[Rubrique culturelle : visite virtuelle du musée du Machu Picchu]

Version espagnole :

Machu Picchu: Visita virtual de su museo de sitio

Desde la página oficial web del Santuario histórico de Machu Picchu (www.machupicchu.gob.pe), podemos encontrar un enlace que nos permite visitar virtualmente su museo de sitio llamado Manuel Chávez Ballón. Este museo se ubica en un lugar denominado Puente Ruinas, al pie de la montaña de Machu Picchu, a aproximadamente 2000 metros sobre el nivel del mar. Asimismo, al lado del museo se encuentra el jardín botánico que fue concebido con la finalidad de conservar las plantas representativas de su ecosistema.

Foto: Pantalla de la visita virtual del museo Manuel Chávez Ballón. Ministerio de Cultura del Perú

Este museo de sitio ofrece infografías que complementan la visita de ciudadela inca, así como una exposición de piezas arqueológicas halladas durante los tiempos de la excavación. En lo que respecta al recorrido virtual, este museo cuenta con un plano (dividido en 7 secciones) que permite localizar tu ubicación actual. Puedes desaparecer el plano del museo haciendo clic en el ícono “Mapa” (ubicado en el lado inferior derecho de la pantalla). De esta manera podrás tener un mayor campo visual de esta institución.

Foto: Pantalla de la visita virtual del museo Manuel Chávez Ballón. Ministerio de Cultura del Perú

El museo lleva el nombre de Manuel Chávez Ballón como una muestra de homenaje, ya que él es considerado como el padre de arqueología cusqueña. De forma breve, he aquí algunos datos importantes de su vida profesional: En 1942, él participó en la Expedición Arqueológica en el sur del Perú, proyecto dirigido por Julio C. Tello (famoso arqueólogo peruano). Esta experiencia le sirvió para elaborar su tesis y obtener el grado de bachiller. Entre 1944 y 1945 ocupa el puesto de secretario encargado en el Museo Nacional de Antropología y Arqueología de Magdalena Vieja (hoy en día Museo Nacional de Antropología y Arqueología de Lima).

Version française :

Machu Picchu: Visite virtuelle de son musée de site

Sur le site web officiel du Sanctuaire historique de Machu Picchu (www.machupicchu.gob.pe), nous pouvons trouver un lien qui nous permet de visiter virtuellement son musée de site archéologique Manuel Chávez Ballón. Ce musée est situé dans un endroit appelé Puente Ruinas, au pied de la montagne Machu Picchu, à environ 2000 mètres au-dessus du niveau de la mer. À côté du musée se trouve également le jardin botanique qui a été conçu afin de préserver les plantes représentatives de son écosystème.

Photo: Visite virtuelle de musée Manuel Chávez Ballón. Ministère de la Culture du Pérou

Ce musée du site archéologique propose des infographies qui complètent la visite de la citadelle inca, ainsi qu’une exposition de pièces archéologiques trouvées pendant la période des fouilles. En ce qui concerne la visite virtuelle, ce musée du site comporte un plan (divisé en 7 sections) qui vous permet de localiser votre visite actuelle. Vous pouvez enlever le plan du musée en cliquant sur l’icône « Carte », situé en bas à droite de l’écran. De cette façon, vous pourrez avoir un plus grand champ de vision de cette institution.

Photo: Visite virtuelle de musée Manuel Chávez Ballón. Ministère de la Culture du Pérou

Le musée porte le nom de Manuel Chávez Ballón en son hommage car il est considéré comme le père de l’archéologie de Cuzco. Brièvement, voici quelques informations importantes sur sa vie professionnelle : En 1942, il participe à l’Expédition archéologique au sud du Pérou, sous la direction de Julio C. Tello (célèbre archéologue péruvien). Cette expérience l’a aidé à préparer sa thèse afin d’obtenir son diplôme de licence. Entre 1944 et 1945, il a occupé le poste de secrétaire en charge du Musée national d’anthropologie et d’archéologie de Magdalena Vieja (aujourd’hui Musée national d’anthropologie et d’archéologie de Lima).

Article de : MENDOZA GONZALES Carlos Alberto

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[75ème anniversaire de l’UNESCO: Le développement de l’interculturalité]

Considérant que « la culture a le pouvoir de transformer les sociétés », l’UNESCO cherche, depuis sa création il y a maintenant 75 ans, à développer la culture au-delà des frontières.

Dans un monde frappé par une instabilité croissante, la culture apparait comme source d’identité et de cohésion. Les diversités culturelles dans le monde sont à l’image des peuples le composant : multiples et singulières. Dans un objectif de paix, l’UNESCO cherche à contribuer au rapprochement des cultures et à refléter l’humanité dans son ensemble. L’organisation s’applique à créer des ponts entre les différentes cultures, ne les opposant pas par leurs différences mais les unifiant par leurs interactions et leurs échanges.

Les 75 ans de l’UNESCO sont l’occasion parfaite pour revenir sur les quelques projets interculturels menés par l’organisation.

Source: Site de l’UNESCO

L’année 2010 : L’année Internationale du Rapprochement des Cultures

L’année 2010 a été consacrée au dialogue entre les civilisations, les cultures et les peuples. Pour cela, l’UNESCO des musées partenaires ont conçu des collections d’objets anciens issus de la Nubie. C’est en effet dans cette région située dans le bassin du Nil que les premières civilisations se sont rencontrées, participant ainsi au tout premier échange interculturel humain. Comme témoins de la créativité humaine dans divers domaines aussi bien artistiques que pratiques, les objets rassemblés par l’UNESCO permettent de mieux comprendre la portée d’un tel échange des cultures. Ils illustrent les contributions des personnes étrangères à la culture dominante.

Par la création de cette collection d’objets, l’UNESCO et les musées partenaires ont démontré que c’est bien l’échange interculturel qui a permis l’élaboration et le perfectionnement de différents outils et œuvres artistiques.

Source: Site de l’UNESCO

Election de la capitale mondiale du livre

Chaque année, l’UNESCO organise un événement mondial sur le livre : l’élection de la capitale mondiale du livre. Afin de devenir capitale mondiale du livre, les villes doivent procéder à une candidature et expliquer les activités culturelles qu’elles proposent et de quel profil culturel elle dispose.

Connue pour sa diversité culturelle au sein même de ses habitants, la ville Kuala Lumpur a été élue capitale mondiale pour l’année 2020.

Ein Bild, das Person, Tisch, Gruppe, Raum enthält.

