trois exemples parmi les 6 retenus.. 

« Evaluating Jamaica’s Cultural and Creative Industries proposé par la Jamaica Business Development Corporation », qui permettra de répertorier les industries culturelles du pays afin de créer un système durable de gouvernance culturelle en Jamaïque, sous le prisme du genre et au moyen d’une approche communautaire inclusive.

« Strengthening the contemporary dance scene in East Africa », proposé par l’organisation Muda Africa de Tanzanie, qui bénéficiera à 45 danseurs professionnels au Rwanda, en Ouganda et en Tanzanie, et particulièrement aux danseuses. À cet effet, la création d’un réseau et d’un portail internet permettra de renforcer les possibilités en matière de chorégraphie et de faire entendre des revendications politiques.

« Gender equality for cultural diversity, proposé par l’association Independent Cultural Scene of Serbia », qui prendra en charge des activités de recensement, de formation et de parrainage afin d’aider les femmes à lancer leur entreprise en Serbie. 

    Cette année, le Honduras et la République unie de Tanzanie bénéficieront pour la première fois du soutien du FIDC. Ces projets encourageront le développement de politiques culturelles, stimuleront l’entrepreneuriat culturel au sein des communautés autochtones, favoriseront la participation de la société civile, des femmes et de la jeunesse à l’élaboration des politiques culturelles, tout en soutenant les artistes. 

Article écrit par Charlotte Morel 

Cet article n’engage que son auteur

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[Le patrimoine mondial naturel de l’UNESCO: la Chaussée des Géants et sa côte ]

            La Chaussée des Géants est située en Irlande du Nord, près du plateau d’Antrim. Il s’agit d’une formation volcanique, caractérisée par environ 40 000 colonnes de basalte de forme polygonale qui s’enfoncent dans la mer et en constituant un pavement. Elles sont issues d’activités volcaniques datant d’il y a 50 à 60 millions d’années. La forme actuelle de La Chaussée des Géants est due à l’érosion par la mer de la coulée de lave basaltique.

La Chaussée des Géants est à l’origine de nombreuses légendes. Certains disent que des géants l’utilisaient pour franchir la mer jusqu’en Écosse, d’où son nom actuel. En Irlandais, elle est nommée Clochán na bhFómharach, ce qui signifie « Le petit tas de pierre des Fomoires » (fomoires = êtres inhumains de la mythologie celtique irlandaise).

Ce site géologique spectaculaire est inscrit depuis 1986 sur la Liste du Patrimoine mondial de l’UNESCO et est considéré comme une symbole de l’Irlande du Nord.

Critères de sélection :

Critère VII : « représenter des phénomènes naturels ou des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelle ».

Les colonnes de basalte et leur implantation géographique (au bord de l’Océan Atlantique et du plateau d’Antrim) font du site une aire exceptionnelle à la beauté naturelle. Il représente également une trace de l’histoire volcanique et donc d’un phénomène naturel majeur ancien.

Critère VIII : « être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l’histoire de la terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques en cours dans le développement des formes terrestres ou d’éléments géomorphiques ou physiographiques ayant une grande signification ».

La Chaussée des Géants est un témoignage important de l’activité volcanique de l’ère tertiaire de notre planète. Elle est un témoignage d’un processus géologique ancien permettant de mieux comprendre et d’étudier le volcanisme basaltique.

Les différentes strates sont visibles dans les parois des falaises et ont, selon l’UNESCO, « déterminé le processus de compréhension des séquences d’activité de l’histoire géologique de la Terre ».

Gestion du site :

Aujourd’hui, la Chaussée des Géants est un site touristique majeur de l’Irlande du Nord. Les touristes ont commencé à affluer au XIXème siècle, suite à l’ouverture d’une ligne de tramway reliant Portrush (une ville à une dizaine de kilomètre du site) et la Chaussée des Géants.

Le site possède plusieurs statuts participant à sa sauvegarde : patrimoine mondial de l’UNESCO, Résevre naturelle nationale (pour la majeure partie du site), ou encore « Giant’s Causeway and Dunseverick Area of Special Scientific Interest ». Il est également protégé en tant que Area of Outstanding Natural Beauty (AONB) — zone de beauté naturelle exceptionnelle.

Le National Trust détient la majorité des terres du bien. Il s’agit d’une organisation caritative et associative oeuvrant pour la conservation du patrimoine en Irlande du Nord, en Angleterre, et au Pays de Galles. Il s’assure de la gestion du site ainsi que des visites. Il existe par exemple un centre d’accueil pour les visiteurs, dont l’objectif est d’améliorer la qualité de la visite et la sensibilisation à la valeur exceptionnelle du site.

La Chaussée des Géants est menacée dans sa pérennité par l’érosion naturelle qui altère progressivement les affleurements des falaises. Ce phénomène, ainsi que les effets du changement climatique, sont pris en compte dans le plan de gestion du site qui définit les enjeux et objectifs de gestion pour la conservation du bien.

Une autre menace, cette fois humaine, pèse sur la Chaussée des Géants. Il s’agit de l’impact des  nombreuses visites sur le site : déchets, prédation de pierre comme souvenir (interdit), haute fréquentation…

Article de Agathe Passerat de La Chapelle

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[Actualité de l’UNESCO: Le sport à l’honneur pour l’UNESCO, du 01 février au 5 février 2021]

En ces temps troublés de pandémie mondiale, il est un des loisirs qui fait partie des patrimoines culturels nationaux et qui peut nous permettre de garder le moral: il s’agit de la pratique du sport. En effet, la pratique d’une activité physique est fortement bénéfique pour notre santé physique mais surtout mentale et, à cet égard, c’est la deuxième édition de la Global Sports Week qui se déroule à Paris cette semaine. 

Cet évènement nous touche tout particulièrement car il se déroule tout d’abord sous le patronage de l’UNESCO mais aussi sous le Haut patronage du président de la République française, Emmanuel Macron. Ainsi et à cause de la crise sanitaire, l’organisation de cette semaine a dû être adaptée dans un format qui se veut résolument moderne, avec un lieu de rassemblement central à Paris et la création de hubs virtuels dans cinq villes qui vont prochainement accueillir les Jeux Olympiques et à savoir : Tokyo, Pékin, Dakar, Milan et Los Angeles. 

