[PARIS 50-75, Frans Krajcberg, un Brésilien à Montparnasse]

La première exposition à Paris, consacrée à l’artiste depuis sa mort en 2017.

Au 21 avenue du Maine, dans le quartier du Montparnasse au 15ème arrondissement, vous avez la possibilité d’aller visiter l’exposition “PARIS 50-75, Frans Krajcberg, un Brésilien à Montparnasse ». 

Frans Krajcberg est un artiste polonais de naissance mais qui s’est naturalisé Brésilien au cours de sa vie. Engagé et militant pour les droits de la nature, ainsi que défenseur de la forêt amazonienne dans laquelle il a vécu une grande partie de sa vie, son art est entièrement fondé et créé grâce, par et pour la forêt. Ayant une vie assez mouvementé, il est important de retracer son parcours d’artiste. 

L’exposition “retrace les liens entre Frans Krajcberg et Paris, des années 1950 jusqu’à la rétrospective de 1975 au CNAC” (site internet de l’espace Frans Krajcberg). Il était justement le premier artiste à exposer dans l’actuel Centre Georges Pompidou, qui portait le nom de « Centre National d’Art et de Culture Georges Pompidou » lorsqu’il fut inauguré.

Par conséquent, l’exposition rassemble une grande diversité d’œuvres de cette époque encore très peu connue de l’artiste, comme des tableaux, empreintes, sculptures, archives rares, photographies et films. 

En effet, il est un artiste extrêmement connu au Brésil. Mais avant cette célébrité, il a tissé des liens très forts avec Paris au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Il s’est installé dans le quartier du Montparnasse et a eu un atelier juste à côté de l’espace qui lui est aujourd’hui dédié. Cette vie parisienne lui a permis de fréquenter des artistes célèbres comme Fernand Léger ou Marc Chagall. Par ailleurs, c’est Marc Chagall qui lui a proposé et l’ a aidé à partir au Brésil en 1948. Gagnant une grande notoriété en tant qu’artiste au Brésil grâce au grand prix de peinture de la biennale de São Paulo qu’il a remporté en 1957, Frans Krajcberg a créé un véritable lien entre la France et le Brésil jusqu’à sa mort en 2017.

L’exposition est actuellement ouverte et le sera jusqu’au 26 mars 2022. L’entrée est gratuite, mais pour soutenir L’espace Frans Krajcberg – Centre contemporain Art et Nature, vous pouvez faire un don à l’association sur place. 

Pour plus d’informations sur l’exposition et de renseignements sur l’artiste, rendez-vous sur le site internet https://www.espacekrajcberg.fr/expositions-temporaires-a-venir.

L’article n’engage que son auteur, Ménard Aurélie. 

Partager :

Hip-Hop 360 : 40 ans d’histoire de la culture Hip-Hop, à la Philharmonie de Paris

Vous l’aurez remarqué, il est de plus en plus difficile de voyager ces derniers temps. Et pourtant, la Philharmonie de Paris nous donne l’occasion de faire un petit aller-retour de 5 836 km. Cette excursion est rendue possible par l’exposition Hip-Hop 360, qui retrace l’histoire de ce mouvement depuis le New York des années 1970, à son arrivée en France au début des années 1980. 

Pour cette rubrique culturelle, l’antenne Unesco de SONU souhaite vous présenter la culture Hip-Hop dans sa richesse, par le biais de Hip-Hop 360. Cette culture, et par extension cette exposition, regroupe la danse, le rap, l’art du graffiti, le beatmaking, la beatbox, et bien sûr la mode. Et l’exposition Hip-Hop 360 tente de nous partager tous ces éléments qui constituent ce mouvement, en narrant l’émergence d’une identité du hip-hop français. Cette exposition, dont le parcours s’étend sur 700 m², mérite que l’on scrute chaque recoin du parcours, tant le voyage est abondant et chargé d’histoire. Alors, ne passez pas tout votre temps dans l’espace 360, cette salle hypnotisante et immanquable, permettant de revivre les moments les plus mémorables du Hip-Hop français en visionnant les concerts d’artistes qui ont participé à la renommée de ce style, tels que Diam’s, Ideal J, ou encore NTM, mais également de se laisser surprendre par les breakdanceurs, qui débarquent dans le cercle au centre de la salle, tout en étant filmés par au-dessus.