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Source: Site de l’UNESCO

L’UNESCO a également instauré la journée mondiale du livre et du droit d’auteur, permettant à chaque culture de s’exprimer et à chacun d’échanger sur ses lectures favorites.

Elaboration du Podcast « Parlons de culture »

S’adaptant aux nouveaux moyens de communication, l’UNESCO a également développé son propre podcast ! « Parlons de culture » fait dialoguer des personnels de l’UNESCO, des experts externes et des acteurs culturels, élaborant ainsi un échange interculturel des plus intéressant.

Élaboration d’un programme de discussion interculturelle suite à la pandémie de la Covid-19

Estimant que l’interculturalité est la solution afin de rétablir un lien dans une humanité désemparée, l’UNESCO cherche à développer un échange des cultures sur la question de la gestion de la crise sanitaire de la Covid-19. L’organisation cherche également à empêcher tout développement de xénophobie et à faire face à un racisme ethnoculturel croissant. Pour cela, l’UNESCO a établi 4 critères de recherche :

1) étudier l’impact de la COVID-19 sur le dialogue interculturel et les relations communautaires

2) examiner les initiatives novatrices mises en œuvre par les communautés en réponse à ces défis, en particulier concernant le dialogue interculturel en ligne.

3)  définir des  principes  clés  pour  la  conception  et  la  mise  en  œuvre  de  mesures  politiques  efficaces

4) fournir une première réflexion sur la contribution utile que le dialogue interculturel pourrait apporter   au   monde   de   l’après-COVID-19   en   favorisant   et   approfondissant   les   relations   interculturelles et la solidarité, qui ont été affectées par la pandémie.

Article de Marianne Condette

Cet article n’engage que son auteur

Sources :

https://fr.unesco.org/commemorations/worldbookday

https://fr.unesco.org/themes/prot%C3%A9ger-notre-patrimoine-et-favoriser-la-cr%C3%A9ativit%C3%A9

https://fr.unesco.org/themes/prot%C3%A9ger-notre-patrimoine-et-favoriser-la-cr%C3%A9ativit%C3%A9/parlons-de-culture

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[75ème anniversaire de l’UNESCO : au cœur des sciences humaines et sociales]

L’UNESCO est l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture. Jusque-là, on ne vous apprend rien. Mais saviez-vous que les sciences auxquelles s’intéressent cette organisation ne sont pas uniquement naturelles mais aussi sociales et humaines ? Si ce n’est pas le cas, notre antenne vous fait part de ce savoir, en guise de cadeau pour le 75e anniversaire de l’UNESCO !

Les sciences sociales et humaines occupent une place capitale dans l’agenda de l’Organisation. Chaque jour l’UNESCO accompagne ses 193 États Membres en vue de mieux comprendre chaque culture et d’œuvrer ensemble, dans l’objectif d’aboutir à une paix durable. Dans l’élaboration de cette paix durable, l’Organisation étudie chaque société, qui se diversifie constamment, et propose des missions spécifiques dans les différentes sphères comprenant des lacunes afin de les éliminer.


Pour ce faire, l’Organisation porte son regard sur les différentes transformations sociales que connaissent les sociétés. Les causes de ces transformations sont multiples : elles vont des changements environnementaux aux crises économiques, en passant par la mondialisation. Afin de remédier aux effets néfastes des transformations sociales – que sont l’accroissement de la pauvreté, de l’inégalité et la non-application des droits fondamentaux – l’UNESCO met en place le programme pour la Gestion des transformations sociales (MOST). Ce programme traite essentiellement la question de l’inclusion sociale, ainsi que celle des dimensions sociales du changement climatique (1).


Les activités de l’Organisation ne s’arrêtent pas là. Penser les sciences sociales et humaines, c’est aussi étudier le sport. Comme nous le voyons tous les quatre ans, les jeux olympiques d’été sont semblables à une énorme fête fédérant des communautés de tous horizons, et brisant toutes barrières sociales et frontières géographiques. C’est en ce cela que l’UNESCO sera attentive aux jeux olympiques de 2024, qui se dérouleront à Paris – là où se situe le siège social de l’Organisation – et dont l’événement pourrait s’inscrire au patrimoine immatériel mondial de l’UNESCO (2). Ce sera alors l’occasion de prolonger le travail que réalise l’Organisation dans sa lutte contre le dopage dans le sport.


Au vu de tout ce que l’UNESCO réalise dans le but d’enrichir le domaine des sciences humaines et sociales, force est de constater que le programme pour la gestion des transformations sociales ainsi que sa focale sur le sport ne sont que la partie visible de l’iceberg. En effet, les travaux portés par l’Organisation dans le thème des sciences sociales sont multiples et hétéroclites, comme le montrent ses missions pour promouvoir la citoyenneté mondiale, le dialogue interculturel, la culture de la paix et de la non-violence, ou encore l’éthique des sciences et des technologies.
Pour le 75e anniversaire de l’UNESCO, l’antenne de SONU prévue à cet effet propose aux plus curieux d’entre vous d’explorer les différentes autres missions de l’Organisation, sur le thème des sciences sociales et humaines, en cliquant juste ici : https://fr.unesco.org/themes/apprendre-%C3%A0-vivre-ensemble

  1. https://fr.unesco.org/themes/transformations-sociales/most
  2. https://www.leparisien.fr/sports/JO/paris-2024/paris-2024-veut-faire-entrer-l-esprit-olympique-au-
    patrimoine-de-l-unesco-07-10-2019-8167533.php

Article de : Jonathan Katende

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[Rubrique culturelle : Man Ray et la mode au musée du Luxembourg]

Le musée du Luxembourg consacre actuellement, et jusqu’au 17 janvier 2021, une exposition sur l’artiste américain Man Ray. De son vrai nom Emmanuel Radnitsky, Man Ray est connu pour ses peintures, photographies et réalisations cinématographiques. L’exposition porte sur une partie importante de son travail dans le domaine de la mode destiné aux grands couturiers et aux grands magazines de mode de son époque.

L’exposition retrace sa percée dans ce domaine, de ses premières photos timides à ses premières couvertures de magazine, de ses premiers modèles inconnus aux photographies des personnalités parisiennes les plus en vogue. En effet, il est possible de percevoir tout au long de l’exposition une recherche de nouvelles techniques qui passent par un changement de prise de vue, l’intégration d’accessoires ou les poses plus osées des modèles. Avant-gardiste, il développera une nouvelle technique photographique avec Lee Miller qui sera celle de la solarisation et permettra d’obtenir des tonalités inversées et de rendre certains éléments plus ou moins visibles ou transparents. Il modernise la photographie de la mode, lui permettant ainsi de collaborer avec des magazines tels que Vogue ou Vanity Fair et de travailler pour des couturiers tels que Chanel ou Poiret.

