[Rubrique culturelle : Les origines du monde. L’invention de la nature au XIXe siècle.]

Des natures mortes, aux fossiles de dinosaures en passant par les planches gravées dans les carnets de voyages des explorateurs à certaines peintures spiritualistes du début du XXe siècle, l’exposition retrace un important pan de l’histoire de l’art inspiré de la nature 🌿. L’exposition rompt la frontière entre dessins scientifiques et œuvres d’art, on pense notamment aux planches de méduse du scientifique Ernst Haeckel. 

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ernst_Haeckel,_Anthropogenie_Wellcome_L0023148.jpg

L’exposition révèle toute cette découverte de la diversité du monde, des espèces et des sciences naturelles : de la géologie à l’anthropologie. Une exposition qui est source de réflexion sur notre évolution, et qui s’adresse à tous les publics des plus jeunes au plus experts. Une grande diversité d’œuvres y sont présentées, parmi elles des collections inédites comme des carnets de voyage ou certaines œuvres rarement présentées comme la tête de faune de Carriès.

Le commissariat d’exposition composé d’historien des sciences a mêlé à la perfection les discours naturalistes et les productions artistiques. La nature, et plus exactement les sciences naturelles ayant interrogé simultanément artistes et scientifiques lors des grandes explorations des temps modernes au XIXe siècle à l’apogée de l’expansion coloniale. Se produit alors au XIXe siècle, ce que le musée d’Orsay appelle l’invention de la nature, autrement dit cette nécessité de connaître, de collecter et de diriger le monde qui motivent les sciences naturelles. Ce que l’historien Michel Foucault appelle biopouvoir, entraîne assurément, sous le joug des monarques, la transformation des collections curiosités en espèces scientifiques classés par le suédois Von Linné. 

Depuis le XVe siècle, les navigateurs font partie de ces hommes à la tête d’une expérience unique pour l’Europe et la science. Ils interrogent la manière même dont s’établit le savoir dans un monde désormais infini, selon Newton, en cours d’exploration. Une crise de conscience qui dépasse le cercle scientifique. Pour l’anthropologue structuraliste Claude Lévi-Strauss, celles-ci représentent un tournant dans l’histoire de l’Homme « Jamais l’humanité n’avait connu aussi déchirante épreuve et jamais elle n’en connaître de pareille ». Au XVIIIe siècle ce bouleversement motive les grandes expéditions scientifiques comme celle de James Cook et de Jean-François de Lapérouse🚢

Cette nouvelle forme de connaissance de la nature et des espèces sert un tout nouveau discours sur les origines de l’Humanité. Une histoire qui se fonde sur des théories de l’évolution racialiste, aujourd’hui bien heureusement remise en cause, comme celle de Buffon ou encore celle de Charles Darwin. L’exposition retrace les différentes évolutions théoriques depuis Linné, au XVIIe siècle à Ernst Haeckel au XIX e siècle autour de certains sujets iconographiques comme les fonds marins, ou la figure du singe. 

➥ Le saviez – vous ? 🔎Les peintres comme le romantique Théodore Géricault ont été influencés par les théories naturalistes du XIXe siècle jusque dans leur représentation des noirs mêlant l’histoire du beau à l’histoire des races. Des scientifiques comme Petrus Campers ont notamment alimenté avec la craniométrie cette différenciation raciste dans les représentations picturales (Le modèle noir, exposition Orsay, 26 mars 2019 et le 21 juillet 2019). 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c7/Musée_d%27Orsay%2C_Paris_7th_008.JPG

L’antenne UNESCO ne peut que vous conseiller cette superbe exposition qui se termine le 18 juillet ! C’est aussi l’occasion de faire un tour à l’exposition sur les Modernités suisses qui dans un autre genre explore les couleurs et formes de la nature suisse. 

➥ infos pratiques :  jusqu’au 18 juillet, Musée d’Orsay, métro Solférino, gratuit pour les -26 ans 

Article de Mariette Boudgourd

Cet article n’engage que son auteure !

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[Rubrique culturelle : elles font l’abstraction]

Jusqu’au 23 août 2021 se tient au centre Pompidou l’exposition « Elles font l’abstraction ». Cette exposition inédite met à l’honneur les femmes artistes ayant exploré l’abstraction au XXe siècle. Si les femmes ont souvent été considérées comme absentes dans la peinture et encore plus, dans les mouvements d’avant-garde, la quantité d’artistes exposées au centre Pompidou prouve le contraire. En effet, ce sont plus d’une centaine d’artistes qui « font l’abstraction » au centre Pompidou. 

