Portrait : Niki de Saint Phalle

source image : www.3e-art.fr

Connue pour ses monumentales Nanas, Nikki de Saint Phalle, pseudonyme de son patronyme Catherine de Saint-Phalle est une artiste plasticienne, sculptrice et réalisatrice de films franco américaine appartenant au mouvement des néo-réalistes. 

Elle naît en France en 1931 et grandit dans la période post seconde guerre mondiale, durant les trente glorieuses. Elle grandit à Greenwich aux États-Unis, élevée par une nourrice qu’elle surnomme « Nana ». Ne suivant pas d’enseignement particulier, elle exercera d’abord la profession de mannequin. Puis, elle fera la rencontre du poète Harry Mathews qu’elle épousera à l’âge de 18 ans dont elle aura une fille, Laura et avec qui elle décide de s’installer à Paris. Pourtant issue d’une famille aristocratique, elle s’oppose aux dogmes de la vie religieuse et maritale. Suite à ce premier mariage, elle est victime d’une forme de dépression nerveuse qui lui vaut une hospitalisation particulièrement lourde, durant lequel elle subira des électrochocs. C’est là-bas qu’elle commence à peindre et à dessiner « J’ai commencé à peindre chez les fous » ; pour l’artiste, l’art à un effet thérapeutique. 

Après son rétablissement, elle voyage en Espagne à Madrid et Barcelone et y découvre les œuvres de Gaudì qui constituera une révélation artistique pour elle. L’année suivante, elle fait la rencontre de Jean Tinguely, par l’intermédiaire de qui elle rejoindra le mouvement des Nouveaux Réalistes, fondé par le peintre Yves Klein et le critique d’art Pierre Restany dans les années 60. Ce mouvement prend position pour une forme de retour à la réalité, en opposition avec le lyrisme et la peinture abstraite de cette époque, en préconisant l’utilisation d’objets prélevées dans la réalité de leurs temps qui s’incarnent notamment dans des œuvres composites, dans un art de l’assemblage. 

C’est à cette période qu’elle quitte son premier mari pour s’installer avec Jean Tinguely avec qui elle créera notamment la fontaine Stravinsky, commandé par le ministère de la Culture et le Centre Pompidou en en 1983. La fontaine évoque l’œuvre musicale du compositeur Igor Stravinsky et se compose de 16 sculpture mouvante, situé sur la place éponyme à Beaubourg. 

Politiquement engagée, féministe, Nikki de Saint Phalle compose ses œuvres dans l’optique d’exprimer ses révoltes ; la Mariée, de 1963 est une sculpture de plus de deux mètres de haut : l’éducation des femmes dans les années 60 repose sur deux choses, la maternité et le mariage. C’est pour cette raison qu’elle créer la mariée : cette sculpture traite du constat de l’enfermement de la femme, prisonnières des stéréotypes masculins. L’artiste a de facto expliqué « avoir été élevée pour le marché du mariage ». 

À l’occasion d’une exposition retrospective au Grand Palais sur l’artiste, la critique d’art Catherine Franclin revient sur la vie de Nikki de Saint Phalle et notamment sur l’œuvre  Tirs ; œuvre composé d’un assemblage de poche de peinture recouverte de blanc, dans laquelle Nikki de Saint Phalle tirs créant ainsi des formes d’explosions colorés. Dans cette série, le tableau King Kong représente l’opposition de l’artiste à la menace nucléaire ; composée des visages des différentes personnages politiques de l’époque ainsi que d’objet représentatif de la société américaine, l’œuvre dénonce par son processus de construction centrée autour du processus de destruction, dénonce de fait une Amérique violente et la guerre nucléaire. 

Les Nanas, œuvre emblématique de Nikki de Saint Phalle, représentent quant à elles l’intervention de l’artiste au sein du mouvement féministe des années 1980 : ces sculptures représentent des sculptures féminines colorées dont les formes et les rondeurs ont été accentuées, à l’opposé des standards esthétique de l’époque. Par leur exubérance, ce sculpture montre une image libérée de la femme, qui inspire néanmoins de par leurs taille imposantes une forme d’angoisse et de violence. 

Article rédigé par Éloise Frye de Lassalle.

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EFFRACTIONS, le festival de littérature contemporaine de la BPI

Effractions, le festival de littérature de la Bibliothèque d’information Publique de Pompidou, revient en 2022 pour sa 3ème édition. Inaugurée en 2020 par la BPI, ce projet littéraire consiste au regroupement de nouveaux écrivains dont le récit se plongerait entre réel et fiction.

Ce festival de littérature contemporaine offre au public une nouvelle perspective du réel : de manière abrupte ou légère, la réalité est abordée de multiples manières. Elle permet à ses lecteurs de découvrir un aspect original et authentique du réel d’un auteur. 