Il n’hésite pas à oser provoquer le public de son époque par la nudité ou la mise en avant de personnalités transgenres. Son travail permet de faire connaitre des phénomènes de sociétés de sa génération, de la mode changeante mais aussi d’en apprendre plus sur les personnalités qu’il a rencontrées et qui rayonnaient dans la société comme Kiki de Montparnasse dans le Paris de l’entre-deux-guerres ou Juliet Browner à New-York.

Complète et riche en informations, il faudra plus d’une heure aux curieux pour l’apprécier. Elle contient des photographies originales, des agrandissements, des tenues de mode, des objets, des extraits de magazines, des couvertures et même des projections de courts-métrage.

Le musée du Luxembourg soutient l’opération places aux jeunes pour les 16-25 ans qui vous permettra d’accéder à l’exposition gratuitement du lundi au vendredi à 17h.

Article de : Clémence Hoerner

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[Portrait de personnalités inspirantes – André Malraux]

André Malraux est né le 3 novembre 1901 à Paris d’un père appartenant à une famille de tonneliers et d’une mère fille d’épicier. Il grandit avec cette dernière à Bondy après la séparation puis le divorce de ses parents. C’est dans cette ville qu’il commence sa scolarité, plus tard il renoncera au baccalauréat, n’ayant pu intégrer le lycée Condorcet.

Commence alors son éducation autodidacte, André Malraux apprend le sanskrit et le chinois à l’École des langues orientales, fréquente l’École française d’Extrême-Orient et celle du Louvre, lit abondamment. Ce cumul de connaissances le mène à l’écriture de son premier article en janvier 1920 intitulé « Les origines de la poésie cubiste » pour la revue de lettres et d’idées Connaissance. L’année suivante c’est son premier livre qui voit le jour Lunes en papier, un ouvrage accompagné d’illustrations de Fernand Léger et publié par Kahnweiler, dédié au poète Max Jacob qu’il admire.

Son mariage le 21 octobre 1921 avec Clara Goldschmidt marque un tournant, lui octroyant une liberté matérielle qui donne vie à ce qui deviendra sa passion des voyages. Ils découvrent alors tous deux musées et nouvelles cultures.

C’est en octobre 1923, lors d’une mission archéologique au temple cambodgien d’Angkor, qu’André Malraux et Louis Chevasson scient et dégradent des sculptures du temple de Banteay Srei. Ils sont alors inculpés par les autorités mais laissés en liberté.

Le duo Malraux / Chevasson fait une seconde fois face aux autorités, mais cette fois-ci de Saïgon, en 1924, tous deux condamnés à des peines de prison ferme. Malraux était alors en contact avec les chefs révolutionnaires annamites, chinois et soviétiques, prenant part à la création du mouvement Jeune Annam perçu comme l’ancêtre du Viet-Minh. La peine sera toutefois en appel transformée en un an de prison avec sursis.

L’engagement de Malraux ne prend pas fin avec son retour en France.

Il milite contre le colonialisme :

En 1925 il crée avec l’avocat Paul Monin L’Indochine (qui après rachat devient L’Indochine enchainée), journal anticolonialiste. Il rencontre en Chine des agents du Kuomintang, visite l’Inde, l’Afghanistan, le Japon. Ses nombreux écrits reflètent alors son engagement, son attachement pour le continent asiatique et sa considération pour sa population. Il remporte ainsi le 7 décembre 1933 le prix Goncourt pour La condition humaine.

Il est militant anti-fasciste :

André Malraux s’engage également en 1936 pour la cause des républicains pendant la guerre d’Espagne. Il y prend part en tant qu’aviateur, créant et dirigeant l’escadrille España composée de volontaires. En 1937 il se rend aux États-Unis, cherchant des soutiens et des fonds pour les hôpitaux espagnols.

Le pacte germano-soviétique de 1939 marque sa séparation du communisme. En 1940 il est mobilisé dans les chars, blessé, fait prisonnier mais parvient à s’échapper en zone libre. Il entre à terme dans la résistance française.

De cet engagement dans la résistance résulte la rencontre avec Charles de Gaulle dont il devient, en août 1945, le conseiller culturel pendant la gouvernance provisoire. En novembre de la même année, il est nommé ministre de l’information.

Pendant la fin des années 1940 et les années 1950 André Malraux donne des conférences comme « L’homme et la culture » en Sorbonne et publie des ouvrages portant sur l’art et la culture. Il reprend également ses voyages.

C’est en 1959 qu’il est nommé Ministre d’État puis ministre d’État chargé des affaires culturelles. Il donne alors de nombreux discours dans le cadre de ses fonctions, notamment le 8 mars 1960, alors président de la cérémonie rendue au siège de l’UNESCO inaugurant la campagne internationale pour la sauvegarde des monuments de la Nubie.

Suite à sa rencontre avec John Fitzgerald Kennedy il est désigné pour accompagner la Joconde aux États-Unis en 1963.

Il inaugure également nombre de maisons de la culture, établissements créés dès 1961 à son initiative visant à rendre la culture accessible à tous.

Mais c’est son oraison funèbre de 1964 pour l’entrée de Jean Moulin au Panthéon qui marque les esprits avec la formulation « Entre ici Jean Moulin (…) ».

André Malraux quitte le gouvernement le 28 avril 1969 après la démission du Général de Gaulle.

Avec les années 1970, il entre dans sa dernière décennie marquée par l’enregistrement d’entretiens avec Jean-Marie Drot de 1974 à 1976 pour l’émission de télévision « Journal de Voyage avec André Malraux à la recherche des arts du monde entier ».

André Malraux décède le 23 novembre 1976. Un hommage national lui est rendu dans la cour carrée du Louvre quatre jours plus tard. Ses cendres sont à leur tour transférées au Panthéon le 23 novembre 1996.

