[l’UNESCO dans l’éducation: La place de l’art dans l’éducation : et si l’art était essentiel ?]

Dans une société aux divisions toujours plus profondes, marquées par des inégalités socio-culturelles accrues, l’importance de l’art et de son apprentissage sont souvent laissés de côté. Pourtant, « seul l’art, touchant le cœur et les sentiments, peut rassembler » (Philippe Urfalino, L’invention de la politique culturelle, Hachette littératures, 2004, p. 19). Quid alors de la place de l’art dans l’éducation aujourd’hui ? 

L’art, facteur essentiel d’éducation

L’art est essentiel au développement personnel et social. En effet, l’apprentissage des techniques, mouvements et œuvres artistiques ainsi que sa pratique permettent de développer considérablement l’écoute, la concentration mais aussi la prise en compte des autres. L’art peut troubler, choquer, intéresser, émerveiller et éveille ainsi la curiosité de chacun dès le plus jeune âge. L’art se veut donc complémentaire aux programmes scolaires et aux formes d’apprentissage classiques, étant source de nouvelles connaissances aussi bien théoriques que pratiques et entraînant les capacités intellectuelles requises dans les champs classiques d’apprentissage.

L’art, et plus précisément la performance artistique, est aussi un moyen d’expression de soi, de son corps et de sa voix. Confrontés à divers sentiments intérieurs et au regard insistant des autres élèves et des adultes présents lors d’une telle expression artistique, un sentiment de honte peut vite être ressenti, contraignant les élèves à ne pas oser s’exprimer. Il faut alors apprendre à dompter ces sentiments afin de réussir à véritablement s’exprimer, exercice qu’un cours traditionnel en classe ne permet que très peu. L’art et la pratique artistique dépasse également les clichés garçon-fille, comme la pratique de la danse au sein des établissements scolaires a pu le démontrer. Cassant l’image illusoire mais pourtant bien ancrée selon laquelle la danse serait réservée aux filles, la pratique de ces arts vient apprendre l’égalité entre les genres.  Cela développe ainsi la confiance en soi mais également la cohésion de groupe, deux éléments que le système scolaire traditionnel peine souvent à cultiver. 

De plus, la pratique développée de certains arts est source de persévérance et de détermination et est en cela synonyme d’accomplissement personnel. Mais cette pratique est également une forme d’engagement, aussi bien envers soi-même qu’envers les autres. En effet, la pratique d’une technique artistique oblige à se soumettre à un entraînement régulier et complet. Toutes ces qualités, profondément développées par la pratique et la maîtrise d’une technique artistique, vont s’avérer par la suite essentielles à la bonne réussite scolaire.

Mais au-delà de l’amélioration des capacités intellectuelles et sociales que l’École se doit de développer, l’art permet également de stimuler d’autres parties du cerveau que celles qu’activent un cours classique et aide au développement des émotions et de la sensibilité. La vision d’une œuvre artistique ou l’écoute d’une œuvre musicale sécrète en effet de la dopamine, de la sérotonine, mais libère aussi de la morphine endogène, des hormones responsables de l’envie de vivre et de la motricité. Un rapport de 2019 de l’Organisation Mondiale de la Santé a également prouvé que les arts apportent une importante aide psychologique, permettant de lutter contre les maladies graves et la dépression. 

La place de l’éducation artistique et culturelle en France : 

Afin de consacrer l’importance de l’éducation artistique et culturelle au sein du système scolaire, l’UNESCO a mis en place en 2012 la semaine internationale de l’éducation artistique se déroulant du 21 au 27 mai. L’organisation promeut en cela la diversité culturelle et favorise non pas seulement l’apprentissage des arts, mais également l’apprentissage par les arts, permettant d’améliorer la qualité de l’éducation.