Source : RFI/Edmond Sadaka

L’exposition consacre aussi une grande place à la photographie, avec notamment les clichés de la célèbre photographe Sophie Bramly qui a photographié les premières heures de ce mouvement. François Gautret, le commissaire de cette exposition, raconte l’histoire d’un autre photographe emblématique de la culture Hip-Hop, Marc Terranova, qui, dans sa jeunesse, avait documenté longuement la naissance du mouvement Hip-Hop, sous ses différents aspects avant d’aller proposer sa série au magazine Actuel, à l’époque. Le magazine n’était intéressé que par l’aspect graffiti vandale de son reportage, mais le photographe insista pour que ce mouvement soit connu dans toute sa diversité. Ainsi, Marc Terranova refuse finalement de leur vendre ses photos, et son reportage demeure inédit, car aujourd’hui encore, on se bouscule pour admirer l’ensemble de ses clichés qui nous plongent dans l’ambiance des années 80, où le baggy et la casquette portée à l’envers régnaient en maître.

Que la culture Hip-Hop vous soit familière ou non, il est difficile de s’y ennuyer tant les approches pour découvrir ce mouvement sont multiples. L’exposition se veut ludique et interactive, et nos sens sont presque tous mis en éveil : en effet il est possible de porter un casque et s’immerger dans les plus grands hits du Hip-Hop, d’observer attentivement les détails de la vitrine Tikaret, ou encore de se mettre dans la peau d’un DJ en tournant le bouton du faux boombox.

Source : FranceTV Info

En somme, quel que soit votre âge ou votre familiarité avec le Hip-Hop, chacun peut y trouver son compte. Ce voyage au sein de cette culture est volontairement accessible. Et dans ces 40 ans d’histoire du hip-hop français, il y a aussi bien NTM que Jul. L’idée est en effet  de montrer la persévérance du mouvement. On retrouve une volonté de mélanger les générations, afin que les jeunes qui écoutent du rap aujourd’hui et ne maîtrisent pas forcément les pionniers de ce mouvement comme NTM, les découvrent. Et inversement, que les plus âgés se penchent sur les nouvelles générations. L’objectif final, c’est que chaque public découvre un pan de cette musique qu’il ne connaît pas forcément, non pas qu’il quitte l’exposition en se disant cette fameuse phrase que l’on a déjà pu entendre lorsqu’il s’agit de Hip-Hop : « C’était mieux avant ! ». 

Exposition ouverte du mardi au dimanche de 11h à 20h et les vendredis jusqu’à 22h, jusqu’au 24 juillet 2022, à la Philharmonie de Paris

Réservations sur : Hip-Hop 360 | Philharmonie de Paris 

Sources : Hip-Hop 360 | Philharmonie de Paris, « Hip-Hop 360 » à la Philharmonie : cinq choses à ne pas louper dans l’exposition, Exposition: la culture hip hop à l’honneur à la Philharmonie de Paris

Cet article n’engage que son auteur.

Jonathan Katende

Partager :

[Rubrique culturelle : Marcel Proust, un roman parisien au Musée Carnavalet]

Peut-être en avez-vous entendu parler : l’exposition sur Marcel Proust au musée Carnavalet a débuté jeudi 16 décembre, l’occasion de se plonger ou de se replonger dans les romans de l’écrivain, mais aussi dans le Paris de la fin du XIXème et du début du XXème siècle.

Parisien de naissance, Marcel Proust n’a eu de cesse de dépeindre la capitale dans ses œuvres, d’autant plus qu’il y habite toute sa vie et qu’il s’immisce dans les cercles restreints du Tout-Paris de la Belle Epoque. Pour le musée Carnavalet, consacré à l’histoire de Paris, revenir sur la vie et l’œuvre de cet artiste pour le 150ème anniversaire de sa naissance est aussi l’occasion de dévoiler la vie bourgeoise dans la capitale à cette période.

L’exposition, chronologique comme la collection permanente du musée, retrace la vie de Marcel Proust en mettant en exergue la récurrence du motif p            arisien dans son Œuvre. Les deux commissaires d’exposition Valérie Guillaume et Anne-Laure Sol se sont associées avec des spécialistes de l’auteur et de ses romans : Jérôme Bastianelli, Jean-Marc Quaranta, Jean-Yves Tadié et Alice Thomine-Berrada. Ainsi, l’exposition ne passe à côté d’aucun fait important et les explications historiques et littéraires qui ponctuent la visite sont d’une qualité indiscutable.