Article de : Yacine Navenot

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[Acteurs de la culture: Interview de Joséphine Barbereau, éditrice]

Interview de Joséphine Barbereau, éditrice

Joséphine Barbereau est éditrice et a créé il y a maintenant 6 ans, un projet personnel fondé sur la transmission culturelle à destination des enfants. Son entreprise se nomme « Little io » et propose des kits art&culture, accessibles à la maison ou à l’école, ainsi que des ateliers qui ont lieu une fois par mois à Paris pour des enfants entre 4 et 13 ans. Elle y présente l’histoire des grands héros de la mythologie, de l’histoire, des religions ou encore de la littérature, en s’appuyant sur des textes classiques, des œuvres d’art et du contenu audio-visuel (musique, ballet…). A travers ses kits et ses ateliers, elle sensibilise les enfants au monde de la culture et de l’art, tout en les incitant à s’exprimer autour des œuvres et développer un point de vue, une approche critique.

«  J’ai coutume de dire que la culture c’est comme en montagne, on va tous au même endroit mais pas à la même allure. Il suffit de s’attendre en chemin et tout le monde profite et à le même plaisir. »

Joséphine Barbereau

Q : Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Joséphine Brabereau : Je m’appelle Joséphine Barbereau, je suis éditrice. J’ai commencé à travailler il y a une vingtaine d’années dans une maison d’édition de livres d’art et j’ai développé il y a 6 ans un projet personnel autour des enfants et de la transmission culturelle.

Q : Quelle est la formation que vous avez suivi avant d’entrer dans le monde professionnel ?

J. B : J’ai étudié l’histoire de l’art à l’université après mon bac et puis après un certain nombre d’années en faculté, j’ai enfin trouvé une idée d’un métier qui me plairait : l’édition. A ce moment là j’ai commencé par faire un stage pendant un an dans une maison d’édition puis je me suis orientée vers un DESS édition (équivalent de Master) à Paris 13 Villetaneuse. Il existait seulement deux DESS édition à cette époque. J’ai suivi cette formation pendant un an pour compléter ce que j’avais appris pendant le stage.

Q : Et aujourd’hui vous êtes donc éditrice ?

J. B : Oui, je suis éditrice. J’ai deux activités, c’est un peu particulier. Une activité concernant une maison d’édition, les Editions Diane de Selliers, éditeur de livres d’art. J’ai été éditrice pour cette maison d’édition pendant une vingtaine d’années et puis j’ai quitté cette maison pour créer une activité pour les enfants. J’avais le désir de travailler pour la jeunesse et j’ai donc quitté la maison pour développer ce projet. Je suis toujours restée très proche de Diane de Selliers et très attachée à la maison d‘édition et elle m’a proposé il y a 5 ans environ de prendre la direction de la maison d’édition au niveau opérationnel. Je mène donc deux activités de front : la direction des éditions Diane de Selliers et le développement de Little io, créé il y a 6 ans pour les enfants.

Q : Pouvez-vous nous en dire plus à propos de Little Io :

J. B : Il s’agit d’une entreprise qui propose de partager avec les enfants des contenus culturels autour des grands héros de la mythologie, de l’histoire, des religions, de la littérature. La particularité de cette présentation qu’on offre aux enfants c’est que d’une part on part des textes classiques pour réécrire l’histoire des héros et que l’on sollicite les artistes et leurs œuvres pour éclairer le mythe sous toutes ses facettes. On n’a pas envie de raconter une histoire qui soit ni simplifiée ni orientée. C’est-à-dire qu’on ne veut pas offrir aux enfants un point de vue unique sur ces mythes qui ont de multiples lectures possibles. Les artistes, en s’emparant des mythes et en créant des œuvres en engageant leur propre subjectivité, leur propre point de vue, vont éclairer les mythes de différentes façons. Donc au-delà de l’histoire, on présente aux enfants des peintures, des musiques, des opéras, des ballets, des films classiques, des photographies, et touts ces contenus d’art et de beauté leur permettent à la fin de comprendre le mythe dans son ensemble, toute sa portée symbolique, toute sa valeur, en quoi le mythe pourra peut-être un jour l’aider dans la vie. Et puis cela permet aux enfants de comprendre que chacun peut avoir sa propre subjectivité, son libre-arbitre, son point de vue sur une histoire et que tout n’est pas ou blanc ou noir mais qu’on peut parfois naviguer entre les deux.

Q : Quelles formes prennent les activités proposées par Little Io ?

J. B : Les contenus culturels sont partagés avec les enfants sous la forme de kits, accessibles à la maison ou à l’école, et nous proposons également des ateliers, qui ont lieu une fois par mois.

Les kits sont constitués d’un livre que l’enfant reçoit par la poste, et de contenus culturels interactifs accessibles sur une plateforme web. Ces contenus sont présentés clés en main et nous les éditorialisons en tenant compte de notre expérience auprès des enfants, de leurs parents et des enseignants. Les kits comme les ateliers, sont accessibles aux familles, c’est-à-dire que les parents ou les grands-parents peuvent également participer. L’expérience commence par l’histoire contée, illustrée par des œuvres d’art qui viennent soutenir la narration. Puis ensuite on papote avec les enfants, en direct pendant les ateliers ou grâce à une mascotte qui vient poser les questions dans les kits :  : qu’est-ce que tu en as pensé ? Pourquoi est-ce que ça s’est passé comme ça ? Comment tu aurais fait toi, à la place de Ulysse, Alexandre le Grand, Napoléon, Cléopâtre, Prométhée, Moïse… ? Comment est-ce que toi tu aurais réagi ? 

Et les enfants alors verbalisent très très bien les choses et les œuvres d’art les aident à s’exprimer autour des mythes. Ils se font l’œil, ils se font l’oreille. A la fin de l’année, lorsqu’ils viennent tout le temps  aux ateliers et que je leur présente une œuvre, certains me disent spontanément : « mais c’est pas Caravage ça ? ». Ils sont très très forts, apprennent beaucoup de choses et ont beaucoup de plaisir. Entre chaque œuvre d’art qu’on présente, on favorise le dialogue et l’expression, on propose un jeu, un genre de quiz, des « vrai ou faux »… L’autre particularité de Little io, très importante est que on chante une chanson écrite spécialement pour chaque héros. Il s’agit d’une petite ritournelle assez courte, très entêtante, qui vient fixer les mots importants du mythe dans l’imaginaire des enfants. On la chante à de multiples reprises pendant l’atelier et dans le kit.

