[Arrticle éducation de l’UNESCO: L’éducation à l’Holocauste : une nécessité historique, morale et avant tout humaine]

« La seule chose que nous disions entre nous : « Si un jour, par hasard, nous retrouvons notre pays, il faut que tout le monde sache ». Sachant d’ailleurs que les choses étaient telles qu’on les mettrait en doute, on ne nous croirait pas. Mais ça nous paraissait comme une obligation par rapport à ce que nous vivions, par rapport à tous ceux qui mourraient. » Simone Veil, Antenne 2, 6 mars 1979, https://www.ina.fr/video/I04342602.

Témoignant de la déshumanisation des déportés dans les camps d’extermination et dans les camps de concentration, Simone Veil, elle-même retenue au camp d’Auschwitz-Birkenau à l’âge de 16 ans, rappelle le devoir moral que constitue le devoir de mémoire. 

Seulement quelques jours après le 58ème anniversaire du traité de l’Élysée, signé par la République Française et la République fédérale d’Allemagne le 22 janvier 1963 et célébrant la réconciliation des deux pays et le début de leur étroite coopération, ainsi que la commémoration internationale des victimes de l’Holocauste le 27 janvier, la question de l’éducation à l’Holocauste est une question encore très sensible et très présente dans le monde. 

» Shoah

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L’éducation à l’Holocauste : une question encore sensible

La France d’après-guerre, portée par une vague de résistancialisme, ne souhaitait aucunement se confronter aux horreurs commises dans les camps. Le Général De Gaulle, considérant que le régime de Vichy n’était qu’une parenthèse de l’Histoire de France, a tenté d’incarner une France unifiée dans la Résistance. Du côté allemand, la « Stunde Null », traduit littéralement l’heure zéro et faisant référence à la fin de la Seconde Guerre mondiale le 8 mai 1945, souligne la profonde destruction de l’État allemand. L’Allemagne se réveille en ruines, à la suite d’une guerre d’une violence inhumaine. Son régime politique et l’ensemble de l’idéologie sur laquelle celui-ci reposait se sont écroulés. 

Besatzungszeit und deutsche Teilung – segu | Lernplattform ...

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Dès 1949, le Gouvernement de République Fédérale d’Allemagne démarre un processus de dénazification de la population et organise des visites des camps d’extermination afin que la population soit informée de la barbarie du régime nazi. Mais ce n’est véritablement que par les procès de Nuremberg ou encore l’agenouillement de Willy Brandt, alors Chancelier de la République Fédérale d’Allemagne, le 7 décembre 1970, qu’une partie de l’Allemagne que nous connaissons aujourd’hui a commencé à se confronter à son passé douloureux. 

Willy Brandt whatishappeningnow What is Happening Now?

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Encore aujourd’hui, évoquer l’Holocauste ou le régime nazi en Allemagne reste plutôt tabou. Il suffit de voir la réaction de la population allemande au livre « Er ist wieder da » de Timur Vermes, traduit littéralement par « Il est de retour » et racontant une fiction dans laquelle Adolf Hitler reviendrait dans l’Allemagne actuelle, pour comprendre le traumatisme profond qui demeure au sein du peuple allemand. De nombreux jeunes s’avouent même honteux, n’ayant pourtant aucunement contribué au régime national-socialiste. Les cours d’histoire en Allemagne cherchent justement à démontrer toute l’horreur qui a été commise et véhicule l’importance du devoir commémoratif dû à l’ensemble des victimes. C’est donc aujourd’hui encore un devoir qui s’impose mais qui reste une question toujours aussi sensible, dans un pays meurtri par l’inhumanité des crimes qui ont été commis. 

L’UNESCO : son engagement éducatif pour la mémoire de l’Holocauste

L’éducation s’avère être le point de départ d’un apprentissage de la paix, du respect des principes fondamentaux et de la dignité humaine. L’UNESCO contribue en ce sens au développement du respect mutuel, d’un meilleur vivre-ensemble dans le respect de l’Humanité. Chaque année, l’UNESCO commémore le 27 janvier la mémoire de l’ensemble des victimes de l’Holocauste. La barbarie nazie a profondément meurtri les pays dans lesquels les crimes ont pu être commis et a plus largement heurté l’Humanité dans son entièreté. 

L’ensemble des États membres des Nations-Unies se doit de maintenir la paix et de mettre en place des politiques de mémoire et d’hommages. Pour cela, ils s’engagent à développer à l’école l’enseignement de l’Holocauste. En 2013, l’UNESCO a publié une brochure intitulée « Pourquoi enseigner l’Holocauste », dans laquelle l’organisation explique l’importance de cet enseignement. Faire comprendre ce qui semble incompréhensible : il s’agit là d’un défi mondial que la communauté internationale dans son ensemble se doit de relever. Par cette brochure, il est aussi possible de comparer les représentations de l’Holocauste dans les manuels scolaires et les programmes éducatifs nationaux.   

L’Holocauste est tragiquement devenu la référence pour les crimes humanitaires de masse. Avec cette conscience accrue qu’il faut à tout prix éloigner l’Humanité d’une telle atrocité, l’UNESCO cherche encore aujourd’hui à constamment améliorer l’enseignement de la Shoah, ce que l’organisation appelle être « notre responsabilité ». Le 10 novembre 2020, l’UNESCO a par exemple organisé une discussion virtuelle sur la question des défis actuels en matière éducative concernant l’Holocauste (lien de la discussion virtuelle : https://www.youtube.com/watch?v=r1CbxzjboSM). Par cette conférence, les intervenants ont souligné l’importance d’un apprentissage encadré pour lutter contre les idées fausses. Ils ont également plaidé pour enseigner davantage dans les écoles et universités la responsabilité des civils qui ont participé à l’élaboration des crimes. C’est en effet la participation de la population civile, reposant sur l’idéologie national-socialiste, qui marque toute la spécificité de ce génocide. Ce n’est seulement un dirigeant ou de hauts-dignitaires qui ont procédé au massacre d’un peuple, c’est une idéologie dans son ensemble, et partagée par des millions d’individus, qui en était le précurseur. 

L’éducation à l’Holocauste : une question encore actuelle

L’UNESCO tente par son action de remédier à la désinformation croissante et à un déni devenant de plus en plus important. Expliquer l’horreur pour ne pas la revivre : telle est l’idée de l’éducation à l’Holocauste. Dans une société dans laquelle l’antisémitisme et la haine raciale ne cessent de montrer leur visage, la nécessité du devoir de mémoire que constitue l’enseignement de l’Holocauste semble d’autant plus fondamentale. C’est donc, à l’image de ce qu’exprime l’UNESCO en la matière, une responsabilité humaine que de commémorer les victimes de l’Holocauste et, par l’éducation, de préserver l’Humanité. 