Comment le réel s’exprime-t-il à travers la fiction ?

L’objectif n’est pas d’interdire la « non fiction » mais de réfléchir au réel sous différents angles avec l’accueil de tous les genres littéraires . La BPI propose donc un large panel d’activités, de performances et de rencontres autour de cette littérature contemporaine, star du festival.

On s’interroge sur les questions de notre société actuelles et aux débats qui se développe à notre époque mais pas seulement. Le parallèle entre réel et fiction reste le coeur du festival : qu’importe le genre, la question est de savoir comment interpréter ce récit avec nos thématiques contemporaines.

Cette année, le public pourra découvrir ou redécouvrir de nombreux auteurs comme Antoine Wauters, Joseph Wrinkler, Leila Guerrero, Nicolas Mathieu, Laura Vazquez et beaucoup d’autres.

Le Jeudi 24 février 2022, rendez vous avec le premier événement avec la soirée d’ouverture, inaugurée par Antoine Wauters et son nouveau roman : Mahmoud ou la montée des eaux (2021). Venez découvrir la lecture de son récit accompagnée de deux musiciens, le Damast Duo, autour de la culture musicale syrienne.

Le festival commencera le 24 février et se conclurera le lundi 28 février 2022 !

Vous pourrez par ailleurs retrouver une future interview entre Sorbonne UNECSO et Blandine Faure, organisatrice du festival.

Pour plus d’information, retrouvez tous le programme sur le site de la BPI. 

Un article rédigé par Boulaaba Loujeine.

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Journée internationale de l’éducation

Quel est l’importance de cette journée ? 

La célébration de l’éducation à pour but de ne pas oublier le rôle primordial de celle-ci. En effet l’éducation est “un droit humain, un bien public et une responsabilité publique”* et a pour but de favoriser la paix et le développement de tous et doit se faire dans une égalité afin de briser le cycle de pauvreté que des millions d’enfants et d’adultes subissent. 

Pour illustrer ce propos, selon le site de l’Unesco, 258 millions d’enfants et de jeûnes ne vont pas à l’école aujourd’hui. 

C’est pour cela que tous les 24 janviers, depuis 2019, la journée internationale de l’éducation est mise à l’honneur. Pour Audray Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, cette journée symbolise un changement de cap afin de repenser l’éducation. En effet, il ne s’agit plus de constater mais d’agir afin d’ ”orienter la transformation numérique vers l’inclusion et l’équité”1*, ainsi qu’inclure le développement durable afin qu’il soit enseigné aux élèves par des enseignants formés dans cette dynamique. 

Le rapport “Les futurs de l’éducation” 2022 :

Afin d’appuyer ces propos, l’UNESCO a publié un rapport sur “Les futurs de l’éducation”. Il a été rédigé par une commission internationale indépendante composée de professionnels universitaires et privés, dans des domaines de la science politique, des arts, des affaires, de la science et de l’éducation, le tout sous la direction de la Présidente de la République démocratique fédérale d’Éthiopie, Madame Sahle-Work Zewde. Ce rapport a donc pour but de “susciter un débat mondial sur la nécessité de réinventer le savoir et l’apprentissage dans un monde de plus en plus complexe, incertain et précaire.”2*

Ce qui est très intéressant dans ce rapport, c’est cette approche multiple. En effet l’éducation entretient une forte interdépendance avec beaucoup d’autres notions comme le développement durable, le genre, la finance, la communication, le numérique, qui permet d’avoir une approche globale ainsi que de soulever de nombreux débats générateurs de nombreuses avancées. 

Le thème de cette année : “Changer de cap, transformer l’éducation

Cette année, le thème de la journée est “Changer de cap, transformer l’éducation”, un thème très bien amorcé par le rapport que je viens de citer. En effet, ce thème a pour objectif de présenter les principales transformations qui doivent être menées afin renforcer la définition de l’éducation comme étant un bien commun, fournis par l’entité publique, portée par des enseignants soutenus et préparés. Enfin il est aussi une priorité de piloter l’éducation sous une forme numérique afin que chacun puisse y avoir accès, ainsi qu’inclure le développement durable dans cette grande notion afin que chaque personne puissent “contribuer au bien-être collectif et à notre foyer commun.”1*

Cet article n’engage que l’auteur, Aurélie Ménard. 

Sources :  

1*https://fr.unesco.org/commemorations/educationday 

2*https://fr.unesco.org/futuresofeducation/ 

Image : https://pxhere.com/fr/photo/1201352 

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[ UNESCO x UNICEF: semaine de lecture]

Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964 Le rôle de la lecture et la place des livres, dans l’enfance et la formation de l’un des plus grands écrivains du XXème siècle : Jean-Paul Sartre.