C’est comme une pause  entre les découvertes et ça permet de se retrouver ensemble  dans un chant commun, ça permet aux plus timides d’arriver à s’exprimer par le chant ensemble et puis à la fin ils savent grâce à la chanson que  : « Jean de La Fontaine aime la liberté, n’a pas peur du Roi et qu’il lui donne des leçons de moralité ». Ce sont les paroles de la chanson ! Et ça reste puisque j’ai l’exemple d’une petite fille qui un jour me retrouve dans sa classe. Je sors mon ukulélé rose et elle me dit « ah mais c’est toi ! » et elle m’a chanté la chanson de Jean de La Fontaine. Cette petite fille était venue à un atelier deux ans auparavant : elle se souvenait de la chanson ! 

Q : Vous intervenez aussi dans des écoles ?

J. B : Oui, absolument ! On va aussi dans des écoles, à la fois sur le temps scolaire avec la présence de l’enseignant dans la classe qui nous fait venir bien souvent en complément d’autres activités qu’il a menées avec les enfants autour d’une thématique. Il peut nous faire venir plusieurs fois dans l’année. Et on intervient également sur le temps périscolaire où cette fois-ci nous sommes seuls avec un petit groupe d’enfants (10 à 20). Dans ces cas-là, on les retrouve chaque semaine. On leur présente un héros pendant quatre ou cinq semaines : première séance on raconte l’histoire et on papote, on dessine; deuxième séance on découvre une œuvre d’art et on fait un jeu scénique ou un jeu d’écriture selon l’âge des enfants…
Tout cela est beaucoup plus posé que lorsque l’on est dans l’atelier et que c’est plus dense mais les deux, à la fin, mènent au même résultat. Nous avons également des petits stages créatifs pour les plus petits, les 4 à 5 ans, où pendant toute une semaine on se retrouve chaque jour et on raconte l’histoire du héros et on fabrique des petites marionnettes. J’aime beaucoup le principe des petits théâtres de personnages car cela permet aux enfants, exactement comme avec des playmobils ou des legos, de formuler les choses, de verbaliser, de faire parler les personnages. Parfois d’ailleurs, ils changent complètement le fil de l’histoire parce qu’ils ont compris qu’ils peuvent raconter à leur façon ces grandes histoires.

Q : Qu’est-ce qui vous a poussé à travailler dans le monde de la culture et à fonder Little Io ?

J. B : Alors, je crois que j’ai toujours eu une sensibilité à l’art. C’est passé probablement au départ par la musique et la peinture. Il y avait quelque chose qui me touchait sans que je sache exactement dire quoi, comment, ce qu’il se passait…. C’était de l’émotion qui était non réfléchie, pas du tout intellectualisée. Quand il a fallu choisir une orientation d’études, l’histoire de l’art s’est présentée et imposée d’une façon assez évidente. Au cours des toutes premières semaines à l’université, j’ai compris que c’était la bonne route parce que j’ai réalisé tout à coup que l’émotion que je pouvais ressentir face aux œuvres, quand elle était finalement comprise, verbalisée et intellectualisée, le plaisir était amplifié. J’avais peur de cela au départ.

Je me disais, est-ce que finalement à force de contextualiser, de tout comprendre… est-ce qu’à la fin, le plaisir revient ? Ce choc esthétique qu’on peut avoir au départ ? Et en réalité, oui, ça revient, et encore plus. Il y a une vibration qui grandit lorsque l’on comprend les choses. Donc j’ai su que c’était le bon chemin. Et c’est exactement la raison pour laquelle j’ai voulu faire ce métier d’éditeur, qui est un métier, au même titre que les métiers de l’enseignement, de transmission, de partage. Je sais que ce plaisir là, cette beauté là, elle fait du bien et donc tout le monde en a besoin. Les enfants y sont très réceptifs et c’est donc un régal et un plaisir de le partager avec eux !

Q. Pouvez-vous nous partager une œuvre qui a marqué votre vie ?

J. B : J’ai un peu réfléchi à la question car elle est assez difficile. Je vais revenir encore une fois à Roméo et Juliette, c’est un ballet qui m’avait vraiment bouleversée. J’avais 16/17 ans, l’époque des premiers émois amoureux et j’ai vu ce ballet d’Angelin Preljocaj avec cette musique de Serge Prokofiev et les décors et costumes d’Enki Bilal. J’ai été bouleversée par cette œuvre, j’ai vu ce ballet 4 ou 5 fois. C’était quelque chose d’important pour moi. Le premier atelier Little io que j’ai créé était consacré à Roméo et Juliette, probablement pour cette raison-là. Pour remonter les choses à l’envers : partir de l’émotion pour la comprendre, la verbaliser et puis amplifier à nouveau le plaisir.

Q. A quelle tranche d’âge vos atelier s’adressent-ils ?

J. B : Les ateliers commencent sur une tranche 4/5 ans avec des ateliers de 45 minutes au cours desquels on raconte une histoire et on voit une œuvre d’art. Les enfants sont accompagnés par les parents et on propose également des stages dont je vous ai parlé pour cette même tranche d’âge.

Nos kits art&culture et nos autres ateliers s’adressent quant à eux aux 6 à 13 ans : quand on commence à devenir un peu lecteur et jusqu’à la pré-adolescence. Nous travaillons avec des enfants qui grandissent et qui veulent continuer à suivre Little Io, même au-delà de leurs 13 ans ! Pendant les ateliers, ils passent alors dans le rang des adultes, derrière, car ils sont un peu gênés d’être devant mais veulent toujours assister et profiter. Les parents sont aussi un public. J’ai coutume de dire que la culture c’est comme en montagne, on va tous au même endroit mais pas à la même allure. Il suffit de s’attendre en chemin et tout le monde profite et a le même plaisir.
Les activités sont aussi déclinées pour les séniors sous la forme de conférences. On est vraiment de 4 à 104 ans et tout le monde a beaucoup de plaisir autour de ces activités.

Le développement des kits est une étape importante pour Little io : jusqu’à présent, les ateliers ont lieu à Paris et je me déplace pour les écoles en proche région parisienne mais souvent le temps manque et la distance est un obstacle alors que nous avons des demandes d’autres régions de France, de Belgique et de familles expatriées. On a le projet de décliner Little io dans d’autres villes notamment à Bordeaux avec une personne qui a très envie de monter un atelier. Et le kit est un produit éditorial qui était d’ailleurs même l’idée d’origine de Little io. Ce produit prend la forme d’un livre que les enfants reçoivent par la poste. Ce livre raconte l’histoire du héros et présente des petits jeux autour de chacune des œuvres d’art qui sont proposées aux enfants sur une plateforme digitale puisque tout ne peut pas être présenté sur papier. Le contenu audiovisuel, comme les opéras, la danse, doit être présenté grâce à un média différent. Ces kits sont commercialisés depuis septembre 2020.

