[L’Albanie]

L’Albanie. Lieu pour beaucoup inconnu. Pour d’autres, pays imaginaire sortant tout
droit des aventures de Tintin. Pour certain, cela fait écho à un pays longtemps fermé
par la dictature communiste d’Enver Hoxha. Aujourd’hui, l’Albanie a bien changé et
sera peut-être votre prochaine destination de vacances.

Drapeau de L’Albanie


Malgré son image de pays impénétrable, sombre, pauvre, parfois sale, l’Albanie regorge
de paysages variés et d’une histoire insoupçonnée.
Les frontières albanaises sont longtemps restées fermée par la dictature d’Enver
Hoxha. En 1944, alors qu’il été à la tête du Parti communiste Albanais, il a pris le
pouvoir et est resté président jusqu’à sa mort en 1985. La dictature communiste n’a
pris fin qu’en 1991. Pendant toutes ces années, avait été mis en place une politique
d’isolement très stricte, une police politique omniprésente et l’interdiction de toute
forme de religion.


Aujourd’hui, depuis son indépendance, l’Albanie cherche à se rouvrir sur le monde, en
se rapprochant notamment de l’Europe. En 1995, elle adhère au conseil de l’Europe, et
depuis 2009 elle est membre de l’Otan. En 2014, elle obtient le statut officiel de
candidat à l’Union européenne. Récemment, en juillet 2022, les négociations
d’adhésion ont débutées.


Cherchant désormais à s’ouvrir sur le monde, ce pays des Balkans, a en réalité
longtemps été disputé par les différents peuples, laissant aujourd’hui découvrir un
vaste héritage historique.


Vers le IIe millénaire avant J.-C., deux peuples s’étaient installés sur le territoire albanais
: les Illyriens, le plus vieux peuple des Balkans et les Grecs. Le célèbre Alexandre le
Grand fait lui-même partie de l’histoire Albanaise. D’une mère, fille d’un roi Molosse (un
des peuples grecs installé dans la région de l’Épire, entre la Grèce et l’Albanie),
l’extension mythique de son empire a débuté par une première victoire en Albanie !
L’Albanie a ensuite été conquise par l’Empire romain, puis en 395, avec la chute de
l’Empire romain, elle a été récupérée par l’empire byzantin. À partir du XIIIe siècle, c’est
l’Empire Ottoman qui s’est intéressé à ce territoire. Si en 1443, Skanderbeg, aujourd’hui
devenu héros national avait levé une armée, parvenant ainsi à repousser l’invasionottomane, à sa mort les Ottomans ont entièrement conquis le « pays des aigles » et
l’Albanie restera sous leur domination jusqu’à son indépendance en 1912.


Sur la côte orientale de la péninsule balkanique, ce pays de la taille de la Bretagne,
promet de somptueux paysages, permettant de passer des montagnes, aux forêts
jusqu’aux mers Adriatique et Ionienne sur de très petites distances, malgré un réseau
routier parfois « folklorique », mais alimentant un certain mythe du pays.
Tirana, la capitale, se développe de plus en plus. Cette ville moderne, et colorée
regorge des héritages de la dictature, mais aussi de l’histoire, faisant cohabiter
Mosquées et Églises selon le courant islamique du Bektashisme, dogme promouvant
une harmonie entre tous les hommes et les femmes et entre les religions elles-mêmes.
Les bâtiments cohabitent entre maisons ottomanes, byzantines, églises orthodoxes,
mosquées, anciens bunkers, … La cuisine elle-même se trouve à la croisée des
saveurs orientales, italiennes et grecques.

Charlotte Gutmann

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[Idées de Sorties: Les Femmes Photographes de Guerre]

Avec son exposition “Femmes photographes de guerre”, le musée de la Libération de Paris met en lumière l’implication des femmes dans les conflits.


Lee Miller, Gerda Taro, Catherine Leroy, Christine Spengler, Françoise Demulder, Susan Meiselas, Carolyn Cole, Anja Niedringhaus. Ces noms ne vous disent peut-être rien. Pourtant, ces huit femmes photographes ont couvert 75 ans de conflits internationaux sur la période allant de 1936 à 2011. 