En France, l’éducation artistique et culturelle à l’École répond à trois objectifs. En effet, elle vise à construire une culture personnelle riche et cohérente tout au long du parcours scolaire de chacun, mais aussi à permettre la pratique artistique et à favoriser la rencontre des artistes et des œuvres ainsi que la fréquentation de lieux culturels. Pour ce faire, le ministère de l’Éducation nationale a créé la Charte pour l’éducation artistique et culturelle, selon laquelle, entre autres, chaque projet d’école ou d’établissement doit comporter un volet artistique et culturel. De nombreux partenariats ont également été mis en place avec le CNC pour mettre en œuvre le projet national entre l’École et le cinéma, permettant de promouvoir l’accès au septième art en donnant aux collégiens et lycéens la possibilité de visionner des films avec leurs classes. L’apprentissage de l’Histoire des arts, bien qu’encore assez limité au sein des établissements publics, est censé donner aux élèves du secondaire un niveau minimal d’apprentissage culturel. Pour ce faire, un « portail histoire des arts » donne un accès simple et gratuit à plus de 5 000 ressources éducatives en ligne validées telles des dossiers pédagogiques, ou encore des expositions virtuelles et de nombreuses vidéos. La mise en place  plateforme Lumni permet également de donner accès aux contenus de divers médias comme France Télévisions, Arte, France Médias Monde, Radio France, TV5 Monde,  ou encore l’INA. Pour des élèves en situation précaire, ces mesures sont sources d’accès au monde de la culture, monde dont les portes peuvent à bien des égards sembler fermées. En ce sens, le pass éducation permet à tous les acteurs du monde de l’éducation mais également aux élèves d’accéder aux sites culturels gratuitement ou à prix réduits, favorisant ainsi l’inclusion et la richesse culturelle. 

Mais cela étant encore insuffisant pour placer tous les élèves sur un pied d’égalité en matière d’accès à la culture, certains enseignants n’hésitent pas à mettre en place des techniques alternatives et évolutives d’éducation. C’est le cas de Gilles Vernet qui, dès l’école primaire, a désiré faire apprendre l’art de l’opéra à ses élèves, art très peu connu et accessible pour les plus jeunes générations d’élèves. Pour ce faire, il a préparé une représentation de l’opéra d’Icare et le taureau blanc avec ses élèves de CM2, épaulé par l’opéra de Paris. 

L’art, essentiel par sa pratique et son apprentissage, se veut donc complémentaire aux programmes scolaires « classiques ». Il semble en ce point nécessaire de continuer à développer l’éducation à l’art mais également l’éducation par l’art, afin de retrouver une certaine cohésion au sein des établissements scolaires et d’apprendre dès le plus jeune âge l’intérêt que suscite une œuvre artistique et sa pratique technique.

Auteure : Marianne Condette

Cet article n’engage que son auteur.e

Sources : 

Site de l’Education nationale : https://www.education.gouv.fr/l-education-artistique-et-culturelle-7496

Public Sénat : https://www.publicsenat.fr/article/societe/l-opera-a-l-ecole-une-facon-d-apprendre-aux-enfants-a-se-tenir-droit-face-a-leur

France Culture : https://www.youtube.com/watch?v=SXxrymUTe9s

UNESCO :http://www.unesco.org/new/fr/media-services/single-view/news/first_international_arts_education_week_21_27_may/back/18256/

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[L’UNESCO dans l’éducation: L’éducation en Corée du Sud]

Lorsque l’on fait la recherche “Éducation en Corée du Sud” sur Internet, les premiers titres qui s’affichent sont aussi les plus récurrents : “Corée du Sud : l’obsession de la réussite”, “Condamné à réussir”, ou encore “L’enfer du système scolaire sud coréen”. C’est étonnant, sur le papier, le système éducatif coréen est le plus performant au monde : élèves premiers dans les classements internationaux de compréhension de l’écrit, de mathématiques et de sciences du programme PISA, mis en place par l’OCDE, et 98% des 25-34 ans sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement secondaire. C’est le taux le plus élevé du monde. Pourtant, en Corée du Sud, ce système devient de plus en plus contesté : surmenage des élèves, curriculums vitaes uniformes, taux de suicides chez les 9-24 ans qui ne cesse d’augmenter. Voilà ce qui est dénoncé. Alors, retour sur le système éducatif coréen. 

    L’organisation des années d’études

    Lorsque l’on compare le système d’enseignement sud-coréen avec les systèmes français, on se rend compte qu’il y a bien des pratiques convergentes, mais que certaines sont totalement différentes. 

A la différence de la France, les années d’enseignement antérieures au supérieur se font sur le mode des semestres. Ainsi, l’année scolaire débute en mars jusqu’au mois de juin, et le second commence en septembre pour s’achever en février. Entre ces deux périodes, il y a deux sessions de vacances de deux mois.