Ils ont toujours été LE grand projet Little io mais il fallait du temps pour constituer et tester le contenu auprès des enfants et comprendre comment les aider à s’en emparer de façon très simple. Le constat que j’ai fait en le testant dans les ateliers et les écoles est qu’il n’est pas question de mettre un enfant seul face à ces contenus car je pense qu’il faut être à plusieurs pour se mettre en marche et ce sont des contenus tout de même assez exigeants. Par ailleurs, j’ai observé que les parents et les adultes aiment et ont du plaisir, ils veulent donc partager cette expérience avec les enfants. Finalement on a un produit clef en main pour des adultes potentiellement « non-sachants » qui ne sont pas forcément familiers avec la culture classique, avec l’histoire, l’histoire de l’art.

Peu importe, tout est fait pas à pas, on est guidé par la mascotte Little io qui explique et amène à se questionner. Ce sont souvent des questions ouvertes telles que « Qu’est ce que tu en penses ? » « Pourquoi tu as aimé ? ». L’objectif est que les adultes et les enfants dialoguent entre eux à la maison et à l’école et partagent le plaisir de la découverte.

Q. Vous présentez des œuvres d’art autour des mythes, souvent plutôt classiques, travaillez-vous sur des œuvres plus contemporaines ?

J. B :  ll est vrai que nous présentons peu d’œuvres contemporaines. On démarre à la préhistoire avec un héros « Cro-Magnon à travers tous les arts » qui arrive à la fin de l’année et qui va nous permettre de découvrir l’art de la préhistoire et l’impact que celui-ci a eu sur l’art en général, c’est un sujet passionnant. On va jusqu’à la période actuelle avec quelques artistes qui s’intéressent aux héros classiques et qui peuvent offrir aux enfants des lectures contemporaines d’un mythe. Les chorégraphies notamment. Dans ces cas là c’est très intéressant mais il est vrai que la majorité des peintures et sculptures présentées sont plutôt classiques ou modernes. Je pense que les œuvres les plus récentes dont nous parlons sont celles de Picasso, Matisse, Calder, Braque, Warhol…
En musique nous avons du mal à trouver des œuvres récentes inspirées par la mythologie, alors que la musique classique en regorge ! Pour le cinéma, on arrive à rattacher à nos héros certains films de Chaplin, Jean Cocteau, un ou deux Péplums comme celui sur Moise mais on ne va pas tellement au-delà de ces années-là. Parfois en petit bonus on peut proposer un clin d’œil à Astérix et Cléopâtre, qui évoque Liz Taylor en Cléopâtre, celle-là même qui a inspiré Warhol ! Ou même aux publicités qui reprennent des œuvres d’art. Cela montre que l’art est inscrit dans la vie de tous les jours et que le connaître permet de mieux lire le monde.

Nous avons également des partenariats avec des institutions culturelles. On donne les ateliers dans des lieux culturels notamment à l’Opéra Comique pour qui on prépare des ateliers sur-mesure pour les enfants. Ils y assistent pendant que les parents sont dans la salle de spectacle, ce qui leur permet de goûter au plaisir des adultes, dans un endroit sublime mais dans une atmosphère plus ludique et créative que s’ils assistent à la représentation. Cela amène, je l’espère, des discussions intéressantes entre les parents et les enfants autour d’une œuvre musicale qu’ils ont partagée d’une certaine façon.

On a aussi un partenariat avec le collège des Bernardins qui propose nos ateliers dans leur offre culturelle pour les enfants.

Nous avons également donné un atelier pour la Tour Eiffel, au premier étage de la Tour.  La Tour Eiffel étant un mythe en soi, le héros de cette activité peut éclairer les enfants dans cette quête de modernité, d’audace, de courage. Il y a tout un tas de valeurs qui entourent ce monument et qu’il faut partager. Nous espérons y retourner prochainement !

Q. En dehors de ces partenariats dans des lieux précis, avez-vous un bâtiment, un local à vous ?

Oui nous louons une salle dans le 7ème arrondissement, rue Oudinot, c’est une petite salle charmante au fond d’une cour pavée avec un jardin dans le style anglais. Nous avons dû changer de bâtiment puisque l’ancien devenait trop petit mais on est toujours à la recherche d’un local  pour les ateliers, avec un bureau attenant !

Q : Merci beaucoup pour ces réponses !

Pour en savoir plus sur les activités de Little Io, vous pouvez consulter les sites suivant :

Facebook : la page « Little io art&culture » 

Instagram : https://www.instagram.com/ioartculture/

Twitter : https://twitter.com/ioartculture?lang=fr

Site internet : https://littleio.com/

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[Idées de sorties : De Chirico, La peinture métaphysique, exposition au musée de l’Orangerie]

Du 16 septembre au 14 décembre 2020 se tient au Musée de l’Orangerie l’exposition : De Chirico, la peinture métaphysique.

Au travers de son œuvre, l’on ressent une certaine fascination pour ses paysages urbains vides à la fois angoissants et oniriques. La perspective infinie, les rues désertes ainsi que la violence de l’éclairage défamiliarisent le réel et troublent le spectateur, présentant une réalité parallèle toute droit sortie de l’esprit de l’artiste. De Chirico utilise beaucoup de symboles et fait se rencontrer des objets sans rapport certain tel qu’une statue grecque, un gant et une balle, formant une composition intriguante, une sorte de rébus, d’énigme poétique. Ces objets bouleversent l’équilibre des proportions par leurs tailles et De Chirico parvient à peindre le sentiment de malaise qu’il éprouve dans la ville. En effet, la peinture métaphysique est née du sentiment d’« inquiétante étrangeté » qu’il éprouvait en arpentant les rues de Florence où l’architecture et les objets baignaient dans une « solitude plastique ». Ainsi, tout en employant des objets du réel, De Chirico nous dépayse totalement. La présence humaine est mystérieuse dans tous ses tableaux, prenant la forme d’une statue, d’une ombre ou d’un mannequin.

Chant d’amour, 1914

Le peintre gréco-italien est formé à Athènes, Florence puis Munich. Il est marqué par la culture méditerranéenne et ses mythes ainsi que par la lecture de Schopenhauer et Nietzsche. Cela se ressent dans la manière dont il peint la ville, labyrinthe désorientant et séduisant.