L’exposition présentée par le Musée de la Libération de Paris souhaite mettre en avant le rôle fondamental joué par ces femmes photographes, dans la formation de l’image de la guerre. Les femmes ont-elles un regard différent de celui des hommes sur la guerre ? Peut-on le percevoir au travers de leurs photographies ? C’est une des questions-clés de l’exposition. 

© Lisa BERDAH

Bien loin des stéréotypes de genre et de la nature fragile qui a longtemps été attribuée aux femmes, les photographies mettent en avant l’implication des femmes dans la guerre, qu’elles soient combattantes, victimes ou témoins. Toutefois, l’objectif de l’exposition n’est pas d’insister sur la place des femmes dans un milieu d’hommes, mais bien de mettre en lumière le regard des femmes sur ces nombreux conflits. La question de la violence de la guerre n’est pas masquée, au contraire. Elle est représentée dans les clichés, avec des portraits particulièrement émouvants, parfois intimes. Cette violence, ces photographes l’ont vécue, certaines ayant même perdu la vie sur le front, en couvrant des conflits. De l’argentique au numérique, ces huit femmes photographes ne représentent pas de la même façon les conflits qu’elles couvrent, puisque « le regard féminin n’existe pas » comme le dit Christine Spengler, photographe française. 

C’est donc au travers de la photographie, outil privilégié pour décrypter l’histoire, que l’on affine notre perception des conflits, que l’on saisit les spécificités propres à chaque guerre. Des conflits européens des années 1930 et 1940 aux guerres internationales les plus récentes, le regard de ces femmes photographes nous éclaire. 

© Lisa BERDAH

En bref, l’exposition “Femmes photographes de guerre” met à l’honneur des femmes qui ont risqué leur vie pour s’informer. C’est la dimension novatrice apportée, qui fait la richesse de l’exposition. Accessible, touchante, poignante, à voir absolument avant le 31 décembre 2022, date de fin de l’exposition ! 

Lisa BERDAH

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LE STREET ART PARISIEN QUI SOUTIENT L’UKRAINE

À Paris comme ailleurs, les artistes soutiennent les Ukrainiens avec des messages de paix et de solidarité en forme d’images dans les murs. L’Ukraine est pleine de street art et plusieurs artistes français et parisiens y voyagent pour les voir.

Dans le 13e arrondissement, au boulevard Vincent Auriol, on apprécie l’oeuvre de Djoulay Papaye. L’artiste signe ici une fresque pour la Paix, pour l’Ukraine, pour la Vie, pour l’Avenir, pour les Femmes, pour les Innocents.

À Rue Barrault, 11 femmes street artistes sont intervenues en live painting à l’occasion de la Journée des Droits de la Femme. La street artiste Carole B Collage a décidé de changer son oeuvre initiale pour soutenir les Ukrainiens et Ukrainiennes : Wonder Woman couronnée de fleurs aux couleurs du drapeau ukrainien, du violet pour la couleur symbolique de la lutte pour le droit des femmes et de l’égalité, mais aussi car la couleur de Marianne à l’international. Ensuite, on lit « Liberté, Égalité, Solidarité » avec les dates de déclaration d’indépendance, proclamée à Kiev en 1917 et le 24 août 1991. Sur son compte Instagram elle a déclaré “Non à la guerre, non à l’injustice”. 

À la Butte aux Cailles, terrain des street artistes, on découvre de nombreuses oeuvres en soutien pour l’Ukraine. « Fight for your rights« , de l’artiste Kelu Abstract, juste en face de l’oeuvre de son ami Jeff Aérosol.

Dans la rue Domrémy et Patay, on voit l’œuvre de Christian Guémy, ou C215, qui rend hommage aux anonymes, victimes et héros de la guerre. Pour l’artiste, cette œuvre, de la taille de 4 étages, représente un enfant universel, avec une couronne de fleurs sur la tête, « symbole des pays slaves ». Il s’est inspiré d’une citation du résistant Ukrainien Volodymyr Zelensky: « Je ne veux vraiment pas de mes photos dans vos bureaux, car je ne suis ni un dieu, ni une icône, mais un serviteur de la Nation. Accrochez plutôt les photos de vos enfants et regardez-les à chaque fois que vous prendrez une décision ».