Il s’agit de la seconde édition d’un forum liant différents pays et consacré au sport. Tout est alors pensé pour favoriser les échanges et les interactions, même à distance. Une chaîne diffusera l’événement en direct durant la semaine et des modules seront aussi disponibles en ligne, sur le site internet de l’événement (https://www.globalsportsweek.com/FR/concept), moyennant l’acquisition d’un billet. Le thème de cette édition se nomme  « Pour une économie du sport innovante et durable – réinvention en action » et cette semaine chercher à se structurer autour de six thèmes principaux qui sont le mode de vie, l’égalité, le pouvoir, les données, le climat et la santé. 

Quant à cet événement, la présence et l’implication de l’UNESCO ne sont pas moindres puisque c’est Mme Ramos, la sous directrice générale pour les sciences sociales et humaines de l’UNESCO qui sera oratrice lors de l’intervention nommée “Des enfants aux citoyens : la place du sport dans l’éducation” qui aura lieu demain, ce mercredi 3 février de 10h à 10h45. Il s’agira alors de voir de quelle manière le sport peut être un outil pour sensibiliser les enfants et leur compréhension des problèmes de la société à l’heure actuelle et dans le futur. À cet égard, Mme Ramos ne manquera pas de rappeler l’importance de l’éducation sportive et des actions menées par l’UNESCO dans ce cadre avec notamment le projet Éducation Physique de Qualité. 

Cette semaine amène donc aussi à nous pencher un peu plus sur les actions dans lesquelles l’UNESCO est impliquée quant à l’éducation sportive. Tout d’abord, il faut savoir que l’UNESCO reconnaît tout particulièrement l’importance du sport dans le développement des pays et dans le but de promouvoir la paix. Elle relève que le sport “ignore à la fois les frontières géographiques et les différences sociales (et) favorise l’inclusion sociale et le développement économique dans des contextes géographiques, culturels et politiques différents”.

L’UNESCO est l’agence spécialisée des Nations Unies sur le thème du sport et à ce titre, elle organise des événements variés comme cette semaine dédiée au sport. Des actions plus locales ont également été menées notamment pour l’accès des femmes au sport, la promotion de l’éducation sportive dès le plus jeune âge dans le monde ou la démocratisation de la pratique du handisport. L’UNESCO se préoccupe également de l’éthique dans le sport et accorde une place importante à la lutte contre le dopage. On note à cet égard la Convention de l’UNESCO sur le dopage qui est entrée en vigueur le 1er février 2007 (il y a quatorze ans) et qui, réunissant 191 États parties, a pour but de régir les règles contre le dopage au niveau mondial pour que les athlètes évoluent dans des environnements équitables pour tous. Les États doivent alors prendre des engagements au titre de cette convention notamment pour améliorer les programmes nationaux de lutte contre le dopage. 

À tous les amateurs de sport, l’antenne UNESCO de SONU vous encourage à suivre cette semaine thématique sur le sport qui, on l’a vu, malgré son aspect récréatif, revêt une forte portée pour l’éducation de nos générations futures et pour le développement de la paix.. 

Article écrit par Emma Laurent

Cet article n’engage que son auteur

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[UNESCO à l’antenne #2 : étudiant.e.s précaires, étudiant.e.s délaissé.e.s avec Bérangère Poncet]

À la veille de la journée mondiale de l’éducation, l’association a choisi de donner la parole à Bérangère Poncet,  présidente de l’Association Générale des Étudiants de Paris, l’AGEP, depuis 2019 pour parler d’un sujet important malheureusement d’actualité : la précarité étudiante. 

Un sujet qui nous tient à cœur, au plus près de nos propres réalités d’étudiant.e.s, nous parlons dans ce podcast des conséquences de la pandémie sur la précarité des étudiants, ainsi que de la détresse émotionnelle qu’elle suppose. 

Nous évoquons aussi les aides mises en place et les solutions alimentaire, psychologique entre autres mises à la disposition des étudiants.  

Encore un grand merci à Bérangère Poncet pour sa confiance ! 

Bon courage à tous et toutes pour ce nouveau semestre durant lequel SONU va vous accompagner 💪

Vous pouvez retrouver ce podcast sur de nombreuses plateformes de podcast : Apple Podcasts, Spotify, Anchor, Breaker, Google Podcasts, Overcast, Pocket Casts, Radio Public 🎶. 

↪ Si vous êtes en situation de précarité, ou estimez avoir besoin d’aide alimentaire ☕

↪ Lignes d’écoute et aides psychologiques👂

↪ Emplois étudiants, quelles aides ? 

Bonne écoute 🎶

Version Script du podcast : UNESCO à l’antenne #2 : étudiant.e.s précaires, étudiant.e.s délaissé.e.s avec Bérangère Poncet 

Marianne Condette : Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez Mariette Boudgourd, Marianne Condette et Sana Tekaïa pour ce second podcast de l’antenne UNESCO de SONU. Dans ces podcasts nous abordons les thématiques chères à l’UNESCO, dans le but de sensibiliser les étudiants et instaurer un débat, une réflexion autour de problématiques actuelles qui touchent à l’éducation, à la préservation des biens culturels, aux sciences. 

Aujourd’hui nous allons parler de la précarité étudiante : nous allons traiter de la situation des étudiants en temps de pandémie. La question de la précarité est un problème fondamental auquel l’UNESCO tente de remédier. En effet, l’UNESCO prône un égal accès à l’éducation dans de bonnes conditions. La précarité, source d’instabilité et de rupture sociale pour de très nombreux étudiants, contraint les étudiants en situation de précarité à poursuivre leurs études dans une situation d’insécurité financière et peut les amener à devoir cumuler des jobs à côté de leurs études. L’UNESCO a, à de nombreuses reprises, témoigné de son engagement pour favoriser une éducation égalitaire, cherchant à garantir ce droit fondamental. 

La Coalition Mondiale pour l’éducation a, par exemple, été lancée par l’UNESCO en mars 2020 pour répondre à la crise éducative liée à la pandémie de Covid-19. Cette coalition est une plate-forme de collaboration et d’échange qui tend à protéger le droit à l’éducation pendant et après la pandémie. La pandémie de Covid-19 ayant fortement accru la situation précaire de certains étudiants, elle représente un véritable défi pour permettre à chacun d’étudier dans les meilleures conditions. 

Avant toute chose, je rappelle que la réflexion menée au cours de ce podcast n’implique que ses protagonistes. Aujourd’hui nous recevons Bérangère Poncet, présidente de l’AGEP pour son deuxième mandat consécutif. 

Marianne Condette :  Bonjour Bérangère Poncet.

Bérangère Poncet : Bonjour.