L’exposition révèle les apports d’artistes femmes aux plus grands mouvements du XXe siècle tels que le Bauhaus ou l’avant-garde russe.

Si l’exposition se concentre principalement sur la peinture et sur des artistes européennes, on y trouve aussi d’autres formes d’art tel que la danse, la sculpture, la photographie ou la scénographie ainsi que des artistes originaires d’Amérique latine, du Moyen-Orient et d’Asie. 

En abordant l’abstraction de manière plus ou moins chronologique, l’exposition réinscrit les femmes dans l’élaboration de ce mouvement longtemps considéré comme exclusivement masculin. 

Ainsi l’exposition démarre avec les artistes spiritualistes notamment avec les œuvres de Georgiana Houghton et d’Hilma af Klint. 

L’abstraction des corps est abordée avec la danse et la géométrisation par exemple avec Loïe Fuller. De plus, l’art décoratif est aussi remis à l’honneur, côtoyant la peinture et la sculpture sur un pied d’égalité. On découvre ainsi le grand travail textile des femmes du Bauhaus. 

Cette exposition réunissant une soixantaine de femmes selon ce prétexte de l’abstraction soulève néanmoins une question importante : 

Peut-on faire des femmes artistes un sujet thématique ? 

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[Rubrique culturelle : Le Paris de Dufy]

Le mythe de Paris

Vous les avez peut-être déjà vus sur des cartes postales : les tableaux de Raoul Dufy sur Paris, ces œuvres colorées et lumineuses, qui font de la capitale un lieu féerique fantasmé par le monde entier. L’exposition sur le Paris de Dufy, au cœur de Montmartre, permet de plonger dans l’univers d’un artiste qui s’installe dans ce quartier parisien au début du XXème siècle. Fasciné par cette ville, l’artiste représente les grands monuments qui font sa renommée : le mythe de Paris prend tout son sens à travers ces images.

Des œuvres pour tous les goûts !

Les salles de l’exposition  sont chacune dotées d’un thème qui nous offre un aperçu sur la diversité des travaux de Dufy. Des tableaux, aux dessins en passant par son travail de tissus d’ameublement, l’exposition possède une collection riche et variée ! Raoul Dufy s’intéressait à tout, et a revisité des chefs d’œuvre comme Bal au moulin de la galette de Renoir. Il a dessiné de nombreux croquis de mode, a peint des nus dans son atelier, et a illustré des ouvrages tels que le recueil Le poète assassiné d’Apollinaire. Chaque exposition sur cet artiste est unique tant son Œuvre est gigantesque. En tout, ce sont plus de 3000 toiles peintes, 6000 aquarelles et 6000 dessins réalisés dans sa vie, sans compter ses tissus et ses décors d’intérieur !

La Fée électricité

L’œuvre la plus connue et la plus monumentale de Raoul Dufy, c’est bien la Fée électricité ! Conçue pour l’exposition nationale de 1937, cette décoration est destinée à mettre en avant le rôle majeur de l’électricité, à une époque où celle-ci commence à se diffuser dans les foyers français. Ce tableau, toujours très coloré conformément aux autres œuvres de Dufy, dégage une intense lumière grâce à l’utilisation de gammes claires et de zones blanches, faisant directement référence à l’invention de l’éclairage. Cette peinture a donc aussi un caractère métaphorique : l’électricité a révolutionné les modes de vie et a ouvert la voie vers un monde nouveau, celui du progrès. L’œuvre originale se trouve au musée d’art moderne, mais l’exposition à Montmartre présente trois magnifiques répliques.

Points forts / Points faibles

Le point fort de l’exposition, ce sont les nombreuses explications qui ponctuent la visite, nous permettant de comprendre le parcours du peintre et ses intentions artistiques. Le seul bémol de ces commentaires tient en ce qu’ils passent à côté des nombreuses influences de Dufy, pourtant importantes pour comprendre son Œuvre : Matisse, Cézanne, Braque…

Le ton pastel des salles apporte une atmosphère douce et permet de faire ressortir les éclatantes couleurs des œuvres de l’artiste. Malheureusement, leur exiguïté rend la déambulation difficile même quand il y a peu de visiteurs. Nous vous conseillons tout de même cette très belle exposition, en privilégiant les heures creuses du matin pour vous garantir un moment agréable !

Cet article n’engage que son auteure!