On retrouve presque le même système qu’en France pour l’organisation des cycles : l’école maternelle n’est pas obligatoire mais l’écolier doit rentrer à l’école primaire à 6 ans pour une durée de six ans. Les élèves coréens commencent donc au collège à l’âge de 13 ans, et au lycée à l’âge de 16 ans. Lors de leur année de terminale, les lycéens doivent passer le Test national d’entrée à l’université, qui donne un classement national des élèves et qui permet aux universités de sélectionner leurs futurs étudiants. C’est le suneung (romanisation du terme). Les meilleurs élèves peuvent ainsi postuler dans les meilleures universités du pays, le classement de ces dernières étant très important dans la société coréenne. Leurs examens étant tous, d’ailleurs, sous forme de QCM.

A l’école jusqu’à l’entrée à l’Université, les élèves revêtent l’uniforme de leur établissement d’enseignement. Pour chaque saison il y a un type d’uniforme scolaire, et c’est l’école qui décide à quoi il doit ressembler, et quand il doit être changé dans l’année. 

Mais, qu’en est-il de la vie des élèves dans leur classe ? Ça diffère énormément de la France sur ce point-là. En effet, alors que les élèves français sont habitués dès le collège à changer de salle entre deux cours, en Corée du Sud, il n’en est rien. Au début de l’année, une salle spécifique est assignée à une classe pour tout le semestre. Évidemment, les élèves doivent quand même changer de salles pour les cours de sport, de science en laboratoire ou d’art, mais la plupart du temps, ils sont dans une même et seule classe. 

Et, même s’il y a des agents chargés de l’entretien de l’établissement, les élèves sont eux aussi responsabilisés : il y a un emploi du temps qui indique qui reste à la fin des cours pour faire le ménage dans la classe, pour passer le balai dans la cour, etc. 

Les élèves sont à peu près le même nombre d’heures de cours à l’école que les élèves français ; cependant, la plupart, après les cours de l’école, se retrouvent dans des instituts privés que l’on appelle Hagwon (romanisation du terme) pour faire du soutien scolaire, ou même prendre de l’avance sur les cours qui sont donné à l’école. Ils rentrent alors chez eux souvent aux alentours de 23 heures, où ils travaillent encore un peu jusqu’aux premières heures du matin pour faire leurs devoirs de l’école. 

Un système neutre pour former des jeunes adultes responsables.

De prime abord, ce système paraît, certes, dur, mais sous bien des aspects on peut considérer qu’il favorise l’autonomie des enfants et adolescents et qu’il permet l’apprentissage d’un certain nombre de valeurs. 

Par exemple, l’assignation d’une même salle de classe, ainsi que l’obligation d’y faire le ménage responsabilise les jeunes adultes : ils apprennent ainsi le respect envers le matériel, et se mobilisent pour garder un environnement toujours sain puisqu’ils savent qu’ils vont y passer la journée, et que ce sont eux qui vont devoir le nettoyer. 

Dans un esprit d’égalité, le port de l’uniforme peut aussi s’avérer bénéfique pour limiter les discriminations à l’école dues par exemple à l’origine sociale ou économique de l’élève. Il y a une volonté d’établir une stricte égalité entre les enfants de la part du gouvernement et du Ministère de l’Éducation nationale sud-coréenne quant à cette mesure. 

Les Hagwons que nous avons cité plus tôt permettent eux une meilleure assimilation et une meilleure compréhension par les élèves des notions vues en classe. Ainsi, les enfants sud-coréens apprennent mieux et plus rapidement. En parlant des techniques pédagogiques, il faut noter que le système de notation par QCM permet de ne laisser aucune place à la subjectivité de l’enseignant dans la notation : l’élève n’est noté que pour les réponses qu’il donne, et non pas pour son style d’écriture ou sa méthode – qui pourrait dévier de celle du professeur – par exemple.

A la différence de beaucoup d’établissements en France, les écoles sud-coréennes gardent une plage horaire dans l’emploi du temps journalier de l’élève pour l’étude. Ainsi, les cours finissent à 16h30, les élèves bénéficient d’1h30 d’étude au calme dans sa classe, ou à l’école, où ils ont accès à internet et à un environnement de travail approprié. C’est très important quand on sait que certains n’ont pas la possibilité de bénéficier de cet environnement de travail chez eux à cause d’une trop grande fratrie ou par manque de moyens des parents. 

Et, le fait que le classement de l’examen d’entrée aux universités soit national force les écoles à tirer leurs étudiants vers le haut : les écoles sont classées nationalement, et les élèves ont un classement dans l’école. Donc, plus une école à d’élèves bien classés au niveau national, et plus elle sera aussi bien classée. Cela force donc les corps enseignants à renouveler leurs méthodes pour dispenser un enseignement aussi qualitatif que possible aux élèves. 

