[ UNESCO x UNICEF: semaine de lecture]

Jean-Paul Sartre, Les mots, 1964 Le rôle de la lecture et la place des livres, dans l’enfance et la formation de l’un des plus grands écrivains du XXème siècle : Jean-Paul Sartre.

Né au milieu des livres, entouré par ces objets si énigmatiques et si séduisants, Sartre nous fait découvrir les œuvres qui l’ont accompagné pendant sa vie : loin d’être une simple activité intellectuelle, la lecture est ainsi présentée comme véritable moyen d’accès à l’univers, au monde, à la réalité. L’univers livresque semble, dans l’enfance du jeune Sartre, précéder et façonner le monde, toujours filtré par la littérature, regardé et conçu à travers la littérature et les mots. « J’ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute : au milieu des livres », Sartre résume ainsi la substance de ce roman autobiographique, qui se veut tout d’abord éloge de la lecture et, par-là, de l’écriture, de la place de l’écrivain dans le monde.

Marcel Proust, Sur la lecture, 1906.

Dans cet essai paru en 1906, texte qui annonce la Recherche du temps perdu, Proust revient sur sa propre expérience avec les livres, à partir de leur découverte dans son salon à Illiers. Fascinants et mystérieux, les livres attirent l’attention du jeune Proust, qui accède ainsi à une expérience – la lecture – faite de sensations et de jouissance, de méditation et solitude. C’est justement sur l’élément de la solitude que l’auteur insiste quand il parle de la lecture, qui semble demander le silence et le calme que la solitude seule peut réaliser. A travers des descriptions détaillées et structurées, qui annoncent la Recherche, Proust nous plonge dans son univers littéraire, dans son rapport intime, direct, émotionnel avec les livres, qui deviennent ainsi les véritables protagonistes de cet essai intense et court dans lequel se condense l’essence du rapport de l’écrivain avec la lecture, conçue comme pratique qui fonde et rend possible l’écriture.

La Bibliothécaire, Gudule, 1995.

Dans sa quête éperdue pour retrouver un grimoire magique, Guillaume va devoir plonger au cœur du pays des livres. Au cours de son voyage, il rencontrera les personnages les plus marquants de la littérature française, de Gavroche au Petit Prince. Gudule, grande plume des années 90-2000, est bien connue pour la très grande créativité de ses récits mais aussi pour son humour toujours mordant. Dans ce texte destiné à la jeunesse, elle met en scène un jeune héros attachant dans lequel il est facile de se retrouver. On se souvient alors avec émotion de ses premières découvertes livresques et on retrouve avec plaisir des personnages bien connus, ici revisités avec talent. Le livre est également idéal pour donner aux plus jeunes le goût de la lecture et leur permettre développer leur imaginaire.

Magus of the Library, Mitsu Izumi, 2019.

Shio est un jeune garçon rêveur vivant dans un village isolé, au sein d’une contrée imaginaire. Timide et moqué pour ses grandes oreilles, il a du mal à s’intégrer et préfère souvent la compagnie des livres à celle des autres adolescents. Sa vie va changer le jour où il se voit offrir l’opportunité de passer un concours afin de devenir Kahuna : c’est-à-dire travailler à la conservation des livres au cœur de la plus grande bibliothèque du pays. Cette série de manga a connu un grand succès au Japon avant d’être récemment traduite en français : quatre tomes sont parus à ce jour. Notamment acclamé pour la grande qualité de son dessin et pour ses personnages particulièrement drôles et humains, Magus of the library comporte également quelques touches de magie ainsi que de très beaux messages sur l’acceptation.

Fahrenheit 451, Ray Bradbury, 1955.

Dans ce grand classique du genre dystopique, posséder des livres est un crime et une brigade spéciale est chargée de détruire tous les textes sur lesquels elle peut mettre la main en les brûlant. Le titre fait d’ailleurs référence à la température de combustion du papier. Montag, qui appartient à cette escouade un peu particulière, se dresse peu à peu contre cette idée de brûler les livres, de détruire l’accès à la culture. Il est alors considéré comme dangereux et impitoyablement pourchassé. Acclamé mondialement, Fahrenheit 451 est un texte essentiel sur la liberté d’expression et sur l’importance des livres dans la construction d’une société éclairée et libre. Écrit dans le contexte de la guerre froide et plus particulièrement du maccarthysme, le chef-d’œuvre de Ray Bradbury est demeuré aujourd’hui d’une troublante pertinence. Il contient par ailleurs des passages sublimes qui sont de véritables déclarations d’amour à la lecture.