L’exposition se fait en deux temps. Tout d’abord, c’est la vie de Marcel Proust qui est présentée. Une reconstitution cartographique des lieux parisiens qu’il a fréquentés accompagnés de tableaux pour les illustrer permet de bien se représenter le Paris de la Belle-Epoque. La variété des supports de l’exposition participe de cette immersion puisque des vidéos, des brouillons d’écriture, des objets tels que son manteau et des portraits sont exposés.

La deuxième partie de l’exposition se penche sur les sept tomes des romans figurant dans A la recherche du temps perdu. La force de cette exposition réside dans le fait que le parcours est aussi bien conçu pour les connaisseurs de l’Œuvre de l’écrivain que pour ceux qui ne la connaissent pas. L’évocation des nombreux lieux parisiens fréquentés par les protagonistes est l’occasion de montrer des œuvres représentant le Tout-Paris, les activités qui s’y déroulent, des affiches publicitaires, des lettres, des vieux films…

A titre d’exemple, ce tableau monumental peint par Henri Gervex en 1909, Une soirée au Pré-Catelan, représente une soirée mondaine comme celles dans lesquelles Proust avait coutume de se rendre. Sa disposition contre le mur et proche du sol donnerait presque l’impression au spectateur de faire partie de la scène.

La qualité des œuvres présentées et celle du discours sur les romans et la vie de Marcel Proust sont autant de bonnes raisons de se rendre dans cette exposition qui se tient jusqu’au 10 avril 2022. L’exiguïté des salles peut néanmoins rendre la visite peu agréable en heures de pointe, il faut donc privilégier les matinées pour plus de calme.

Article de Manon Etourneau

Cet article n’engage que son auteure.

Partager :

Exposition Thierry Mugler : « Ma mesure, c’est la démesure »

Du 30 septembre 2021 au 24 avril 2022, le musée des arts décoratifs de Paris dédie l’exposition Couturissime, au créateur de génie Thierry Mugler. Loin de se cantonner à une spécialité artistique, vous pourrez admirer, ses créations de parfums, ses collections de haute couture les plus extravagantes ainsi que ses photos et publicités les plus iconiques.

Thierry Mugler, né à Strasbourg en 1948, grandit dans la musique, la danse, le théâtre et les arts, ce qui le conduit à une carrière artistique diversifiée et passionnée. Ainsi, il commence la danse classique à 9 ans, puis découvre l’univers du théâtre et des spectacles. Souhaitant évidemment s’orienter dans une carrière artistique et notamment le dessin, il rejoint l’école des Arts décoratifs de Strasbourg pour devenir architecte d’intérieur. Très vite, il rêve d’une vie plus extravagante et part s’installer à Paris à 21 ans. Il commence par se faire un nom en fréquentant le milieu homosexuel de Paris, ose vendre ses premiers croquis et concevoir ses premières tenues qu’il porte fièrement avant de se lancer réellement et d’ouvrir sa propre boutique nommée « Gudule ».

Cela marque le début de sa carrière de styliste, qui le mène d’abord à travailler pour des grandes maisons de prêt-à-porter puis à créer ses premières collections. La première s’appelle ainsi « Café de Paris », qu’il veut « hyper féminine », créant un équilibre entre les tenues pour femmes classiques et la modernité qu’il se sent capable de leur offrir. Il acquiert d’abord une renommée internationale dans les années 1980 et 1990 pour ses tenues qu’il veut extravagantes et puissantes. C’est en 1992 qu’il crée sa première collection de haute couture et reprend la direction artistique de ses parfums à son nom. Après un succès international, il décide de s’éloigner de la mode en 2002, en renonçant à son titre de directeur artistique. Son souhait omniprésent dès le début de sa carrière était de redécouvrir les domaines qui le faisaient rêver dans son enfance, comme la mise en scène, la création de costumes ou encore la photographie.