Les conséquences d’un système parfait (sur le papier)

Mais, à vouloir former des futurs étudiants et des futurs travailleurs parfaits, de nombreuses conséquences négatives parfois imprévues, se font fortement ressentir, chez les étudiants mais aussi dans toute la société sud-coréenne. 

Tout d’abord d’un point de vue sociétal, alors que ce système se voulait égalitaire, on se rend compte qu’il en devient totalement l’inverse. En effet, les hagwons étant des instituts PRIVÉS de soutien et de préparation au concours, de nombreux enfants dont la famille n’a pas les moyens de payer jusqu’à 1500 euros par mois se retrouvent lésés face à des élèves dont les parents sont capables de dépenser des sommes très élevées dans l’éducation de leur progéniture. L’inscription dans les hagwons a un deuxième effet pervers pour les enfants : souvent, les cours en hagwons sont en avance de deux voire trois années sur le programme national. Résultat, les élèves dorment à l’école, pour rattraper les heures de sommeil perdues à travailler la nuit. 

Il en est de même pour les uniformes scolaires : ils ont été mis en place pour limiter les inégalités entre élèves, mais ils coûtent extrêmement chers, et doivent très souvent être renouvelés. Pour certaines familles, il est plus compliqué financièrement de se plier aux exigences de l’établissement que d’acheter elles-mêmes les vêtements des enfants. 

On peut aussi regarder les limites des méthodes d’enseignement. Le QCM est, il est vrai, une bonne méthode pour lutter contre la subjectivité d’un correcteur. Cependant, cela force les élèves à apprendre par cœur leur cours, et pour beaucoup sans aucune compréhension. Il n’y a pas de travail de réflexion, de débat ou d’écriture, ce qui fait chuter l’effectivité de l’éducation sud-coréenne à la 24e place du classement de l’OCDE. Les enfants sont tous éduqués en Corée du Sud, mais quelle est véritablement la qualité de leur instruction ?

Le fléau de la société coréenne le plus important dans cette problématique reste néanmoins le mal être chez les jeunes générations. En effet, les élèves, dès leur entrée en primaire, doivent se préparer à un examen qu’ils passeront à 19 ans et qui déterminera le reste de leur existence. C’est une pression énorme qu’ils ont sur leurs épaules, d’autant plus que souvent, les parents et les professeurs leur font ressentir cette pression. En effet, les enfants étant conscients des sacrifices de la famille pour leur payer des cours privés se sentent généralement redevables vis-à-vis de leurs parents et s’obligent à énormément travailler pour ne pas les décevoir. Il faut avoir d’excellentes notes au collège pour espérer intégrer un lycée prestigieux, et il faut d’excellentes notes au lycée pour pouvoir intégrer des universités prestigieuses. Et par excellentes, on entend un score minimum de 100/100 au test d’entrée à l’université pour intégrer par exemple les Sciences Humaines à l’Université de Corée. A l’Université Yonsei, seuls 0,1% DES MEILLEURS sont recrutés. A l’université de Séoul, le taux d’admission est de 0,001%. Alors, une étude du Ministère de l’Éducation a révélé que près de 40% des lycéens dormaient moins de 6h30 par nuit, ce qui est bien en dessous du seuil recommandé pour les adolescents. 

Le système de classement à l’école n’arrange pas leur moral : cela joue énormément, non seulement sur l’estime que l’élève a de lui-même, mais également sur les rapports entre les élèves entre eux : il n’est pas rare en Corée du Sud de se retrouver face à des cas de harcèlement scolaire. L’élève est trop bon à l’école, il peut se faire persécuter ; dans le bas du classement, il peut se faire persécuter ; pas assez “beau” (la société coréenne donne énormément d’importance à l’apparence physique), il peut se faire persécuter. Les persécutions se font verbalement mais aussi physiquement, et il n’est pas si rare d’apprendre le suicide d’élèves à cause de la pression scolaire et des harcèlements à répétition. 

La société de la réussite

Mais pourquoi cette course folle à la meilleure université? En Corée du Sud, étudier dans l’une des trois universités les plus prestigieuses du pays est le sésame pour une réussite sociale. 