Marianne Condette : Merci d’avoir accepté de participer à notre podcast aujourd’hui. Tu es donc originaire de Lyon et tu es étudiante à l’école d’orthophonie de l’université Sorbonne, que tu as intégré en 2018. Tu es présidente de l’Association Générale des Etudiants de Paris, l’AGEP, depuis 2019 et tu t’es engagée tout au long de ta vie étudiante pour assurer le bien-être des étudiants ainsi que leur santé mentale et physique. 

L’AGEP, si on fait un petit résumé, c’est une fédération territoriale qui permet de fédérer et de représenter l’ensemble des étudiants de la ville de Paris. Mais l’un de vos objectifs, et c’est justement pour ça que tu as accepté de témoigner aujourd’hui, c’est de lutter contre la précarité étudiante. 

Lors de la crise de la Covid-19, la précarité de certaines étudiantes et certains étudiants s’est fortement accrue, parce qu’ils dépendaient jusqu’ici de jobs étudiants ou de bourses alimentaires à côté de leurs études. Est-ce qu’au sein de l’AGEP, vous avez été témoins lors de ce deuxième confinement et des couvre-feux etc. d’une augmentation de la précarité étudiante ? 

Et quels sont les critères pour pouvoir faire un dossier ? 

Bérangère Poncet : Alors du coup pour bénéficier de l’AGORAE, on calcule un reste à vivre. Donc en fait, on récupère les entrées et les sorties d’argent dans le mois et il faut que le reste à vivre soit en dessous de 7,60 €. 7,60 €, ça correspond à deux fois 3,30 €, donc le prix d’un repas au CROUS et 1 € le petit déjeuner. S’il est en dessous de 7,60 €, il peut être bénéficiaire de l’AGORAE. C’est-à-dire que c’est un étudiant qui doit avoir un « surplus » de 200 € par mois. Après on regarde aussi les autres dépenses, on essaye de dire s’il y a un loyer excessivement cher, on essaie de voir comment l’étudiant peut mieux gérer ses dépenses. 

Derrière, il y a aussi l’accompagnement social. C’est vraiment une épicerie sociale et solidaire, le but c’est aussi de le ramener à une vie sociale puisque les étudiants qui sont en situation précaire ne peuvent pas sortir. Évidemment personne ne peut vraiment sortir pour ses activités, mais en temps normal les étudiants précaires sont ceux qui ne peuvent pas aller boire un verre, aller au cinéma etc. 

Marianne Condette : Est-ce que tu aurais des chiffres particuliers qui témoigneraient … Par exemple au niveau de l’emploi, est-ce que tu aurais des chiffres qui témoigneraient d’une perte forte d’emplois liée justement à la Covid-19 ? 

Bérangère Poncet : Oui tout à fait. Donc la FAGE, qui est la Fédération d’Associations Générale Étudiante, donc qui est notre organisation nationale, a réalisé une étude avec IPSOS sur le premier confinement. Donc, il y avait 74 % des étudiants qui avaient arrêté leur travail, parce qu’ils avaient été obligés de l’arrêter. Dont, je crois que c’est 1 sur 10 qui n’ont jamais repris, ceux qui n’ont pas pu avoir de suite. 

Sana Tekaïa : Est-ce que vous pourriez nous expliquer les systèmes d’aide contre la précarité qui ont pu être mis en place que ce soit au niveau des universités ou alors plus de manière locale ou même au niveau national ?

Bérangère Poncet : Tout à fait. Donc sur le premier confinement, on a pu un peu voir différentes phases à partir de la crise. Donc sur le premier confinement, ça a été très long, il y a eu peu de dispositifs mis en place. Nous on a dû fermer nos AGORAE parce que le premier confinement était très strict. On ne voulait pas mettre en danger nos volontaires en service civique. Donc on avait décidé de fermer nos AGORAE. Mais au bout de quelques semaines, on s’est dit qu’il fallait quand même qu’on aide les étudiants parce que la plupart d’entre eux ont perdu leur travail et n’ont plus de revenu. On s’est mis à faire des distributions alimentaires avec nos propres moyens. Les premières distributions étaient on va dire simples. On les a arrêtées durant l’été parce que les bénévoles partaient un peu tous en vacances, puis après il y a eu la sortie du confinement. Et après partout en France dans notre réseau associatif, un peu tout le monde s’est mis à faire des distributions alimentaires. Donc c’était parfois avec le CROUS. Le CROUS de Paris n’a pas forcément contacté, mis en place des distributions de paniers. 

À la rentrée, on s’est rendu compte que la situation ne s’améliorait pas, voire qu’elle s’empirait que beaucoup d’étudiants n’avaient pas pu reprendre le travail étudiant, qu’ils n’avaient pas pu travailler cet été. Donc beaucoup d’étudiants qui travaillent l’été pour avoir une grosse somme toute l’année à utiliser n’avaient rien du tout. Donc comment aider ses étudiants-là qui étaient quand même obligés de payer un loyer, surtout un loyer parisien ou francilien qui est quand même plus élevé qu’ailleurs. 

À la rentrée, on a pu rouvrir nos AGORAE, ça a vraiment été un soulagement. À côté, on s’est rendu compte qu’il fallait qu’on continue. Donc sur le deuxième confinement, on a mis en place des distributions mais à plus grande échelle. C’était entre 400-700 paniers qui étaient distribués les samedis. Les formulaires se remplissaient en 24 heures. Donc, on s’est vraiment rendu compte du besoin et de cette cruelle précarité qui était là, c’est-à-dire que les étudiants attendaient toutes les semaines notre formulaire. 

Ça c’était plus pour les initiatives étudiantes que l’AGEP a pu mettre en place. À côté de ça, dès le premier confinement, les universités ont mis en place des aides sociales. Les universités mettent en place des aides sociales tout le temps, sauf que les étudiants sont souvent très rarement informés de ces initiatives d’aides sociales.  Par exemple, il y a de gros frais qui vont être avancés pour ceux qui ne peuvent pas aider à payer ces frais, des réparations, de voiture. C’est justifié, ce sont des commissions qui se déroulent. Là, avec toute cette crise, les universités se sont mobilisées pour aider encore plus d’étudiants et mettre en place soit des aides sociales d’urgence, donc avec moins de commissions, des dossiers un peu plus simplifiés et des critères un peu plus simples. Après, chaque université a un peu fonctionné différemment. Panthéon-Sorbonne, c’était une aide, c’était un montant directement attribué aux étudiants. À la Sorbonne-Université, c’était un dossier et on attribuait un montant en fonction de ce que l’étudiant demandait. On se disait que cet étudiant avait besoin d’un ordinateur, de quoi se nourrir et payer son loyer, on mettait des montants pour chacun de ces critères et on lui donnait une somme et on essayait de donner pour 2 ou 3 mois pour que l’étudiant n’ait pas à refaire des dossiers toutes les semaines. Donc les universités ont plus ou moins toutes bien réussi à mettre cela en place ou à gérer le nombre de dossiers. Le problème, c’est que quand on fait de la communication là-dessus avec le nombre d’étudiants qui étaient précaires, les assistantes sociales n’avaient pas forcément réussi à tout traiter. Mais ce sont les aléas des services sociaux. 