Place d’Italie, 1965

Il s’installe à Paris en 1911 ou il rencontre Apollinaire, le premier à qualifier son œuvre de «métaphysique » mais aussi Picasso et Brancusi. Son œuvre est une révélation pour les artistes de l’époque, et De Chirico exerça une influence sur de nombreux artistes, notamment du mouvement surréaliste tel que Dali, Magritte ou Ernst. En 1919, De Chirico retourne à la tradition, ce qui déplaît à Breton et ses amis considérant cela comme une trahison.

Article de : Sana Tekaïa

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[Idées de sorties : Les Journées Européennes du Patrimoine]

Les Journées Européennes du Patrimoine ont lieu ce week-end en France (19 et 20 septembre 2020). Il s’agit d’un événement ayant lieu chaque année et qui invite le public à la découverte du patrimoine.

De nombreux monuments et musées sont ouverts et gratuits pour tous. Ces journées permettent de découvrir les richesses du patrimoine en France.
Le temps du week-end, des lieux habituellement fermés sont exceptionnellement ouverts au public, à l’image du Palais de l’Elysée, du Sénat ou des coulisses de la gare Saint-Lazare.

Cette année, les Journées du Patrimoine ont pour thème « Patrimoine et éducation : apprendre pour la vie ».

5 idées de sorties pour ce week-end sous le signe du patrimoine :

1 – Spectacles contés « Cour des comptes / Cour des contes »

Depuis chez vous, regardez des spectacles contés autour de l’histoire du palais Cambon et de la Cour des comptes. Les activités proposées sont cette année numériques, sur les réseaux sociaux de la Cour des Comptes.
Elles vous feront découvrir les coulisses de la Cour des Comptes, des spectacles contés ou encore des visites guidées du Palais Cambon.
Sur place, la Cour des Comptes propose un circuit de visite libre, samedi, à la découverte de son patrimoine.

Où : sur internet et 13 rue Cambon, 75001 Paris
Quand : Ouverture de 10h à 18h samedi 19 septembre
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2 – Visite de la Banque de France

Tout au long du week-end, à l’occasion des Journées européennes du Patrimoine, la Banque de France ouvre ses portes aux visiteurs. Elle propose au public de découvrir le site historique de l’Hôtel de Toulouse et la Galerie Dorée datant du 17ème siècle et exceptionnellement ouverte.

La visite est également possible de manière numérique : rendez-vous sur la page officielle de la Banque de France pour la découvrir en exclusivité.

Où : Banque de France – 33 rue Radziwill, 75001 Paris. Metro Louvre-Rivoli (Ligne 1), Palais-Royal (Lignes 1 et 7) et Bourse (Ligne 3).
Quand : samedi 19 et dimanche 20 septembre 2020 de 10h à 17h.
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3 – Visite guidée du Jardin des Tuileries

Le Jardin des Tuileries propose des visites-promenades guidées afin de découvrir les richesses de ce Jardin emblématique de la capitale. Il est classé aux monuments historiques depuis 1914. De manière ludique, venez découvrir les évolutions du Jardin des Tuileries.

Le thème de l’année est « ressemblances/différences » et propose au public, à travers différents supports anciens (cartes postales…) d’observer les changements qui se sont opérés au fil des siècles ! Cette visite permet d’attirer notre attention sur tous les trésors du jardin. C’est gratuit, et sans inscription préalable.

Quand : Visite d’une heure les 19 et 20 septembre à 10h30, 11h30, 13h30, 14h30 et 15h30.
Où : Jardin des Tuileries, 75001.

4 – Visite virtuelle inédite du Palais de l’Elysée

Comme chaque année, la résidence du Président de la République ouvre ses portes pour accueillir le public lors de visites guidées. Elles permettent de découvrir l’intérieur du Palais, la salle des fête, le parc ou encore le bureau du Président. Les visites sont déjà complètes pour l’édition 2020, mais le Palais de l’Elysée propose une visite virtuelle inédite, à effectuer à partir de samedi 19 septembre sur le site internet de l’Elysée.

Quoi : visite virtuelle inédite du Palais de l’Elysée
Quand : Le week-end du 19-20 septembre
Lien

5 – Visite de l’Hotel des ventes Drouot

L’Hotel des ventes Drouot, véritable plaque tournante du marché de l’art français et international, vous propose de déambulez dans ses salles d’exposition pour découvrir la plus grande place mondiale de vente aux enchères publiques. Des oeuvres et objets d’art y sont présentés. Venez vous familiariser avec le monde des ventes aux enchères ! L’entrée est libre.

Quand : le samedi 19 septembre de 11h à 18h !
Où : Hôtel des ventes Drouot; 9 rue Drouot 75009 Paris Ce week-end est également l’occasion de visiter de nombreux musées gratuits !

D’autres lieux et monuments proposent des activités au cours du week-end, rendez-vous sur le site du ministère de la Culture pour plus d’informations

Article de : Agathe Passerat de La Chapelle

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[Hommage à l’architecte franco-libanais Jean-Marc Bonfils]

Jean-Marc Bonfils était la première victime française signalée des explosions meurtrières ayant ravagé et endeuillé Beyrouth, le 4 août 2020. Il est décédé après avoir filmé l’incendie entraîné par la première explosion depuis son appartement situé dans l’immeuble qu’il avait lui-même conçu. Pour son amis Ghassan Hajjar, nous avons perdu une « belle âme, un homme brillant ».

Diplômé de l’école d’architecture de Paris-Villemin et de l’école du Louvre, il a au court de sa vie pris part à de grands projets tels que celui de Greenpark à Paris, et a remporté un concours international avant de retourner au Pays du Cèdre en 1995. Après avoir travaillé dans le domaine de l’urbanisme et avoir assisté son père – lui-même architecte – , il a lancé en 2006 son propre cabinet d’architecture, JM. Bonfils and associates, qui a rapidement bénéficié d’une grande renommée internationale notamment grâce à l’« East Village » au quartier Mar Mikhaël. Cette « réinterprétation contemporaine de l’architecture libanaise traditionnelle », ainsi que d’autres projets variés sont la preuve du respect qu’il portait à l’environnement et au contexte, faisant de chacun de ses projets une nouvelle aventure. L’importance qu’il attachait au « sens » de chacun de ses projets lui a permis d’en décrocher  partout dans le monde.