L’exposition retrace la carrière artistique de Thierry Mugler et les différents pans de celle-ci. Elle commence par ses collections les plus célèbres, dans différentes salles regroupant les thèmes qui les ont guidées : les animaux et insectes, les créatures fantastiques et de fiction, les voitures, la culture américaine… Ce qui saute aux yeux est la capacité de Thierry Mugler à créer de toute pièce différents univers dont les personnes sont représentés par des tenues toutes plus uniques et extravagantes les unes que les autres. Ses défilés étaient par ailleurs, d’abord pensés comme des shows, fantaisistes, démesurés et futuristes, offerts aux spectateurs.

« I want my models to be bigger, stronger and taller than common mortals. I need superwomen and supermen. »

Cette visite permet également de voir ses différentes collaborations artistiques relatives à l’univers musical ou cinématographique, comme un clip de Georges Michael ou sa collaboration avec la pièce de théâtre de lady Macbeth à Paris. Mugler a d’ailleurs créé des pièces uniques sur demande pour les plus grandes stars internationales au fil du temps, preuve que ses pièces sont intemporelles, comme David Bowie, Kim Kardashian ou encore Beyoncé (dont il deviendra le conseiller artistique lors d’une tournée).

Cette immersion nous offre également la possibilité de découvrir les œuvres moins connues dans l’univers de la photo et des publicités, prises généralement sur les plus beaux monuments de Paris ou New York et montrant toujours une certaine démesure pour mettre en avant ses tenues et modèles.

Cette exposition-évènement nous immerge de façon grandiose dans la vie artistique de Thierry Mugler. Il nous stupéfie tant par la diversité de ses activités artistiques que par la fantaisie qu’il impose dans les univers créés. L’univers Mugler fascine depuis sa création et les prémisses de ses défilés jusqu’au monde contemporain que l’on connait aujourd’hui, plus proche de sa vision futuriste de l’art et de la démesure.

Sources : MAD Paris, Vogue, Beaux Arts

Cet article n’engage que son auteure.

Clémence Hoerner

Partager :

[Rubrique culturelle : l’exposition « Un combat capital » au Panthéon]

Le 8 octobre 2021 marque le 40e anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France. Le Centre des monuments nationaux et le ministère de la Justice proposent à cette occasion plusieurs événements en hommage à la promulgation de la loi de 1981. Parmi eux, il y a notamment l’exposition Un combat capital, ouverte jusqu’en janvier 2022 au Panthéon.

Une exposition capitale sur la peine de mort en France et son abolition

Cette exposition, que vous pouvez retrouver entre les fresques et statues historiques du Panthéon, revient sur les différentes étapes de l’abolition en France, de la fin de l’Ancien Régime (fin du XVIIIe siècle), jusqu’au premier septennat de François Mitterrand (1981). 

L’exposition offre à voir et à écouter différents documents, que ce soient des écrits, des photos ou des archives audiovisuelles (notamment des extraits du discours de Robert Badinter devant l’Assemblée nationale, le 17 septembre 1981), qui retracent deux siècles de combat pour l’abolition de la peine de mort.

L’exposition fait tout particulièrement honneur au garde des Sceaux Robert Badinter, figure emblématique à l’initiative de la loi portant abolition de la peine de mort en France, dans ce lieu dédié aux grands hommes de la nation.

Un combat désormais universel

Si le Panthéon est un lieu de mémoire symbolisant la construction de la nation française, cette exposition ne se limite pas à ce qui a été atteint (l’interdiction de la peine de mort est inscrit dans la Constitution depuis 2007), mais aborde également le combat actuel pour l’abolition universelle autour du monde, qui est loin d’être fini. Et si la France n’a pas été le premier pays à abolir la peine de mort, elle est désormais prête à porter cette cause à travers le monde, que ce soit par l’intermédiaires des organisations internationales telles que l’Union européenne, ou les ONG.

L’exposition “Un combat capital”, qui revient sur la longue bataille pour l’abolition de la peine de mort jusqu’à janvier 2022, n’oublie pas de montrer que ce combat, loin d’être achevé, est aujourd’hui porté par tous et toutes.

En effet, Le dernier Jour d’un condamné de Victor Hugo a été joué dans l’enceinte du Panthéon plus tôt ce mois-ci. Le fait que la pièce ait été interprétée par une femme a permis de souligner une chose que l’Histoire a tendance à omettre : si on pense souvent au régicide Ravaillac ou au procès de Patrick Henry quand on parle de la peine de mort en France, il ne faut pas oublier que des femmes aussi ont été exécutées en France au cours de l’histoire. Et comme le montre l’exposition, nombreuses sont les femmes à lutter aujourd’hui pour abolir la peine de mort dans le monde.