Derrière il y avait aussi le CROUS, donc qui est le service public des œuvres universitaires et scolaires et qui a pu aussi mettre en place des aides sociales d’urgence avec des conditions beaucoup plus régulières et qui a pu attribuer aussi beaucoup d’aides aux étudiants. Le CROUS qui là est encore disponible, donc s’il y a un étudiant qui est encore en difficulté financière, il ne faut vraiment pas hésiter à se rendre sur le site de son université pour regarder les aides qui sont disponibles ou se rendre sur le site du CROUS pour aussi avoir des aides, sachant qu’elles sont cumulables. 

Derrière, il y a d’autres initiatives depuis la rentrée qui sont créées à Paris de distribution alimentaire, par exemple avec Linkee, qui distribue dans le 18ème et dans le 13ème arrondissement des paniers. Il y a l’association Co’p1, il y a les restos du cœur, le secours populaire.  Il y a beaucoup d’initiatives mises en place pour aider les étudiants surtout pour l’aide alimentaire et les produits de première nécessité donc d’hygiène et d’entretien. 

Sana Tekaia : Et au niveau national les étudiants avaient-ils droit à une aide de l’Etat ? 

Bérangère Poncet : Alors l’État a mis en place deux aides, la première c’était une aide de 200 euros accordées aux jeunes il me semble. Les critères étaient très restreints, le problème c’est que le gouvernement réagit beaucoup trop tard sur ce qui se passe. En plus ils sont à côté de la plaque donc il y a des aides mais jamais adaptés aux bonnes personnes. Évidemment, ceux qui en ont bénéficié étaient forcément nécessiteux c’est pas ça le problème. Là cette année le boursiers ont reçu 150 euros de plus, ça c’est une bonne initiative mais le problème c’est que la bourse sur critères sociaux, elle est désuète, injuste. Elle ne correspond pas aux situations des étudiants, on demande une linéarisation des bourses et que ça soit plus une bourse sur critères sociaux mais une aide globale indépendante. On aide toujours les mêmes, les boursiers. Par exemple, pour Sorbonne Université, un Welcome pack numérique mis en place où la priorité était au boursier. Il faut sortir de cette idée que tous les étudiants précaires sont boursiers parce que ce n’est pas le cas en fait. Il y a des étudiants boursiers qui sans rouler sur l’or ne sont pas en situation de précarité. Mais il y a de l’autre côté les trous dans la raquette les étudiants internationaux qui n’ont droit à aucune aide, donc pas aux aides sur critères sociaux. Après il y a tous les étudiants qui sont à la limite du premier échelon de la bourse mais qui n’ont pas ces ressources là. On pense aussi à tous les étudiants en rupture familiale vu que la bourse recrute par rapport aux revenus de ces parents. Il y a pleins de problématiques comme ça, que l’on peut reprocher à la bourse aux critères sociaux ou à ce qui est mis en place par l’État. Ce sont des bonnes intentions mais qui ne suffisent pas, et souvent à côté de la plaque pour pouvoir aider ceux qui en ont réellement besoin. 

(interlude musicale)

Mariette Boudgourd :  Cette année, la pandémie a laissé en dehors des classes presque 1,6 milliards d’apprenants dans plus de 190 pays. Soit 90 % de la population apprenante mondiale. Un impact sur l’éducation tel qu’il a poussé l’Unesco a lancer dès mars 2020 la coalition mondiale pour l’éducation. 150 membres des Nations unies et de la société civile, des académies se sont ainsi rassemblés pour permettre une meilleure connectivité numérique entre les enseignants et les élèves pour parvenir à limiter le décrochage scolaire. Un programme mondial qui soutient les pays  notamment en Afrique en partenariat avec des géants du numérique pour assurer la continuité. 

(interlude musicale)

Sana Tekaia : Justement par rapport aux étudiants internationaux, est-ce qu’il y a eu des aides mises en place quand même ou rien du tout ? 

Bérangère Poncet : Rien du tout, pas à ma connaissance. Ils ont droit aux aides de l’université ou aux aides d’urgence du CROUS. Mais en plus les étudiants internationaux ils ne parlent pas forcément bien français, donc tous les dossiers ne sont pas forcément traduits en anglais ou dans toutes les langues. Donc les étudiants qui sont fragilisés, sont toujours ceux qui le sont le plus au moment des crises. 

Mariette Boudgourd :  Pour rebondir par rapport à ce que vous aviez dit sur le gouvernement, sur le système d’aide à l’emploi, le gouvernement avait annoncé le 12 novembre 2002 la création de 1600 emplois étudiants supplémentaires. Est ce que vous pensez que ce qui a été mis en place est suffisant ? Est ce que ça a répondu suffisamment… même si il semble que pas vraiment. 

Bérangère Poncet : Non non il y a 20 % de jeunes en France qui sont en situation de précarité donc ce n’est pas avec 1600 emplois étudiants qu’on va régler le problème. Surtout qu’on connait très bien les conséquences que l’emploi étudiant a. On a déjà tous nos cours à gérer, travail perso, si on est tout seul dans notre appartement on a toutes les tâches ménagères : faire à manger, faire ses courses qui prennent du temps. En situation de crise sanitaire, ou de redondance confinement/couvre-feu etc clairement on arrive à un point où entre guillemets on en peut plus. Je ne sais pas quel étudiant se dit : “tiens je vais me rajouter à ma santé mentale un petit emploi étudiant”. Ceux qui vont le faire c’est ceux qui ne peuvent plus se nourrir donc c’est ceux qui sont les plus fragilisés. C’est pareil on a créé plus de 20 000 emplois de tuteurs en France, et c’est toujours le même problème on crée des emplois étudiants mais ce n’est pas le salariat étudiant qui va sauver l’étudiant. Après c’est à double tranchant, par exemple l’ouverture de 20 000 postes de tutorat c’est intéressant dans le sens où le tutorat peut remettre du lien social mais ça rajoute des heures à ses étudiants là. Juste derrière les universités ne sont pas capables d’encadrer les étudiants et de les accompagner dans ce travail en plus. C’est un cercle vicieux, où ce sont de bonnes initiatives, c’est pareil les 1600 emplois dans les résidences CROUS c’est pour favoriser le lien social etc, mais c’est jamais des choses très bien encadrés. Quand cette annonce a été faite, il n’y avait aucun texte qui l’encadrait, on ne savait pas comment ils allaient être payés, à combien. Finalement c’est au SMIC donc tout va bien il y a des bonnes initiatives mais qui ne sont jamais cadrées, avec des conséquences qui ne sont pas forcément bonnes pour les étudiants. 