Emilia Bezzo et Cécile Cabot.

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[Un art encore assez méconnu : la marqueterie de paille]

La marqueterie de paille est un savoir-faire artisanal apparu au 17ème siècle en Europe. C’est une technique de décoration et de sublimation d’objets. Cette technique demande beaucoup de connaissances techniques et de patience. En effet les artisans travaillent doivent travailler en collaboration avec leur fournisseur afin de se procurer la matière première dont ils ont besoin. 

Malheureusement cet art perd vite son succès et tombe dans l’oubli pendant des siècles. C’est à partir de la volonté de restaurer des objets d’art que l’intérêt pour la marqueterie de paille a fait son retour. C’est alors que dans les années 1920 que deux hommes, Jean Michel et André Groult se lancent à la fois dans la restauration d’anciens objets et la confection de nouveaux, et permettent à la marqueterie de vivre un nouvel essor. 

La paille est un matériau qui a toujours été associé au pauvre, fragile et sans valeur. Cependant il est tout à fait surprenant d’apprendre avec la marqueterie, que la paille est finalement un matériau solide grâce au vernis de silice naturel qu’elle possède, lui permettant d’être imperméable et résistant à la chaleur. Ce qui fait son charme est nul doute son aspect soyeux et brillant. La paille a aussi comme avantage d’être cultivée en abondance et est peu coûteuse. 

En marqueterie, c’est la paille de seigle qui est utilisée et cultivée en Bourgogne. Elle subit de nombreux processus, en deux temps,  premièrement nous avons la coupe, le séchage et la teinture qui sont entrepris à la main ou par des machines artisanales. Par la suite, les artisans travaillent paille par paille en la fendant en deux, puis encollée et finalement aplatit, tout ça à la main avec très peu d’outils. 

Aujourd’hui la marqueterie de paille s’est fait une place d’honneur dans le luxe, et recouvre parfois des murs entiers. Même si cet art redevient prisé, on ne dénombre que quelques dizaines de marqueteurs en France, et cela est sûrement dû au fait qu’il n’existe pas une formation exclusivement dédiée à cette formation puisque celle-ci découle seulement d’une option dans la formation d’ébéniste. 

Source de l’image : Collections in the Musée Crozatier of Le Puy-en-Velay

Pour plus d’informations, voici les sources : 

https://artisanat-france.fr/la-marqueterie-de-paille-un-metier-dart-encore-meconnu/

https://www.lci.fr/societe/video-marqueterie-de-paille-un-savoir-faire-ressuscite-2201761.html

Cet article n’engage que son auteur,

Aurélie Ménard .

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Hip-Hop 360 : 40 ans d’histoire de la culture Hip-Hop, à la Philharmonie de Paris

Vous l’aurez remarqué, il est de plus en plus difficile de voyager ces derniers temps. Et pourtant, la Philharmonie de Paris nous donne l’occasion de faire un petit aller-retour de 5 836 km. Cette excursion est rendue possible par l’exposition Hip-Hop 360, qui retrace l’histoire de ce mouvement depuis le New York des années 1970, à son arrivée en France au début des années 1980. 

Pour cette rubrique culturelle, l’antenne Unesco de SONU souhaite vous présenter la culture Hip-Hop dans sa richesse, par le biais de Hip-Hop 360. Cette culture, et par extension cette exposition, regroupe la danse, le rap, l’art du graffiti, le beatmaking, la beatbox, et bien sûr la mode. Et l’exposition Hip-Hop 360 tente de nous partager tous ces éléments qui constituent ce mouvement, en narrant l’émergence d’une identité du hip-hop français. Cette exposition, dont le parcours s’étend sur 700 m², mérite que l’on scrute chaque recoin du parcours, tant le voyage est abondant et chargé d’histoire. Alors, ne passez pas tout votre temps dans l’espace 360, cette salle hypnotisante et immanquable, permettant de revivre les moments les plus mémorables du Hip-Hop français en visionnant les concerts d’artistes qui ont participé à la renommée de ce style, tels que Diam’s, Ideal J, ou encore NTM, mais également de se laisser surprendre par les breakdanceurs, qui débarquent dans le cercle au centre de la salle, tout en étant filmés par au-dessus.