Article de Manon Etourneau

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[Rubrique culturelle : Hubert Duprat au Musée d’art Moderne]

« Deux yeux ne suffisent pas », Hubert Duprat

Les œuvres d’Hubert Duprat, ce sont des jeux avec la matière, et pour cause : les cartels de l’exposition indiquent seulement les matériaux utilisés. Si vous vous attendiez à des explications pour chaque œuvre, vous serez déçus, mais le sens importe peu, il suffit seulement de se laisser porter par ses impressions visuelles… L’association insolite des matières rend les œuvres intrigantes, voire surprenantes… du corail avec de la mie de pain, des diamants sur un pneu, en bref : un questionnement sur notre perception du réel.

Déambulation dans un White Cube

Reprenant le modèle du White Cube, l’exposition propose une déambulation entre des œuvres en trois dimensions et celles qui ornent les murs, dans un espace immense et très épuré, presque vide. Le savant mélange des formes et les jeux d’échelles permettent d’apprécier la multiplicité du travail de l’artiste, d’autant plus que le regard du spectateur sur les œuvres ne peut pas être influencé par le décor du lieu puisque celui-ci est neutre. Cependant, cet espace entièrement dépouillé de tout ornement et de tout panneau explicatif ne rend pas l’art contemporain plus accessible à ceux qui y sont hermétiques, et est plutôt destiné à un public d’habitués.

Regardons d’un peu plus près…

Que sont ces œuvres qui ressemblent à de grosses branches d’arbre de loin, mais qui brillent lorsque l’on s’en approche ? Il s’agit effectivement bien de branches, notre œil ne nous trompe pas : l’artiste a demandé à des artisans d’associer du bois d’hêtre avec des clous en laiton, qui donnent ce fascinant aspect en relief doré et brillant. Le nom de cette réalisation renvoie directement à l’acte de sa fabrication puisqu’elle se nomme « Coupé-Cloué ». Ces mots laissent penser que la création de ces œuvres repose sur des gestes répétitifs et simples, alors qu’elle demande une très grande finesse d’exécution et une patience infinie !

L’étonnant miroir du Trichoptère

Quatre étages plus bas, le miroir du Trichoptère. Dans cette salle, pas d’œuvres d’art, mais de la documentation sur les larves de cet insecte qui fascinent Hubert Duprat. C’est leur processus de création dans leurs fourreaux, leurs « cocons » qu’il a étudié, l’amenant à constituer une incroyable « trichoptérothèque » : une véritable salle de travail avec des tables, une bibliothèque, des vidéos, des images, des dessins sur ces insectes ! Si vous n’aimez pas ces derniers, inutile d’y passer car il est difficile d’éviter de regarder les centaines d’images qui recouvrent le mur. Y a-t’il vraiment des personnes qui viennent étudier les trichéroptères ici ? Cela est peu probable. En tout cas, cette salle très étonnante présente une mise en scène réussie !

La singularité du processus de création : les installations

La majorité des œuvres n’ont pas été faites par l’artiste lui-même, ce sont des installations : Hubert Duprat a donné des notices et les monteurs de l’exposition les ont suivies. Une vidéo permet d’apprécier ce travail, souvent laborieux : il a fallu un mois pour faire les entrelacs en cuivre ! Une petite salle est destinée à accueillir des plaques de béton coulé… spécifiquement pour l’occasion… Ces créations sont donc spécialement conçues pour l’espace muséal, ce qui rend l’exposition unique, et qui en fait même une œuvre d’art à part entière, une bonne raison d’aller la voir, non ?

Article de Manon Etourneau.

Cet article n’engage que son auteure !

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[Rubrique culturelle : « Ce qui s’oublie et ce qui reste », au Palais de la Porte Dorée]

Le Palais de la Porte Dorée est connu pour abriter le Musée de l’immigration qui a pour objectif de sauvegarder, témoigner et faire connaître l’histoire de l’immigration en France à travers des objets (lettres, photographies, objets personnels…) et en retraçant le parcours d’immigrés. Il a aussi pour but de « contribuer à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française et faire évoluer les regards et les mentalités sur l’immigration en France »*. A noter que les galeries d’exposition permanente, actuellement en travaux, rouvriront leurs portes à l’automne 2022. 