L’artiste Bebar a décrit son œuvre sur Instagram: « Fresque peinte en soutien au peuple Ukrainien. Il m’a été très difficile de trouver les mots justes lors de l’inauguration. En tant qu’artiste, je me devais de participer bénévolement à cette cause, mais aussi comme citoyen pour prôner la Paix et la Liberté et dénoncer cette guerre fratricide !»

À la rue Buot, on voit la petite fille de Julien Mallan, plus connue comme Seth Globepainter qui représente les enfants qu’il a rencontré en Donbass, l’une des régions ukrainiennes au cœur du conflit.  Au HuffPost US, il a déclaré: “Ce dessin symbolise le courage des Ukrainiens face à l’invasion russe (…) je sais à quel point il est important pour les personnes qui vivent cette situation dramatique de savoir que nous pensons à elles”.

On suggère alors la sensibilisation des habitants de Paris et des touristes dans un détour au 13 ème arrondissement pour voir les dénonciations des artistes à Paris contre la guerre et leur compassion, sensibilisation et soutien aux victimes et à la paix en Ukraine.

SOURCE : https://www.sortiraparis.com/arts-culture/exposition/articles/272465-quand-le-street-art-soutient-l-ukraine-a-paris

LUISA MARUJO IBRAHIM

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[Rubrique culturelle : « Belfast, une vision poétique du conflit nord irlandais au cinéma » ]

Comment les enfants perçoivent ils la guerre ? C’est une question à laquelle se propose de répondre Belfast, le nouveau film réalisé par Kenneth Branagh, disponible dans les salles françaises depuis le 2 mars. Ce récit autobiographique, inspiré de la propre enfance du réalisateur en Irlande du Nord, suit les pas de Buddy et de sa famille à la fin des années 1960 lorsqu’éclatent les premiers heurts violents entre les factions protestantes et catholiques à Belfast.

Malgré ce que le synopsis laisse présager, les amateurs de drames historiques risquent d’être déçus dans la mesure où, paradoxalement, le conflit nord-irlandais n’est pas le coeur de l’intrigue. Le conflit n’est présent que par intermittence et conté à travers des scènes parcellaires, manière dont il est perçu à travers des yeux d’enfants. En conséquence, les scènes de violence – qui ne sont pas épargnées au spectateur malgré tout – alternent avec les scènes simples d’une vie d’enfant. Ce film pioche dans le registre du comique, du poétique et du dramatique sans s’inscrire dans un genre spécifique pour autant.

Belfast s’assimile à une pièce de théâtre. Tout d’abord, l’intrigue se déroule dans les seules limites du quartier barricadé où vivent Buddy et sa famille. Les barricades, censées protéger « l’intérieur » (le quartier) de « l’extérieur » (la ville), sont vaines : elles échouent à limiter la circulation des idées et la mobilisation de groupes violents dans ce même quartier. En dépit de ce cadre anxiogène et oppressant, les limites du quartier représentent néanmoins pour Buddy une véritable zone de confort ; celle d’un lieu où se mêlent des attaches affectives et sociales. Par ailleurs, le nombre réduit de personnages renforce l’illusion théâtrale. Il faut noter à cette occasion la très belle distribution du film notamment marquée par la présence de Judi Dench (la grand-mère), Jamie Dornan (le père) ou encore de Caitriona Balfe (la mère). Le spectateur est immergé dans ce cadre familial chaleureux qu’il pourrait croire sien.

Malgré tout, cela serait une erreur de réduire Belfast à une unique mise en scène théâtrale. Plan-séquence, gros plans, choix intéressant du noir et blanc, éléments géométriques dans la composition de l’image, références et détails, etc. : le film présente une multitude d’effets cinématographiques maniés avec justesse sans toutefois s’apparenter à une démonstration d’une heure et demie de la maîtrise de ces procédés. Le film conserve de manière troublante toute sa sincérité, sa simplicité et son authenticité. 