Article de Marianne Condette

Cet article n’engage que son auteur

Sources : 

https://www.ina.fr/video/I04342602
https://fr.unesco.org/themes/education-holocauste-genocides
https://fr.unesco.org/news/lenseignement-lholocauste-est-il-crise-discussion-ligne-lunesco-lonu-traite-defis-opportunites
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[Les femmes qui lisent sont dangereuses, de Laure Adler et Stefan Bollmann]

📚 À l’occasion de la journée mondiale de l’éducation, ce 24 janvier, l’antenne UNESCO et l’antenne UNwomen s’associent pour une semaine thématique qui traite des enjeux liés à l’éducation des femmes. Pour bien commencer la semaine, nous vous proposons une revue littéraire, une sorte de mise en abîme du thème du jour : les femmes qui lisent sont dangereuses (2005), de Laure Adler et  Stefan Bollmann, aux éditions Flammarion. Soyez rassuré.es, il n’y a rien de dangereux à ce que vous êtes en train de faire, si ce n’est pour le patriarcat 💪 !

« Les femmes qui lisent sont dangereuses », du moins une chose est sûre, elles suscitent désir et fascination chez les artistes en Occident. De Vermeer, Renoir à Hooper, Stefan Bollmann et Laure Adler retracent l’histoire du trope occidental de « la liseuse ». Tantôt concentrée et plongée dans la lecture, tantôt lascive et abandonnée dans les replis d’une méridienne. 

Loin de représenter a priori un quelconque danger, ces femmes qui lisent au parfum de mystère, le sont bel et bien pour les hommes qui les regardent. Lire, c’est d’abord prendre du temps pour soi avant de consacrer ce dernier à la couture, aux enfants, au foyer. Au sein de la sphère domestique, la lecture féminine représente l’instant durant lequel ses femmes échappent à leur rôle d’épouse, de mère et d’ange du foyer. 

Laure Adler, historienne, journaliste et auteur s’associe à Stefan Bollmann, philologue, philosophe dans le commentaire de ces tableaux. Les deux auteurs explicitent au fil des pages le male gaze, qui est retranscrit dans cette iconographie particulière. La lecture est associée pour ce regard masculin à une féminité envoûtante, échappée et rêveuse qui met en danger l’homme, et l’ordre familial. Derrière ce regard fantasmé de la femme qui lit, se cache une réalité occidentale celle de l’éducation des femmes et des filles. L’omniprésence de ce thème suscite certaines questions sociologiques et historiques : les femmes lisent-elles davantage que les hommes ? 

Selon Yasmina Foehr-Janssens, professeure en Lettres et Études de genre à l’Université de Genève la socialisation primaire genrée expliquerait que les filles lisent plus que les garçons jusqu’à l’âge adulte, tel qu’elle explique dans un article de Femina (2016) : « On remarque une socialisation différenciée des garçons et des filles durant leur jeunesse. Les premiers sont encouragés à être actifs, à aller jouer en plein air. Tandis que les secondes sont plutôt orientées vers des activités tranquilles, qui favorisent l’introspection. Parmi lesquelles : la lecture. Et cette facilité de contact avec le livre engendre un plaisir accumulatif : plus on lit, plus on a envie de lire ».

La lecture bien qu’elle émancipe a priori les femmes en tant qu’elle participe à leur éducation et leur permet d’échapper à un quotidien domestique peut néanmoins contraindre ses femmes dans des rôles genrées particuliers. Au-delà du fantasme masculin posé sur ses femmes qui lisent, le sexisme s’impose autrement au sein de cette activité. D’un part, dans son éducation la jeune fille dispose dans ses choix de lectures de romans qui conditionnent son imaginaire. Entre amour courtois et anti-héroïne à la Emma Bovary, la littérature est imprégnée de normes de genre sexiste. D’autant que l’activité même de lecture, réflexive et tranquille place les jeunes femmes dans la sphère de la tranquillité domestique, loin des activités masculines actives. 

Antoine WIERTZ, La liseuse de romans (1853), Ixelles, Musée Wiertz

La lecture de ce beau livre d’art, de ses images comme de ses commentaires historiques ouvre ainsi la porte à de multiples réflexions sur l’éducation genrée, et les biais sexistes en peinture comme en littérature. Une iconographie séculaire qui interroge les regards contemporains portés sur ses femmes qui lisent, au-delà même sur ses femmes instruites, politiques et écrivaines qui dérangent encore. Quel paradoxe forme par exemple la liseuse de romans de Wiertz qui met en valeur la sensualité du corps d’une femme tout en désignant amèrement sa capacité à s’échapper par l’esprit de se regard perverti… 

↪ Retrouvez en Story SONU une sélection d’oeuvres de femmes qui lisent  🎨

↪N’hésitez pas à aller feuilleter : Les femmes qui lisent sont dangereuses 📖: 

↪ Mais aussi de la même auteure : 

  • Dangerous Women: The Perils of Muses and Femmes Fatales (2009) 
  •  Les femmes qui aiment sont dangereuses (2009)
  • Les femmes artistes sont dangereuses (2018)
  • Les femmes qui écrivent vivent dangereusement (2007)

Le Corps des femmes: Ce que les artistes ont voulu faire de nous (2020)

Article de : Mariette Boudgourd

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[Journée internationale des migrants : l’éducation des enfants migrants en France]

La question de l’éducation des enfants migrants en France est complexe. L’accès à la scolarisation est un droit incontestable en France, confirmé par la législation française et par la CIDE (Convention internationale des droits de l’enfant). La Constitution de la V° République y donne une force indéniable : la discrimination est interdite. L’éducation est une condition qui permet l’intégration de ces jeunes migrants dans la société.