L’exposition « Ce qui s’oublie et ce qui reste », se tient au Palais de la Porte Dorée jusqu’au 29 juin 2021. Elle tente de comprendre, avec des œuvres d’art variées (peintures, tissages, sculptures, photographies, vidéos, installations, performances…), comment les histoires personnelles et familiales résonnent avec celles du monde. L’exposition est le fruit d’une collaboration entre le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) de Marrakech et le Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris. Elle s’inscrit dans la saison Africa2020 et tente de « regarder et comprendre le monde d’un point de vue africain » selon N’Goné Fall, commissaire générale de la saison Africa2020.

Emo de Medeiros, Notwithstanding the forces at hand, 2018, textile. Collection du MACAAL © Alessio Mei. Photographie issue du site de l’exposition (http://www.histoire-immigration.fr/ce-qui-s-oublie-et-ce-qui-reste

Grâce aux œuvres de dix-huit artistes du continent africain et de ses diasporas, le spectateur peut explorer cette notion de transmission : Qu’est-ce que signifie la transmission à l’heure des réseaux sociaux et de la communication en continu ? Comment se transmettent la mémoire, les savoir-faire, les rites, les traditions ? Comment s’opère la diffusion des connaissances aux générations suivantes ? Ces œuvres s’inscrivent au cœur des débats contemporains portant notamment sur la mémoire et les notions d’héritages et d’influences.

En effet, chacun, où qu’il soit dans le monde, reçoit des valeurs et des savoirs qu’il va à son tour transmettre.  L’exposition s’attarde sur ce « qui reste » et « ce qui s’oublie », ce qui est omis, effacé, rendu invisible ou silencieux, lors de cette transmission.  

Retrouvez les oeuvres de Abdessamad El Montassir et son installation photographique et sonore à travers laquelle il « dénonce l’instrumentalisation de la mémoire et remet en lumière une histoire niée », celles d’Amina Agueznay et ses textiles tissés, ou encore Zineb Sedira et son installation vidéo qui explore, selon ses mots « les paradoxes et les intersections de (s)on identité en tant qu’Algérienne et Française, et aussi en tant que résidente en Angleterre. ». 

Une exposition magnifique, haute en couleurs qui pousse à la réflexion sur « Ce qui s’oublie et ce qui reste » !

/!\ Une réservation en ligne avant la visite est obligatoire ! 

Pour en savoir plus : http://www.histoire-immigration.fr/ce-qui-s-oublie-et-ce-qui-reste 

*Décret no 2006-1388 du 16 novembre 2006 portant création de l’établissement public de la Porte-Dorée — Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Sources : site l’exposition, Musée national de l’histoire de l’immigration. 

Cet article n’engage que son auteure !

Article de Agathe Passerat de La Chapelle. 

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[Rubrique culturelle : à la découverte du Jardin des Tuileries et de ses statues]

Ce vendredi, la rubrique culturelle vous invite à redécouvrir le Jardin des Tuileries, un lieu historique et emblématique de la capitale. 

Le Jardin se situe dans le premier arrondissement de Paris, au cœur d’un quartier riche en histoire, puisqu’il est entouré du palais du Louvre (sud-est), de la rue de Rivoli (nord-est) et de la place de la Concorde (nord-ouest). Il s’étend sur 25,5 hectares, faisant de lui le plus important jardin à la française de la capitale. 

Le Jardin des Tuileries tient son nom d’anciennes tuileries  (fabriques de tuiles) qui se tenaient à l’endroit où fut édifié le palais des Tuileries en 1564. Catherine de Médicis commanda cette ancienne résidence royale et impériale, aujourd’hui disparue suite à un incendie durant la Commune de Paris en 1871. Actuellement, le jardin du Carrousel se situe en partie à l’emplacement de l’ancien palais des Tuileries. 

Le Jardin des Tuileries était ainsi à l’origine un jardin à l’italienne commandé par Catherine de Médicis en même temps que le palais. Un siècle plus tard, en 1664, Louis XIV et Jean-Baptiste Colbert souhaitent repenser le parc pour en faire un jardin à la française. La mission est confiée à André Le Nôtre, jardinier de Louis XIV, qui s’occupe de réaménager le lieu. 

Le Jardin a été témoin de nombreux événements historiques comme la prise des Tuileries du 10 août 1792 ou encore la Commune de Paris en 1871. Ce lieu de promenade et de culture accueille du public depuis plusieurs siècles. Celui-ci peut admirer les bassins et les nombreuses statues de maîtres dont le parc regorge. 

Depuis 1914, le Jardin des Tuileries est classé au titre des Monuments Historiques.

Partez à la découverte des richesses de ce jardin emblématique de Paris et de son histoire ! Le visiteur peut notamment découvrir des  statues, copies ou originales, de différentes époques. 