Cela a en fait une origine historique. Après la Seconde Guerre mondiale et la Guerre de Corée qui a divisé la péninsule en deux nations opposées, la Corée du Sud, ravagée, s’est focalisée sur l’éducation de sa jeunesse pour redresser le pays, persuadée que l’intelligence et l’instruction des jeunes la ferait renaître de ses cendres. Utopique? Peut-être pas. Après tout, en l’espace de cinquante ans, la Corée du Sud est passée de pays sous-développé à onzième puissance mondiale. Ce “miracle national” se traduit maintenant à l’échelle individuelle : c’est l’espérance pour les familles d’une ascension sociale fulgurante, du même ordre que leur pays dans la communauté internationale. 

A cela, ajoutons l’influence confucéenne qui a pour valeur majeure l’amélioration de l’individu grâce à l’éducation. 

Ce qui est intéressant, c’est de voir ce que représente l’Université pour l’étudiant, une fois qu’il a réussi à s’y faire admettre. Quinze années de travail éprouvantes pour étudier ensuite à l’Université de façon plus calme. En effet, l’adage que l’on entend régulièrement en France à propos des grandes écoles de commerce “le plus dur, c’est d’y entrer”, peut se retrouver dans les Universités en Corée du Sud. Ou sinon, on pourrait considérer que la charge de travail y est toujours importante, mais que les étudiants vivent cette partie de leur scolarité délestés de toute pression. Ce qui compte, ce n’est même pas la mention ou la matière du diplôme, mais de quelle Université les étudiants sont diplômés. 

Pour conclure, on peut alors se demander pourquoi les étudiants ont besoin de ces diplômes, quel est le but ultime à atteindre ? La preuve de la réussite sociale de ces jeunes gens est une embauche dans une des chaebols de Corée du Sud – ces grandes entreprises mondialement renommées – telles que Samsung, LG ou Hyundai. Après quelques années reposantes à l’Université, ces jeunes diplômés se retrouvent alors sur le marché du travail, ou directement employé de ces grandes compagnies, et commence alors une nouvelle vie pour eux, toujours plus rapide, toujours plus exigeante, toujours plus envahissante, avec des semaine de travail qui peuvent facilement monter à plus de 60 heures.

Certains jeunes, pour échapper à la pression constante que le système éducatif leur inflige, préfèrent alors débuter des études à caractère plus artistique. C’est ainsi que l’on voit de plus en plus d’enfants se lancer dans l’entraînement pour devenir idol, ces stars de la musique pop coréenne. Entraînement lui aussi contesté pour les contraintes auxquelles il soumet les adolescents (restrictions alimentaires, entraînements physiques et vocaux éreintants, etc). Mais, pour ces enfants où la voie logique est la pression scolaire, peut être serait-il aisé de comprendre leur raisonnement : peu importe le domaine finalement, la pression et les contraintes sont présentes, car constitutives de leur société ; alors, pourquoi ne pourraient-ils pas se l’imposer dans un domaine qui leur plait réellement ? 

Pour plus d’informations sur le sujet, je vous invite à jeter un oeil aux travaux suivants :

Légaré-Tremblay, Jean-Frédéric. « L’éducation en Corée du Sud : examen d’une obsession nationale », Monde chinois, vol. 34, no. 2, 2013, pp. 60-63. Disponible sur : https://www.cairn.info/revue-monde-chinois-2013-2-page-60.htm

“Condamnés à Réussir”, Arte. Disponible sur :    https://www.youtube.com/watch?v=h-wjwyVQXMc

L’École en Corée, Laurent Caccia. Disponible sur : 

“Corée du Sud, l’obsession de la réussite”, Spica Life. Disponible sur :

Article écrit par Tiffenn Genestier

Cet article n’engage que son auteur.e

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[Actualités de l’éducation: L’éducation en temps de pandémie : le Pérou, scène des innovations éducatives en Amérique Latine]

            En mai dernier, Covid19 oblige, des millions d’élèves de tous niveaux confondus ont vu leurs cours en présentiel annulés, parfois laissés sans alternatives.  Pourtant, l’éducation apparaît primordiale pour assurer un lien social, permettant de maintenir l’inclusion par la coopération.