Jean-Marc Bonfils s’est également placé « à la rencontre entre le moderne et l’ancestral ». En effet, il a voyagé et a longuement réfléchi à la nature de la mémoire pour chacune des reconstructions d’espaces publics détruits par la guerre et s’est ainsi énormément attaché à la notion de patrimoine. En parallèle de son métier d’architecte, il a eu un rôle important de conseiller d’un ancien ministre de la Culture. Il a travaillé avec ce dernier sur l’avant-projet de la Bibliothèque nationale. En tant que membre de la Fondation nationale du Patrimoine, il a également fondé deux écomusées. Sa collaboration avec les Archives nationales a en plus donné naissance à une exposition sur la mémoire collective à Sursock. C’est pour sa sensibilité, sa passion et sa défense du patrimoine que Roselyne Bachelot, le ministre de la Culture de la France a annoncé après la catastrophe, « la France et le Liban sont unis dans le chagrin de sa mort ».

Article de : Qianwen ZHAO

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[(Re)découvrir Léon-Gontran Damas]

Il n’est plus bel hommage à tout ce passé
A la fois simple
Et composé
Que la tendresse
L’infinie tendresse
Qui entend lui survivre                                 

Léon-Gontran Damas, Névralgies, 1937.

Léon-Gontran Damas est un poète, écrivain et homme politique français. Cofondateur du mouvement de la négritude, il est moins célèbre que ses amis Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor. Il mérite cependant d’être mis en avant, et sa poésie d’être lue et entendue bien plus souvent.

Le poète naît en Guyane, à Cayenne, d’un père guyanais et d’une mère martiniquaise. Il vit une enfance difficile, marquée par les trois décès consécutifs de sa sœur jumelle, de sa mère et de sa grand-mère. Plus tard, il rencontre Aimé Césaire, au lycée Victor-Schoelcher de Fort-de-France, en Martinique.

Il déménage ensuite à Paris, où il s’inscrit à la fac de droit, mais suit également les cours de l’Ecole des langues orientales, de la faculté des lettres, puis plus tard de l’Institut d’ethnologie de Paris et de l’Ecole pratique des hautes études.

En 1930, il rencontre et fréquente de nombreux écrivains noir-américains et les jeunes intellectuels antillais et africains étudiant à Paris. Il participe avec eux au salon de littérature de Paulette Nardal et fait connaissance en 1930 avec Léopold Sédar Senghor. En 1932, Aimé Césaire arrive également à Paris. Tous trois, ils fondent la revue L’Etudiant noir, en 1935, dans lequel Damas – secrétaire de rédaction – déclare : « On cesse d’être un étudiant essentiellement martiniquais, guadeloupéen, guyanais, africain, malgache, pour être plus qu’un seul et même étudiant noir ».

Deux ans après, en 1937, il publie un ouvrage qui, au même titre que la revue, sera fondateur pour le mouvement de la Négritude : Pigments. Sa poésie repose sur l’oralité et la musicalité, son ton est direct, les mots sont peu nombreux mais choisis avec soin, et le rythme y est très important. On y repère – et Senghor le note – les influences du jazz et du blues. Damas dénonce notamment la société coloniale de son temps, les politiques assimilationnistes, le racisme et la discrimination. Ce recueil est censuré en 1939 pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat ». On y retrouve, par exemple, le poème « Pour sûr » :

Pour sûr j’en aurai marre
Sans même qu’elle prennent les choses
L’allure d’un camembert bien fait
Alors, je vous mettrai les pieds dans le plat
Ou bien tout simplement
La main au collet
De tout ce qui m’emmerde en gros caractères
Colonisation
Civilisation
Assimilation
Et la suite
En attendant,
Vous m’entendrez souvent
Claquer la porte

Léon-Gontran Damas, Pour Sûr, 1939

Viennent ensuite plusieurs autres ouvrages. Dans Retour en Guyane en 1938, il évoque, après un voyage pour une mission ethnographique, la dérive de l’assimilation et les nombreux problèmes sociaux, économiques et politique sur place. Le livre est, lui aussi, censuré en 1939.  

Il publie également Graffiti en 1953, puis Black Label en 1956. Dans ce dernier ouvrage, sous forme de long poème, on trouve un extrait célèbre :

 [image : extrait de Black Label, 1956. Journal Le 1, du 17 juin 2020, p.4]

Léon-Gontran Damas est aussi très engagé politiquement. Il participe activement à la Résistance, à partir de 1939, aux côtés de Jean-Louis Baghio’o et de Marguerite Duras. Puis, après la guerre, il est élu député de Guyane, siégeant aux côtés de la SFIO et marquant son attachement au socialisme. Il critique notamment la loi de départementalisation de 1946 qui fait de la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique des départements français.

Le poète est aussi un ambassadeur culturel. Nommé conseiller de la société de radiodiffusion en 1958, il facilite l’expression des écrivains noirs à l’antenne. Il aussi engagé par l’UNESCO, après 1962, où il représente la Société africaine de culture fondée par Alioune Diop, et où il est chargé d’étudier « la survivance de la culture africaine dans le nouveau monde ».

Il passe la fin de sa vie aux Etats-Unis, et enseigne la littérature dans les universités. Il y meurt en 1978 et est enterré en Guyane.

Si Léon-Gontran Damas a eu un rôle central dans le mouvement de la Négritude, il est aujourd’hui peu connu et peu lu. Il est cependant un auteur inspirant, et une référence pour les héritiers de ce mouvement.

Finissons sur un poème qui parle de rêve, d’espoir et de ciel bleu, dans le recueil Pigments, Névralgies :

MON CŒUR RÊVE DE BEAU CIEL PAVOISE DE BLEU
sur une mer déchaînée
contre l’homme
l’inconnu à la barque
qui se rit au grand large
de mon cœur qui toujours rêve
rêve et rêve de beau ciel
sur une mer de bonheurs impossibles

Pour en savoir plus :

 Quelques podcasts France Culture à écouter :

  • Pour en apprendre sur l’homme : « Léon Gontran Damas, entre fureur et désenchantement », un épisode de l’émission « Tire ta langue », d’Antoine Perraud, avec Sandrine Pujols, spécialiste de l’œuvre de Damas. 2011. 28 min.
  • Pour écouter sa poésie : Une série d’émissions consacrées à Léon Gontran Damas, dans l’émission « Jacques Bonnaffé lit la poésie ». 2018. Environ 3-4min.

Quelques articles intéressants à consulter :

Vous pouvez écouter ici l’auteur lire des extraits d’un de ses écrits les plus célèbres, le long poème « Black Label », publié en 1956 :

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