Mariette Boudgourd :  Vous y avez déjà un peu répondu là, mais en règle générale est ce qu’il y a un suivi des étudiants pour la recherche d’un emploi ? 

Bérangère Poncet : Dans la recherche d’un emploi il me semble pas… Les universités peuvent dès fois communiquer, ou le CROUS à une mission qui est l’emploi étudiant qui communique sur sa plateforme d’aide à l’emploi mais il y a rarement de l’accompagnement. Après pour les emplois étudiants à l’université il me semble que c’est encadré, qu’il y a du suivi et de la communication sur les emplois etc. Après pour le reste il y a un statut qui existe pour les étudiants salariés, mais il n’est pas adapté à la réalité et ne fonctionne pas avec ce que les étudiants vivent vraiment. 

Mariette Boudgourd : Je me permets juste une réflexion que je vous pose, vous traitez surtout de la question des étudiants mais est ce que la question des jeunes actifs qui sont depuis deux ans sans emploi dans un entre deux entre étudiant et actif est traitée ? 

Bérangère Poncet : On ne la traite pas beaucoup, mais on va dire qu’on la traite au niveau national c’est à dire qu’on est au courant des difficultés. Par exemple, un jeune qui nous contacte, on va être capable de lui répondre et de lui donner des pistes. Il y a eu des initiatives comme un jeune, une solution je ne sais pas si vous en avez entendu parler pour les jeunes actifs, il y a la garantie jeune. C’est toujours pareil, bon je passe pour quelqu’un d’hyper critique mais la garantie jeune ça va pas, ça n’est pas un dispositif qui correspond à tous, c’est quelque chose qui est pas assez cadré. Même le plan d’un jeune a une solution, moi mon petit frère je lui en ai parlé et il m’a dit « bah  je suis allé dessus cette plateforme elle est pété ». 

Mariette Boudgourd : Concernant la plus grande solution que traversent les étudiants en situation de précarité qui est une précarité en soi, est ce qu’il existe des solutions vers lesquelles les étudiants peuvent se tourner ? On a entendu parler récemment de certaines plateformes d’écoute…

Bérangère Poncet : Tout à fait, c’est la grande problématique sur laquelle les associations étudiantes, les étudiants, tout le monde va devoir travailler et communiquer. On a Night Line une ligne d’écoute le soir pour les étudiants. Ce qui est intéressant parce qu’un psychologue gratuit ou non travaille la journée, donc si un étudiant à cours toute la journée il ne va pas forcément pouvoir en bénéficier. En plus de Night line il y a les services universitaires de santé les SIUMPPS qui proposent des séances psychologiques gratuites. Pareil le problème c’est que souvent le service manque du moyen et de personnel, celui du Paris 1 et des universités de Paris actuellement les délais d’attente sont monstrueux pour obtenir un rendez vous. En revanche, celui de la Sorbonne université et du Paris II Panthéon-Assas fonctionne bien en ce moment. Il y a des places disponibles pour des séances de psychologie. Il y a des permanences sans rendez-vous qui vont être remises en place en présentiel à partir de la semaine prochaine. Ce sont des dispositifs soit que les étudiants ne connaissent pas, soit ils ont des préjugés en se disant que ça ne va pas fonctionner, être trop long ou la peur, ou le non recours qui est énorme. Il y a aussi APASO une ligne d’écoute et la FAGE qui a mis en place un dispositif pour prendre rendez-vous avec une psychologue directement. Sur tout ce qui est santé mentale il y a le site soutien-étudiant.fr créé pour soutenir les étudiants, et qui par académies répertorie tous les services de santé pour les étudiants. On retrouve tout ce qu’on vient de citer ci- dessus. 

Mariette Boudgourd : J’avais une autre question qui me vient, par rapport à la “province” entre guillemet parce que j’en viens, et Paris est ce qu’on remarque que la précarité est beaucoup plus accentuée à Paris et en banlieue parisienne ? Ou est ce que c’est plutôt homogène…

Bérangère Poncet : Je pense qu’actuellement c’est homogène, après le critère que l’on a c’est les distributions et les AGORAE qui ont fonctionné de la même manière à Marseille, Lyon, Poitiers que Paris. Les AGORAE c’est aussi en fonction du nombre d’étudiants il faudrait regarder les pourcentages, mais dans les grandes villes par exemple à Strasbourg il y a des distributions et c’est de l’ordre de 1000 personnes qui se font aider par semaine. A Lyon à un moment ils avaient le même chiffre, c’était 1000 personnes par semaine. Forcément ça reste des grosses villes, où les loyers sont chers, à Paris il y a plus de frais bien sûr mais la précarité elle est présente partout. 

Marianne Condette : J’ai encore une autre question, parce que vous nous avez expliqué que pour avoir le droit à un certain type d’aide il faut remplir certains dossiers mais est ce qu’il existe un accompagnement pour aider les étudiants à remplir les dossiers ? 

Bérangère Poncet : Pas à ma connaissance, nous par exemple si un étudiant à des difficultés pour remplir un dossier pour l’AGORAE on va évidemment l’aider et l’accompagner. Mais après à l’université je suis pas sur. Après si l’étudiant fait la démarche de, et qu’il dit voilà je n’arrive pas à compléter mon dossier il sera peut être accompagné. Souvent les démarches administratives sont longues ce qui explique que les étudiants ne demandent pas d’aide ou abandonnent en faisant leur dossier parce que c’est trop long, et il y a trop de papiers qui sont demandés. 

Mariette Boudgourd : Comment vous vous projetez dans ce deuxième semestre pour les étudiants qui vont se faire à distance et probablement confinés ..?

