[L’UNESCO dans l’éducation: L’UNESCO investit dans le bien-être des adolescents]

Entre confinement, cours à distance et décrochage scolaire, les retombées du contexte sanitaire actuel sont multiples. Et tous, d’un commun accord, pèsent sur ce qu’il y a de plus important chez un adulte, et a fortiori chez un adolescent : sa santé mentale. C’est dans ce contexte de crise que l’Unesco décide de venir en aide aux adolescents du monde entier et d’investir dans leur bien-être.

Les chiffres sont alarmants : un sondage national réalisé par le centre médical de l’Université du Michigan révèle que les adolescents sont particulièrement touchés sur le plan psychologique et mental par la pandémie, et davantage encore par les mesures de restriction prises pour tenter de l’endiguer. Ce sondage se base sur les réponses de 977 parents d’adolescents âgés de 13 à 18 ans. Il révèle que près de la moitié des parents interrogés (46%) affirment que leur adolescent souffre d’un nouveau trouble de santé mentale ou d’un trouble en aggravation depuis le début de la pandémie en mars 2020.

Les parents interrogés font également état d’une hausse des symptômes dépressifs (31% des adolescentes, contre 18% des adolescents), des troubles du sommeil (24% et 21% respectivement), et même d’un comportement plus agressif qu’avant l’apparition du virus (9% et 8% respectivement).

C’est face à toutes ces conséquences liées à ce contexte sanitaire particulier que La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay – aux côtés d’autres dirigeants – a lancé un vibrant appel à l’action à propos du bien-être des adolescents. Ainsi, l’Unesco tente de créer un cadre sûr et accueillant, de connaissances et de compétences leur permettant de rester en bonne santé, comme le mentionne leurs droits énoncés dans le Programme mondial d’action pour la jeunesse et la Stratégie des Nations Unies pour la jeunesse. C’est cet appel à l’action lancé par la Audrey Azouley qui sera au centre du Forum 2021 de la jeunesse de l’ECOSOC, « S’unir pour les adolescents pendant la COVID-19 ».

C’est en investissant davantage dans les programmes d’Education que l’Organisation parvient à investir dans le bien-être des adolescents. Force est de constater que l’éducation – qui occupe le plus de place dans le temps d’un adolescent – est un des canaux les plus importants dans la promotion du bien-être. En effet, une récente consultation mondiale auprès d’adolescents et de jeunes âgés de 13 à 29 ans, souligne que le rôle de l’école dans la formation des liens et des réseaux de soutien est essentiel, celle-ci leur fournissant des conseils et des informations explicites sur ce à quoi ils doivent s’attendre pendant l’adolescence et par la préparation à leurs futures relations dans la vie professionnelle, à l’âge adulte.

Article rédigé par Jonathan Katende

Cet article n’engage que son auteur

  1. Santé mentale : les adolescents touchés de plein fouet par la pandémie
  2. https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000246453_fre
  3. Il est temps d’investir dans le bien-être des adolescents
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[UNESCO à l’antenne #2 : étudiant.e.s précaires, étudiant.e.s délaissé.e.s avec Bérangère Poncet]

À la veille de la journée mondiale de l’éducation, l’association a choisi de donner la parole à Bérangère Poncet,  présidente de l’Association Générale des Étudiants de Paris, l’AGEP, depuis 2019 pour parler d’un sujet important malheureusement d’actualité : la précarité étudiante. 

Un sujet qui nous tient à cœur, au plus près de nos propres réalités d’étudiant.e.s, nous parlons dans ce podcast des conséquences de la pandémie sur la précarité des étudiants, ainsi que de la détresse émotionnelle qu’elle suppose. 

Nous évoquons aussi les aides mises en place et les solutions alimentaire, psychologique entre autres mises à la disposition des étudiants.  

Encore un grand merci à Bérangère Poncet pour sa confiance ! 

Bon courage à tous et toutes pour ce nouveau semestre durant lequel SONU va vous accompagner 💪

Vous pouvez retrouver ce podcast sur de nombreuses plateformes de podcast : Apple Podcasts, Spotify, Anchor, Breaker, Google Podcasts, Overcast, Pocket Casts, Radio Public 🎶. 