Né au milieu des livres, entouré par ces objets si énigmatiques et si séduisants, Sartre nous fait découvrir les œuvres qui l’ont accompagné pendant sa vie : loin d’être une simple activité intellectuelle, la lecture est ainsi présentée comme véritable moyen d’accès à l’univers, au monde, à la réalité. L’univers livresque semble, dans l’enfance du jeune Sartre, précéder et façonner le monde, toujours filtré par la littérature, regardé et conçu à travers la littérature et les mots. « J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres », Sartre résume ainsi la substance de ce roman autobiographique, qui se veut tout d’abord éloge de la lecture et, par-là, de l’écriture, de la place de l’écrivain dans le monde.

Marcel Proust, Sur la lecture, 1906.

Dans cet essai paru en 1906, texte qui annonce la Recherche du temps perdu, Proust revient sur sa propre expérience avec les livres, à partir de leur découverte dans son salon à Illiers. Fascinants et mystérieux, les livres attirent l’attention du jeune Proust, qui accède ainsi à une expérience – la lecture – faite de sensations et de jouissance, de méditation et solitude. C’est justement sur l’élément de la solitude que l’auteur insiste quand il parle de la lecture, qui semble demander le silence et le calme que la solitude seule peut réaliser. A travers des descriptions détaillées et structurées, qui annoncent la Recherche, Proust nous plonge dans son univers littéraire, dans son rapport intime, direct, émotionnel avec les livres, qui deviennent ainsi les véritables protagonistes de cet essai intense et court dans lequel se condense l’essence du rapport de l’écrivain avec la lecture, conçue comme pratique qui fonde et rend possible l’écriture.

La Bibliothécaire, Gudule, 1995.

Dans sa quête éperdue pour retrouver un grimoire magique, Guillaume va devoir plonger au cœur du pays des livres. Au cours de son voyage, il rencontrera les personnages les plus marquants de la littérature française, de Gavroche au Petit Prince. Gudule, grande plume des années 90-2000, est bien connue pour la très grande créativité de ses récits mais aussi pour son humour toujours mordant. Dans ce texte destiné à la jeunesse, elle met en scène un jeune héros attachant dans lequel il est facile de se retrouver. On se souvient alors avec émotion de ses premières découvertes livresques et on retrouve avec plaisir des personnages bien connus, ici revisités avec talent. Le livre est également idéal pour donner aux plus jeunes le goût de la lecture et leur permettre développer leur imaginaire.

Magus of the Library, Mitsu Izumi, 2019.

Shio est un jeune garçon rêveur vivant dans un village isolé, au sein d’une contrée imaginaire. Timide et moqué pour ses grandes oreilles, il a du mal à s’intégrer et préfère souvent la compagnie des livres à celle des autres adolescents. Sa vie va changer le jour où il se voit offrir l’opportunité de passer un concours afin de devenir Kahuna : c’est-à-dire travailler à la conservation des livres au cœur de la plus grande bibliothèque du pays. Cette série de manga a connu un grand succès au Japon avant d’être récemment traduite en français : quatre tomes sont parus à ce jour. Notamment acclamé pour la grande qualité de son dessin et pour ses personnages particulièrement drôles et humains, Magus of the library comporte également quelques touches de magie ainsi que de très beaux messages sur l’acceptation.

Fahrenheit 451, Ray Bradbury, 1955.

Dans ce grand classique du genre dystopique, posséder des livres est un crime et une brigade spéciale est chargée de détruire tous les textes sur lesquels elle peut mettre la main en les brûlant. Le titre fait d’ailleurs référence à la température de combustion du papier. Montag, qui appartient à cette escouade un peu particulière, se dresse peu à peu contre cette idée de brûler les livres, de détruire l’accès à la culture. Il est alors considéré comme dangereux et impitoyablement pourchassé. Acclamé mondialement, Fahrenheit 451 est un texte essentiel sur la liberté d’expression et sur l’importance des livres dans la construction d’une société éclairée et libre. Écrit dans le contexte de la guerre froide et plus particulièrement du maccarthysme, le chef-d’œuvre de Ray Bradbury est demeuré aujourd’hui d’une troublante pertinence. Il contient par ailleurs des passages sublimes qui sont de véritables déclarations d’amour à la lecture.

Emilia Bezzo et Cécile Cabot.

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[Rubrique culturelle : le Festival des lanternes au Jardin des plantes à Paris]

Chaque année au jardin des plantes se déroule le Festival des lanternes. Cette année, le thème du festival est “l’Évolution en voie d’illumination” et se déroule du 29 novembre 2021 au 30 janvier 2022.