Du 8 octobre 2021 au 9 janvier 2022, 10h00 – 18h00 (dernière entrée à 17h15). Gratuit pour les moins de 26 ans. N’hésitez pas à acheter votre billet sur internet pour éviter la file d’attente sur le site du Panthéon.

La présentation d’un passe sanitaire valide est obligatoire pour accéder au monument. Port du masque obligatoire dès 11 ans et recommandé à partir de 6 ans.

Cet article n’engage que son auteure.

Mathilde Varboki (remerciements à Salomé Anfray)

Partager :

[Rubrique culturelle : rétrospective sur Georgia O’Keeffe au Centre Pompidou]

Depuis le 8 septembre et jusqu’au 6 décembre, vous pouvez découvrir la première rétrospective française sur l’artiste Georgia O’Keeffe au Centre Pompidou !

Georgia O’Keeffe, une artiste nord-américaine du XXème siècle

Décédée en 1986, Georgia O’Keeffe lègue au monde de l’art une collection riche de plus de 9000 tableaux ! Elle consacre en effet plus de deux heures par jour au dessin et à la peinture, et est une des premières figures de l’art moderne aux Etats-Unis et annonce l’art minimaliste américain.

Elle enseigne l’art dès 28 ans, en 1915 au Columbia College en Caroline du sud. Sa carrière artistique commence à être réellement reconnue lorsque le photographe Alfred Stieglitz, propriétaire de la célèbre galerie newyorkaise d’avant-garde 291, décide d’exposer sans son autorisation ses œuvres. Malgré la fureur de Georgia O’Keeffe, Stieglitz décide de laisser accrochées ces toiles, et déclare : « Vous n’avez pas plus le droit de garder ces images pour vous que de priver du monde un enfant. ». Chaque année alors, Stieglitz expose les œuvres d’O’Keeffe dans sa galerie. L’artiste reçoit de plus en plus de commandes à mesure que sa réputation grandit, et elle est la première femme à s’imposer auprès des critiques, des collectionneurs et des musées d’art moderne.

La peinture abstraite « hard edge »

C’est à partir des années 1960 que le mouvement « hard edge » émerge en Californie, et que Georgia O’Keeffe en devient une des pionnières. Il s’agit d’un expressionnisme abstrait dans lequel les transitions entre les couleurs sont brusques, chaque zone étant délimitée très nettement. Le tableau ci-dessous Sky Above clouds – Yellow Horizon and clouds de Georgia O’Keeffe, peint entre 1976 et 1977, et présenté dans l’exposition, rend bien compte de cette technique.

La nature pour thème principal

Les œuvres de Georgia O’Keeffe, ce sont aussi les fleurs, qu’elle dessine depuis son plus jeune âge. Elle peint des dizaines de peintures sur ce thème, dont chacune présente une seule fleur, qui s’étend sur l’intégralité de la surface de la toile, comme un zoom. L’artiste dit en effet avoir été inspirée par la photographie pour la réalisation de ces œuvres.


Inside red canna, 1919

Dans l’exposition, nous pouvons également remarquer le thème récurrent d’ossements et de coquillages. Georgia O’Keeffe s’inspire des lieux qu’elle a fréquentés pour peindre, comme la ville de Taos au Nouveau-Mexique où elle passe tous ses étés et y ramasse des coquillages. Dans le désert, elle trouve des os qu’elle voit comme « les symboles du désert » : elle les ramasse et s’en sert de modèle pour ses peintures.

Une exposition qui retrace le travail d’une vie

L’exposition du Centre Pompidou sur Georgia O’Keeffe propose une vue d’ensemble sur la totalité du travail de l’artiste. De ses premières toiles à l’affirmation de ses thèmes de prédilection, le grand panel des œuvres présentées permet de mieux connaitre une artiste jusqu’alors peu exposée en France. Le parcours est chronologique, et le décor entièrement blanc et épuré permet de faire ressortir les vives couleurs des peintures.

Si vous souhaitez donc en savoir plus, ou tout simplement découvrir Georgia O’Keeffe, l’exposition est ouverte ce week-end de 11h à 21h.