↪ Si vous êtes en situation de précarité, ou estimez avoir besoin d’aide alimentaire ☕

↪ Lignes d’écoute et aides psychologiques👂

↪ Emplois étudiants, quelles aides ? 

Bonne écoute 🎶

Version Script du podcast : UNESCO à l’antenne #2 : étudiant.e.s précaires, étudiant.e.s délaissé.e.s avec Bérangère Poncet 

Marianne Condette : Bonjour à toutes et à tous, vous écoutez Mariette Boudgourd, Marianne Condette et Sana Tekaïa pour ce second podcast de l’antenne UNESCO de SONU. Dans ces podcasts nous abordons les thématiques chères à l’UNESCO, dans le but de sensibiliser les étudiants et instaurer un débat, une réflexion autour de problématiques actuelles qui touchent à l’éducation, à la préservation des biens culturels, aux sciences. 

Aujourd’hui nous allons parler de la précarité étudiante : nous allons traiter de la situation des étudiants en temps de pandémie. La question de la précarité est un problème fondamental auquel l’UNESCO tente de remédier. En effet, l’UNESCO prône un égal accès à l’éducation dans de bonnes conditions. La précarité, source d’instabilité et de rupture sociale pour de très nombreux étudiants, contraint les étudiants en situation de précarité à poursuivre leurs études dans une situation d’insécurité financière et peut les amener à devoir cumuler des jobs à côté de leurs études. L’UNESCO a, à de nombreuses reprises, témoigné de son engagement pour favoriser une éducation égalitaire, cherchant à garantir ce droit fondamental. 

La Coalition Mondiale pour l’éducation a, par exemple, été lancée par l’UNESCO en mars 2020 pour répondre à la crise éducative liée à la pandémie de Covid-19. Cette coalition est une plate-forme de collaboration et d’échange qui tend à protéger le droit à l’éducation pendant et après la pandémie. La pandémie de Covid-19 ayant fortement accru la situation précaire de certains étudiants, elle représente un véritable défi pour permettre à chacun d’étudier dans les meilleures conditions. 

Avant toute chose, je rappelle que la réflexion menée au cours de ce podcast n’implique que ses protagonistes. Aujourd’hui nous recevons Bérangère Poncet, présidente de l’AGEP pour son deuxième mandat consécutif. 

Marianne Condette :  Bonjour Bérangère Poncet.

Bérangère Poncet : Bonjour.

Marianne Condette : Merci d’avoir accepté de participer à notre podcast aujourd’hui. Tu es donc originaire de Lyon et tu es étudiante à l’école d’orthophonie de l’université Sorbonne, que tu as intégré en 2018. Tu es présidente de l’Association Générale des Etudiants de Paris, l’AGEP, depuis 2019 et tu t’es engagée tout au long de ta vie étudiante pour assurer le bien-être des étudiants ainsi que leur santé mentale et physique. 

L’AGEP, si on fait un petit résumé, c’est une fédération territoriale qui permet de fédérer et de représenter l’ensemble des étudiants de la ville de Paris. Mais l’un de vos objectifs, et c’est justement pour ça que tu as accepté de témoigner aujourd’hui, c’est de lutter contre la précarité étudiante. 

Lors de la crise de la Covid-19, la précarité de certaines étudiantes et certains étudiants s’est fortement accrue, parce qu’ils dépendaient jusqu’ici de jobs étudiants ou de bourses alimentaires à côté de leurs études. Est-ce qu’au sein de l’AGEP, vous avez été témoins lors de ce deuxième confinement et des couvre-feux etc. d’une augmentation de la précarité étudiante ? 

Et quels sont les critères pour pouvoir faire un dossier ? 

Bérangère Poncet : Alors du coup pour bénéficier de l’AGORAE, on calcule un reste à vivre. Donc en fait, on récupère les entrées et les sorties d’argent dans le mois et il faut que le reste à vivre soit en dessous de 7,60 €. 7,60 €, ça correspond à deux fois 3,30 €, donc le prix d’un repas au CROUS et 1 € le petit déjeuner. S’il est en dessous de 7,60 €, il peut être bénéficiaire de l’AGORAE. C’est-à-dire que c’est un étudiant qui doit avoir un « surplus » de 200 € par mois. Après on regarde aussi les autres dépenses, on essaye de dire s’il y a un loyer excessivement cher, on essaie de voir comment l’étudiant peut mieux gérer ses dépenses. 