Cette balade permet de découvrir en immersion des espèces anciennes éteintes et pour la plupart méconnues du grand public, de façon pédagogique puisque certaines des lanternes mesurent jusqu’à 30 mètres de long. En effet, au-dessus de chaque lanterne, une plaque d’explication présente le nom de l’espèce et ses particularités. Certaines des lanternes sont mécaniques et animent ses géants lumineux.

Cette expédition est divisée en quatres parties : 

Elle commence avec “les origines de la vie” (DE -3 700 À -490 MILLIONS D’ANNÉES) qui présente les premiers témoignages d’espèces vivantes qui sont exclusivement marines. Ensuite, les visiteurs sont dirigés vers l’ère primaire (DE -490 À -250 MILLIONS D’ANNÉES), dite Paléozoïque, lors de laquelle les organismes commencent à s’adapter au milieu terrestre. Après cela, c’est le temps de l’ère secondaire (DE -250 À -66 MILLIONS D’ANNÉES), dite Mésozoïque, où la végétation prolifère et trônent des dinosaures. Enfin, nous arrivons dans l’ère tertiaire (DE -66 MILLIONS D’ANNÉES À NOS JOURS), dite Cénozoïque : c’est à cette période que des perturbations telles que des éruptions et des chutes de météorites modifient la biodiversité. Par exemple, certaines espèces disparaissent et permettent à d’autres d’apparaître.

Les différentes parties se distinguent et se lient à la fois grâce aux couleurs très variées utilisées pour habiller les lanternes et aux imprimés de tissus qui permettent de créer du relief. La magie se révèle grâce aux lumières qui siègent en leur sein.  

C’est une visite d’un monde scientifique et préhistorique ouvert à tous : les lanternes et leurs descriptions permettent aussi bien aux petits qu’aux grands de découvrir, d’apprendre et d’imaginer cet univers souvent perçu comme trop complexe. 

L’article n’engage que son auteure

Ménard Aurélie 

Sources des images : Aurélie Ménard Autrice

Sources :  Jardin des plantes, Jardin des plantes de Paris

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« Où est Anne Frank ! », une adaptation familiale et touchante du journal d’Anne Frank

Où est Anne Frank ? Alors que 17 millions d’enfants ont été évacués des zones de guerre en 2020, cette question de l’héritage d’Anne Frank est plus que jamais d’actualité.

Ce film d’animation, présenté hors compétition lors du Festival de Cannes 2021, sort ce mercredi 8 décembre en salles. A l’occasion de cette sortie nationale, une avant-première spéciale a eu lieu à la Maison de l’UNESCO, en présence de la directrice générale de l’UNESCO et du réalisateur du film.

Synopsis et création du film

Où est Anne Frank ! est un film d’animation qui s’inspire en grande partie du journal d’Anne Frank. Le film raconte le destin des familles de l’annexe secrète d’Amsterdam pendant la Shoah et décrit la situation dans l’Europe d’aujourd’hui du point de vue de Kitty, l’amie imaginaire d’Anne.

Ari Folman est un scénariste et réalisateur israélien. En 2008, il a reçu un Golden Globe et a été nominé pour un Academy Award pour son film Valse avec Bachir. Il écrit en 2017 un roman graphique fidèlement adapté du journal d’Anne Frank, puis Où est Anne Frank ! en 2020. C’est à partir de ce roman graphique qu’il réalise en 2021 le film éponyme.

Pour la réalisation de ce film d’animation, plus de 150 000 dessins ont été créés dans quinze pays européens, en utilisant une nouvelle technique qui combine des fonds statiques avec des figurines animées classiques en 2D. Pourquoi l’animation ? Selon Ari Folman, il s’agit du médium qui facilite le plus l’expression de l’imagination et l’identification des spectateurs aux personnages du film.

Une avant-première spéciale à l’UNESCO

Une semaine avant la sortie nationale du film, celui-ci a été projeté à la Maison de l’UNESCO à Paris, en présence de la directrice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay et du réalisateur Ari Folman.

Avant la projection du film, Audrey Azoulay a rappelé l’importance du journal d’Anne Frank dans notre patrimoine historique et la manière dont il a contribué à la fondation de l’ONU puis de l’UNESCO, qui cherche à prévenir des génocides et du racisme par la transmission de la connaissance (le journal est inscrit au Registre international de la Mémoire du monde de l’UNESCO). La directrice générale de l’UNESCO explique d’ailleurs que « c’est grâce à cette jeune fille que nous avons pu comprendre le génocide des Juifs, de nous représenter l’irreprésentable ».