Bérangère Poncet : C’est compliqué (rire), honnêtement on va pas se mentir ça va être compliqué ! Il y a trois grands combats: lutter contre le décrochage scolaire, lutter contre le mal être et lutter contre la précarité. C’est les trois combats que l’AGEP va tenter de mener, là pour la précarité on distribue des repas chauds tous les soirs. Donc si jamais des étudiants écoutent ce podcast et qui ont besoin d’aide tous les soirs il faut se rendre sur la page facebook de l’AGORAE et de l’AGEP pour pouvoir s’inscrire. On fera de la communication régulièrement, après le décrochage et la santé mentale on va voir ce qui est possible. mais voilà il y a déjà pas mal d’aides mise en place pour la santé mentale sur Paris, donc n’hésitez vraiment pas à vous renseigner et à voir quels sont les dispositifs. Et sur le décrochage scolaire, pour l’instant il n’y pas vraiment de solution, on tente de mettre en place des séances de tutorat, d’entraide entre étudiants. On va voir comment les universités vont anticiper ce second semestre parce que là elles se rendent bien compte qu’on ne peut pas faire comme si de rien n’était comme si dans deux mois elles allaient retourner sur les campus. Les universités pour la plupart sont pour un retour, c’est surtout au niveau du gouvernement que ça bloque et ça a de réelles problématiques parce qu’au final on est des personnes en construction, qui ont besoin d’interactions sociales. On est un peu les oubliés de la crise, il faut se le dire ! Donc on espère que le gouvernement réagisse vraiment sur la réalité des choses et du fait que ça devient difficile pour tout le monde…C’est pas une note positive désolé (rire).

Mariette Boudgourd : Mais vous pensez que la médiatisation en cours va faire bouger les choses là dessus sur les mesures qui vont être prise pour les étudiants, ou ça risque d’être que pour les lycéens, et le secondaire que ça va bouger pour la reprise des cours…Enfin vous ne pouvez pas savoir mais..

Bérangère Poncet : J’espère, j’espère que la médiatisation,tout ce qui se passe va faire bouger les choses. On essaye au niveau national des discussions sont mises en place pour faire comprendre que là on va arriver sur une situation de non retour, qui n’est plus maîtrisable donc si aucune mesure n’est mise en place. Qu’il n’y a pas d’accompagnement et des universités et des étudiants cela va faire une génération de sacrifiés.. enfin ça l’est déjà un semestre et demi, et surtout à Paris avant la crise les grèves des transports, des réformes par rapport à l’enseignement supérieur donc ça fait un moment que les étudiants sont impactés et ne peuvent pas réalisés leurs études et leur formation dans de bonnes conditions. Voilà après j’ai pas l’impression que le gouvernement réagisse vraiment à la médiatisation des malheurs des étudiants donc peut être qu’ils vont se réveiller et se dire à oui en effet (rire) mais…

Mariette Boudgourd : Merci beaucoup !

Bérangère Poncet :  Merci 

(interlude musicale)

Mariette Boudgourd : Merci pour votre écoute, vous pouvez retrouvez notre podcast sur toutes les plateformes audio ou sur notre blog ou il sera également retranscrit en script n’hésitez pas à prolonger cette discussion en commentaire et à partager vos expériences. À très vite ! 

(interlude musicale)

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[Patrimoine mondial de l’UNESCO: Les paysages cariocas, entre océan, verdure et montagnes ]

Les paysages cariocas ont été les premiers à être classés en tant que paysages urbains par l’UNESCO. Cela peut se comprendre au vu de la beauté de la ville de Rio de Janeiro, et sa diversité paysagère qui se partage entre océan, verdure et montagnes.

La notion de paysage peut être assez vaste et l’on peut se demander si c’est l’entièreté de la ville de Rio de Janeiro qui est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO ou seulement quelques éléments, puisqu’en soit, comme tout espace, elle est composée de nombreux paysages. Selon Géoconfluences un paysage est  » l’étendue d’un pays s’offrant à l’observateur. Derrière cette définition qui peut paraître simpliste se cache une notion qui a donné lieu à une abondante bibliographie et à de multiples approches. »

Le Christ Rédempteur, situé sur le Mont Corcovado, surplombe la ville et fait face au Pain de sucre

Dans le cas de la ville de Rio, les paysages classés par l’UNESCO sont délimités: ce sont les éléments naturels de la ville, soit les monts comme celui du Corcovado et du « Pain de Sucre » mais également les parcs comme le Parc national de Tijuca, ou bien le jardin botanique. Ces paysages s’étendent jusqu’à l’océan en comprenant les paysages de la plage de Copabana. Monts, verdure et océan, voici les trois mots clés pour définir les paysages cariocas classés. En somme l’UNESCO précise que les paysages classés sont ceux qui « incluent tous les plus beaux points de vue qui permettent d’apprécier la manière dont la nature a été façonnée pour devenir un élément culturel important de la ville. »

Le Parc national de Tijuca

Si la ville est si diverse dans ses paysages, c’est grâce à sa position géographique. Située dans la baie de Guanabara, elle est encerclée par les montagnes et les collines dont le plus haut sommet est le pic du Massif de Tijuca culminant à plus de 1021 mètres d’altitude. A cela se mêle la verdure omniprésente, qui se niche dans ces reliefs et se concentre notamment dans le Parc National de Tijuca où sont présents une faune et flore abondante, des sommets, des grottes et le fameux mont Corcovado où culmine le Christ Rédempteur.

La place de Copacabana, mondialement connue

Au milieu de ces reliefs et de cette verdure s’est développée la ville, dont l’architecture composée de grands bâtis tranche avec les couleurs et les formes du paysage naturel. La ville s’étend sur le littoral où l’on retrouve les fameux quartiers de Copacabana et Ipanema, dont les pavés noir et blanc des plages sont devenus de véritables éléments visuels qui ont inspiré les artistes du monde entier, et participent à faire rayonner culturellement la ville de Rio de Janeiro.

Les critères de séléction que respectent les paysages cariocas pour être intégrés au Patrimoine mondial

  • Le critère v (être un exemple de l’utilisation traditionnelle du territoire ou de la mer, qui soit représentatif d’une culture, ou de l’interaction humaine avec l’environnement): Le développement de la ville s’est fait entre la nature et la culture, non par un processus traditionnel mais par celui d’un mélange d’idées scientifiques, environnementales et paysagères.
  • Le critère vi (être directement ou matériellement associé à des événements ou des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle): Les paysages de la ville de Rio ont influencé de nombreux artistes du monde entier, et ont participé à faire rayonner la ville à échelle internationale, grâce à son impact culturel. La notoriété de la ville s’est fondée sur des éléments paysagers connus de tous comme le Pain de Sucre, le Christ Rédempteur, la plage de Copacabana et la baie de Guanabara, par où les portugais sont arrivés lors de la colonisation. Cette renommée contribue à faire de Rio l’une des villes les plus belles et les plus diverses au monde, et participe à sa réputation.