Des animaux, des personnages célèbres comme César, Périclès ou Spartacus, mythologiques comme Diane ou Hercule, ou encore des allégories telles « La Seine et la Marne » ou « L’Automne » : ce sont des dizaines de sculptures que vous pourrez découvrir ! 

Quelques exemples de statues à observer : 

La statue « L’Automne ou Vertumne », faite de marbre, se trouve près du bassin octogonal du parc. François Barois (1656-1726), sculpteur sous Louis XIV, l’a sculptée en 1696. Il s’agit aujourd’hui d’une copie de l’œuvre originale installée dans le Musée du Louvre depuis 1993.

La statue de marbre « Thésée combattant le Minotaure », sculptée entre 1821 et 1827, se situe à proximité du bassin rond. Elle est l’œuvre du sculpteur français Etienne-Jules Ramey (1796-1852). 

La statue en marbre, « Le serment de Spartacus » se trouve près du grand bassin rond. Elle a été sculptée par Louis-Ernest Barrias (1841-1905) en 1869-1871. Spartacus était un gladiateur thrace qui fut à l’origine de la plus importante rébellion d’esclaves contre la République romaine, entre 73 et 71 av. J.-C, appelée la troisième guerre servile. 

La statue d’Eve a été réalisée en 1881 par Auguste Rodin, l’un des plus importants sculpteurs français de la seconde moitié du XIXe siècle. Elle se trouve le long de l’Orangerie du Jardin des Tuileries, du côté nord. La statue « Le Baiser », du même artiste est également visible sur le côté droit du Jardin des Tuileries, face à l’Orangerie. Vous pouvez découvrir d’autres sculptures de Rodin au musée éponyme. Pour en savoir plus : http://unesco.sorbonneonu.fr/idee-sortie-le-musee-rodin/ .

( Les photographies sont issues du site Paristoric, où vous pouvez retrouver l’ensemble des statues du Jardin.)

Où : Jardin des Tuileries, 75001.

Accès libre. 

Comment s’y rendre

Métro : Tuileries (ligne 1)

Bus : 72, arrêt Tuileries

Cet article n’engage que son auteure. 

Article rédigé par Agathe Passerat de La Chapelle. 

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[Rubrique culturelle : Expositions photographiques en plein air sur le chantier de Notre-Dame de Paris]

Avec l’arrivée du printemps et les journées qui se rallongent, pourquoi ne pas profiter d’une balade culturelle, alliant soleil et découverte patrimoniale ?

En ce moment, deux expositions en plein air, sur le parvis de Notre-Dame et rue du Cloître-Notre-Dame, valent le détour !! Les palissades qui entourent le chantier de Notre-Dame de Paris présentent deux expositions autour de la cathédrale.

L’une, nommée « Dessine-moi une cathédrale », propose des dessins hauts en couleurs de Notre-Dame de Paris, réalisés par des élèves du monde entier. Tous présentent leur vision du monument emblématique de la capitale à l’aide de collages, feutres, peintures… Prenez le temps d’admirer leurs oeuvres sur le parvis de la cathédrale, qui surplombe d’ailleurs l’exposition avec ses deux tours.

L’autre, est une série de photographies que l’on peut admirer rue du Cloître-Notre-Dame. Elle a pour titre : « Notre-Dame de Paris, les premiers mois d’une renaissance ». A travers les clichés de Patrick Zachmann, photojournaliste de l’agence Magnum Photos, l’exposition rend visible le labeur de tous les travailleurs et corps de métiers impliqués dans la reconstruction de Notre-Dame. L’exposition, qui s’étend sur les palissades du chantier, retrace l’incendie puis les travaux de reconstruction et de restauration de la cathédrale. Elle s’attarde notamment dans la partie « Les bâtisseurs d’aujourd’hui : les corps de métiers au cœur du chantier de sécurisation de la cathédrale Notre-Dame de Paris », sur le savoir-faire des artisans et professionnels participants au chantier : maîtres verriers, cordistes, archéologues, grutiers,  charpentiers, tailleurs de pierre, échafaudeurs… L’exposition plonge le spectateur dans le coeur du « chantier du siècle » et les coulisses de la reconstruction grâce à d’impressionnantes photographies. Elle permet de comprendre toutes les étapes de ces travaux titanesques. Un bel hommage aux métiers du patrimoine !


Photographie de l’exposition « Notre-Dame de Paris, les premiers mois d’une renaissance » prises par Agathe Passerat de La Chapelle. Mars 2021.