Lors de cet événement organisé en partenariat avec le Fond Anne Frank de Bâle, créé en 1963 par Otto Frank, du matériel pédagogique créé par le réalisateur Ari Folman et l’UNESCO a été présenté. Celui-ci, qui sera disponible dès la sortie du film, permettra aux jeunes du monde entier de contextualiser le journal d’Anne Frank et d’en apprendre davantage sur les droits de l’enfant, le racisme, ainsi que sur les notions d’asile et de réfugiés.

Le réalisateur Ari Folman et la directrice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay, à la Maison de l’UNESCO le 1er décembre 2021.

Nous ne pouvons que vous inviter à voir dès mercredi ce film familial, qui met en avant les pays qui commémorent Anne Frank mais oublient les leçons données par son destin, au moment où nous devons au contraire faire preuve d’empathie avec ceux qui fuient des zones de guerre.

Sources : Cineuropa, Fnac (1) (2), Allociné

Cet article n’engage que son auteure.

Mathilde Varboki

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L’art au service de la Science : le projet Corail Artefact

Jérémy Gobé est un artiste venant du Nord-Est de la France, et comme la plupart des artistes, Jérémy a beaucoup travaillé avec des matériaux issu de la récupération, chutes de matériaux et “chinage” d’objets de seconde main, le corail sera pour lui un objet de prédilection et de fascination. 

Il tente alors de lier différents matériaux, afin de prolonger les morceaux de coraux qu’il avait en sa possession. Afin de mieux comprendre les matériaux sur lesquels il travaillait, il entreprend des recherches. Dans un premier temps il découvre trois facteurs majeurs de la dégradation des récifs coralliens ; le réchauffement climatique, la surexploitation des ressources de la mer avec la pêche intensive à la dynamique et/ou au cyanure, enfin, la grande concentration de plastique dans l’eau qui engendre un trop grand nombre de particules toxiques. Dans un second temps, il apprend et prône les savoirs-faire traditionnels, surtout dans le textile, avec le tricot ou encore la broderie en apprenant le “Point d’Esprit”, motif traditionnel de la région Auvergne Rhône Alpes . (photo de dentelle – au dessous)

C’est ainsi que l’idée de pouvoir aider et stimuler la régénération des coraux en leur créant un support en dentelle, lui parvient. En effet, au cours de ses nombreuses recherches, Jérémy a constaté que les chercheurs scientifiques recherchaient un support afin de pouvoir faire adhérer les larves des coraux. Ce support doit répondre à trois critères : la rugosité, la souplesse ainsi que la transparence. Par conséquent, la dentelle en coton correspond tout à fait aux exigences, de plus, comme le souligne l’artiste, la dentelle en coton et biosourçable (matière biologique), biodégradable (= qui se dégrade sans impact négatif sur l’environnement) et biomimétique(= qui imite les procédées de la nature).  

En 2018, Jérémy Gobé décide de se lancer dans un programme de Recherche, de Développement et d’Innovation, qu’il nomme Corail Artefact.

Ce projet va bien plus loin que le support en dentelle car il entreprend, de façon complémentaire, la création de structure en béton écologique et des outils d’aquariologie ainsi que des objets faits en matières dites “alternatives” afin de remplacer les plastiques. 

En effet, de premier abord, le béton fait d’eau, de sable et de ciment nous paraît totalement inoffensif pour le système marin. Malheureusement c’est sa production qui constitue un impact négatif sur nos écosystèmes, puisqu’en effet le sable prélevé augmente la montée des eaux et la production de ciment dégage une trop grosse quantité de CO2.  

Le tout est retranscrit afin de créer un outil de médiation auprès des différents publics, scolaires notamment. 

En 2019, Jérémy s’associe avec Claire Durand-Ruel, et des tests ont pu être effectués sur le béton et la dentelle avec succès. Par conséquent ses solutions vont être davantage développées afin d’être commercialisées et les actions de sensibilisation continuent d’être effectuées. 

Cet article est basé sur le site officiel du projet Corail Artefact, pour en savoir plus, rendez vous sur Corail Artefact | Un projet Art Science Industrie Education de Jérémy Gobé 

Cet article n’engage que son auteur

Aurélie Ménard

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[Les NFT : un marché de l’art contemporain dématérialisé]

Face à la montée en puissance et la généralisation du numérique, les artistes modélisateurs 3D et autres créateurs de contenu travaillant sur ordinateur peuvent dès maintenant, dans la continuité des droits d’auteurs, transformer leur œuvre d’art dématérialisée en NFT. Qu’est ce qu’un NFT ? C’est l’acronyme de Non-Fungible Token, en français « jeton non fongible ». Ce jeton est dit non fongible parce qu’il est unique et non interchangeable. C’est un type spécial de jeton cryptographique qui peut  être représentatif d’un GIF, d’une image, d’une vidéo ou d’un fichier audio auquel est rattachée une identité numérique, elle-même rattachée à un propriétaire. Dans la mouvance des crypto-monnaies, les NFT permettent de posséder une entité numérique et permettre ainsi à leur propriétaire de bénéficier des droits liés à leur possession.