Outil essentiel de protection de la dignité humaine inscrite à l’article 26 de la DUDH (Déclaration universelle des droits de l’homme), l’éducation est aujourd’hui menacée dans les pays d’origine des migrants et mais aussi dans leur pays d’arrivée, la France. La réalité du terrain serait tout autre : Oliver Peyroux, sociologue spécialiste des migrations et de la traite des êtres humains, cofondateur de l’association Trajectoires, rend bien compte de cette situation en expliquant que « dans les bidonvilles en France, on a un peu moins de 50% d’enfants scolarisés. ». Les États sont libres de répartir les ressources financières attribuées à l’éducation des migrants, mais toujours dans le respect des droits fondamentaux. Par exemple, la France peut restreindre la gratuité de l’accès à l’enseignement supérieur mais elle ne peut pas restreindre l’accès à l’éducation élémentaire ou de base. Des associations déplorent que l’Etat français ne respecterait pas toujours les obligations qui lui incombent du droit de l’éducation. Les jeunes migrants rencontrent des obstacles qui sont des freins à l’éducation comme la précarité, la fragilité de leur statut ou encore l’isolement (de nombreux mineurs non accompagnés ne bénéficient pas du droit à l’éducation, en attente de prise en charge ou de reconnaissance de leur minorité). Ils partagent également un sentiment d’exclusion. Par exemple, dans les camps d’accueil temporaires, notamment en Grèce ou en Turquie, la situation éducative des enfants est très instable et précaire dû au manque de ressources matérielles, humaines et financières. Calais a été la situation la plus dramatique en 2015. Le défenseur des droits a constaté l’absence totale de prise en charge éducative des jeunes migrants. Il y aurait donc une sorte de double peine pour les jeunes migrants : celle d’être un mineur et un migrant.

Pourtant, l’éducation est garantie par le droit international des droits de l’homme. Les enfants migrants en situation irrégulière ou sans papiers peuvent invoquer ce droit. L’Etat doit s’y conformer. Selon l’article 22 de la Convention de 1951, les états ont l’obligation d’accorder « aux réfugiés le même traitement qu’aux nationaux en ce qui concerne l’enseignement primaire et un traitement aussi favorable que possible, et en tout cas non moins favorable » en ce qui concerne l’accès aux études, l’attribution de bourses d’études, et, la reconnaissance de certificats d’études. 


La Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille pose des obligations encore plus fortes. Or, elle n’a pas de valeur coutumière puisqu’elle n’a pas été assez ratifiée par les Etats d’emploi.

Selon l’article 30, « tout enfant d’un travailleur migrant a le droit fondamental d’accès à l’éducation sur la base de l’égalité de traitement avec les ressortissants de l’État en cause. L’accès aux établissements préscolaires ou scolaires publics ne doit pas être refusé ou limité en raison de la situation irrégulière quant au séjour ou à l’emploi de l’un ou l’autre de ses parents ou quant à l’irrégularité du séjour de l’enfant dans l’État d’emploi ». Cet article est intéressant puisqu’il opposerait une obligation pour la France d’assurer un accès à l’éducation pour les enfants de travailleurs migrants, au même titre que les enfants ayant la nationalité française, sans regarder la situation des parents. Le droit de l’Union européenne reprend cette disposition en affirmant que les mineurs demandant l’asile et les réfugiés ont accès à l’éducation aux mêmes conditions que les ressortissants des Etats membres de l’Union européenne (Convention européenne des droits de l’homme de 1950).

Toutes les obligations étatiques ne portent donc pas systématiquement sur des effets attendus. Les autorités nationales doivent établir des politiques d’éducation qui soient culturellement adaptées afin de permettre aux jeunes migrants d’être intégrés et d’avoir accès au marché du travail. Les élèves issus de l’immigration rencontrent des difficultés d’adaptation au nouvel environnement d’apprentissage. Il est donc impératif que l’éducation commence par l’enseignement de la langue. La Commission européenne aide les Etats membres de l’UE à intégrer les migrants dans leurs systèmes d’éducation et de formation. Le plan d’action de la Commission pour l’intégration des ressortissants de pays tiers s’est fixé trois priorités : intégrer les migrants nouvellement arrivés dans les structures de l’enseignement général ; prévenir l’échec scolaire des migrants ; prévenir l’exclusion sociale et favoriser le dialogue inter culturel.

Voici quelques citations intéressantes :

• « un enfant ne va pas voir un étranger dans l’autre, notamment dès qu’il va pouvoir jouer » Gwenaëlle Boulet, rédactrice en chef du magazine Astrapi et auteure.

• « on a toujours une dette morale quand on migre, jeune ou moins jeune, c’est de réussir » Olivier Peyroux, sociologue spécialiste des migrations et de la traite des êtres humains, cofondateur de l’association Trajectoires.

Article de : Anaïs Mangin

Cet article n’engage que son auteure.

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[Article sur l’éducation: Nudo : La parole donnée aux étudiants, professeurs et lecteurs péruviens [2/2]]

    En Amérique Latine, les innovations éducatives visent à pallier les difficultés révélées – et aggravées – auxquelles tous les acteurs de l’éducation doivent faire face. Au Brésil, un professeur apporte les devoirs à ses élèves en moto ; au Mexique, la gérante d’un restaurant a créé une salle équipée et connectée à internet à l’arrière de sa camionnette… nombre d’actions solidaires ont vu le jour ces derniers mois. 

    Le 7 novembre dernier, nous avons pu rencontrer trois des créatrices du programme Nudo, ainsi que quatre élèves ayant publié sur la plateforme. Notre entretien de deux heures nous a permis d’aborder les nombreuses problématiques actuelles, et les solutions proposées par les professeurs et les élèves.

Source : page Facebook Nudo.pe

Les étudiants au cœur du processus éducatif

    Nudo, c’est un programme qui permet aux élèves péruviens de partager leurs recherches sous forme d’articles, de podcasts, de vidéos… visant à maintenir leur motivation. Les élèves travaillent sur les thèmes de l’amitié, de la solidarité, de leur communauté… à travers un traitement novateur. Dans ce sens, Vanessa Garavito et son étudiante Josely Choquehuanca ont publié la lecture du conte « La Cendrillon qui ne voulait pas manger de perdrix », remettant au goût du jour un conte traditionnel pour réfléchir sur les stéréotypes de genre. Les élèves de Vanessa ont aussi créé un « Parcours littéraire », pour que chacun puisse partager une histoire propre à sa communauté. 

Favoriser l’accès à la lecture est l’une des missions que Nudo remplit. L’interface permet aux professeurs de mettre à disposition des écrits accessibles à tous, via le programme Nudo Lectores et sa section « Leemos juntos » (lisons ensemble). Ce programme se veut révolutionnaire : il permet aux professeurs de diffuser des podcasts éducatifs respectant le programme scolaire déterminé par le ministère de l’éducation. Il existe également un agenda littéraire, le « Plan Lector », où les élèves comme les professeurs partagent leurs réflexions sur leurs lectures. 
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Source : capture d’écran du Zoom, le 7 novembre 2020

Tisser des liens entre élèves, professeurs, lecteurs sur la scène nationale

Comme nous le rappelle Eliany Vargas, le système éducatif péruvien présente des difficultés, même en temps normal. Au sein des écoles situées en zone urbaine, les étudiants n’ayant pas accès à Internet sont nombreux, et les appareils promis par le ministère n’arrivent pas à temps. Pourtant, une brèche plus profonde se creuse pour ce qui est des écoles situées en zones rurales. Les enjeux y sont autres : les élèves ne peuvent se connecter que le soir à partir de dix-neuf heures, car ils aident leurs familles à réaliser les travaux domestiques et agricoles au cours de la journée. Maintenir le contact avec leurs étudiants et leurs parents pour éviter le décrochage scolaire demeure le principal défi des professeurs. 

