[Portraits de personnalités inspirantes : Susana Baca, La Diva péruvienne engagée ]

Susana Baca : chanteuse variété au Pérou | Interview | Terra Peru

Susana Esther Baca de la Colina plus connue sous le nom de Susana Baca est une figure emblématique de musique afro-péruvienne, une proéminente auteure-compositrice. Sa musique est un mix entre tradition et modernité. Elle utilise pour la composition de ses musiques, des instruments traditionnels péruviens comme le Cajón, une boite de  bois qui était à l’origine, une cage à fruit. De plus, elle ajoute à son palmarès l’ethnomusicologie, l’enseignement et l’obtention  à trois fois du prix du « Latin Grammy Award ». En juillet 2011, elle est nommée  ministre péruvienne de la culture dans le gouvernement de Ollanta Humala. Susana est donc la seconde afro-péruvienne de l’histoire du Pérou indépendant membre du gouvernement. En novembre 2011, elle est élue présidente de la commission de la culture au sein de l’ OAS,«the Organization of American States » de 2011 à 2013. 

Repérée par David Byrne, elle est la figure principale de la chanson afro-péruvienne depuis 50 ans. Comme Cesaria Evora, elle cultive une saudade, comprenez un profond état de nostalgie. Tout comme la reine capverdienne, elle a fait renaitre un folklore métissé par des siècles d’esclavage et de colonisation. Aujourd’hui encore, à l’âge de 77 ans, Susana Baca chante encore et vient même de sortir un nouvel album, Palabras urgentes (vérité urgentes). Dans ce nouvel album, elle fête ainsi, deux-cents ans d’indépendance de son pays, le Pérou. Son travail retranscrit aussi, 50 ans d’une carrière riche entre politique et musique. Avec David Byrne et son label Luaka Bop créé en 1995, elle publie une compilation « Lamento Negro ». De ce disque, on retiendra le célèbre titre, Maria Lando. En 2002, elle reçoit le Grammy Latino de Best Folk Album et est cité dans le Best World Music Album. 

Petit détour sur la vie de Susana Baca :  

Elle née à Lima le 24 Mai 1944 d’un père guitariste et d’une mère chanteuse. Elle est la descendante de la famille De la Colina, reconnut pour ses musiciens de renoms. Susana, passe une partie de son temps à 130 kilomètres de Lima la capital péruvienne à San Luis de Cañete, fiefs historique de sa famille de musiciens. La chanteuse décrit ce lieu comme « un lieu étrange, une petite enclave au milieu d’un désert côtier, où la musique créole noire péruvienne est comme une graine plantée dans le sable qui aurait poussée de façon miraculeuse ». Durant sa jeunesse, elle prend conscience de sa couleur de peau dans le district noir de Chorrillos où elle  habite et grandit. Dans les écoles, même si les classes étaient mixtes, les noirs étaient marginalisés. Cependant, ce caractère qui était la base de discrimination dans les écoles publiques donnait lieu à de la joie dans la sphère familial privée.  Plus tard, c’est en tant que chanteuse à l’université, qu’elle est amenée à parcourir le Pérou pour faire son travail d’ethnomusicologie, récolter des musicalité pour les inscrire dans un contexte historique et ethnique. Son travail porte alors sur les racines Africaines de la musique péruvienne. Avant elle, ses oncle Caïtro Soto et Ronaldo Campos fondent en 1969 l’association « Péru Negro » qui à pour objectif de préserver l’héritage musicale issus du syncrétisme afro-péruvien. Ces musicalités presque oubliées de cette tradition musicale, elle décide de les collecter. Son mari Ricardo Pereira l’aide dans cette démarche en apportant une dimension sociologique. Il parcourent alors ensemble le littoral péruvien afin de récupérer des témoignages dans les villages descendants d’africain. Le livre qui découle de ces recherches « Del Fuego y deal agua » est publié en 1992 et représente 11 années de recherche. Par la suite, en 1995, ils fondent ensemble l’institut Negrocontinuo pour enrichir leur travail de sauvegarde.  

En 2011, c’est le président Ollanta Humala qui nomme Susana Baca au poste de ministre de la culture. Il prône alors une politique d’inclusion sociale. Elle devient alors la première ministre noire du Pérou indépendant. L’artiste, en plus de son parcours musicale à s’engage grandement dans la lutte contre toutes formes de discrimination, quelle soit sexuel, racial ou culturelles. Son marquage politique se reflette aussi dans sa musique où elle exprime ses idées. Son album « palabras urgentes » s’inscrit alors dans un climat de corruption lors des élection de 2018 qui se présente alors comme un moyen de faire passer son message. 

Auxence Jobron

Source : 

https://en.wikipedia.org/wiki/Susana_Baca

https://www.telerama.fr/musique/susana-baca-icone-afro-peruvienne-en-chantant-je-veux-susciter-le-debat-6985975.php

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[La fermeture des écoles à Haïti en temps de crise]

Sanon, 14 ans, est en classe de 3e secondaire (équivalent de la 3e en France) à l’Institut mixte du foyer des enfants de Dieu, à Pétion-Ville :

« Les manifestations dans les rues près de chez moi ont causé beaucoup de dégâts, et les manifestants empêchent les écoles d’ouvrir. Du coup, je ne peux pas aller à l’école et je suis à la maison depuis deux mois : cela me fait très mal, j’aurais pu apprendre beaucoup de choses. »

Les observateurs, 23/10/2019, Mouvements de protestations en Haïti

Voici près d’un an que de violentes contestations à l’encontre du Président Jovenel Moïse secouent Haïti. En effet, accusé de détourner d’importantes sommes d’argent public à son profit, la démission du Président est réclamée. De violentes manifestations ont éclaté fin août 2019, faisant suite à une pénurie d’essence paralysant le pays. La situation s’aggrave de jour en jour et le pays semble aujourd’hui être plongé dans le chaos.  

© Photo by Kelly Lacy from Pexels

Les écoles sont fermées depuis près de 2 mois, faute de pouvoir assurer la sécurité des élèves et du personnel. Les salaires ne sont plus versés. La situation à Haïti est inquiétante puisqu’aux 500.000 enfants de 5 à 18 ans hors du système scolaire s’ajoute avec la fermeture de 70% des écoles plus de 3 millions d’enfants ne pouvant pas poursuivre ou débuter leur enseignement. Près de 50 jours d’école ont déjà été perdus. De plus, la fermeture des écoles expose les enfants aux dangers de la rue. Ainsi, à l’occasion du 30ème anniversaire de la Convention Relative au Droits de l’enfant (CDE), UNESCO et UNICEF s’associent pour appeler à la réouverte immédiate des écoles et une reprise normale des institutions éducatives rappelant l’importance de l’éducation pour l’avenir social et économique des enfants. Alors que l’article 28 de la CDE dispose que les États parties doivent rendre « l’enseignement primaire obligatoire et gratuit pour tous » et assurer « à tous l’accès à l’enseignement supérieur » ; L’UNESCO et UNICEF rappelle que le droit à l’éducation est immuable et doit ainsi se poursuivre malgré l’instabilité du pays.

Article de : Laura Bellec

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