Ces expositions donnent envie de se replonger dans l’oeuvre monumentale Notre-Dame de Paris de Victor Hugo pour découvrir Paris et sa cathédrale emblématique au Moyen-Age !

Pour aller plus loin :

L’exposition virtuelle « Notre-Dame de Paris en plus de 100 oeuvres » propose des archives iconographiques et vidéos, retraçant l’histoire de la cathédrale au fil des siècles.

Lien : https://www.parismuseescollections.paris.fr/fr/expositions-virtuelles/notre-dame-de-paris-en-plus-de-100-oeuvres

Cet article n’engage que son auteure.

Ecrit par : Agathe Passerat de La Chapelle.

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[Rubrique culturelle : Le regard d’une artiste, Frida Kahlo par Lucienne Bloch]

En ces temps de crise sanitaire, de couvre-feu et d’absence de musées ou d’expositions, les galeries d’art représentent une alternative intéressante pour continuer de nourrir notre curiosité culturelle.

La Galerie de l’instant, au cœur du Marais, propose actuellement une exposition  consacrée à des photographies exclusives de Frida Kahlo. Artiste peintre mexicaine, femme engagée et puissante, Frida Kahlo continue aujourd’hui de fasciner tant par ses œuvres que par son personnage courageux et captivant.

 Les photographies présentées dans la galerie sont celles de la photographe Lucienne Bloch, assistante et apprentie de Diego Riviera qui fut l’époux de Frida. Celle-ci est devenue l’amie proche et la confidente de la jeune femme, l’accompagnant dans les moments les plus durs de son existence comme la maladie de sa mère ou sa fausse couche. Ces œuvres témoignent en effet de la proximité et de l’intimité des deux femmes.

Frida Kahlo affirmait d’ailleurs au sujet de l’amitié : « Je serai l’amie de ceux qui m’aime telle que je suis. ».

Ces photos sont ainsi une ode à la féminité, à l’estime de soi et à la simplicité de la vie malgré les tourments et les obstacles auxquels Frida sera confrontée tout au long de son existence. On peut ainsi la voir contempler ses tableaux, échanger un baiser avec son mari ou profiter de la douceur de son pays natal, le Mexique.

Ces portraits en noir et blanc sont fascinants par la simplicité de l’action contrastant avec la fascination du personnage. Ils la représentent dans les moments heureux de sa vie, fière de son travail et de ses œuvres, des moments de complicité avec son époux avant que leur vie conjugale ne vole en éclats, l’estime de soi et l’appréciation de sa féminité.

Cette exposition est d’autant plus captivante, qu’elle a été permise par le jeu du hasard. En effet, après avoir découvert certains de ces clichés à New-York il y a un an, la directrice de la Galerie de l’Instant, Julia Gragnon en poste une image sur instagram. Elle sera ensuite contactée par la petite fille de la photographe, Lucienne Allen Bloch qui collaborera et l’aidera à mettre en place cette exposition.

« Tout le folklore autour de ses vêtements, de ses fleurs, de la couleur, cette espèce d’image d’Epinal de Frida Kahlo, ce n’est pas dans ces images-là qu’on va la retrouver »

Cette affirmation de Julia Gragnon témoigne de la profondeur des photos présentées et de ce visage apaisé de Frida Kahlo que l’on ne voit finalement que trop rarement.

Frida Kahlo de Rivera 1907-1954 , famous Mexican painter

Une visite au cœur de cette exposition dans la Galerie de l’Instant vous permettra donc de retrouver les joies des sorties culturelles, de réapprendre à apprécier la singularité des photographies et surtout à apprécier un aspect lumineux et mélancolique de la vie de Frida Kahlo qui vous donnera l’impression d’accompagner ces moments éblouissants de vie aux côtés de Lucienne Bloch.

La Galerie de l’instant vous accueille toute la semaine jusqu’à 19h et l’exposition consacrée à Frida Kahlo s’achèvera le 31 mars 2021.

Article de Clémence Hoerner

Cet article n’engage que son auteure.

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[ Rubrique culturelle : Le cimetière du Père-Lachaise ]

Situé dans le 20 ème arrondissement de Paris et s’étendant sur 44 hectares, le cimetière du Père-Lachaise (ou cimetière de l’Est) est le plus célèbre de la capitale. Il tient son nom du confesseur du roi Louis XIV : le père jésuite François d’Aix de La Chaise. Le site a ouvert ses portes le 21 mai 1804. Sa renommée tient au fait qu’il abrite les sépultures de quantité d’hommes et de femmes célèbres ayant marqué l’histoire de France et du monde : des artistes, peintres, musiciens, chanteurs, écrivains, militaires, hommes politiques, historiens, scientifiques… Pour n’en citer que quelques uns des plus célèbres : Proust, Musset, Molière, Edith Piaf, Jim Morisson, Balzac, Chopin, Colette, Jean de La Fontaine, Champollion, Simone Signoret.