Derrière, il y a aussi l’accompagnement social. C’est vraiment une épicerie sociale et solidaire, le but c’est aussi de le ramener à une vie sociale puisque les étudiants qui sont en situation précaire ne peuvent pas sortir. Évidemment personne ne peut vraiment sortir pour ses activités, mais en temps normal les étudiants précaires sont ceux qui ne peuvent pas aller boire un verre, aller au cinéma etc. 

Marianne Condette : Est-ce que tu aurais des chiffres particuliers qui témoigneraient … Par exemple au niveau de l’emploi, est-ce que tu aurais des chiffres qui témoigneraient d’une perte forte d’emplois liée justement à la Covid-19 ? 

Bérangère Poncet : Oui tout à fait. Donc la FAGE, qui est la Fédération d’Associations Générale Étudiante, donc qui est notre organisation nationale, a réalisé une étude avec IPSOS sur le premier confinement. Donc, il y avait 74 % des étudiants qui avaient arrêté leur travail, parce qu’ils avaient été obligés de l’arrêter. Dont, je crois que c’est 1 sur 10 qui n’ont jamais repris, ceux qui n’ont pas pu avoir de suite. 

Sana Tekaïa : Est-ce que vous pourriez nous expliquer les systèmes d’aide contre la précarité qui ont pu être mis en place que ce soit au niveau des universités ou alors plus de manière locale ou même au niveau national ?

Bérangère Poncet : Tout à fait. Donc sur le premier confinement, on a pu un peu voir différentes phases à partir de la crise. Donc sur le premier confinement, ça a été très long, il y a eu peu de dispositifs mis en place. Nous on a dû fermer nos AGORAE parce que le premier confinement était très strict. On ne voulait pas mettre en danger nos volontaires en service civique. Donc on avait décidé de fermer nos AGORAE. Mais au bout de quelques semaines, on s’est dit qu’il fallait quand même qu’on aide les étudiants parce que la plupart d’entre eux ont perdu leur travail et n’ont plus de revenu. On s’est mis à faire des distributions alimentaires avec nos propres moyens. Les premières distributions étaient on va dire simples. On les a arrêtées durant l’été parce que les bénévoles partaient un peu tous en vacances, puis après il y a eu la sortie du confinement. Et après partout en France dans notre réseau associatif, un peu tout le monde s’est mis à faire des distributions alimentaires. Donc c’était parfois avec le CROUS. Le CROUS de Paris n’a pas forcément contacté, mis en place des distributions de paniers. 

À la rentrée, on s’est rendu compte que la situation ne s’améliorait pas, voire qu’elle s’empirait que beaucoup d’étudiants n’avaient pas pu reprendre le travail étudiant, qu’ils n’avaient pas pu travailler cet été. Donc beaucoup d’étudiants qui travaillent l’été pour avoir une grosse somme toute l’année à utiliser n’avaient rien du tout. Donc comment aider ses étudiants-là qui étaient quand même obligés de payer un loyer, surtout un loyer parisien ou francilien qui est quand même plus élevé qu’ailleurs. 

À la rentrée, on a pu rouvrir nos AGORAE, ça a vraiment été un soulagement. À côté, on s’est rendu compte qu’il fallait qu’on continue. Donc sur le deuxième confinement, on a mis en place des distributions mais à plus grande échelle. C’était entre 400-700 paniers qui étaient distribués les samedis. Les formulaires se remplissaient en 24 heures. Donc, on s’est vraiment rendu compte du besoin et de cette cruelle précarité qui était là, c’est-à-dire que les étudiants attendaient toutes les semaines notre formulaire. 