Si Eliany continuait à recevoir les travaux de ses étudiantes, elle a vite eu la volonté de les partager. Lire les textes de camarades situés dans d’autres régions, appartenant à d’autres communautés, et vivant différemment, permet aux élèves de vivre une expérience sensible nouvelle. Esly Trelles racontait en effet qu’elle aime lire des écrits d’autres régions, car elle y est transportée, et cela l’aide pour ses propres productions. Katherine Dominguez partageait qu’elle avait notamment découvert les pratiques des communautés vivant dans la forêt faisant partie de l’Amazonie. Nudo est en fait un cultivateur de voyages, mais aussi de rêves. Esther Torres a aimé se rendre compte que les lecteurs appréciaient ses histoires, et a pu concrétiser son projet de devenir une écrivaine, prévoyant la publication, prochaine nous l’espérons, d’un livre d’histoires.

Une initiative bien reçue par le grand public

Si Eliany Vargas a été la première à lancer son application, ses collègues Vanessa Garavito et Anabella Colan ont suivi, et le programme est devenu célèbre dans leurs villes. Les parents ont été les premiers à reconnaître le caractère stimulant du programme, et nombreux sont ceux qui se sont investis dans l’éducation de leurs enfants alors qu’ils en étaient plus loin auparavant. Les médias ont ensuite relayé l’application, qui a été portée aux responsables éducatifs aux niveaux local, régional, puis national. Pourtant, si le ministère de l’éducation a reconnu le programme et en a félicité ses créateurs, il n’a réalisé aucune action concrète. Il semble que le programme puisse en fait transcender les intérêts politiques pesant sur l’éducation, car il engendre des alliances qui laissent entrevoir des changements dans les années à venir. 

Le programme a en effet gagné une visibilité, puisque qu’Anabella Colan nous disait que des personnes de l’ONU veulent aujourd’hui entretenir un dialogue avec l’équipe Nudo. La volonté de cette dernière est de diversifier les formes de projets : les élèves veulent pouvoir proposer des vidéos, des affiches, des poèmes, et les professeurs veulent développer une radio scolaire à grande échelle. Dans les années à venir, le programme pourrait être partagé à un nombre élargi de pays hispanophones. L’innovation digitale dans l’éducation a encore bien des merveilles à nous partager.

Ecrit par Emma Letard-Kerbart

Cet article n’engage que son auteur.

Ecouter l’histoire de la « Cenicienta la cenicienta que no quería comer perdices » sur Facebook : https://m.facebook.com/watch/?v=366082427781650&_rdr

Ecouter la série “Te lo cuento desde casa” : https://anchor.fm/te-lo-cuento-desde-casa/episodes/Episodio-2–Cuento-1–Lola-Cuento-2—Las-princesas-incas-contra-el-Covid-19-elf7gh 

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[Actualités de l’éducation: L’éducation en temps de pandémie : le Pérou, scène des innovations éducatives en Amérique Latine]

            En mai dernier, Covid19 oblige, des millions d’élèves de tous niveaux confondus ont vu leurs cours en présentiel annulés, parfois laissés sans alternatives.  Pourtant, l’éducation apparaît primordiale pour assurer un lien social, permettant de maintenir l’inclusion par la coopération.

            Au Pérou, le gouvernement comme les professeurs ont mis en place des programmes pour assurer une continuité pédagogique en accord avec une situation nationale contrastée. En temps normal, l’éducation au Pérou n’est pas uniforme, la crise sanitaire semble avoir accéléré toutes les réflexions pour un système éducatif plus inclusif.  

source: Pixabay

Inégalités territoriales, inégalités digitales 

Cette crise sanitaire a créé de nombreuses brèches touchant les étudiants, leurs parents, et leurs professeurs. L’interruption de l’apprentissage et le décrochage scolaire, le difficile accès à l’alimentation, les coûts élevés que la garde d’enfants entraîne, et l’incidence de l’enseignement à distance par les parents sur les systèmes professionnels dont celui de santé sont autant de conséquences néfastes qui fragilisent un système éducatif en cours d’harmonisation.  

En Amérique latine, ce sont plus de 160 000 000 d’étudiants qui sont touchés par les mesures de suspension des classes en présentiel. 29 pays ont mis en place des instruments permettant l’apprentissage à distance, mais quatre seulement ont mis en place des cours en ligne. Une enquête de l’OCDE a montré qu’au Pérou, 57% des élèves âgés de 15 ans ont accès à internet, et seulement 28% à des logiciels éducatifs.

Des mesures gouvernementales existantes… et inadaptées ?

En avril dernier, le gouvernement a mis en place le programme « Aprendo en casa », J’apprends à la maison, proposant une alternative viable pour les étudiants, et visant à réduire les inégalités dans l’apprentissage. Cette stratégie « virtuelle » permet aux étudiants, et surtout ceux de zones rurales et éloignées, d’accéder à leurs cours. L’enseignement à distance est assuré grâce à une variété de formats et de plateformes : des émissions télévisées, des vidéos et des podcasts sont postés tous les mois sur la chaîne YouTube du ministère de l’éducation. Le programme vise à soutenir des communautés éducatives et à proposer des soins pour la santé et le bien-être des étudiants

Pourtant, les critiques de ce programme sont nombreuses. D’abord, aucune des émissions n’est donnée en direct, l’interaction est inexistante et les professeurs ne peuvent l’assurer que grâce à des cours virtuels dispensés sur WhatsApp. Par ailleurs, les étudiants n’ont souvent pas le matériel pour se connecter et suivre ce programme. Si le Pérou fait partie des huit pays d’Amérique latine à avoir opté pour la livraison de dispositifs technologiques, le million de tablettes commandées n’est finalement pas arrivé à temps, et n’a touché que très peu d’étudiants. 

De plus, si le ministère de l’éducation (Minedu) a voulu offrir un accès gratuit à internet à 20 000 étudiants, nombreux sont ceux qui en demeurent privés. C’est là que réside le problème de la brèche digitale : à quoi servent des tablettes si l’accès à internet n’est pas assuré ? Il faudrait maintenant que chaque étudiant ait accès à ce service de base, puisque même en milieu urbain, il n’existe parfois qu’un étudiant par classe à pouvoir suivre les cours virtuels. Le ministère de l’éducation a redoublé d’efforts, mais la situation initiale demande des mesures plus adaptées.