Le cimetière accueille également des tombes d’anonymes. Au total, ce sont 70 000 concessions que l’on peut retrouver dans ce véritable jardin-panthéon. Plus de 3 millions de visiteurs venus du monde entier le visitent chaque année.

La partie la plus ancienne du cimetière du Père-Lachaise (celle la plus proche de l’entrée principale), a été classée au titre des « sites historiques et pittoresques » en 1962. Certains monuments funéraires ont été quant à eux été classés monuments historiques, comme le mur des Fédérés, le crématorium de style néobyzantin datant de la fin du XIX ème siècle ou encore les tombes d’Héloïse et d’Abélard, de Molière, de La Fontaine et de l’abbé Delille.

Il s’agit donc d’un lieu unique et original qui invite au recueillement. On peut le comparer à un musée en plein air puisque le site est imprégné d’art, de culture et d’histoire (notamment le « mur des Fédérés » lié à l’histoire de la Commune en 1871). De nombreuses oeuvres architecturales et sculpturales, édifiées par les architectes et les sculpteurs les plus représentatifs de leur époque témoignent de la richesse de l’art funéraire. On peut y observer tous les styles de cet art : des caveaux haussmanniens, des tombes gothiques, des mausolées à l’antique, des édifices néo-classiques, des sculptures aux styles variés…

Le visiteur ne peut que s’émerveiller de ce labyrinthe de tombes et de verdure !

Le cimetière constitue un lieu de promenade agréable avec ses nombreux arbres faisant de lui un écrin de verdure (le plus grand espace vert de Paris intra-muraos) qui semble suspendu hors temps et hors de la capitale. Si les promenades y sont autorisées, attention toutefois à conserver une attitude correcte dans ce lieu de recueillement.

Pour découvrir les personnalités enterrées au cimetière du Père Lachasie : https://pere-lachaise.com/tombes-et-celebrites-au-pere-lachaise/

Pour préparer sa visite : https://pere-lachaise.com/

/!\ Les horaires d’ouverture sont susceptibles d’être changés en fonction de la crise sanitaire et des restrictions liées.

Infos pratiques :

Horaires d’ouverture

Novembre à mi-mars :

de 8h à 17h30 du lundi au vendredi,

de 8h30 à 17h30 le samedi,

et de 9h à 17h30 le dimanche et les jours fériés.

De mi-mars à octobre :

de 8h à 18h du lundi au vendredi,

de 8h30 à 18h le samedi,

et de 9h à 18h le dimanche et les jours fériés.

Attention : Les derniers visiteurs sont admis au plus tard 15 minutes avant la fermeture.

L’entrée est gratuite.

5 entrées au total (pour plus d’informations, visitez le site internet)

Entrée principale :

Adresse : n’a pas d’adresse postale. (Pour indication : située sur le boulevard de Ménilmontant, face à la rue de la Roquette)

Transports : Métro Philippe Auguste (ligne 2) – Bus 61, 69.

Des visites guidées sont proposées (hors Covid).

Cet article n’engage que son auteure.

Rédigé par Agathe Passerat de La Chapelle

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[Rubrique culturelle : l’Heure bleue de Peder Severin Kroyer]

Aujourd’hui, nous vous présentons une nouvelle exposition que vous prendrez plaisir à découvrir lors de la réouverture des établissements culturels ! Pour voyager sans quitter la France, pourquoi ne pas prendre un après-midi pour visiter le Musée Marmottan Monet, et plus spécialement son exposition qui se déroule jusqu’au 25 juillet 2021 sur l’œuvre de la vie de Peder Severin Kroyer !

Exposition intitulée “L’heure bleue”, elle est placée sous le patronage de la Reine Margarethe II du Danemark. 

Mais, qui est Peder Severin Kroyer ?

Peder Severin Kroyer était un artiste peintre qui a exercé dans la seconde moitié du 20e siècle et qui est décédé en 1909 à 58 ans. Il était de nationalité danoise et norvégienne, et son art était perceptible dans la peinture et la sculpture. 