Pour réserver vos places :

https://billetterie.centrepompidou.fr/selection/timeslotpass?productId=101734952461&_ga=2.194385067.701667554.1634299111-304700728.1624272351

Article de Manon Etourneau

Cet article n’engage que son auteure.

Partager :

[Rubrique culturelle : Les origines du monde. L’invention de la nature au XIXe siècle.]

Des natures mortes, aux fossiles de dinosaures en passant par les planches gravées dans les carnets de voyages des explorateurs à certaines peintures spiritualistes du début du XXe siècle, l’exposition retrace un important pan de l’histoire de l’art inspiré de la nature 🌿. L’exposition rompt la frontière entre dessins scientifiques et œuvres d’art, on pense notamment aux planches de méduse du scientifique Ernst Haeckel. 

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Ernst_Haeckel,_Anthropogenie_Wellcome_L0023148.jpg

L’exposition révèle toute cette découverte de la diversité du monde, des espèces et des sciences naturelles : de la géologie à l’anthropologie. Une exposition qui est source de réflexion sur notre évolution, et qui s’adresse à tous les publics des plus jeunes au plus experts. Une grande diversité d’œuvres y sont présentées, parmi elles des collections inédites comme des carnets de voyage ou certaines œuvres rarement présentées comme la tête de faune de Carriès.

Le commissariat d’exposition composé d’historien des sciences a mêlé à la perfection les discours naturalistes et les productions artistiques. La nature, et plus exactement les sciences naturelles ayant interrogé simultanément artistes et scientifiques lors des grandes explorations des temps modernes au XIXe siècle à l’apogée de l’expansion coloniale. Se produit alors au XIXe siècle, ce que le musée d’Orsay appelle l’invention de la nature, autrement dit cette nécessité de connaître, de collecter et de diriger le monde qui motivent les sciences naturelles. Ce que l’historien Michel Foucault appelle biopouvoir, entraîne assurément, sous le joug des monarques, la transformation des collections curiosités en espèces scientifiques classés par le suédois Von Linné. 

Depuis le XVe siècle, les navigateurs font partie de ces hommes à la tête d’une expérience unique pour l’Europe et la science. Ils interrogent la manière même dont s’établit le savoir dans un monde désormais infini, selon Newton, en cours d’exploration. Une crise de conscience qui dépasse le cercle scientifique. Pour l’anthropologue structuraliste Claude Lévi-Strauss, celles-ci représentent un tournant dans l’histoire de l’Homme « Jamais l’humanité n’avait connu aussi déchirante épreuve et jamais elle n’en connaître de pareille ». Au XVIIIe siècle ce bouleversement motive les grandes expéditions scientifiques comme celle de James Cook et de Jean-François de Lapérouse🚢

Cette nouvelle forme de connaissance de la nature et des espèces sert un tout nouveau discours sur les origines de l’Humanité. Une histoire qui se fonde sur des théories de l’évolution racialiste, aujourd’hui bien heureusement remise en cause, comme celle de Buffon ou encore celle de Charles Darwin. L’exposition retrace les différentes évolutions théoriques depuis Linné, au XVIIe siècle à Ernst Haeckel au XIX e siècle autour de certains sujets iconographiques comme les fonds marins, ou la figure du singe. 

➥ Le saviez – vous ? 🔎Les peintres comme le romantique Théodore Géricault ont été influencés par les théories naturalistes du XIXe siècle jusque dans leur représentation des noirs mêlant l’histoire du beau à l’histoire des races. Des scientifiques comme Petrus Campers ont notamment alimenté avec la craniométrie cette différenciation raciste dans les représentations picturales (Le modèle noir, exposition Orsay, 26 mars 2019 et le 21 juillet 2019). 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c7/Musée_d%27Orsay%2C_Paris_7th_008.JPG

L’antenne UNESCO ne peut que vous conseiller cette superbe exposition qui se termine le 18 juillet ! C’est aussi l’occasion de faire un tour à l’exposition sur les Modernités suisses qui dans un autre genre explore les couleurs et formes de la nature suisse. 

➥ infos pratiques :  jusqu’au 18 juillet, Musée d’Orsay, métro Solférino, gratuit pour les -26 ans 

Article de Mariette Boudgourd

Cet article n’engage que son auteure !