Source : site du gouvernement péruvien, page du ministère de l’éducation. https://www.gob.pe/institucion/minedu/campa%C3%B1as/914-aprendo-en-casa

Les propositions des professeurs : Nudo, vecteur de dialogues pour étudiants et professeurs

Depuis mars dernier, les professeurs innovent pour assurer une continuité pédagogique aux étudiants confinés dans des situations inégalitaires. Nombre d’entre eux doivent apprendre en cours de route comment utiliser les plateformes virtuelles. L’objectif des professeurs s’est vite placé à un autre niveau : celui de permettre aux étudiants d’échanger entre eux, à un niveau national. Primordial pour l’inclusion des étudiants, les échanges de leurs productions leurs permettent en effet de nourrir leur motivation, leur intérêt et leur sensibilité.

Si elle n’est pas la première application éducative, Nudo propose de nouvelles méthodes afin de développer le lien entre les étudiants péruviens et assurer la reconnaissance de leurs productions. Si l’application fait toujours face aux disparités dans l’accès à internet, elle réussit à créer ce dialogue qui n’était pas proposé par le gouvernement. Le cœur du projet est l’initiative étudiante, chaque élève qui crée une production (conte, poésie, légende…) sur des thèmes comme la solidarité ou l’amitié, pour ensuite la poster en texte ou en podcast. Les élèves sont incités à faire leurs recherches, sont aidés par leurs professeurs, et peuvent avoir les retours de leurs camarades. Reconnue par le gouvernement, par les professeurs, par les élèves comme les parents, l’extension à d’autres organisations et pays est un futur possible pour l’application.

Pour en savoir plus sur Nudo, rendez-vous bientôt pour entendre le témoignage de ses créatrices et d’élèves utilisatrices !

source: Icône de l’application, google play. 

Article écrit par Emma Letard-Kerbart. Cet article n’engage que son auteur.

Sources :

– Conséquences de la fermeture des écoles, site de l’UNESCO : https://fr.unesco.org/covid19/educationresponse/consequences

– Rapport de la Comisión Económica para América Latina y el Caribe (CEPAL), https://repositorio.cepal.org/bitstream/handle/11362/45904/S2000510_es.pdf?sequence=1&isAllowed=y

– Page du ministère de l’éducation, site du Gouvernement péruvien : https://www.gob.pe/minedu

– Page Facebook de Nudo : https://www.facebook.com/Nudope-110168737345179/

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[16 novembre 2020 : 25ème journée internationale de la tolérance]

Aujourd’hui, nous célébrons la journée de la Tolérance. Son histoire remonte à 1995 lors du cinquantième anniversaire de l’Acte constitutif de l’UNESCO, adopté ce même jour en 1945. Voilà donc un quart de siècle qu’a été rédigée La Déclaration de principes sur la tolérance qui affirme la ligne directrice des missions menées par les États membres des Nations unies.

S’en est suivi la création du Prix UNESCO-Madanjeet Singh 2020 visant à faire reconnaître les fruits de la tolérance et de la non-violence. Il est décerné cette année au Centre de Résolution de Conflit pour son action en République démocratique du Congo.

Protéger l’enfance, un combat pour l’avenir

C’est au nord-est de la RDC où les conflits armés sont endémiques que depuis 10 ans, le CRC vient au secours d’enfants soldats et les aide à réapprendre une existence digne de leur jeunesse, en termes d’éducation, d’attachement culturel et d’accès à  la formation. La plupart de ces jeunes soldats ont entre 7 et 16 ans et se sont enrôlés volontairement à force de précarité ou bien ont été kidnappés parfois directement dans leurs écoles. En orchestrant une médiation sur le long terme, avec l’aide d’agences de protection de l’enfance, la mission des Nations Unies au Congo, et en facilitant le dialogue entre les dirigeants de ces groupes armés, près d’un millier d’enfants ont quitté les armes et ont bénéficié d’un accompagnement quant aux séquelles que créent ces expériences à ce stade essentiel de la vie.

L’éducation, ou comment donner toutes les possibilités

Outre cette protection du vol de l’enfance, cette organisation participe activement au rétablissement de l’entente entre les communautés congolaises en créant un cercle vertueux de communication. L’intolérance a ici donné lieu à des persécutions violentes,  alors les membres du CRC ont pour objectif d’éviter ces conflits en créant une communication fondée sur la compréhension mutuelle.

En acte, cela signifie que des formations ont été dispensées dans des coopératives agricoles pour permettre localement de meilleures capacités d’exploitation en matière d’innovation agraire et de gestion financière des exploitations, dans un climat le plus pacifique possible.

A travers ce rassemblement éducatif au travail ayant pour but d’améliorer la coexistence des communautés, ce sont plusieurs générations locales qui voient éclorent les fruits de la patience et de la détermination du Centre Résolution Conflits. L’impact socio-culturel de cette initiative est encouragé par l’Unesco et le prix décerné aujourd’hui hisse ses acteurs au titre d’exemples à suivre dans le processus de création d’une paix durable.

La médiation comme principe actif

Le nerf de la guerre civile entre les communautés résulte de la difficulté à “faire société”. La tolérance inhérente à ces initiatives constructrices applique raisonnablement les préceptes d’une médiation, d’un dialogue pacifique, qui manquent cruellement en République Démocratique du Congo. Le CRC assume alors différentes fonctions: celle de recréer ce lien social, puis de prévenir les conflits et de les résoudre en se plaçant en tant que tiers dans les discussions.

Ces dix dernières années de travail sur place avec l’aide de l’UNICEF a permis de contrer de lourdes craintes de stigmatisation entres les communautés. C’est précisément dans l’instauration systématique de ces dialogues interethniques que le CRC se porte garant de la responsabilité et de la liberté des personnes aidées. Une fois les enfants instruits, et les tribus réconciliées par la formation aux dynamiques de production, les paroles se rencontrent et s’expriment au-delà de hiérarchies insidieuses.

En 2019, la carte interactive du site Peace Insight résumait en cinq points les projets menés à bien par le CRC:

  • Médiation entre les milices et les forces des Nations Unies pour obtenir la libération en toute sécurité de 5 000 villageois pris en otage;
  • Négociation avec la milice Maï-Maï pour obtenir la libération des enfants qu’ils avaient enlevés pour les utiliser comme enfants soldats;
  • Intervention dans le camp de réfugiés d’Eringeti, qui abrite 30 000 personnes ethniquement diverses, où de violents combats avaient éclaté;
  • Mettre en place un comité de paix impliquant les anciens de chaque clan, l’ONU, les politiciens locaux, les services de sécurité et les groupes religieux; et
  • Former différentes tribus à éviter et résoudre les conflits.