Source : RFI/Edmond Sadaka

L’exposition consacre aussi une grande place à la photographie, avec notamment les clichés de la célèbre photographe Sophie Bramly qui a photographié les premières heures de ce mouvement. François Gautret, le commissaire de cette exposition, raconte l’histoire d’un autre photographe emblématique de la culture Hip-Hop, Marc Terranova, qui, dans sa jeunesse, avait documenté longuement la naissance du mouvement Hip-Hop, sous ses différents aspects avant d’aller proposer sa série au magazine Actuel, à l’époque. Le magazine n’était intéressé que par l’aspect graffiti vandale de son reportage, mais le photographe insista pour que ce mouvement soit connu dans toute sa diversité. Ainsi, Marc Terranova refuse finalement de leur vendre ses photos, et son reportage demeure inédit, car aujourd’hui encore, on se bouscule pour admirer l’ensemble de ses clichés qui nous plongent dans l’ambiance des années 80, où le baggy et la casquette portée à l’envers régnaient en maître.

Que la culture Hip-Hop vous soit familière ou non, il est difficile de s’y ennuyer tant les approches pour découvrir ce mouvement sont multiples. L’exposition se veut ludique et interactive, et nos sens sont presque tous mis en éveil : en effet il est possible de porter un casque et s’immerger dans les plus grands hits du Hip-Hop, d’observer attentivement les détails de la vitrine Tikaret, ou encore de se mettre dans la peau d’un DJ en tournant le bouton du faux boombox.

Source : FranceTV Info

En somme, quel que soit votre âge ou votre familiarité avec le Hip-Hop, chacun peut y trouver son compte. Ce voyage au sein de cette culture est volontairement accessible. Et dans ces 40 ans d’histoire du hip-hop français, il y a aussi bien NTM que Jul. L’idée est en effet  de montrer la persévérance du mouvement. On retrouve une volonté de mélanger les générations, afin que les jeunes qui écoutent du rap aujourd’hui et ne maîtrisent pas forcément les pionniers de ce mouvement comme NTM, les découvrent. Et inversement, que les plus âgés se penchent sur les nouvelles générations. L’objectif final, c’est que chaque public découvre un pan de cette musique qu’il ne connaît pas forcément, non pas qu’il quitte l’exposition en se disant cette fameuse phrase que l’on a déjà pu entendre lorsqu’il s’agit de Hip-Hop : « C’était mieux avant ! ». 

Exposition ouverte du mardi au dimanche de 11h à 20h et les vendredis jusqu’à 22h, jusqu’au 24 juillet 2022, à la Philharmonie de Paris

Réservations sur : Hip-Hop 360 | Philharmonie de Paris 

Sources : Hip-Hop 360 | Philharmonie de Paris, « Hip-Hop 360 » à la Philharmonie : cinq choses à ne pas louper dans l’exposition, Exposition: la culture hip hop à l’honneur à la Philharmonie de Paris

Cet article n’engage que son auteur.

Jonathan Katende

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[Portrait de personnalité inspirante: Vivian Maier – exposition rétrospective ]

Depuis le 15 septembre, une exposition sur la célèbre photographe Vivian Maier à lieu au musée du Luxembourg. 

Elle est née le 1er février 1926 à New-York mais passa toute son enfance en France auprès de sa mère. C’est le 16 avril 1951 qu’elle retourne à New York et commence à travailler  comme nourrice dans des familles aisées. C’est aussi à partir de ce moment qu’elle acquiert son premier Rolleiflex. 

Vivian Maier est décrite comme une personne très discrète et loin d’être la personne la plus chaleureuse. Tout le monde s’accorde pour dire qu’elle était très mystérieuse puisqu’à l’époque personne ne savait qu’elle occupait tout son temps libre à la pratique de la photographie. Tombée dans la misère, ce sont les enfants Gensburg qu’elle gardait qui l’ont reconnu et aidé à sortir de cette situation. Malheureusement, elle décéda le 21 avril 2009 dans la maison qu’ils lui avaient achetée. 

Alors que notre photographe est décédé sans avoir partagé son secret et ses travaux, c’est John Maloff qui les à découvert quelque temps après, lorsqu’il à acquis quelques cartons d’une vente aux enchères. Son but était de trouver des clichés afin d’illustrer un livre d’Histoire locale, c’est alors qu’il tombe sur le nom de notre photographe et entame des recherches. En avril 2009, il réussit à rencontrer les frères Gensburg qui lui racontent la vie de leur nourrice. John Maloff décide par conséquent de commencer à trier et à numériser le travail de Vivian Maier, puisque selon lui, il fallait que ce travail soit montré au monde entier. 

Dès lors, il organise la première exposition au Chicago Cultural Center, en la nommant “ Finding Vivian Maier”. Ce fût un succès immédiat, et Vivian Maier est enfin reconnue comme une photographie célèbre malgré elle.  Puisque les conditions de la découverte de cette artiste sont assez originales et étonnantes, John Maloff coproduit un documentaire sur cette histoire nommé Finding Vivian Maier comme la première exposition. C’est réellement à partir de cette date que les grandes institutions culturelles organisent des expositions sur cette mystérieuse photographe qui fascine tout le monde. 