Ce film est marquant et interroge dans les thèmes qu’il aborde. Bien que dans le cadre du film le conflit nord-irlandais soit appréhendé à travers les yeux d’un enfant, il est possible de faire un parallèle avec notre propre perception d’évènements contemporains (pouvant être qualifiés « d’historiques ») qui ne peuvent être compris et ressentis que de manière imparfaite même à l’âge adulte. À l’image de Buddy, nous vivons les évènements en tant qu’acteurs impliqués dans une double logique : celle de l’Histoire et de notre propre histoire. Cela interroge également sur nos attaches familiales, sociales et matérielles et sur la manière dont un conflit peut nous contraindre à faire un choix entre celles-ci et notre propre sécurité. Enfin, ce film invite à ne pas omettre les réalités du monde extérieur sans toutefois renoncer à voir la vie de manière simple et poétique ; en somme à voir la vie à travers des yeux d’enfant.

Pour les cinéphiles amateurs de belles images, les curieux à la recherche de déroutantes surprises et les rêveurs en quête de poésie et de retour en enfance : allez le voir de bon cœur ! 

Cet article n’engage que son autrice.

Camille Lecerf

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[Rubrique Culturelle: Exposition « Réseaux-Mondes » au Centre Pompidou]

« Tout est-il devenu réseau ? » Voilà la question posée par le Centre Pompidou dans cette exposition qui tiens du 23 février au 25 avril 2022. On y découvre toute l’étendue et la complexité de ce qu’est un « réseau ». En effet, si aujourd’hui on peut se demander si tout n’est pas réseau, c’est parce qu’il s’agit d’une notion qui a connu une extension considérable, dans tous les domaines de la société.

L’exposition présente donc les différents angles sous lesquels on peut déterminer ce que sont les « réseaux » et leurs impacts, en suivant l’évolution même de l’élargissement de sa définition.

Le terme de « réseau » apparait au XIIe siècle pour nommer le « nœud », puis, il est utilisé par les philosophes des Lumières pour désigner plus généralement « ce qui relie », ou encore par des scientifiques pour représenter la transmission neuronale et vasculaire. On retrouve donc naturellement des œuvres textiles réalisées autour du nœud, du tissage. Par exemple, l’artiste Julien Prévieux travaille des fils de laine entremêlés pour relier différents points et représenter l’évolution du parcours visuel ; cette artiste norvégienne, Gjertrud Hals travaille à partir de fibres de cuivre ou de fer pour reproduire le réseau sanguin. Ce lien fort au sens étymologique donne matière à inspirer de nombreux artistes contemporains, dans l’expérimentation d’œuvres très variées. 

Il est ensuite exposé, la vision utopique de la ville des années 1950, avec la présentation d’œuvres d’artistes et de dessins d’architectes représentant un « réseau global ». Le réseau mêle ainsi urbanisation et cybernétique. L’idée qui en ressort est principalement la représentation du réseau au sein des villes, dont l’extension serait sans limite.

Ensuite, ont été réunies des œuvres se plongeant au cœur du réseau informatique depuis son éclosion, en critiquant leurs effets sur la société. Ainsi, le centre Pompidou met en avant, au côté du minitel, des œuvres connectées en temps réels au réseau internet ou réseaux de crypto-monnaie. La majorité des artistes cherchent à y dénoncer les failles. Pour cela sont proposées, par exemple, des analyses de vidéos satellites de la NASA, des démonstrations du site internet Jodi, révélant pour la première fois la possibilité d’appréhender internet comme une matière artistique, ou encore un plateau de jeu rendant visible les arnaques de la blockchain !

Enfin, l’exposition explore la façon dont la « vitalité informatique » s’est mise au service du lien au sein du vivant, ou entre le vivant et le non-vivant, la biologie et l’intelligence artificielle, le tout abordé dans une dimension écologique.

La richesse de cette exposition se trouve dans l’ampleur des sujets traités, que ce soit concernant la variété des techniques artistiques allant de dessins, peintures, sculptures, vidéos, photographies, radios ; ou concernant la diversité des réseaux en eux-même, avec l’impact des avancées technologiques et leurs failles. De plus, le réseau peut aussi représenter le lien entre l’art, le design, l’architecture, les sciences et la société elle-même.