Article de : Albane Levesque

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[L’importance de la langue maternelle dans la continuité de l’éducation et le partage de connaissance]

“Les langues  maternelles sont des alliées précieuses dans l’objectif d’atteindre une  éducation de qualité pour tous” – Audrey Azoulay

Dans de nombreux pays, l’une des difficultés auxquelles doit faire face le système éducatif est la qualité de l’enseignement. Ce problème est dû en partie à la langue choisie pour enseigner. En effet, dans ces pays, la grande majorité de la population apprend dans une langue différente de leur langue maternelle. 

Pourtant, c’est cette langue maternelle qui leur permet, dès leur plus tendre enfance, d’établir une connexion avec leur famille, leur culture et leur communauté. C’est la langue qu’ils utilisent pour transmettre à travers des contes, des adages et des proverbes le savoir et l’enseignement des “anciens”. Puis ils grandissent et vont à l’école où ils vont devoir apprendre dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas. De ce fait, selon une étude menée en 2014, lorsque la langue utilisée à l’école n’est pas la première langue parlée par les enfants, le risque de déscolarisation ou d’échec dans les petites classes est plus élevé. 

Le danger de l’apprentissage dans une langue autre que la langue maternelle.

Très souvent dans ces pays, parler une langue différente de la langue maternelle est considéré comme un exploit ou une preuve de réussite sociale. La langue maternelle est donc considérée comme inférieure ou pour le “bas peuple”. Dès lors, les enfants ressentent la pression de devoir absolument maîtriser la langue étrangère. Plutôt que de s’épanouir à l’école, ils sont dans l’obligation de devoir apprendre dans une langue qu’ils ne maîtrisent pas. Certains sont donc confrontés à l’échec dès leur plus jeune âge parce que l’école ne parle pas leur langue, ou parce qu’ils ne réussissent pas à exécuter correctement les exercices. 

L’apprentissage et l’enseignement dans la langue maternelle pour une éducation de qualité.

Selon l’UNESCO, dans la plupart des pays, la grande majorité des élèves suivent un enseignement dans une langue autre que leur langue maternelle, ce qui compromet leur processus d’apprentissage. Il est opportun de rappeler que la majorité de ces élèves ne s’épanouit pas en cours et le risque de décrochage est donc logiquement plus élevé.  Un professeur haïtien a d’ailleurs affirmé à juste titre que “s’ils ne comprennent pas la langue, ils ne comprendront pas le cours. Et s’ils ne comprennent pas le cours ils ne pourront pas réussir. Donc si nous voulons que nos enfants réussissent, il faut revoir le système éducatif”. Ces mots font échos à ceux de madame Azoulay qui disait que si nous voulons atteindre une éducation de “qualité” pour “tous”, les langues maternelles sont des alliées précieuses.

L’importance de la langue maternelle dans le partage de connaissance.

La notion de partage de connaissance dont il est question ici n’est pas forcément scientifique ou littéraire. Nous abordons ici le partage de connaissance culturelle. Selon l’UNESCO, “la langue maternelle est très souvent utilisée dans la pratique et la transmission du patrimoine culturel immatériel. L’oralité d’une langue maternelle est cruciale dans la promulgation et la passation de tous les patrimoines vivants, par exemple à travers les traditions et expressions, les chansons et la plupart des rituels.” 

Il y a encore quelques années, en Haïti, les enfants avaient l’habitude de se réunir autour des “anciens”, des grands-parents, qui racontaient des histoires ou des contes. Lors de ces rassemblements, il y avait une transmission de savoir et un partage de connaissance culturelle. Il est donc nécessaire qu’il y ait une continuité dans le partage de connaissance scientifique et littéraire. Les enfants ne doivent pas être confrontés à ce “mur linguistique” entre l’apprentissage de leur culture et l’apprentissage scientifique. 

L’apport de L’UNESCO

L’une des missions principales de l’UNESCO est de promouvoir l’accès à une éducation de qualité pour tous. Pour cela, l’UNESCO développe des outils éducatifs pour aider chaque individu à vivre en tant que citoyen du monde et pour que chaque enfant et chaque adulte ait accès à une éducation de qualité. L’UNESCO a aussi instauré “la Journée Internationale de la Langue Maternelle” célébrée tous les ans le 21 février. À l’occasion de chaque Journée, l’UNESCO réaffirme son engagement en faveur de la diversité linguistique et invite ses États membres à célébrer la journée dans autant de langues que possible afin de rappeler que la diversité linguistique et le multilinguisme sont essentiels pour le développement durable.

La langue maternelle est donc un outil indispensable pour une éducation et un enseignement de qualité. Et comme l’a si bien dit Nelson Mandela : “ Si vous parlez à quelqu’un dans une langue qu’il comprend, vous parlez à sa tête; si vous lui parlez dans sa propre langue, vous parlez à son cœur ».

Article de Jean-Pierre Aderson

Cet article n’engage que son auteur

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[L’UNESCO, acteur central en éducation: cap sur 2030]

«L’éducation est l’une des armes les plus puissantes pour changer le monde» nous disait Nelson Mandela, et cela, l’UNESCO l’a bien intégrée en faisant de l’éducation l’une de ses priorités. 

Depuis 2015, l’UNESCO s’efforce de repenser l’éducation en fonction des cibles établies la même année à la conférence des parties (COP21): les Objectifs de Développement Durable (ODD). l’UNESCO est chargée, par les Nations Unies et dans le cadre de ce programme, de coordonner l’agenda sectoriel Education 2030.


Source photo : rcepnesco.ae

Le programme ODD se divise en 17 objectifs à atteindre d’ici 2030, dont le quatrième porte sur l’accès à une éducation de qualité pour tous. Le nouvel objectif mondial de l’UNESCO pour l’éducation comporte un ensemble de cibles ambitieuses. Parmi celles-ci, il y a la promesse de « faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent, sur un pied d’égalité, un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire gratuit et de qualité, qui débouche sur un apprentissage véritablement utile» et de faire en sorte que tous les jeunes et une proportion considérable d’adultes, hommes et femmes, sachent lire, écrire et compter à l’horizon 2030 (Nations Unies, 2015). 