Si vous voulez vivre une expérience originale et comprendre davantage le travail de cette mystérieuse Vivian Maier, l’exposition rétrospective au Musée du Luxembourg vous accueille jusqu’au 16 janvier 2022. 

Cet article n’engage que son auteur, 

Ménard Aurélie.                 auteur de la photo : Legio Photos VIISource : https://www.grandpalais.fr/fr/article/qui-est-vivian-maier

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L’art au service de la Science : le projet Corail Artefact

Jérémy Gobé est un artiste venant du Nord-Est de la France, et comme la plupart des artistes, Jérémy a beaucoup travaillé avec des matériaux issu de la récupération, chutes de matériaux et “chinage” d’objets de seconde main, le corail sera pour lui un objet de prédilection et de fascination. 

Il tente alors de lier différents matériaux, afin de prolonger les morceaux de coraux qu’il avait en sa possession. Afin de mieux comprendre les matériaux sur lesquels il travaillait, il entreprend des recherches. Dans un premier temps il découvre trois facteurs majeurs de la dégradation des récifs coralliens ; le réchauffement climatique, la surexploitation des ressources de la mer avec la pêche intensive à la dynamique et/ou au cyanure, enfin, la grande concentration de plastique dans l’eau qui engendre un trop grand nombre de particules toxiques. Dans un second temps, il apprend et prône les savoirs-faire traditionnels, surtout dans le textile, avec le tricot ou encore la broderie en apprenant le “Point d’Esprit”, motif traditionnel de la région Auvergne Rhône Alpes . (photo de dentelle – au dessous)

C’est ainsi que l’idée de pouvoir aider et stimuler la régénération des coraux en leur créant un support en dentelle, lui parvient. En effet, au cours de ses nombreuses recherches, Jérémy a constaté que les chercheurs scientifiques recherchaient un support afin de pouvoir faire adhérer les larves des coraux. Ce support doit répondre à trois critères : la rugosité, la souplesse ainsi que la transparence. Par conséquent, la dentelle en coton correspond tout à fait aux exigences, de plus, comme le souligne l’artiste, la dentelle en coton et biosourçable (matière biologique), biodégradable (= qui se dégrade sans impact négatif sur l’environnement) et biomimétique(= qui imite les procédées de la nature).  

En 2018, Jérémy Gobé décide de se lancer dans un programme de Recherche, de Développement et d’Innovation, qu’il nomme Corail Artefact.

Ce projet va bien plus loin que le support en dentelle car il entreprend, de façon complémentaire, la création de structure en béton écologique et des outils d’aquariologie ainsi que des objets faits en matières dites “alternatives” afin de remplacer les plastiques. 

En effet, de premier abord, le béton fait d’eau, de sable et de ciment nous paraît totalement inoffensif pour le système marin. Malheureusement c’est sa production qui constitue un impact négatif sur nos écosystèmes, puisqu’en effet le sable prélevé augmente la montée des eaux et la production de ciment dégage une trop grosse quantité de CO2.  

Le tout est retranscrit afin de créer un outil de médiation auprès des différents publics, scolaires notamment. 

En 2019, Jérémy s’associe avec Claire Durand-Ruel, et des tests ont pu être effectués sur le béton et la dentelle avec succès. Par conséquent ses solutions vont être davantage développées afin d’être commercialisées et les actions de sensibilisation continuent d’être effectuées. 

Cet article est basé sur le site officiel du projet Corail Artefact, pour en savoir plus, rendez vous sur Corail Artefact | Un projet Art Science Industrie Education de Jérémy Gobé 

Cet article n’engage que son auteur

Aurélie Ménard

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[Rubrique culturelle] Journée internationale des Arts islamiques et de la langue arabe 2021

Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, à l’occasion de la Journée internationale de l’art islamique  a déclaré que « Cette journée a été proclamée afin de célébrer ensemble ce patrimoine exceptionnel, tissé depuis 14 siècles, et qui continue de se renouveler, de se réinventer et d’influencer les cultures du monde entier. » Depuis sa proclamation lors de la 40ème session de la Conférence générale de l’UNESCO, la journée internationale de l’art islamique est célébrée le 18 novembre de chaque année.