Une exposition dont l’apparente complexité la rend finalement accessible pour un public assez large : qu’on aime l’art, les sciences, la sociologie, l’informatique, tout le monde y trouvera un intérêt, car finalement au sein de cette exposition tous les domaines n’auraient-ils pas un lien ?

Article de Charlotte Gutmann.

Sources : https://www.centrepompidou.fr/fr/

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« De l’appropriation culturelle dans les boutiques souvenirs ? La difficile protection du patrimoine artisanal et artistique autochtone au Canada »

{Disclaimer. Dans cet article, l’appellation « Autochtone » est employée à plusieurs reprises. Il s’agit de la formule politiquement correcte en vigueur dans le contexte canadien, acceptée et utilisée par les peuples autochtones afin de se définir. C’est un terme générique qui englobe l’ensemble des trois peuples autochtones vivant sur le territoire canadien : les Premières Nations, les Inuit et les Métis}.

En 2012, le peuple Navajo engage des poursuites judiciaires à l’encontre de la marque américaine Urban Outfiters en raison de l’utilisation frauduleuse de la marque déposée « Navajo » pour l’une de ses collections de prêt-à-porter. Le verdict est rendu en 2016 : Urban Outfiters remporte le procès en vertu du principe de générification ; l’appelation d’une marque déposée pouvant expirer lorsque celle-ci est surutilisée dans la sphère publique. Les artisans et les artistes du peuple Navajo ne sont donc plus les seuls à pouvoir produire des marchandises faisant référence à leur culture. Cette affaire, largement médiatisée, va pousser les marques à avoir désormais recours à des formules détournées, telle que « d’inspiration amérindienne », afin d’éviter toute poursuite judiciaire. La protection intellectuelle des artistes autochtones devient alors beaucoup plus complexe.

Si le fait divers est ancien, il met cependant en relief une réalité toujours actuelle : celle d’une appropriation culturelle de l’art et de l’artisanat autochtone. Il faut cependant noter que les situations divergent grandement entre les Etats-Unis et le Canada. L’Indian Arts and Craft Act of 1990 états-unien interdit strictement toute production qui se rapporte à l’artisanat et à l’art autochtone par une personne non-autochtone. Cela a eu pour conséquence la création d’un marché artisanal et artistique authentique, offrant une protection économique aux artisans et une protection contre l’appropriation culturelle pour les peuples autochtones. Au Canada en revanche, la question est beaucoup plus épineuse.

La protection de la propriété intellectuelle autochtone rencontre un problème majeur au Canada du fait des dispositions particulières de la Loi sur les Indiens de 1876 encore en vigueur aujourd’hui. En effet, des individus peuvent être de culture autochtone sans être titulaire du statut légal d’« Indien » ; il s’agit alors d’« Indiens non-inscrits ». Si une législation similaire aux Etats-Unis venait à être adoptée au Canada, elle exclurait ainsi une partie des artistes et des artisans autochtones en dépit du fait qu’ils s’identifient comme tel et revendiquent une culture autochtone. En conséquence, la reconnaissance politique du patrimoine matériel autochtone rencontre des limites qui rendent impossible la mise en place d’une législation fédérale stricte afin de protéger les artisans et les artistes qui font perdurer cet héritage traditionnel. La reconnaissance du patrimoine matériel autochtone demeure cantonnée au domaine du symbolique au Canada.

Cette reconnaissance est insuffisante face à la recrudescence de la production de marchandises, principalement à destination des boutiques souvenirs, ayant attrait à la culture autochtone. Pourtant, cela est doublement préjudiciable pour les nations autochtones.

Tout d’abord, cette production non réglementée peut-être perçue comme problématique d’un point de vue mémoriel. En effet, cela revient à considérer les objets artistiques et artisanaux autochtones comme des marchandises ordinaires alors ces dernières portent le poids de politiques colonisatrices. A titre d’illustration, la production artisanale des Premières Nations était prohibée par la loi fédérale canadienne de 1876 à 1951 dans le cadre des lois d’assimilation. Beaucoup de ces objets ont perdu au cours de la colonisation leur valeur symbolique traditionnelle, devenant alors de simples artefacts et des marchandises monnayables.