Les paysages cariocas sont protégés par des décrets instaurés par l’IPHAN. L’UNESCO explique que « L’Institut du patrimoine historique et artistique national (IPHAN) et ses prédécesseurs ont catalogué, depuis 1938, l’intégralité des sites et des structures individuelles définies pour la protection nationale. Ils comprennent aussi bien le parc national de Tijuca et les jardins botaniques que le manoir du Parque Lage, le parc du Flamengo, les collines Cara de Cão, Babilônia, Urca, Pain de Sucre, Dois Irmãos et Pedra da Gávea, le fort de São João, le fort de Santa Cruz et le paysage urbain des plages de Leme, Copacabana, Ipanema et Leblon. ». Cependant les paysages cariocas demeurent fragilisés au cours de ces dernières décennies par le bâti qui émerge constamment et s’étend sur les littoraux, ainsi que par la pollution des océans. Il faut donc respecter au mieux la ville et continuer de tout faire pour protéger ses richesses.

Pour en savoir plus:

  • Sur la notion de paysage: http://geoconfluences.ens-lyon.fr/glossaire/paysage
  • Sur les paysages cariocas: https://whc.unesco.org/fr/list/1100/

Article écrit par Marina Deynat

Cet article n’engage que son auteur.e

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[Actualités de l’UNESCO: La 18e édition de la Semaine du Son de l’Unesco]

“L’association La Semaine du Son a pour but d’amener chaque être humain à prendre conscience que le sonore est un élément d’équilibre personnel fondamental dans sa relation aux autres et au monde, dans ses dimensions environnementale et sociétale, médicale, économique, industrielle et culturelle.” La charte de La Semaine du Son.  

Il faudrait écouter pour mieux voir. Hier, lundi 18 janvier, l’UNESCO a lancé sa 18e édition de la Semaine du son. Ce sont dix-huit années durant lesquelles l’Organisation met en éveil notre ouïe mais pas seulement. Au travers de cet événement, l’UNESCO vise à nous sensibiliser à l’expression musicale, l’enregistrement et la production du son, la santé auditive, la relation image et son, et, enfin, à l’environnement sonore.

L’objectif est de notamment attirer notre regard sur les changements climatiques, par le biais du son. La prise de conscience de l’urgence climatique passe aussi par la préoccupation de ces bruits qui nous manquent. L’idée est de mettre l’accent sur ces sons de la nature que la crise écologique menace de faire taire, tels que les bruits de la biodiversité d’une forêt, le chant des oiseaux en ville, le vent qui traverse le feuillage de l’arbre, le bruit de la mer apaisée.  

Pour chacune de ses éditions, la Semaine du Son sollicite des personnalités emblématiques du son, de la qualité sonore ou musicale, désireuses aussi de porter ses messages et de les partager avec leur public. Cette année, les parrains et marraines sont la cantatrice Natalie Dessay qui est attachée à la nécessité de mettre la musique dans la quotidienneté de nos vies, et le célèbre trompettiste Ibrahim Maalouf qui parlera notamment de la dimension politique du son, évoquant notamment la dimension sonore des guerres. 

Jusqu’au dimanche 24 janvier, c’est donc le son qui est mis à l’honneur par l’UNESCO, et ce, dans sa plus grande diversité : il sera question de penser l’environnement sonore, l’expérience, l’influence du son sur notre comportement ou encore santé auditive. 

Cette 18e édition se déroulera entièrement en ligne. Pour plus d’informations : https://www.lasemaineduson.org/la-semaine-du-son-de-l-unesco-2021 

Article de Jonathan Katende

Cet article n’engage que son auteur

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[La protection des sites préhistoriques français par l’UNESCO]

Saviez-vous qu’autant de temps séparait Lascaux et nous que Chauvet et Lascaux ? Ces deux grottes emblématiques de l’art rupestre sont classées au patrimoine mondial de l’UNESCO.

La Grotte ornée du Pont-d’Arc, dite Grotte Chauvet-Pont-d’Arc est classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2014. Située en Ardèche, cette grotte est exceptionnelle car elle recèle les plus anciennes représentations picturales connues, correspondant à la période de l’aurignacien, entre 30 000 et 32 000 av JC selon la datation au C14 et surtout, pour leur état de conservation. Fermée par un éboulement il y a 20 000 ans, cette grotte resta scellée jusqu’à sa découverte en 1994.

Elle renferme plus de 1000 peintures pariétales d’une grande qualité esthétique, témoignant de la technique des hommes du paléolithique. Ils maîtrisaient l’estompe, la peinture combinée à la gravure, la précision anatomique ainsi que la représentation tridimensionnelle et du mouvement.

Si les figures humaines sont quasi peu existantes, les figures anthropomorphes et animalières dominent l’espace.  On retrouve aussi des mains rouges, positives et négatives ainsi que des ponctuations faites de la paume à l’oxyde de fer, formant des silhouettes animales. En particulier, les hommes ne représentaient pas forcément ce qu’ils chassaient : on trouve des représentations d’espèces animales difficiles à approcher tel que des mammouths, ours, lions des cavernes, rhinocéros, bisons, aurochs.

La grotte Chauvet est un témoignage exceptionnel de l’art rupestre préhistorique aussi bien pour la diversité des motifs représentés que des techniques employés, l’utilisation de couleurs et la précision anatomique.

Reproductions at the Museo del Mamut, Barcelona 2011

Le site bénéficie d’une haute protection nationale et d’une stratégie de conservation préventive, prévenant tout changement d’humidité ou de température pouvant endommager les dessins.

La grotte Chauvet contribue aussi à alimenter le débat sur la théorie d’un culte de l’ours. L’interprétation de l’art des cavernes évolue avec les découvertes, les nouvelles approches méthodologiques et le regard ethnographique, anthropologique ou encore par l’apport de l’histoire de l’art. Des typologies sont réalisées par les archéologues prenant en compte les couleurs employées, l’emplacement dans la grotte, les associations d’animaux particulières pour mieux comprendre le sens et la fonction de ces représentations. Diverses interprétations ont été faites au court du temps, de la théorie simpliste de l’art pour l’art au XIXe développant l’idée que si les hommes préhistoriques peignaient c’était seulement car ils n’avaient « que ça à faire »et cherchant à prouver la primitivité des hommes des cavernes en appuyant leurs maladresses, à l’observation d’une narrativité, des signes de représentation de la fécondité ou encore de la spiritualité : les grottes avaient-elles un sens magique, chamanique cosmogonique ou encore totémique ? les interprétations sont nombreuses et difficiles à prouver.

