[Journée internationale des migrants : l’éducation des enfants migrants en France]

La question de l’éducation des enfants migrants en France est complexe. L’accès à la scolarisation est un droit incontestable en France, confirmé par la législation française et par la CIDE (Convention internationale des droits de l’enfant). La Constitution de la V° République y donne une force indéniable : la discrimination est interdite. L’éducation est une condition qui permet l’intégration de ces jeunes migrants dans la société.

Outil essentiel de protection de la dignité humaine inscrite à l’article 26 de la DUDH (Déclaration universelle des droits de l’homme), l’éducation est aujourd’hui menacée dans les pays d’origine des migrants et mais aussi dans leur pays d’arrivée, la France. La réalité du terrain serait tout autre : Oliver Peyroux, sociologue spécialiste des migrations et de la traite des êtres humains, cofondateur de l’association Trajectoires, rend bien compte de cette situation en expliquant que « dans les bidonvilles en France, on a un peu moins de 50% d’enfants scolarisés. ». Les États sont libres de répartir les ressources financières attribuées à l’éducation des migrants, mais toujours dans le respect des droits fondamentaux. Par exemple, la France peut restreindre la gratuité de l’accès à l’enseignement supérieur mais elle ne peut pas restreindre l’accès à l’éducation élémentaire ou de base. Des associations déplorent que l’Etat français ne respecterait pas toujours les obligations qui lui incombent du droit de l’éducation. Les jeunes migrants rencontrent des obstacles qui sont des freins à l’éducation comme la précarité, la fragilité de leur statut ou encore l’isolement (de nombreux mineurs non accompagnés ne bénéficient pas du droit à l’éducation, en attente de prise en charge ou de reconnaissance de leur minorité). Ils partagent également un sentiment d’exclusion. Par exemple, dans les camps d’accueil temporaires, notamment en Grèce ou en Turquie, la situation éducative des enfants est très instable et précaire dû au manque de ressources matérielles, humaines et financières. Calais a été la situation la plus dramatique en 2015. Le défenseur des droits a constaté l’absence totale de prise en charge éducative des jeunes migrants. Il y aurait donc une sorte de double peine pour les jeunes migrants : celle d’être un mineur et un migrant.

Pourtant, l’éducation est garantie par le droit international des droits de l’homme. Les enfants migrants en situation irrégulière ou sans papiers peuvent invoquer ce droit. L’Etat doit s’y conformer. Selon l’article 22 de la Convention de 1951, les états ont l’obligation d’accorder « aux réfugiés le même traitement qu’aux nationaux en ce qui concerne l’enseignement primaire et un traitement aussi favorable que possible, et en tout cas non moins favorable » en ce qui concerne l’accès aux études, l’attribution de bourses d’études, et, la reconnaissance de certificats d’études. 


La Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille pose des obligations encore plus fortes. Or, elle n’a pas de valeur coutumière puisqu’elle n’a pas été assez ratifiée par les Etats d’emploi.

Selon l’article 30, « tout enfant d’un travailleur migrant a le droit fondamental d’accès à l’éducation sur la base de l’égalité de traitement avec les ressortissants de l’État en cause. L’accès aux établissements préscolaires ou scolaires publics ne doit pas être refusé ou limité en raison de la situation irrégulière quant au séjour ou à l’emploi de l’un ou l’autre de ses parents ou quant à l’irrégularité du séjour de l’enfant dans l’État d’emploi ». Cet article est intéressant puisqu’il opposerait une obligation pour la France d’assurer un accès à l’éducation pour les enfants de travailleurs migrants, au même titre que les enfants ayant la nationalité française, sans regarder la situation des parents. Le droit de l’Union européenne reprend cette disposition en affirmant que les mineurs demandant l’asile et les réfugiés ont accès à l’éducation aux mêmes conditions que les ressortissants des Etats membres de l’Union européenne (Convention européenne des droits de l’homme de 1950).