Ces entités numériques sont donc par ce biais achetables, parfois à des prix irraisonnés. 69,3 millions de dollars : c’est le prix auquel s’est vendue l’œuvre numérique de l’artiste Beeple, ce qui en fait l’ œuvre la plus chère. Son œuvre Everydays: the first 5000 Dys est en fait un collage d’images de sa série d’œuvre « Everydays ».  La vente a été organisée par la maison Christie’s. L’artiste, de son vrai nom Mike Winkelmann, est reconnu en tant qu’artiste digital, designer graphique et animateur. Il utilise les figures de la pop culture comme référence. 

Comment fonctionne le NFT ?

La cryptomonnaie, associée au NFT, est une monnaie numérique utilisable au moyen d’un réseau informatique décentralisé. Elle utilise des technologies de cryptographie. Le NFT vient donc officialiser l’identité graphique d’une œuvre sur internet. Son auteur est reconnu et vérifié comme propriétaire par un système de Blockchain. La Blockchain ou « chaîne de bloc », est un registre de compte, consultable par tous ceux qui veulent y accéder. Les acteurs du réseau, appelés « nœuds », possèdent, stockent et vérifient leurs propres versions de la chaîne, à partir d’un premier bloc de données que l’on appelle le « bloc genèse ». Etant donné qu’il n’y a pas d’autorité centrale, la blockchain est dite décentralisée. Par ce biais, si l’on décide d’acheter un NFT, on possède alors  un certificat d’authenticité infalsifiable. Le jeton délivré à l’achat contient de nombreuses informations sur l’objet et son parcours. Il atteste qu’on est en possession de l’œuvre originale parmi les copies présentes sur internet.

 

Les jetons donnent donc lieu à des titres de propriétés virtuels d’œuvres d’art. Ils transforment le lien qui existe entre les artistes et les collectionneurs. Les NFT constituent l’innovation la plus influente qu’ait connu le monde de l’art ces dix dernières années. Jack Dorsay, le fondateur de Twitter, a ainsi mis en vente à 2,9 millions de dollars la propriété de son premier tweet. La même année, Kevin Roose, éditorialiste du New York Time, a vendu un de ses articles sous forme numérique pour un demi-million de dollars. Les NFT sont également très présents sur le marché de l’art contemporain. Selon la société Artprice, les œuvres numériques sous cette forme représentent déjà un tiers des ventes en ligne pour cette année.

Vous vous demandez si vous pouvez créer un NFT ? La réponse est oui. Pour cela, il faut simplement passer par des plateformes spécialisées comme Rarible ou OpenSea, sur laquelle le fichier qui deviendra un NFT sera téléchargé. En revanche, il faudra payer des frais pour valider les transactions sur la blockchain (dont le fonctionnement a été expliqué plus haut). Le créateur aura ensuite la possibilité de vendre ses œuvres virtuelles sur la même plateforme. 

Cependant, ce marché est souvent décrit comme une « bulle spéculative ». En effet, le marché est encore jeune et l’évaluation de la valeur réelle d’un NFT est volatile. Cependant, d’après Nadya Ivanova, cheffe de l’exploitation chez l’Atelier, une société de recherche sur les marchés émergents : « Le marché est toujours volatile et sujet à la spéculation, mais des cas d’utilisation plus sophistiqués émergent, basés sur l’utilité, la communauté et des éléments concurrentiels. Tous sont des préalable à un marché plus mature. » 

Les NFT sont-ils protégés par un cadre juridique ?

L’intérêt pour les NFT étant encore récent, aucun cadre juridique n’existe pour protéger les jetons. Seulement, il est possible de les rattacher à différents articles de lois, malheureusement encore difficiles à déterminer. Certaines œuvres digitales comme celle de Beeple peuvent être considérées comme des œuvres d’art et relever du Code de la propriété intellectuelle. Le 30 septembre dernier, le député Pierre Person a proposé une définition des NFT : « Tous bien incorporel et non fongible représentant, sous forme numérique, un ou plusieurs droits pouvant être émis, inscrits, conservés ou transférés au moyen d’un dispositif d’enregistrement électronique partagé permettant d’identifier, directement ou indirectement le le propriétaire dudit bien ». Il s’agit de la définition du jeton de l’article L-552-2 du code monétaire et financier, à laquelle a été rajouté le terme « non fongible ». Cet amendement qui vise à « éclaircir le régime fiscal des jetons non fongibles » à été adopté par l’Assemblée nationale le 5 octobre. 