Afin de favoriser l’appréciation de l’art islamique il convient de revenir sur sa définition. L’art islamique concerne les formes artistiques crées dans le “Dar al-Islam”, espace géographique s’étendant de l’Espagne à l’Inde en passant par l’Afrique du Nord et l’Egypte, cet espace ne correspondant pas au monde musulman contemporain. L’adjectif islamique employé, ne renvoie pas à la religion dont l’adjectif est musulman, mais à la civilisation. 

D’ailleurs, les arts islamiques sont essentiellement profanes. Lors de la première “exposition générale d’art musulman” ayant lieu à Paris en 1893, l’emploi de l’appellation “art musulman” est employé officiellement pour qualifié “les monuments des pays soumis à la loi de l’islam, qu’ils soient placés à l’Orient ou à l’Occident”. Se référant à l’idée d’unité religieuse des territoires orientaux et africains pour qualifier des œuvres profanes, cette appellation “ d’art arabe” a été remplacée dans la deuxième moitié du XXème siècle par “art islamique”. Dès 1905, l’exposition “Arts de l’Islam, des origines à 1700, dans les collections publiques françaises” prend place au sein du département des Objets d’art du musée du Louvre. Charlotte Maury, chargée des collections ottomanes et de l’Art du Livre au département des Arts de l’Islam du musée du Louvre, dépeint la variété des caractéristiques des arts islamiques à travers l’exemple des Arts du Livre. Ces Arts comprennent à la fois des manuscrits du Coran enluminés qui portent essentiellement des motifs aniconiques, géométriques ou végétaux et des livres qui portent des décors figuratifs, des cycles iconographiques pour illustrer un texte qui peut être une épopée légendaire d’un règne, un roman d’amour courtois ou un roman mystique.

Les expositions d’art islamiques se multiplient sur le territoire national. Au musée du Louvre, les premières œuvres d’art islamique entrent dès sa création en 1793. Les premières salles datent de 1893. Les collections concernent l’espace géographique En 2012, sur le décret du président François Hollande, la collection est installée dans une architecture spécialement conçue à cet effet, une structure de verre et de métal insérée dans la cour Visconti, répartie sur deux niveaux. La section Arts d’Islam regroupe plus de 3000 œuvres dont des objets d’arts ayant appartenu à des princes et  des khalifes révélant la variété et le luxe de cet art. 

Par ailleurs, le musée du Louvre, en collaboration avec la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, lance un événement de promotion des arts islamiques à l’échelle nationale. Du 20 novembre au 27 mars 2022, dix-huit expositions simultanées de l’événement Arts de l’Islam.Un passé pour un présent sont programmées dans 18 villes de France. Chaque exposition accueillera dix œuvres à la fois historiques et contemporaines dans le but de valoriser le dialogue interculturel en ouvrant « plus largement les horizons » comme l’a souligné Roselyne Bachelot, Ministre de la culture. Les 18 villes présentent un événement unique mais disposent toutes d’un dispositif scénographique réunissant un espace d’exposition, un espace de projection, un espace débat ainsi qu’un film immersif  emmenant les visiteurs en voyage en Orient.

L’exposition “ Cartier et les arts de l’Islam. Aux sources de la modernité” présentée par le Musée des Arts Décoratifs, coproduite par le Dallas Museum of Art, avec le soutien de la maison Cartier, met en exergue les influences des arts islamiques sur la création de bijoux et d’objets précieux. Plus de 500 bijoux et objets de la Maison Cartier, dessins, livres, photographies et documents d’archives rendent compte de l’intérêt pour les motifs et matériaux orientaux.

L’Institut des cultures d’Islam, lieu de rencontre et de dialogues, propose toute l’année des  expositions, concerts, conférences, projections-débats et  ateliers visant à partager la diversités des cultures d’Islam contemporaines. A travers l’angle de l’art contemporain, l’Institut des cultures d’Islam entend déconstruire les préjugés et stéréotypes sur les arts islamiques.

Lieu d’échange et d’apprentissage, l’Institut des cultures d’Islam, propose des cours de langue et de pratiques artistiques. D’octobre à juin cet établissement propose des cours de langue arabe qui s’inscrivent dans le Cadre Européen Commun de Référence pour les Langues (CECRL) favorisant la mobilité éducative et professionnelle. L’arabe littéral moderne y est enseigné. L’Institut des Cultures d’Islam propose également des formations artistique tels que l’art de la calligraphie. 

L’Institut du Monde arabe dispense également des cours de langue arabe dans son centre dédié : le Centre de la langue et des civilisations arabes. Les collections exposées à l’IMA proviennent de l’ensemble du monde arabe de l’Antiquité préislamique à la période contemporaine.