            Au Pérou, le gouvernement comme les professeurs ont mis en place des programmes pour assurer une continuité pédagogique en accord avec une situation nationale contrastée. En temps normal, l’éducation au Pérou n’est pas uniforme, la crise sanitaire semble avoir accéléré toutes les réflexions pour un système éducatif plus inclusif.  

source: Pixabay

Inégalités territoriales, inégalités digitales 

Cette crise sanitaire a créé de nombreuses brèches touchant les étudiants, leurs parents, et leurs professeurs. L’interruption de l’apprentissage et le décrochage scolaire, le difficile accès à l’alimentation, les coûts élevés que la garde d’enfants entraîne, et l’incidence de l’enseignement à distance par les parents sur les systèmes professionnels dont celui de santé sont autant de conséquences néfastes qui fragilisent un système éducatif en cours d’harmonisation.  

En Amérique latine, ce sont plus de 160 000 000 d’étudiants qui sont touchés par les mesures de suspension des classes en présentiel. 29 pays ont mis en place des instruments permettant l’apprentissage à distance, mais quatre seulement ont mis en place des cours en ligne. Une enquête de l’OCDE a montré qu’au Pérou, 57% des élèves âgés de 15 ans ont accès à internet, et seulement 28% à des logiciels éducatifs.

Des mesures gouvernementales existantes… et inadaptées ?

En avril dernier, le gouvernement a mis en place le programme « Aprendo en casa », J’apprends à la maison, proposant une alternative viable pour les étudiants, et visant à réduire les inégalités dans l’apprentissage. Cette stratégie « virtuelle » permet aux étudiants, et surtout ceux de zones rurales et éloignées, d’accéder à leurs cours. L’enseignement à distance est assuré grâce à une variété de formats et de plateformes : des émissions télévisées, des vidéos et des podcasts sont postés tous les mois sur la chaîne YouTube du ministère de l’éducation. Le programme vise à soutenir des communautés éducatives et à proposer des soins pour la santé et le bien-être des étudiants

Pourtant, les critiques de ce programme sont nombreuses. D’abord, aucune des émissions n’est donnée en direct, l’interaction est inexistante et les professeurs ne peuvent l’assurer que grâce à des cours virtuels dispensés sur WhatsApp. Par ailleurs, les étudiants n’ont souvent pas le matériel pour se connecter et suivre ce programme. Si le Pérou fait partie des huit pays d’Amérique latine à avoir opté pour la livraison de dispositifs technologiques, le million de tablettes commandées n’est finalement pas arrivé à temps, et n’a touché que très peu d’étudiants. 

De plus, si le ministère de l’éducation (Minedu) a voulu offrir un accès gratuit à internet à 20 000 étudiants, nombreux sont ceux qui en demeurent privés. C’est là que réside le problème de la brèche digitale : à quoi servent des tablettes si l’accès à internet n’est pas assuré ? Il faudrait maintenant que chaque étudiant ait accès à ce service de base, puisque même en milieu urbain, il n’existe parfois qu’un étudiant par classe à pouvoir suivre les cours virtuels. Le ministère de l’éducation a redoublé d’efforts, mais la situation initiale demande des mesures plus adaptées.

Source : site du gouvernement péruvien, page du ministère de l’éducation. https://www.gob.pe/institucion/minedu/campa%C3%B1as/914-aprendo-en-casa

Les propositions des professeurs : Nudo, vecteur de dialogues pour étudiants et professeurs

Depuis mars dernier, les professeurs innovent pour assurer une continuité pédagogique aux étudiants confinés dans des situations inégalitaires. Nombre d’entre eux doivent apprendre en cours de route comment utiliser les plateformes virtuelles. L’objectif des professeurs s’est vite placé à un autre niveau : celui de permettre aux étudiants d’échanger entre eux, à un niveau national. Primordial pour l’inclusion des étudiants, les échanges de leurs productions leurs permettent en effet de nourrir leur motivation, leur intérêt et leur sensibilité.

Si elle n’est pas la première application éducative, Nudo propose de nouvelles méthodes afin de développer le lien entre les étudiants péruviens et assurer la reconnaissance de leurs productions. Si l’application fait toujours face aux disparités dans l’accès à internet, elle réussit à créer ce dialogue qui n’était pas proposé par le gouvernement. Le cœur du projet est l’initiative étudiante, chaque élève qui crée une production (conte, poésie, légende…) sur des thèmes comme la solidarité ou l’amitié, pour ensuite la poster en texte ou en podcast. Les élèves sont incités à faire leurs recherches, sont aidés par leurs professeurs, et peuvent avoir les retours de leurs camarades. Reconnue par le gouvernement, par les professeurs, par les élèves comme les parents, l’extension à d’autres organisations et pays est un futur possible pour l’application.