(Autoportrait, 1897, Copenhague, Collection Hirschsprung)

Pour développer son art, Peder Severin Kroyer a énormément voyagé, surtout entre les années 1877 et 1881, où il a découvert l’Europe, rencontré des artistes et des étudiants en art qui l’ont aidé à développer son style artistique. Il s’est même arrêté quelque temps à Paris, où il fut influencé par des impressionnistes de son temps comme Claude Monet, Alfred Sisley ou encore Pierre Auguste Renoir. Mais, en réalité, c’est toute sa vie durant qu’il a voyagé, continuant de puiser son inspiration chez des artistes et des cultures étrangères à la sienne.

En 1881, de retour dans son pays natal qu’est le Danemark, il s’installa à Skagen et produisit durant cette période un large panel de tableaux retraçant la vie quotidienne de ses habitants ainsi que les paysages de la ville. 

Il est d’ailleurs, dans cette optique, rattaché à l’école culturelle et artistique qui dominait alors dans la ville à la période, que l’on appelle communément Les Peintres de Skagen. 

Focus sur Les Peintres de Skagen : c’est un groupe d’artistes qui se sont tous retrouvés dans la ville de Skagen dans les années 1870 pour capter la lumière si particulière qui y régnait dans la ville. En effet, on se plait à dire que l’heure bleue de Skagen est particluièrement divine pour les artistes qui cherchent à la capturer dans leurs tableaux. D’un point de vue artistique, les Peintres de Skagen peignent des paysages d’une manière très réaliste avec des couleurs elles aussi très riches. 

Alors, Peder Severin Kroyer partageait son temps entre Skagen l’été, et Copenhague l’hiver. Cependant, durant les dix dernières années de sa vie, il fut atteint de cécité ce qui compliqua – mais n’arrêta pas – son travail d’artiste. Il aimait même en plaisanter, en disant que la vue de son œil sain était devenue meilleure depuis la perte de sensibilité dans son œil malade. Il a d’ailleurs réalisé des tableaux qui sont aujourd’hui très célèbres pendant cette période. Malgré cela, il mourut en 1909, non pas de complications dues à sa cécité, mais d’une syphilis aiguë. 

    Capturer “L’Heure Bleue” au Musée Marmottan Monet

Pour la première fois en France, le musée Marmottan Monet présente une exposition monographique des œuvres de Peder Severin Kroyer. L’objectif ? Partir à la recherche de l’Heure Bleue, “ce phénomène météorologique qui précède le crépuscule et ne se déploie surtout aux lointains bords de mer septentrionaux”. 

Cette exposition regroupe plus de 60 œuvres d’art qui viennent de musées tous différents : de Paris à Copenhague, mais aussi de musées comme ceux de Aarhus, Kiel ou Budapest. L’exposition du musée Marmottan Monet s’intéresse donc à la vie de Kroyer à Skagen, où il a pu capturer cette heure bleue jugée si magnifique. 

Elle se déroule d’ailleurs en trois temps. 

Le premier moment de l’exposition, dont le décor ne bouge jamais puisqu’il s’agit constamment de la plage de Skagen, montre des images de la vie quotidienne des pêcheurs, toutes plus vivantes les unes que les autres. On retrouve alors deux toiles qu’on ne présente plus lorsque l’on parle de Kroyer : Pécheurs de Skagen, Danemark, coucher de soleil (1883, Skagen, Skagens Kunstmuseer) et Bateaux de pêche (1884, Paris, musée d’Orsay) 


Dans un second temps, Kroyer montre alors la vie quotidienne sur la plage, avec des enfants qui jouent, se baignent, se baladent, dans des scènes qu’on pourrait qualifier de crépusculaires, où le travail du bleu est primordial pour l’artiste. 

“Attendez-nous!”, 1892, Skagen, Art Museum of Skagen / “Garçons se baignant à Skagen, Soirée d’Été”, 1899, Copenhague.

 

Enfin, l’exposition se termine sur le rattachement de l’artiste aux peintres de Skagen. On y retrouve alors le portrait de sa femme Marie qui faisait partie de cette école artistique (Roses (1893, Skagen, Skagens Kunstmuseer). On découvre ensuite les œuvres des peintres de Skagen, peintres qui auront inspiré Kroyer comme on peut le reconnaître dans son tableau Hip Hip Hip Hourra ! (1888,  Skagen, Skagens Kunstmuseer) pour n’en citer qu’un.  

Article de Tifenn Genestier

Cet article n’engage que son auteure.

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