Alors que les arts islamiques se distinguent du monde arabe en ce que le monde arabe n’est qu’une partie du monde islamique, l’Institut du Monde arabe prend le contrepied du processus de distinction en mobilisant la notion “d’art arabe” dès sa rénovation en 2008. 

La programmation de l’Institut du Monde arabe vise à exposer la richesse et la diversité de création du monde arabe.  Actuellement,  et ce jusqu’en janvier 2022, l’exposition Lumières du Liban. Art moderne et contemporain de 1950 à  aujourd’hui, célèbre la créativité des artistes modernes et contemporains du Liban et de ses diasporas, du lendemain de son indépendance en 1943 jusqu’à nos jours. 

Cette exposition s’inscrit dans la volonté de l’Institut du Monde arabe de rendre hommage à la résilience de la scène artistique libanaise suite à l’explosion du 4 août 2020.

L’Institut du Monde arabe incarne d’ailleurs la dimension politique sous tendu par la promotion de l’art islamique en Occident. La création de l’Institut du Monde arabe résulte de la volonté puissante des politiques de former un pont entre l’Orient et l’Occident. Cet établissement est placé sous l’autorité morale d’un Haut Conseil, composé des représentants des États membres de la Ligue arabe, et financé par la France et les États arabes. L’institution s’affirme alors comme un outil culturel et diplomatique d’exception au service des relations franco-arabes. En effet, l’Institut du Monde Arabe a été élu « Marque Culturelle Européenne 2014 » lors de la soirée « Awards des Marques Européennes de la Culture (9e édition) »  à Berlin le 30 octobre 2014.

Yannick Lintz, Conservatrice générale du patrimoine, directrice du département des Arts de l’Islam, musée du Louvre a déclaré dans un entretien que les expositions d’art islamique vont “permettre aussi à beaucoup de voir la civilisation islamique avec un autre regard que celui du terrorisme et de la radicalité.” 

La promotion de manifestations culturelles d’art islamique s’inscrit en effet dans la dynamique de partage et rapprochement culturel entre les peuples et d’encouragement à la tolérance par la puissance du vecteur artistique. Ainsi, la journée de l’art islamique incite au dialogue interculturel à travers l’appréciation de l’art islamique.

AMADY Nasrine 

Cet article n’engage que son auteure.

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[18 novembre, Journée mondiale de la Philosophie]

Philosophes ou non philosophes, spécialistes ou amateurs, jeunes ou adultes, peu importe : aujourd’hui, comme chaque troisième jeudi du mois de novembre, on célèbre la journée mondiale de la philosophie. Instituée par l’UNESCO en 2005, cette journée vise à sensibiliser, vulgariser, diffuser la réflexion et la pratique philosophique dans le monde. Mais qu’est-ce que, vraiment, la philosophie ? Voilà l’une des questions les plus ardues et les plus complexes, une question destinée à demeurer insoluble, parce que c’est justement l’impossibilité d’une réponse ultime le vrai moteur de la philosophie, philosophie en tant que recherche, quête, désir impossible à combler. En effet – comme le montre l’étymologie même du terme « philosophie », du grec φιλέω et σοφία, termes qui renvoient respectivement à l’amour et au savoir, c’est-à-dire, dans leur ensemble, à l’amour pour le savoir – la philosophie se caractérise in primis pour l’amour, le désir, la tension inépuisable vers quelque chose (le savoir) qui ne pourra jamais être atteint dans sa globalité. Le savoir philosophique n’est pas le savoir scientifique, n’est pas le savoir mathématique, médical, physique : il est, avant tout, un amour pour le savoir, c’est-à-dire la prise de conscience socratique de son ignorance, ce qui engendre la volonté – le désir justement – de connaître ce que l’on ignore. Traversée par les paradoxes et les contradictions, la philosophie est une forme de savoir pluriel et plurivoque, qui ne possède pas une vérité unique, figée, solide, mais qui, au contraire, se nourrit de problèmes, de questions, de conflits : le savoir philosophie est, en somme, un savoir de l’instabilité, mais dont l’instabilité constitue, au fond, la force et le charme.