La grotte de Lascaux fut découverte en 1940 et marqua une date dans l’histoire de l’art préhistorique. Protégée par l’UNESCO avec 25 autres grottes ornées de la vallée de la Vézère, comportant plus de 150 gisements, Lascaux est connue pour ses grandes scènes de chasse aux compositions habiles regroupant une centaine de figures animales. Certaines peintures sont considérées comme des chefs-d’œuvre tel que La Vénus de Laussel. De nouvelles techniques sont observées tel que le soufflage, le tamponnage, l’utilisation de poils ou de fibres végétales comme pinceaux.

L’une des scènes les plus emblêmatiques de Lascaux est celle du Puits, on retrouve un homme à tête d’oiseau et au sexe dressé accompagné d’un objet peut-être un propulseur surmonté d’un oiseau et enfin, d’un rhinocéros s’éloignant. Contrairement à ce que l’on a longtemps pu penser, les animaux n’étaient de pas de simples figures individuelles juxtaposées mais bien des compositions pensées dans la relation des animaux les uns avec les autres.  

Article de Sana Tekaïa

Cet article n’engage que son auteur.e

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[Chronique scientifique (La tête en l’air): Les éclipses]

Dans le dernier épisode de [LA TÊTE EN L’AIR], nous expliquions l’origine des aurores polaires. Nous voilà maintenant trois semaines plus tard, et comme promis, nous allons nous intéresser aux éclipses !

En astronomie, le terme éclipse fait référence à l’occultation d’une source lumineuse provenant d’un astre lors de l’interposition d’un autre corps céleste. Trois types d’éclipses sont possibles en fonction de leurs positions l’un par rapport aux autres : les éclipses totales lorsque l’astre en question se fait « cacher » entièrement, les éclipses partielles lorsque celui-ci est « caché » seulement en partie, ainsi que les éclipses annulaires, un cas particulier de celles partielles dont la partie visible prend la forme d’un anneau. Depuis la Terre, les éclipses que nous pouvons observer sont celles lunaires et solaires. Ces dernières restent toutefois rares, nécessitant un certain nombre de conditions. 

Alors quelles sont ces conditions ? 

Comme leurs noms l’indiquent, une éclipse lunaire peut se produire quand la Terre glisse entre la Lune et le Soleil, alors qu’une éclipse solaire peut être observée lorsque la Lune se situe entre la Terre et le Soleil. Pour que la Lune ou le Soleil soit complètement caché, il faut que les centres de la Terre, du Soleil et de la Lune soient alignés. C’est cette exigence qui rend ce phénomène rare. En effet, le plan de l’orbite de la Terre autours du Soleil s’intitule écliptique, et ce dernier ne coïncide pas avec le plan elliptique de la Lune autour de la Terre (l’angle de la pente est d’environ 5°). Il y a ainsi seulement deux points sur la Trajectoire de la Lune qui traversent l’écliptique de la Terre : le noeud ascendant et le noeud descendent, et ce n’est qu’au côté de ces noeuds qu’un tel alignement des centres peut être possible. Toutefois, la ligne de ces deux noeuds ne s’aligne pas tout le temps avec le Soleil. Ainsi, les éclipses lunaires et solaires sont visibles lors de la même position de la Lune, à savoir la Pleine Lune pour une éclipse lunaire et la Nouvelle Lune pour une éclipse solaire. 

Maintenant, comment ces éclipses se produisent-elles concrètement ? 

Les éclipses de la Lune ne peuvent se produire que lorsque la distance entre la Lune et la Terre reste inférieure au diamètre de l’ombre de la Terre. Autrement dit, une telle éclipse a lieu en trois phases quand la Lune traverse l’ombre de la Terre sur la course de son orbite. Pendant la phase croissante, l’ombre s’apparait sur le côté Est de la Lune. La totalité s’en suit, avec la surface de la Lune de couleur rougeâtre dû à la déviation par l’atmosphère terrestre d’une partie de la lumière solaire. Par la suite, la Lune est progressivement éclairée à nouveau par le Soleil en sortant de l’ombre terrestre. Toutefois, la Lune ne rentre parfois pas entièrement dans le cône d’ombre, ce qui conduit à des éclipses partielles. (PS : comme la Lune s’éloigne de la Terre petit à petit et qu’il n’y aura plus d’éclipses totales dans quelques centaines de siècle.) 

Une éclipse solaire a quasiment la même durée – environ 3 heures. Elle est due à l’extrémité du cône d’ombre de la Lune qui atteint le globe terrestre. Ce cône forme une bande de totalité, dans laquelle les observateurs peuvent assister à des éclipses solaires totales. Le processus de ces dernières est plus compliqué que celui d’une éclipse de la Lune, avec 1h30 avant et après la totalité (c’est-à-dire le moment lorsque la Lune cache complètement le Soleil et que la couronne du Soleil autour du disque noir de la Lune se déploie). Toutefois, si la Lune et le Soleil ne sont pas alignés parfaitement, nous ne pouvons pas assister à la totalité, mais seulement à une éclipse partielle à la place. Cette dernière se reproduit plus souvent qu’une totale, et peut être observée dans un espace plus étendu puisque le cône du pénombre autour de celui d’ombre a un diamètre de 7000 km. Il existe encore un autre cas, où le cône d’ombre de la Lune n’arrive pas à atteindre la Terre. Lorsque cela arrive, nous pouvons assister à un anneau brillant du Soleil autour du disque de la Lune, et c’est ce que nous appelons une éclipse annulaire. Attention, n’oubliez pas de porter vos lunettes protectrices lors de l’observation et ne les enlevez pas une fois que la totalité n’est pas arrivée ou est déjà passée. 

Voilà nous arrivons à la fin de cet épisode et aussi à la fin de cette chronique. Nous espérons que nos articles vous ont plus, et que vous pourrez profiter pleinement des fêtes de fin d’année ! Le deuxième semestre réserve d’autres surprises que nous dévoilerons bientôt !

Cet article n’engage que son auteur. 

Texte rédigé par Qianwen Zhao

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