En outre, la question est également économique. En raison de la compétition de marché, les artisans et artistes autochtones bénéficient moins des gains générés par leurs activités. L’artisanat et l’art traditionnels sont pourtant un moyen de générer des revenus et créer des emplois dans une société où les inégalités économiques perdurent et touchent principalement les communautés autochtones.

Ainsi, bien que cela semble anecdotique, le manque de vigilance d’un touriste peut priver des artisans et artistes autochtones de la reconnaissance de leur savoir-faire et art traditionnels mais également des gains économiques générés par leurs activités. Afin de soutenir ces artistes et artisans autochtones, au Canada comme ailleurs, il est possible de s’assurer de l’authenticité d’un produit en vérifiant que l’étiquette comporte le nom de l’artiste, de sa nation et de sa communauté d’origine ainsi que la mention « Art autochtone authentique ».  

Article de Camille Lecerf

Cet article n’engage que son auteure

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EFFRACTIONS, le festival de littérature contemporaine de la BPI

Effractions, le festival de littérature de la Bibliothèque d’information Publique de Pompidou, revient en 2022 pour sa 3ème édition. Inaugurée en 2020 par la BPI, ce projet littéraire consiste au regroupement de nouveaux écrivains dont le récit se plongerait entre réel et fiction.

Ce festival de littérature contemporaine offre au public une nouvelle perspective du réel : de manière abrupte ou légère, la réalité est abordée de multiples manières. Elle permet à ses lecteurs de découvrir un aspect original et authentique du réel d’un auteur. 

Comment le réel s’exprime-t-il à travers la fiction ?

L’objectif n’est pas d’interdire la « non fiction » mais de réfléchir au réel sous différents angles avec l’accueil de tous les genres littéraires . La BPI propose donc un large panel d’activités, de performances et de rencontres autour de cette littérature contemporaine, star du festival.

On s’interroge sur les questions de notre société actuelles et aux débats qui se développe à notre époque mais pas seulement. Le parallèle entre réel et fiction reste le coeur du festival : qu’importe le genre, la question est de savoir comment interpréter ce récit avec nos thématiques contemporaines.

Cette année, le public pourra découvrir ou redécouvrir de nombreux auteurs comme Antoine Wauters, Joseph Wrinkler, Leila Guerrero, Nicolas Mathieu, Laura Vazquez et beaucoup d’autres.

Le Jeudi 24 février 2022, rendez vous avec le premier événement avec la soirée d’ouverture, inaugurée par Antoine Wauters et son nouveau roman : Mahmoud ou la montée des eaux (2021). Venez découvrir la lecture de son récit accompagnée de deux musiciens, le Damast Duo, autour de la culture musicale syrienne.

Le festival commencera le 24 février et se conclurera le lundi 28 février 2022 !

Vous pourrez par ailleurs retrouver une future interview entre Sorbonne UNECSO et Blandine Faure, organisatrice du festival.

Pour plus d’information, retrouvez tous le programme sur le site de la BPI. 

Un article rédigé par Boulaaba Loujeine.

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[Rubrique culturelle: Les Figures de l’Ombre, un film qui met en lumière la Journée internationale des femmes et des filles de science. ]

C’est en décembre 2015 que l’assemblée générale des Nations-Unies choisie le 11 février pour célébrer la journée internationale des femmes et filles de science.

L’UNESCO et ONU-Femmes en collaboration avec des partenaires s’engagent à promouvoir l’accès et la participation pleine et équitable des femmes et des filles à la science. L’UNESCO et ses partenaires mènent ainsi le combat primordial qui est celui pour l’égalité des genres mais aussi pour l’accompagnement des femmes et des jeunes filles dans leur formation et leur pleine aptitude à développer leurs projets scientifiques. 

Le 11 février 2021, la directrice générale de l’UNESCO, Madame Audrey Azoulay a déclaré que ces programmes « en matière d’égalité des genres doivent permettre d’éliminer les stéréotypes de genre par l’éducation, de modifier les normes sociales, de promouvoir les modèles que représentent les femmes scientifiques et de sensibiliser aux plus hauts niveaux de prise de décisions. »

Ce combat contre les stéréotypes est parfaitement illustré dans le superbe film Les Figures de l’Ombre réalisé par Théodore Melfi et sorti en 2017 en France. Il s’agit d’un drame biographique tiré du roman américain The Hidden figures de Margot Lee Shetterly. 