Toutes les obligations étatiques ne portent donc pas systématiquement sur des effets attendus. Les autorités nationales doivent établir des politiques d’éducation qui soient culturellement adaptées afin de permettre aux jeunes migrants d’être intégrés et d’avoir accès au marché du travail. Les élèves issus de l’immigration rencontrent des difficultés d’adaptation au nouvel environnement d’apprentissage. Il est donc impératif que l’éducation commence par l’enseignement de la langue. La Commission européenne aide les Etats membres de l’UE à intégrer les migrants dans leurs systèmes d’éducation et de formation. Le plan d’action de la Commission pour l’intégration des ressortissants de pays tiers s’est fixé trois priorités : intégrer les migrants nouvellement arrivés dans les structures de l’enseignement général ; prévenir l’échec scolaire des migrants ; prévenir l’exclusion sociale et favoriser le dialogue inter culturel.

Voici quelques citations intéressantes :

• « un enfant ne va pas voir un étranger dans l’autre, notamment dès qu’il va pouvoir jouer » Gwenaëlle Boulet, rédactrice en chef du magazine Astrapi et auteure.

• « on a toujours une dette morale quand on migre, jeune ou moins jeune, c’est de réussir » Olivier Peyroux, sociologue spécialiste des migrations et de la traite des êtres humains, cofondateur de l’association Trajectoires.

Article de : Anaïs Mangin

Cet article n’engage que son auteure.

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[L’éducation face au coronavirus dans le monde : la fermeture des écoles]

De nombreuses écoles sont fermées dans le monde entier enfin d’éviter la propagation du virus Covid-19 chez les enfants. Ainsi, vendredi dernier, le 6 mars 2020, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé la fermeture de toutes les crèches et des établissements scolaires dans l’Oise et le Haut-Rhin. Les écoles, de la crèche au lycée, sont fermées, car il considéré comme étant plus difficile d’y faire respecter les mesures d’hygiène et ainsi de limiter la transmission du virus. En France, la fermeture des maternelles et écoles vendredi dernier a été annoncée pour une période pour l’instant de 15 jours.

Dans le monde entier, c’est 13 pays qui ont décidé de fermer la totalité de leurs écoles, soit 290 millions d’enfants privés d’enseignement et 9 autres pays qui pratiquent actuellement des fermetures partielles, uniquement dans les régions touchées par le virus. C’est un chiffre sans précédent.

L’UNESCO a ainsi convoqué une réunion d’urgence avec les ministres de l’Éducation du monde entier afin de trouver des solutions permettant le maintien de l’éducation des jeunes générations, des alternatives à l’enseignement classique en présentiel sont recherchées pour les élèves de la maternelle à la fin du secondaire. Des enseignements à distance sont ainsi proposés lorsque cela est possible. L’UNESCO recommande l’utilisation des applications et plateformes éducatives.

Dans l’Oise et le Morbihan 2 des 3 foyers touchés en France avec la Haute-Savoie par le virus, les ressources du CNED (Centre National d’Enseignement à Distance) sont mises à disposition des élèves afin de permettre aux 32 000 enfants et adolescents confinés de poursuivre leurs apprentissages scolaires. Cette plate-forme se nomme « Ma classe à la maison », elle contient 4 semaines de cours et d’exercices pour les élèves de la maternelle à la terminale. Ce dispositif a également pour but de conserver un lien entre l’élève et le professeur – l’école afin d’éviter tout décrochage scolaire avec des enseignements en direct par le professeur à sa classe.

La problématique principale de la fermeture des écoles est la réduction du temps d’enseignement pour les enfants ce qui entraine une base des résultats d’apprentissage. Cela entraine également des difficultés pour les familles à faire garder leurs enfants, un problème donc d’organisation, entrainant un ralentissement économique.

L’UNESCO continue a surveillé l’évolution des fermetures des écoles ; et se tient prête à d’aider les pays dans la mise en œuvre de solutions adaptées face à cette crise sanitaire majeure.

Article de : Laura Bellec

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