Ça c’était plus pour les initiatives étudiantes que l’AGEP a pu mettre en place. À côté de ça, dès le premier confinement, les universités ont mis en place des aides sociales. Les universités mettent en place des aides sociales tout le temps, sauf que les étudiants sont souvent très rarement informés de ces initiatives d’aides sociales.  Par exemple, il y a de gros frais qui vont être avancés pour ceux qui ne peuvent pas aider à payer ces frais, des réparations, de voiture. C’est justifié, ce sont des commissions qui se déroulent. Là, avec toute cette crise, les universités se sont mobilisées pour aider encore plus d’étudiants et mettre en place soit des aides sociales d’urgence, donc avec moins de commissions, des dossiers un peu plus simplifiés et des critères un peu plus simples. Après, chaque université a un peu fonctionné différemment. Panthéon-Sorbonne, c’était une aide, c’était un montant directement attribué aux étudiants. À la Sorbonne-Université, c’était un dossier et on attribuait un montant en fonction de ce que l’étudiant demandait. On se disait que cet étudiant avait besoin d’un ordinateur, de quoi se nourrir et payer son loyer, on mettait des montants pour chacun de ces critères et on lui donnait une somme et on essayait de donner pour 2 ou 3 mois pour que l’étudiant n’ait pas à refaire des dossiers toutes les semaines. Donc les universités ont plus ou moins toutes bien réussi à mettre cela en place ou à gérer le nombre de dossiers. Le problème, c’est que quand on fait de la communication là-dessus avec le nombre d’étudiants qui étaient précaires, les assistantes sociales n’avaient pas forcément réussi à tout traiter. Mais ce sont les aléas des services sociaux. 

Derrière il y avait aussi le CROUS, donc qui est le service public des œuvres universitaires et scolaires et qui a pu aussi mettre en place des aides sociales d’urgence avec des conditions beaucoup plus régulières et qui a pu attribuer aussi beaucoup d’aides aux étudiants. Le CROUS qui là est encore disponible, donc s’il y a un étudiant qui est encore en difficulté financière, il ne faut vraiment pas hésiter à se rendre sur le site de son université pour regarder les aides qui sont disponibles ou se rendre sur le site du CROUS pour aussi avoir des aides, sachant qu’elles sont cumulables. 

Derrière, il y a d’autres initiatives depuis la rentrée qui sont créées à Paris de distribution alimentaire, par exemple avec Linkee, qui distribue dans le 18ème et dans le 13ème arrondissement des paniers. Il y a l’association Co’p1, il y a les restos du cœur, le secours populaire.  Il y a beaucoup d’initiatives mises en place pour aider les étudiants surtout pour l’aide alimentaire et les produits de première nécessité donc d’hygiène et d’entretien. 

Sana Tekaia : Et au niveau national les étudiants avaient-ils droit à une aide de l’Etat ? 

Bérangère Poncet : Alors l’État a mis en place deux aides, la première c’était une aide de 200 euros accordées aux jeunes il me semble. Les critères étaient très restreints, le problème c’est que le gouvernement réagit beaucoup trop tard sur ce qui se passe. En plus ils sont à côté de la plaque donc il y a des aides mais jamais adaptés aux bonnes personnes. Évidemment, ceux qui en ont bénéficié étaient forcément nécessiteux c’est pas ça le problème. Là cette année le boursiers ont reçu 150 euros de plus, ça c’est une bonne initiative mais le problème c’est que la bourse sur critères sociaux, elle est désuète, injuste. Elle ne correspond pas aux situations des étudiants, on demande une linéarisation des bourses et que ça soit plus une bourse sur critères sociaux mais une aide globale indépendante. On aide toujours les mêmes, les boursiers. Par exemple, pour Sorbonne Université, un Welcome pack numérique mis en place où la priorité était au boursier. Il faut sortir de cette idée que tous les étudiants précaires sont boursiers parce que ce n’est pas le cas en fait. Il y a des étudiants boursiers qui sans rouler sur l’or ne sont pas en situation de précarité. Mais il y a de l’autre côté les trous dans la raquette les étudiants internationaux qui n’ont droit à aucune aide, donc pas aux aides sur critères sociaux. Après il y a tous les étudiants qui sont à la limite du premier échelon de la bourse mais qui n’ont pas ces ressources là. On pense aussi à tous les étudiants en rupture familiale vu que la bourse recrute par rapport aux revenus de ces parents. Il y a pleins de problématiques comme ça, que l’on peut reprocher à la bourse aux critères sociaux ou à ce qui est mis en place par l’État. Ce sont des bonnes intentions mais qui ne suffisent pas, et souvent à côté de la plaque pour pouvoir aider ceux qui en ont réellement besoin. 