Sources : Cryptoast, L’éclaireur Fnac, Wikipédia, RTBF

Cet article n’engage que son auteur.

Auxence Jobron

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[Portraits de personnalités inspirantes : Susana Baca, La Diva péruvienne engagée ]

Susana Baca : chanteuse variété au Pérou | Interview | Terra Peru

Susana Esther Baca de la Colina plus connue sous le nom de Susana Baca est une figure emblématique de musique afro-péruvienne, une proéminente auteure-compositrice. Sa musique est un mix entre tradition et modernité. Elle utilise pour la composition de ses musiques, des instruments traditionnels péruviens comme le Cajón, une boite de  bois qui était à l’origine, une cage à fruit. De plus, elle ajoute à son palmarès l’ethnomusicologie, l’enseignement et l’obtention  à trois fois du prix du « Latin Grammy Award ». En juillet 2011, elle est nommée  ministre péruvienne de la culture dans le gouvernement de Ollanta Humala. Susana est donc la seconde afro-péruvienne de l’histoire du Pérou indépendant membre du gouvernement. En novembre 2011, elle est élue présidente de la commission de la culture au sein de l’ OAS,«the Organization of American States » de 2011 à 2013. 

Repérée par David Byrne, elle est la figure principale de la chanson afro-péruvienne depuis 50 ans. Comme Cesaria Evora, elle cultive une saudade, comprenez un profond état de nostalgie. Tout comme la reine capverdienne, elle a fait renaitre un folklore métissé par des siècles d’esclavage et de colonisation. Aujourd’hui encore, à l’âge de 77 ans, Susana Baca chante encore et vient même de sortir un nouvel album, Palabras urgentes (vérité urgentes). Dans ce nouvel album, elle fête ainsi, deux-cents ans d’indépendance de son pays, le Pérou. Son travail retranscrit aussi, 50 ans d’une carrière riche entre politique et musique. Avec David Byrne et son label Luaka Bop créé en 1995, elle publie une compilation « Lamento Negro ». De ce disque, on retiendra le célèbre titre, Maria Lando. En 2002, elle reçoit le Grammy Latino de Best Folk Album et est cité dans le Best World Music Album. 

Petit détour sur la vie de Susana Baca :  

Elle née à Lima le 24 Mai 1944 d’un père guitariste et d’une mère chanteuse. Elle est la descendante de la famille De la Colina, reconnut pour ses musiciens de renoms. Susana, passe une partie de son temps à 130 kilomètres de Lima la capital péruvienne à San Luis de Cañete, fiefs historique de sa famille de musiciens. La chanteuse décrit ce lieu comme « un lieu étrange, une petite enclave au milieu d’un désert côtier, où la musique créole noire péruvienne est comme une graine plantée dans le sable qui aurait poussée de façon miraculeuse ». Durant sa jeunesse, elle prend conscience de sa couleur de peau dans le district noir de Chorrillos où elle  habite et grandit. Dans les écoles, même si les classes étaient mixtes, les noirs étaient marginalisés. Cependant, ce caractère qui était la base de discrimination dans les écoles publiques donnait lieu à de la joie dans la sphère familial privée.  Plus tard, c’est en tant que chanteuse à l’université, qu’elle est amenée à parcourir le Pérou pour faire son travail d’ethnomusicologie, récolter des musicalité pour les inscrire dans un contexte historique et ethnique. Son travail porte alors sur les racines Africaines de la musique péruvienne. Avant elle, ses oncle Caïtro Soto et Ronaldo Campos fondent en 1969 l’association « Péru Negro » qui à pour objectif de préserver l’héritage musicale issus du syncrétisme afro-péruvien. Ces musicalités presque oubliées de cette tradition musicale, elle décide de les collecter. Son mari Ricardo Pereira l’aide dans cette démarche en apportant une dimension sociologique. Il parcourent alors ensemble le littoral péruvien afin de récupérer des témoignages dans les villages descendants d’africain. Le livre qui découle de ces recherches « Del Fuego y deal agua » est publié en 1992 et représente 11 années de recherche. Par la suite, en 1995, ils fondent ensemble l’institut Negrocontinuo pour enrichir leur travail de sauvegarde.  

En 2011, c’est le président Ollanta Humala qui nomme Susana Baca au poste de ministre de la culture. Il prône alors une politique d’inclusion sociale. Elle devient alors la première ministre noire du Pérou indépendant. L’artiste, en plus de son parcours musicale à s’engage grandement dans la lutte contre toutes formes de discrimination, quelle soit sexuel, racial ou culturelles. Son marquage politique se reflette aussi dans sa musique où elle exprime ses idées. Son album « palabras urgentes » s’inscrit alors dans un climat de corruption lors des élection de 2018 qui se présente alors comme un moyen de faire passer son message. 