Dans l’optique d’atteindre ses objectifs en matière d’éducation d’ici à 2030, l’UNESCO met tout en œuvre pour faire en sorte que toutes les filles et tous les garçons suivent un cycle complet d’enseignement primaire et secondaire, de manière égalitaire. En effet, la majorité de ces enfants exclus de l’école sont des filles. D’ici 2030, l’ambition est de pouvoir scolariser 619 millions d’enfants de 3 à 18 ans, soit 57 % de plus qu’aujourd’hui (1). C’est en étroite collaboration avec l’UNICEF que l’UNESCO ose imaginer un monde dans lequel chaque enfant, sans distinction de sexe, ni d’origine ethnique ou de contexte social, aurait accès à une éducation de qualité. Son action a pour objectif que garçons et filles aient les mêmes chances d’accéder à l’emploi, aux postes de direction et à la prise de décisions à tous les niveaux. Et dix années avant l’échéance du programme, l’accès à une éducation de qualité s’est nettement amélioré, puisque fin 2019, 89 % des filles achèvent l’enseignement primaire, et 77 % le premier cycle de l’enseignement secondaire, à l’échelle mondiale (2).

L’analphabétisme est un autre problème que l’UNESCO souhaite régler. Pour cause, on comptait en 2019 près à 750 millions de personnes dans le monde qui ne savent ni lire ni écrire au niveau le plus élémentaire (dont les deux tiers sont des femmes) et il est probable que les conséquences de la pandémie de Covid-19 accroissent ces chiffres. D’ici à 2030, l’objectif de l’UNESCO est de faire en sorte que tous les jeunes et une proportion considérable d’adultes, hommes et femmes, sachent lire, écrire et compter. Pour endiguer ce fléau, l’Organisation a pensé une stratégie visant à promouvoir l’alphabétisation de quatre manières : 

1. En soutenant les États Membres dans l’élaboration de politiques et de stratégies nationales en matière d’alphabétisation 

2. En répondant aux besoins d’apprentissage des groupes défavorisés, en particulier des femmes et des filles 

3. En utilisant des technologies numériques pour élargir l’accès et améliorer les résultats d’apprentissage 

4. En suivant les progrès et évaluation des compétences et des programmes d’alphabétisation (3).

L’égalité dans l’accès à l’éducation ainsi que l’alphabétisation ne sont que deux des différents champs d’action pour lesquels œuvre l’UNESCO. Dans le sillage de cette nouvelle vision pour l’éducation, d’autres défis sont relevés par l’Organisation tels qu’accroître le nombre d’enseignants qualifiés, assurer l’égalité d’accès des personnes vulnérables, y compris les personnes handicapées, les autochtones et les enfants en situation vulnérable, à tous les niveaux d’enseignement et de formation professionnelle, ou encore construire des établissements scolaires qui soient adaptés aux enfants, aux personnes handicapées et aux deux sexes.

Un examen à mi-parcours sera réalisé en 2022 afin de rendre compte des différentes actions mises en place par l’Unesco, et de les ajuster de sorte à atteindre les objectifs du programme Education 2030.

Pour en savoir plus : https://www.un.org/sustainabledevelopment/fr/education/

Article écrit par Jonathan Katende

1. https://www.unicef.fr/dossier/education-et-egalite-des-chances

2. https://www.worldbank.org/en/topic/education/publication/missed-opportunities-the-high-cost-of-not-educating-girls

3. https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000371411_fre

https://sustainabledevelopment.un.org/post2015/transformingourworld

https://www.un.org/ga/search/view_doc.asp?symbol=A/70/L.1&referer=/english/&Lang=F

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[Actualités de l’Unesco: La Première journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire]

L’UNESCO et le ministère français de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports s’apprêtent à célébrer en ligne la première Journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire, y compris le cyber-harcèlement, ce jeudi 5 novembre 2020.

Ils donneront à l’occasion une Conférence internationale en ligne sur la lutte contre le harcèlement scolaire de 13 à 15h. Cette conférence fait suite à la « réunion ministérielle éducation G7 » qui s’est déroulée en 2019. Les Ministres et Hauts-Représentants en charge des questions d’éducation s’étaient réunis à Sèvres pour faire de la lutte contre le harcèlement sous toutes ses formes une cause commune. Leur objectif était de garantir que les écoles soient des lieux d’accueil où tous les élèves se sentent bienvenus et en sécurité. Lors de ce premier rassemblement, les membres du G7 ont reconnu les efforts français pour accroître la sensibilisation à la question de la lutte contre le harcèlement à l’école. C’est ainsi que la conférence internationale de ce 5 novembre a été planifiée, avec la France et l’UNESCO comme acteurs principaux.

Le harcèlement scolaire est présent dans tous les pays et affecte de nombreux enfants et jeunes. C’est un véritable fléau : selon les estimations de l’Unesco, jusqu’à 30 % des élèves dans le monde ont été victimes d’une forme harcèlement (1). Les causes de harcèlement les plus fréquemment citées par les élèves sont liées à l’apparence physique, aux origines, à la nationalité ou à la couleur de peau. Les conséquences du harcèlement scolaire sont dévastatrices. Les enfants qui en sont souvent victimes sont en effet presque trois fois plus susceptibles de se sentir marginalisés à l’école et deux fois plus susceptibles de manquer l’école, toujours d’après le rapport de l’UNESCO de 2019. Ils ont des résultats scolaires inférieurs et sont également plus susceptibles d’abandonner l’école.

En 2019, l’UNESCO signifiait déjà un recul notable des situations de harcèlement scolaire, du nombre de bagarres ou d’agressions physiques par rapport aux années précédentes. Cette amélioration s’explique par l’engagement de nombreux États contre les violences physiques et verbales en milieu scolaire. Un certain nombre de mesures se sont révélées efficaces pour réduire la violence et le harcèlement à l’école : mettre en place des systèmes efficaces de signalement et de suivi du harcèlement, des programmes de formation aux enseignants, un soutien pour les élèves concernés, la responsabilisation et la participation des élèves à cet engagement. En France, la proposition de loi nº 1899 prévoit en 2019 « d’intégrer la notion de harcèlement scolaire dans le code de l’Éducation pour mieux la combattre » (2)

La conférence du 5 novembre 2020 s’inscrit donc dans la continuité de cette élan contre le harcèlement scolaire. Elle réunira des ministres, des experts et des représentants de la communauté éducative, ainsi que des témoignages, et sera accessible via YouTube. La question du cyber harcèlement et de ses frontières sera au cœur des interventions, notamment à l’heure de la crise sanitaire qui oblige de nombreux élèves à être très présents sur les réseaux pour suivre certains cours. Le développement du cyber harcèlement pourrait-il être une autre des tristes conséquences de la crise de la COVID-19 ?