Le film retrace le travail de mathématiciennes afro-américaines qui ont contribué aux programmes aéronautiques et spatiaux de la NASA : Katherine Goble, Dorothy Vaughan et Mary Jackson.

A travers ce film, Théodore Melfi retrace l’histoire de trois femmes travaillant au centre de recherche Langley en tant que calculatrices humaines. Elles sont confrontées à la fois au misogynisme et au racisme qui règnent dans l’institution. En effet, malgré leur génie pour les sciences, Katherine Goble, Dorothy Vaughan et Mary Jackson peinent à se faire une place.  Elles se battent alors pour faire entendre leur voix et trouver la place qu’elle mérite dans ce monde des sciences gouverné par la gent masculine. 

Au fur et à mesure, elles réussissent à transpercer le mur des préjugés et deviennent alors des acteurs essentiels au fonctionnement du centre de recherche. Katherine participe au succès des calculs de trajectoires des missions du programme Mercury et Apollo 11 qui mènera les premiers hommes sur la Lune en 1969. Mary devient la première femme ingénieure et Dorothy Vaughan est nommée superviseuse d’équipe dans la nouvelle section IBM, un ordinateur que mêmes les ingénieurs de la Nasa n’arrivent pas à faire fonctionner. 

Ce film retrace ainsi la conquête de l’espace dans la Guerre Froide mais aussi la lutte raciale aux États-Unis, décrivant à la fois la NASA comme un monde d’hommes et la situation à laquelle fait face la population afro-américaine : une Amérique « racisée », vivant sous les lois Jim Crow qui instaurent une séparation entre les Blancs et les Noirs. 

Les héroïnes progressent au fur et à mesure sans violence et sont finalement reconnues pour ce qu’elles sont : des mathématiciennes de talent. 

Les Figures de l’Ombre est l’illustration parfaite de la mission de l’UNESCO, la promotion et l’acharnement pour attribuer une place de mérite aux femmes et filles de sciences. 

Le film est disponible sur la plateforme Disney + mais aussi à l’achat. 

Bande Annonce Les Figures de l’ombre : https://www.youtube.com/watch?v=YhOI3idTasA

Cet article n’engage que son auteur, Aurélie SABATHIER 

Sources : 

Unesco.org

Franceinter.fr

Nasa.gov

studiocine.org

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« Exposition Paris-Athènes au Musée du Louvre »

L’exposition Paris Athènes au musée du Louvre se tient du 30 septembre 2021 jusqu’au 7 février 2022. Elle est ainsi mise en place à l’occasion du bicentenaire de la révolution grecque en 1821 qui, petit rappel historique, a permis à la Grèce, vivement soutenue par la puissance européenne, à faire reconnaître son indépendance par l’Empire Ottoman. Ainsi nous retrouvons l’influence allemande et française notamment dans un certain nombre d’œuvres grecques, empreintes des mouvements artistiques néoclassiques d’Europe de l’Ouest. L’exposition retrace une période plus vaste marquée de conflits géopolitiques, de la naissance de la Grèce moderne de 1675 à 1919. L’exposition nous plonge dans un voyage entre Paris et Athènes en nous faisant parvenir l’héritage d’un mélange de culture grecque et européenne.

Il est donc possible au travers de cette exposition de comprendre et retracer l’origine de l’inspiration grecque qui a poussé de nombreux artistes et intellectuels à la création à travers toute l’Europe. L’exposition mêlant développement de l’État grec moderne et histoire archéologique de cette région est magnifiquement présentée dans le hall Napoléon du musée du Louvre au travers d’un parcours chronologique détaillé. Ainsi sont présentées au public sculptures, tenues traditionnelles et peintures qui sauront ravir les passionnés d’histoire de l’art et les curieux intrigués par la découverte de trésors artistiques souvent méconnus légués par cette période.

L’exposition est encore visible pour trois jours, dépêchez-vous !

Un article de Lili M’rabet

Cet article n’engage que son autrice.