Auxence Jobron

Source : 

https://en.wikipedia.org/wiki/Susana_Baca

https://www.telerama.fr/musique/susana-baca-icone-afro-peruvienne-en-chantant-je-veux-susciter-le-debat-6985975.php

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Présentation de l’antenne

L’antenne UNESCO fait partie de l’association étudiante SONU, la Sorbonne pour les Nations Unies, rattachée aux facs de Paris 1, Paris 3 et Paris 4.

Elle vise à sensibiliser les étudiants aux valeurs de l’UNESCO, en proposant des événements en lien avec la culture, l’éducation et les sciences.

Cette antenne est rattachée à SONU, une association qui reproduit les différents organismes de l’ONU à l’échelle de l’Université de la Sorbonne (Paris I, Paris III et Paris IV). SONU est une association ayant pour vocation de sensibiliser le monde étudiant aux institutions onusiennes. Plus généralement, elle promeut les Nations Unies et la coopération internationale au sein de l’Université tout au long de l’année à travers six antennes, trois pôles et un pôle interne. SONU comprend ainsi les antennes UNICEF, UN Women, UN Environnement, International Security Defense, Human Rights et UNESCO ; les pôles Model United Nations, Debate, Pro, Comm.

Depuis 2009, l’association de la Sorbonne pour les Nations Unies promeut les valeurs véhiculées par l’organisation internationale au travers de ses différents pôles et antennes.

L’antenne UNESCO écrit des articles sur des idées de sorties culturelles ainsi que sur l’actualité de la semaine liée aux actions et valeurs de l’UNESCO. Elle tente de promouvoir à l’échelle universitaire les valeurs et actions emblématiques de cette noble institution à travers diverses activités telles que des visites culturelles variées, des conférences au cœur de l’actualité, des rencontres multiculturelles ainsi que des concours d’expositions photographiques.
Nous publions sur notre blog des textes sur des thématiques traitant de l’éducation, la science et la culture liés à l’actualité. Tous nos articles sont écrits par les membres actifs de l’antenne UNESCO.

L’antenne est composée de 27 membres actifs au sein de l’antenne UNESCO tous étudiants de la Sorbonne. Nous avons l’intention cette année de continuer nos activités en visant particulièrement à promouvoir l’action de l’UNESCO par nos contenus. Ainsi, nous publions chaque semaine une planche actu sur l’UNESCO, des articles sur le patrimoine naturel et culturel, l’éducation et les avancées scientifiques.
Nous avons pour projet d’organiser des conférences sur le patrimoine naturel, la lecture et l’éducation, l’accès à l’éducation des migrants ou encore la francophonie.
Cette année nous avons entamé de nombreux projets tel qu’un ciné-débat autour du film Aube Dorée : une affaire personnelle, une semaine thématique dédiée à la lecture et l’éducation en partenariat avec l’antenne UNICEF, une conférence sur la culture européenne pour le Festival des Cultures de Paris 3. Nous organisons aussi une exposition photo des étudiants de la Sorbonne sur différents thèmes liés à l’UNESCO, des visites sur les artistes de Montmartre, les femmes au Panthéon ainsi que des sorties culturelles visant à promouvoir l’accès à la culture auprès de jeunes du réseau d’éducation prioritaire.

L’année passée, nous avons publié plus d’une centaine d’articles sur notre blog, organisé une dizaine d’événements dont 2 en présentiel. Pour pallier à la fermeture des musées et du manque de culture ressenti par tout un chacun, nous avons organisé une visite en extérieur, invitant directement le public à découvrir l’art recouvrant les rues de Paris. Nous avons perpétué notre collaboration avec le Panthéon avec une visite intitulée La place des femmes et des figures féminines au temple des grands Hommes.

En plus de la fermeture des musées, la fermeture des cinémas nous a aussi beaucoup attristés. Nous avons renouvelé l’expérience du ciné-débat mais cette fois-ci à distance avec deux documentaires, l’un sur la place politique des murs à travers le monde avec « Vivre à l’ombre du mur » et l’autre sur la pauvreté à Paris avec « Comme tout le monde ». La pandémie nous a poussé à renouveler nos formats et nous avons publié cinq podcasts, disponibles sur spotify et apple podcast. Nous avons abordé de nombreux sujets tels que la précarité étudiante au moment du Covid, la question de l’éducation genrée ou encore la philosophie et le rap.

Enfin, nous avons animé trois conférences en ligne, l’une sur les perspectives pour la culture au temps du confinement, une autre sur la question du déboulonnage des statues et enfin, sur l’éco tourisme. Nous avons aussi collaboré avec une école sur le sujet du sport comme vecteur de paix, organisé un concours artistique et publié de nombreuses interviews.

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