(1) rapport Behind the numbers: Au-delà des chiffres: en finir avec la violence et le harcèlement à l’école, 2019

(2) proposition de loi nº 1899 visant à renforcer la lutte contre le harcèlement scolaire

Article de Charlotte Morel

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ENGARESERO MUSEUM, Tanzanie

Engaresero Museum – Lake Natron – Presentation part. 1

Au début de l’année, l’antenne UNESCO a été contactée par Albane Gaudissart (fondatrice de l’ONG Tatu Project). Elle nous a alors présenté un très beau projet de musée, engagé par la communauté maasai du village Engaresero, au nord de la Tanzanie, qui nécessite cependant d’être mis en avant afin d’obtenir des aides et des soutiens pour rénover le musée. 

Nous étions très intéressé.es par le projet et nos membres ont donc pu poser des questions aux personnes en charge du musée. Ils nous ont répondu par écrit, et en vidéo. 

Cet article a donc pour objectif de présenter le musée, son fonctionnement et les besoins nécessités pour le restaurer. Vous y trouverez également une vidéo explicative. 

N’hésitez pas à poser vos questions, ainsi qu’à consulter leur site internet et à entrer en contact avec eux si vous pensez pouvoir être d’une aide quelconque. 

En 2012 a été créée la CBO (Community based organization) Engaresero Eramatare community Development Initiative, dont l’objectif était de gérer les ressources culturelles et naturelles pour le développement durable de la communauté vivant sur le territoire maasai de Engaresero, au Nord-Est de la Tanzanie, près du Lac Natron. 

L’organisation a pour objectif de gérer et de coordonner le tourisme et les activités pour les communautés locales et de leur en redistribuer les bénéfices via des projets de développement et en supportant des projets variés, notamment éducatifs, au sein du village. L’organisation a ainsi pour mission de promouvoir et de protéger les intérêts et le mode de vie de la communauté à travers une gestion durable des ressources naturelles et culturelles, en accord avec l’héritage pastoral. 

L’organisation est gérée par les communautés locales et l’entièreté des revenus reste parmi elle. Ceux-ci sont utilisés pour aider directement la communauté ou pour payer des indemnités aux guides locaux afin de les aider, ainsi que leur famille. Les revenus servent également à soutenir des projets de développement pour la santé, la gestion de l’eau, et surtout pour améliorer l’accès à l’éducation des jeunes (l’argent a notamment servi à employer deux professeurs ainsi qu’à leur construire des maisons, à offrir de la nourriture et des livres aux écoles et à sponsoriser des étudiants pour qu’ils poursuivent leurs études). Enfin, les revenus sont réinvestis dans l’activité touristique en améliorant les chemins, les bâtiments et en aidant les femmes qui s’impliquent dans le tourisme en vendant des bijoux par exemple.

En 2014, l’initiative a été prise de créer un musée afin de présenter divers aspects de la culture maasai. La première étape a été de construire le musée grâce à des matériaux traditionnels afin de préserver la culture et d’utiliser des outils traditionnels. Au sein du musée on peut trouver des informations sur les aspects politiques (à propos de la structure hiérarchique et les processus de décisions par exemple) mais également sur l’économie maasai (notamment sur les activités économiques, l’utilisation de la terre et l’héritage pastoral) ainsi que sur des aspects socio-culturels (la médecine traditionnelle, les cérémonies ou bien les différentes classes d’âge). Des instruments utilisés par les Maasai sont également exposés dans le musée, et on peut aussi y trouver des informations à propos du Lac Natron et de ses alentours.

Ils ont reçu le soutien de certaines organisations comme la FAO, l’ONG Birdlife International ou encore l’Office touristique de Tanzanie. La FAO a notamment aidé à construire le musée et à établir l’organisation (CBO).

Depuis, le musée a accueilli environ 6 000 visiteurs. Durant la saison haute il reçoit environ 100 visiteurs par mois (50 en saison basse). Ils espéraient obtenir plus de visiteurs mais cela s’est avéré difficile en raison de la faible communication autour du lieu et de la qualité du musée qui n’a pas pu être fini, faute de moyen. 

Afin de pallier ce manque de visibilité, les organisateurs sont en train de construire un site, ainsi qu’une page Facebook et un compte Instagram. Nous les partagerons sur nos pages lorsqu’ils seront créés. Ils prévoient également de créer un compte TripAdvisor une fois que le musée sera amélioré.  

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Le musée a pour projets futurs de continuer à promouvoir la culture maasai, de produire des livres à destination des visiteurs, mais également de sponsoriser des étudiants et d’améliorer les conditions de vie de certaines personnes avec des projets communautaires et d’offrir des opportunités d’emplois aux membres de la communauté. 

Pour prolonger cette aventure, le musée a besoin d’être rénové. Les murs doivent être nettoyés et repeints, les sols et les fenêtres réparés et les murs extérieurs renforcés. Il faudrait également que la sécurité soit améliorée à l’entrée. Il est également nécessaire de renouveler les affiches, photographies et cartels, ainsi que d’ajouter un contenu plus interactif afin de pouvoir diffuser par exemple des vidéos de cérémonies et de rituels locaux. 

A long terme, l’objectif serait d’avoir un musée rénové, avec des guides entrainés et deux personnes qui s’occuperaient de la maintenance et de la propreté. Ils aimeraient atteindre 2000 visiteurs par an et que le musée soit reconnu comme un lieu touristique important de la région. Ils souhaiteraient aussi faire en sorte que l’entrée soit payante, à raison d’au moins 2 dollars par personnes, mais aussi créer des livres qui expliqueraient la culture locale et les vendre. Pour cela, ils aimeraient engager des étudiants qui participeraient à la création et au marketing autour des livres. 

Comment aider ? 

Le musée a notamment besoin de reconnaissance et de visibilité. Aussi, la première manière de promouvoir le musée est d’en parler ! N’hésitez pas à partager autour de vous, encore plus si vous connaissez du monde en Tanzanie ! 

Ensuite, les gérants du musée sont à la recherche de sociologues ou d’anthropologues, présents en Tanzanie, qui pourraient aider à la création du contenu du musée et des livres, mais également de personnes qui pourraient aider à la traduction en anglais des contenus. Ils aimeraient également bénéficier de l’aide d’étudiant en muséologie, ou en édition. Ils sont aussi à la recherche de matériel pour créer le contenu interactif. 

Si vous pensez pouvoir être d’une aide quelconque à propos de l’un ou l’autre de ces sujets, n’hésitez pas à les contacter ou à nous contacter par e-mail !

Contacter Engaresero Museum : engareserotourism@gmail.com

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