Pour en savoir plus sur Nudo, rendez-vous bientôt pour entendre le témoignage de ses créatrices et d’élèves utilisatrices !

source: Icône de l’application, google play. 

Article écrit par Emma Letard-Kerbart. Cet article n’engage que son auteur.

Sources :

– Conséquences de la fermeture des écoles, site de l’UNESCO : https://fr.unesco.org/covid19/educationresponse/consequences

– Rapport de la Comisión Económica para América Latina y el Caribe (CEPAL), https://repositorio.cepal.org/bitstream/handle/11362/45904/S2000510_es.pdf?sequence=1&isAllowed=y

– Page du ministère de l’éducation, site du Gouvernement péruvien : https://www.gob.pe/minedu

– Page Facebook de Nudo : https://www.facebook.com/Nudope-110168737345179/

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[Actualités de l’Unesco: La Première journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire]

L’UNESCO et le ministère français de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports s’apprêtent à célébrer en ligne la première Journée internationale contre la violence et le harcèlement en milieu scolaire, y compris le cyber-harcèlement, ce jeudi 5 novembre 2020.

Ils donneront à l’occasion une Conférence internationale en ligne sur la lutte contre le harcèlement scolaire de 13 à 15h. Cette conférence fait suite à la « réunion ministérielle éducation G7 » qui s’est déroulée en 2019. Les Ministres et Hauts-Représentants en charge des questions d’éducation s’étaient réunis à Sèvres pour faire de la lutte contre le harcèlement sous toutes ses formes une cause commune. Leur objectif était de garantir que les écoles soient des lieux d’accueil où tous les élèves se sentent bienvenus et en sécurité. Lors de ce premier rassemblement, les membres du G7 ont reconnu les efforts français pour accroître la sensibilisation à la question de la lutte contre le harcèlement à l’école. C’est ainsi que la conférence internationale de ce 5 novembre a été planifiée, avec la France et l’UNESCO comme acteurs principaux.

Le harcèlement scolaire est présent dans tous les pays et affecte de nombreux enfants et jeunes. C’est un véritable fléau : selon les estimations de l’Unesco, jusqu’à 30 % des élèves dans le monde ont été victimes d’une forme harcèlement (1). Les causes de harcèlement les plus fréquemment citées par les élèves sont liées à l’apparence physique, aux origines, à la nationalité ou à la couleur de peau. Les conséquences du harcèlement scolaire sont dévastatrices. Les enfants qui en sont souvent victimes sont en effet presque trois fois plus susceptibles de se sentir marginalisés à l’école et deux fois plus susceptibles de manquer l’école, toujours d’après le rapport de l’UNESCO de 2019. Ils ont des résultats scolaires inférieurs et sont également plus susceptibles d’abandonner l’école.

En 2019, l’UNESCO signifiait déjà un recul notable des situations de harcèlement scolaire, du nombre de bagarres ou d’agressions physiques par rapport aux années précédentes. Cette amélioration s’explique par l’engagement de nombreux États contre les violences physiques et verbales en milieu scolaire. Un certain nombre de mesures se sont révélées efficaces pour réduire la violence et le harcèlement à l’école : mettre en place des systèmes efficaces de signalement et de suivi du harcèlement, des programmes de formation aux enseignants, un soutien pour les élèves concernés, la responsabilisation et la participation des élèves à cet engagement. En France, la proposition de loi nº 1899 prévoit en 2019 « d’intégrer la notion de harcèlement scolaire dans le code de l’Éducation pour mieux la combattre » (2)

La conférence du 5 novembre 2020 s’inscrit donc dans la continuité de cette élan contre le harcèlement scolaire. Elle réunira des ministres, des experts et des représentants de la communauté éducative, ainsi que des témoignages, et sera accessible via YouTube. La question du cyber harcèlement et de ses frontières sera au cœur des interventions, notamment à l’heure de la crise sanitaire qui oblige de nombreux élèves à être très présents sur les réseaux pour suivre certains cours. Le développement du cyber harcèlement pourrait-il être une autre des tristes conséquences de la crise de la COVID-19 ?

(1) rapport Behind the numbers: Au-delà des chiffres: en finir avec la violence et le harcèlement à l’école, 2019

(2) proposition de loi nº 1899 visant à renforcer la lutte contre le harcèlement scolaire

Article de Charlotte Morel

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