Plus qu’un savoir, toutefois, la philosophie est une attitude au monde, une forma mentis, une manière particulière de se rapporter à la vie dans tous ses aspects : cette attitude est celle du questionnement, de la mise en question de ce que l’on voit et de ce que l’on vit, une mise en discussion des expériences qui nous arrivent individuellement et collectivement. Philosopher, c’est prendre du recul par rapport au monde pour l’interroger et le comprendre, c’est se poser des questions sur ce qui nous apparaît immédiat et évident : notre existence, le monde, les choses, les autres, la société, etc. Ainsi la philosophie est-elle, tout d’abord, une expérience de vie, un ressenti, un regard particulier jeté sur la réalité : loin d’être quelque chose de purement abstrait et dénué d’utilité concrète, elle s’ancre dans le réel et dans la vie de tous les jours, elle influence notre manière de penser, de réfléchir, de voir les choses et, par conséquent, notre manière d’agir. Il y a – il est vrai – plusieurs branches de la philosophie, les unes plus concrètes (philosophie pratique) les autres plus abstraites (philosophie théorétique) : et pourtant, même les questions qui pourraient apparaître les plus abstraites reposent, toutefois, sur une certaine expérience du monde, de la vie, de la connaissance.

Pourquoi, donc, célébrer la journée mondiale de la philosophie ? A chacun de trouver sa propre réponse, à chacun de découvrir le sens de la philosophie. Mais si l’on veut esquisser une réponse générale, on peut dire que la philosophie est un processus d’apprentissage antidogmatique et ouvert, qui ne pourra jamais correspondre à un ensemble figé de notions et de connaissances transmises de manière mécanique, mais qui, au contraire, permet à l’homme d’élaborer sa propre vision du monde, sa propre interprétation de la vie, sa propre indépendance intellectuelle : voilà finalement pourquoi philosopher, pourquoi célébrer la journée mondiale de la philosophie.

Cet article n’engage que son auteur

Emilia Bezzo

Sources: https://fr.unesco.org/commemorations/philosophyday

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[ Rubrique culturelle: One man show d’Edouard Baer ]

C’est au cours d’un week-end d’octobre que j’ai assisté, un samedi soir au one man show d’Edouard Baer intitulé « Les élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce » au théâtre Antoine dans le 10ème arrondissement. Particulièrement fan de la personne et de son humour, j’étais certaine de passer un agréable moment. Je ne m’attendais pas à ressentir un si large panel d’émotion au cours du spectacle. En effet, en plus théâtre magnifique que j’ai découvert lors de cette soirée, la proposition que nous offre l’humoriste est autant originale, touchante qu’amusante. Le spectacle prend ainsi la forme d’un one man show humoristique dynamique à l’image de son auteur ponctué de réflexions philosophiques et de passages littéraires choisis avec soin par le comédien. 

On assiste donc à l’évolution d’un personnage très théâtral qui n’est autre que celui du comédien lui-même jouant son propre rôle. Il interagit avec son environnement, le public ainsi que les différents personnages faisant leur apparition au cours du spectacle. Je situerais donc la prestation d’Edouard Baer à mi-chemin entre le stand-up, la pièce de théâtre et l’essai philosophique. Il nous fait partager son introspection, ses questions sur sa vie de comédien. Pour cela, il s’appuie sur les textes de ses auteurs phares, Romain Gary ou encore Bukowski.

Le lieu, les décors, les jeux de lumières participent aussi à faire passer au spectateur un excellent moment. Ce voyage dans les pensées d’Edouard Baer vous fera oublier vos tracas et vous fera sortir de la salle le cœur réchauffé. Il est possible de voir le spectacle pour un tarif minimal de 18,50€ et ce jusqu’au 30 décembre 2021, tous les jours de la semaine sauf le lundi à 21h en semaine et 19h le dimanche.

Voici donc une sortie que je vous conseille vivement et qui, croyez-moi, ne vous laissera pas indifférent !

Un article de Lili M’rabet

Cet article n’engage que son auteure.

Source :

Edouard Baer dans Les Élucubrations… Théâtre Antoine (ticketac.com)
Les élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce Édouard Baer et ses fantômes – Entrée du public (entreedupublic.fr)
Les drôles et émouvantes élucubrations d’Édouard Baer (lefigaro.fr)
Édouard Baer réfléchit à sa vie dans « Les élucubrations d’un homme soudain frappé par la grâce » – Bing video

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[Rubrique culturelle : Nuit blanche 2021]

Le 2 octobre 2021, Nuit Blanche propose plus de 200 évènements gratuits sur quatre parcours : centre, nord, est et ouest. Cette année, pour la 20e édition, la thématique choisie est celle du Corps en mouvement.