Partager :

[Rubrique culturelle : elles font l’abstraction]

Jusqu’au 23 août 2021 se tient au centre Pompidou l’exposition « Elles font l’abstraction ». Cette exposition inédite met à l’honneur les femmes artistes ayant exploré l’abstraction au XXe siècle. Si les femmes ont souvent été considérées comme absentes dans la peinture et encore plus, dans les mouvements d’avant-garde, la quantité d’artistes exposées au centre Pompidou prouve le contraire. En effet, ce sont plus d’une centaine d’artistes qui « font l’abstraction » au centre Pompidou. 

L’exposition révèle les apports d’artistes femmes aux plus grands mouvements du XXe siècle tels que le Bauhaus ou l’avant-garde russe.

Si l’exposition se concentre principalement sur la peinture et sur des artistes européennes, on y trouve aussi d’autres formes d’art tel que la danse, la sculpture, la photographie ou la scénographie ainsi que des artistes originaires d’Amérique latine, du Moyen-Orient et d’Asie. 

En abordant l’abstraction de manière plus ou moins chronologique, l’exposition réinscrit les femmes dans l’élaboration de ce mouvement longtemps considéré comme exclusivement masculin. 

Ainsi l’exposition démarre avec les artistes spiritualistes notamment avec les œuvres de Georgiana Houghton et d’Hilma af Klint. 

L’abstraction des corps est abordée avec la danse et la géométrisation par exemple avec Loïe Fuller. De plus, l’art décoratif est aussi remis à l’honneur, côtoyant la peinture et la sculpture sur un pied d’égalité. On découvre ainsi le grand travail textile des femmes du Bauhaus. 

Cette exposition réunissant une soixantaine de femmes selon ce prétexte de l’abstraction soulève néanmoins une question importante : 

Peut-on faire des femmes artistes un sujet thématique ? 

Partager :

[Rubrique culturelle : Le Paris de Dufy]

Le mythe de Paris

Vous les avez peut-être déjà vus sur des cartes postales : les tableaux de Raoul Dufy sur Paris, ces œuvres colorées et lumineuses, qui font de la capitale un lieu féerique fantasmé par le monde entier. L’exposition sur le Paris de Dufy, au cœur de Montmartre, permet de plonger dans l’univers d’un artiste qui s’installe dans ce quartier parisien au début du XXème siècle. Fasciné par cette ville, l’artiste représente les grands monuments qui font sa renommée : le mythe de Paris prend tout son sens à travers ces images.

Des œuvres pour tous les goûts !

Les salles de l’exposition  sont chacune dotées d’un thème qui nous offre un aperçu sur la diversité des travaux de Dufy. Des tableaux, aux dessins en passant par son travail de tissus d’ameublement, l’exposition possède une collection riche et variée ! Raoul Dufy s’intéressait à tout, et a revisité des chefs d’œuvre comme Bal au moulin de la galette de Renoir. Il a dessiné de nombreux croquis de mode, a peint des nus dans son atelier, et a illustré des ouvrages tels que le recueil Le poète assassiné d’Apollinaire. Chaque exposition sur cet artiste est unique tant son Œuvre est gigantesque. En tout, ce sont plus de 3000 toiles peintes, 6000 aquarelles et 6000 dessins réalisés dans sa vie, sans compter ses tissus et ses décors d’intérieur !

La Fée électricité

L’œuvre la plus connue et la plus monumentale de Raoul Dufy, c’est bien la Fée électricité ! Conçue pour l’exposition nationale de 1937, cette décoration est destinée à mettre en avant le rôle majeur de l’électricité, à une époque où celle-ci commence à se diffuser dans les foyers français. Ce tableau, toujours très coloré conformément aux autres œuvres de Dufy, dégage une intense lumière grâce à l’utilisation de gammes claires et de zones blanches, faisant directement référence à l’invention de l’éclairage. Cette peinture a donc aussi un caractère métaphorique : l’électricité a révolutionné les modes de vie et a ouvert la voie vers un monde nouveau, celui du progrès. L’œuvre originale se trouve au musée d’art moderne, mais l’exposition à Montmartre présente trois magnifiques répliques.