(interlude musicale)

Mariette Boudgourd :  Cette année, la pandémie a laissé en dehors des classes presque 1,6 milliards d’apprenants dans plus de 190 pays. Soit 90 % de la population apprenante mondiale. Un impact sur l’éducation tel qu’il a poussé l’Unesco a lancer dès mars 2020 la coalition mondiale pour l’éducation. 150 membres des Nations unies et de la société civile, des académies se sont ainsi rassemblés pour permettre une meilleure connectivité numérique entre les enseignants et les élèves pour parvenir à limiter le décrochage scolaire. Un programme mondial qui soutient les pays  notamment en Afrique en partenariat avec des géants du numérique pour assurer la continuité. 

(interlude musicale)

Sana Tekaia : Justement par rapport aux étudiants internationaux, est-ce qu’il y a eu des aides mises en place quand même ou rien du tout ? 

Bérangère Poncet : Rien du tout, pas à ma connaissance. Ils ont droit aux aides de l’université ou aux aides d’urgence du CROUS. Mais en plus les étudiants internationaux ils ne parlent pas forcément bien français, donc tous les dossiers ne sont pas forcément traduits en anglais ou dans toutes les langues. Donc les étudiants qui sont fragilisés, sont toujours ceux qui le sont le plus au moment des crises. 

Mariette Boudgourd :  Pour rebondir par rapport à ce que vous aviez dit sur le gouvernement, sur le système d’aide à l’emploi, le gouvernement avait annoncé le 12 novembre 2002 la création de 1600 emplois étudiants supplémentaires. Est ce que vous pensez que ce qui a été mis en place est suffisant ? Est ce que ça a répondu suffisamment… même si il semble que pas vraiment. 

Bérangère Poncet : Non non il y a 20 % de jeunes en France qui sont en situation de précarité donc ce n’est pas avec 1600 emplois étudiants qu’on va régler le problème. Surtout qu’on connait très bien les conséquences que l’emploi étudiant a. On a déjà tous nos cours à gérer, travail perso, si on est tout seul dans notre appartement on a toutes les tâches ménagères : faire à manger, faire ses courses qui prennent du temps. En situation de crise sanitaire, ou de redondance confinement/couvre-feu etc clairement on arrive à un point où entre guillemets on en peut plus. Je ne sais pas quel étudiant se dit : “tiens je vais me rajouter à ma santé mentale un petit emploi étudiant”. Ceux qui vont le faire c’est ceux qui ne peuvent plus se nourrir donc c’est ceux qui sont les plus fragilisés. C’est pareil on a créé plus de 20 000 emplois de tuteurs en France, et c’est toujours le même problème on crée des emplois étudiants mais ce n’est pas le salariat étudiant qui va sauver l’étudiant. Après c’est à double tranchant, par exemple l’ouverture de 20 000 postes de tutorat c’est intéressant dans le sens où le tutorat peut remettre du lien social mais ça rajoute des heures à ses étudiants là. Juste derrière les universités ne sont pas capables d’encadrer les étudiants et de les accompagner dans ce travail en plus. C’est un cercle vicieux, où ce sont de bonnes initiatives, c’est pareil les 1600 emplois dans les résidences CROUS c’est pour favoriser le lien social etc, mais c’est jamais des choses très bien encadrés. Quand cette annonce a été faite, il n’y avait aucun texte qui l’encadrait, on ne savait pas comment ils allaient être payés, à combien. Finalement c’est au SMIC donc tout va bien il y a des bonnes initiatives mais qui ne sont jamais cadrées, avec des conséquences qui ne sont pas forcément bonnes pour les étudiants. 

Mariette Boudgourd :  Vous y avez déjà un peu répondu là, mais en règle générale est ce qu’il y a un suivi des étudiants pour la recherche d’un emploi ? 