Nous vous proposons une liste non exhaustive des différentes activités et musées à découvrir à cette occasion :

Centre

  • Une danse connectée chorégraphiée par Mourad Merzouki à l’Hôtel de Ville
  • Une installation en néon de Tim Etchells au centre Pompidou
  • L’exposition Les envoûtés au Musée d’Art Moderne de Paris
  • Leaila Alaoui à l’Église Saint-Merry
  • Tamara Dean à la Canopée des Halles
  • Lenio Kaklea au Jeu de Paume
  • Au Musée des Arts et Métiers le compositeur Bastien David et la Compagnie Les insectes
  • Au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme, « Leah’le, la voix du Dibbouk », une création de Rainier Lericolais
  • Un spectacle aérien au Musée de la Conciergerie
  • Concerts de musique de chambre au Musée de l’Orangerie

Nord

  • Mustapha Benfodil au 6b
  • Une installation sonore, musicale et interactive à la Grande Halle de La Villette signée Nicolas Paolozzi
  • Artistes résidents à la Gare des Mines
  • Spectacle nocturne au Parc George Valbon
  • Cinq marathons musicaux à la Philharmonie de Paris

Est

  • Une balade artistique sur le GR 75
  • L’installation « Gyrotope » de Pablo Valbuena au Bois de Vincennes
  • Laurent Perbos à la BNF
  • Mohamed El Khatib au centre sportif Léo Lagrange
  • Projet collaboratif au Wonderland
  • Une swimming-pool party et Dj set à la piscine Georges Vallerey

Ouest

  • Une rollerdance party au Trinquet Village
  • Artistes et collectifs artistiques à Malkoff
  • Philippe Écharoux sur plusieurs lieux

Article de Sana Tekaïa

Cet article n’engage que son auteure.

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Le génocide culturel Ouïgour

Cela fait maintenant plusieurs mois que la répression des Ouïghours apparaît de plus en plus dans les médias et que le génocide commis est reconnu comme tel. Ethnie minoritaire de la région du Xinjiang, turcophone et musulmane, les Ouïghours sont installés en Asie centrale depuis plus d’un millénaire. Intégrés définitivement à la République Populaire de Chine en 1949, les Ouïghours subissent depuis ce temps la domination de l’ethnie majoritaire chinoise Han. 

Si une politique d’assimilation a longtemps été mise en place, depuis le début des années 2010, le gouvernement de la république populaire de Chine mène une politique répressive contre ce peuple. Internés dans des camps d’enfermements massifs, les Ouïghours subissent tortures et travail forcé pour de grands noms de l’industrie. Au-delà de ce que Pékin appelle des « centres de formation professionnelle », les ONG dénoncent de véritables camps de rééducation. En effet, le but de ces massacres est d’effacer la minorité Ouïghour et toute sa culture afin d’unifier le pays. Ainsi, la culture Ouïghour est directement visée au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste. Dans ces camps, des femmes sont violées, stérilisées, le chinois leur est appris de force. 

En plus des dégâts humains, le patrimoine culturel ouïghour est peu à peu détruit, effacé, dans le but d’être oublié. Depuis 2017, 65% des mosquées de la région et 58% des sites islamiques importants ont été détruits ou endommagés selon l’ASPI soit environ 16 000 sur les 24 000 que compte officiellement le Xinjiang. Les rassemblements et festivals communautaires sont eux aussi interdits alors que les familles sont séparées et que les personnalités éminentes de la culture ouïghour disparaissent massivement. La langue Ouïghour est elle aussi menacée, c’est un véritable génocide culturel qui a lieu. 

Jean-Paul Loubes, spécialiste du patrimoine bâti ouïghour, montre les influences perses, mongoles et turques présentes dans cette architecture. Celle-ci est effacée, « sinicisée » c’est à dire rendue chinoise par la destruction des signes islamiques tel que les minarets, dômes et calligraphies arabes. On peut voir ici la mosquée d’Urumqi transformée en centre commercial. 

Le portail de la mosquée de Kargilik, bâtie en 1540 a été détruit pour être remplacé par un portail plus petit et lui aussi transformé en centre commercial. 

La Mosquée Aitika de Keriya a été détruite ainsi que de nombreux lieux de cultes plus modestes en particulier les mazâr, sanctuaires érigés sur les lieux saints islamiques contenant de précieuses reliques. 

Mosquée Aitika de Keriya

En plus du patrimoine matériel, le patrimoine immatériel est aussi visé. Ainsi ce qui est reconnu à l’UNESCO sous le nom de muqam ouïghour du Xinjiang désigne l’ensemble des pratiques du muqam soit un mélange de chants, de danses, de musiques populaires et classiques.

En s’attaquant au patrimoine Ouïghour, l’objectif apparaît clairement : détruire le passé, l’histoire du peuple pour le faire totalement disparaître.

Sana Tekaïa 

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