Source :

Expo Paris-Athènes au Musée du Louvre | Réservation de Billet | Expo Paris 2022

Paris – Athènes (louvre.fr)

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[Le pass navigo, un pass culturel en cette nouvelle année 2022]

Le groupe Ile de France mobilité s’est lancé dans un partenariat avec plus de 300 espaces culturels dans le territoire de l’Ile de France. 

Ce projet vise à répondre à trois problématiques interdépendantes : relancer la fréquentation des établissements culturels, redynamiser la fréquentation du réseau de transports en commun et enfin, faire découvrir des avantages méconnus du pass navigo. 

L’un des premiers objectifs mis en avant par la campagne est de transformer le simple pass navigo en un pass culturel magique. Deux constatations sont à prendre en compte : les lieux culturels sont en grande difficulté depuis deux ans, trés souvent considéré comme n’étant pas “produit” de première nécessité, en parallèle de cette crise le réseau de transport en commun se voit aussi affecté. Par conséquent, la carte qui sert quotidiennement à prendre les transports en commun, ou bien mise de côté si l’on est en télétravail, s’ôte d’une nouvelle fonction, celle de vous permettre certains avantages dans de nombreux lieux culturels. Une nouvelle fonction qui donne envie de découvrir, d’autant plus qu’il n’y a aucune manipulation a faire, donc très facile d’utilisation. Il suffira de la présenter à l’entrée des lieux culturels partenaires. 

  • Qu’est ce que nous apporte réellement cet avantage ? 

Selon le site Ile de France Mobilité, le pass Navigo nous permet de bénéficier de “tarifs réduits ou dégressifs, la gratuité sur certaines visites, des réductions sur la restauration, des invitations aux vernissages, des ateliers, des rencontres, etc.” 

Mais ces avantages seront-ils à la hauteur de nos espérances ? Est-ce bien de réels avantages qui permettent à ceux qui ont vu leur budget se resserrer pendant la crise et encore aujourd’hui, de pouvoir bénéficier tout de même de leur droit culturels ? 

La réponse se constituera au fur et à mesure de son utilisation. 

Ce pass culturel est donc actif depuis le 10 janvier notamment dans 147 cinémas indépendants, 52 salles de spectacles, 12 festivals, 63 musées, 26 centres culturels et 1 librairie. Nous pouvons dès lors constater que ces avantages mettent en avant les pratiques culturelles du cinéma, des arts du spectacles vivants et des arts visuels avec les visites de musée. A contrario, les librairies et les centres culturels comme les tiers-lieux sont très peu représentés dans l’offre. Cela peut s’expliquer de deux manières, soit le groupe Ile de France mobilités n’est pas intéressé à promouvoir ce genre de lieux, soit, ces types de lieux n’étaient pas intéressés par le partenariat. 

  • Une offre culture au service du transport : 

Dans un second temps, cette offre profite bien évidemment au profit du groupe Ile de France Mobilité, comme le Vice-Président du réseau, Grégoire de Lasteyrie, la ci bien dit :  “L’opération vise à redynamiser la fréquentation des transports en commun comme des lieux concernés”. En effet, depuis la crise, tous les transports en général n’ont pas retrouvé leur flux de voyageurs d’avant-crise, puisque la fréquentation du réseau a diminué presque d’un quart. 

Enfin, cette opération a pour but de mettre en avant la multiplicité des avantages que nous offre déjà depuis longtemps le pass navigo, mais qui ses avantages sont encore méconnus de la majorité des usagers. En effet, le pass navigo met à disposition des parkings voiture en couronne, parkings vélo, et propose même des trajets offerts en BlaBlaCar, et encore bien d’autres que vous trouverez sur le site internet d’ile de France Mobilité.  

  • Qui peut bénéficier de ces avantages ? 

Tous les détenteurs d’un pass navigo en cours de validité (hors Navigo Jour, Easy et Découverte), soit plus de 4 millions de Franciliens. 

Si vous voulez en savoir plus et connaître la liste des endroits culturels partenaires ainsi que les avantages apportés par chaque établissement, rendez-vous sur le site d’Île-de-France Mobilités.

Source : 

Cet article n’engage que son auteur

Article d’Aurélie Ménard

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