Points forts / Points faibles

Le point fort de l’exposition, ce sont les nombreuses explications qui ponctuent la visite, nous permettant de comprendre le parcours du peintre et ses intentions artistiques. Le seul bémol de ces commentaires tient en ce qu’ils passent à côté des nombreuses influences de Dufy, pourtant importantes pour comprendre son Œuvre : Matisse, Cézanne, Braque…

Le ton pastel des salles apporte une atmosphère douce et permet de faire ressortir les éclatantes couleurs des œuvres de l’artiste. Malheureusement, leur exiguïté rend la déambulation difficile même quand il y a peu de visiteurs. Nous vous conseillons tout de même cette très belle exposition, en privilégiant les heures creuses du matin pour vous garantir un moment agréable !

Cet article n’engage que son auteure!

Article de Manon Etourneau

Partager :

[Rubrique culturelle : « Ce qui s’oublie et ce qui reste », au Palais de la Porte Dorée]

Le Palais de la Porte Dorée est connu pour abriter le Musée de l’immigration qui a pour objectif de sauvegarder, témoigner et faire connaître l’histoire de l’immigration en France à travers des objets (lettres, photographies, objets personnels…) et en retraçant le parcours d’immigrés. Il a aussi pour but de « contribuer à la reconnaissance des parcours d’intégration des populations immigrées dans la société française et faire évoluer les regards et les mentalités sur l’immigration en France »*. A noter que les galeries d’exposition permanente, actuellement en travaux, rouvriront leurs portes à l’automne 2022. 

L’exposition « Ce qui s’oublie et ce qui reste », se tient au Palais de la Porte Dorée jusqu’au 29 juin 2021. Elle tente de comprendre, avec des œuvres d’art variées (peintures, tissages, sculptures, photographies, vidéos, installations, performances…), comment les histoires personnelles et familiales résonnent avec celles du monde. L’exposition est le fruit d’une collaboration entre le Musée d’Art Contemporain Africain Al Maaden (MACAAL) de Marrakech et le Musée national de l’histoire de l’immigration à Paris. Elle s’inscrit dans la saison Africa2020 et tente de « regarder et comprendre le monde d’un point de vue africain » selon N’Goné Fall, commissaire générale de la saison Africa2020.

Emo de Medeiros, Notwithstanding the forces at hand, 2018, textile. Collection du MACAAL © Alessio Mei. Photographie issue du site de l’exposition (http://www.histoire-immigration.fr/ce-qui-s-oublie-et-ce-qui-reste

Grâce aux œuvres de dix-huit artistes du continent africain et de ses diasporas, le spectateur peut explorer cette notion de transmission : Qu’est-ce que signifie la transmission à l’heure des réseaux sociaux et de la communication en continu ? Comment se transmettent la mémoire, les savoir-faire, les rites, les traditions ? Comment s’opère la diffusion des connaissances aux générations suivantes ? Ces œuvres s’inscrivent au cœur des débats contemporains portant notamment sur la mémoire et les notions d’héritages et d’influences.

En effet, chacun, où qu’il soit dans le monde, reçoit des valeurs et des savoirs qu’il va à son tour transmettre.  L’exposition s’attarde sur ce « qui reste » et « ce qui s’oublie », ce qui est omis, effacé, rendu invisible ou silencieux, lors de cette transmission.  

Retrouvez les oeuvres de Abdessamad El Montassir et son installation photographique et sonore à travers laquelle il « dénonce l’instrumentalisation de la mémoire et remet en lumière une histoire niée », celles d’Amina Agueznay et ses textiles tissés, ou encore Zineb Sedira et son installation vidéo qui explore, selon ses mots « les paradoxes et les intersections de (s)on identité en tant qu’Algérienne et Française, et aussi en tant que résidente en Angleterre. ». 

Une exposition magnifique, haute en couleurs qui pousse à la réflexion sur « Ce qui s’oublie et ce qui reste » !

/!\ Une réservation en ligne avant la visite est obligatoire ! 

Pour en savoir plus : http://www.histoire-immigration.fr/ce-qui-s-oublie-et-ce-qui-reste 

*Décret no 2006-1388 du 16 novembre 2006 portant création de l’établissement public de la Porte-Dorée — Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Sources : site l’exposition, Musée national de l’histoire de l’immigration. 

Cet article n’engage que son auteure !

Article de Agathe Passerat de La Chapelle. 

Partager :