Bérangère Poncet : Dans la recherche d’un emploi il me semble pas… Les universités peuvent dès fois communiquer, ou le CROUS à une mission qui est l’emploi étudiant qui communique sur sa plateforme d’aide à l’emploi mais il y a rarement de l’accompagnement. Après pour les emplois étudiants à l’université il me semble que c’est encadré, qu’il y a du suivi et de la communication sur les emplois etc. Après pour le reste il y a un statut qui existe pour les étudiants salariés, mais il n’est pas adapté à la réalité et ne fonctionne pas avec ce que les étudiants vivent vraiment. 

Mariette Boudgourd : Je me permets juste une réflexion que je vous pose, vous traitez surtout de la question des étudiants mais est ce que la question des jeunes actifs qui sont depuis deux ans sans emploi dans un entre deux entre étudiant et actif est traitée ? 

Bérangère Poncet : On ne la traite pas beaucoup, mais on va dire qu’on la traite au niveau national c’est à dire qu’on est au courant des difficultés. Par exemple, un jeune qui nous contacte, on va être capable de lui répondre et de lui donner des pistes. Il y a eu des initiatives comme un jeune, une solution je ne sais pas si vous en avez entendu parler pour les jeunes actifs, il y a la garantie jeune. C’est toujours pareil, bon je passe pour quelqu’un d’hyper critique mais la garantie jeune ça va pas, ça n’est pas un dispositif qui correspond à tous, c’est quelque chose qui est pas assez cadré. Même le plan d’un jeune a une solution, moi mon petit frère je lui en ai parlé et il m’a dit « bah  je suis allé dessus cette plateforme elle est pété ». 

Mariette Boudgourd : Concernant la plus grande solution que traversent les étudiants en situation de précarité qui est une précarité en soi, est ce qu’il existe des solutions vers lesquelles les étudiants peuvent se tourner ? On a entendu parler récemment de certaines plateformes d’écoute…

Bérangère Poncet : Tout à fait, c’est la grande problématique sur laquelle les associations étudiantes, les étudiants, tout le monde va devoir travailler et communiquer. On a Night Line une ligne d’écoute le soir pour les étudiants. Ce qui est intéressant parce qu’un psychologue gratuit ou non travaille la journée, donc si un étudiant à cours toute la journée il ne va pas forcément pouvoir en bénéficier. En plus de Night line il y a les services universitaires de santé les SIUMPPS qui proposent des séances psychologiques gratuites. Pareil le problème c’est que souvent le service manque du moyen et de personnel, celui du Paris 1 et des universités de Paris actuellement les délais d’attente sont monstrueux pour obtenir un rendez vous. En revanche, celui de la Sorbonne université et du Paris II Panthéon-Assas fonctionne bien en ce moment. Il y a des places disponibles pour des séances de psychologie. Il y a des permanences sans rendez-vous qui vont être remises en place en présentiel à partir de la semaine prochaine. Ce sont des dispositifs soit que les étudiants ne connaissent pas, soit ils ont des préjugés en se disant que ça ne va pas fonctionner, être trop long ou la peur, ou le non recours qui est énorme. Il y a aussi APASO une ligne d’écoute et la FAGE qui a mis en place un dispositif pour prendre rendez-vous avec une psychologue directement. Sur tout ce qui est santé mentale il y a le site soutien-étudiant.fr créé pour soutenir les étudiants, et qui par académies répertorie tous les services de santé pour les étudiants. On retrouve tout ce qu’on vient de citer ci- dessus. 

Mariette Boudgourd : J’avais une autre question qui me vient, par rapport à la “province” entre guillemet parce que j’en viens, et Paris est ce qu’on remarque que la précarité est beaucoup plus accentuée à Paris et en banlieue parisienne ? Ou est ce que c’est plutôt homogène…

Bérangère Poncet : Je pense qu’actuellement c’est homogène, après le critère que l’on a c’est les distributions et les AGORAE qui ont fonctionné de la même manière à Marseille, Lyon, Poitiers que Paris. Les AGORAE c’est aussi en fonction du nombre d’étudiants il faudrait regarder les pourcentages, mais dans les grandes villes par exemple à Strasbourg il y a des distributions et c’est de l’ordre de 1000 personnes qui se font aider par semaine. A Lyon à un moment ils avaient le même chiffre, c’était 1000 personnes par semaine. Forcément ça reste des grosses villes, où les loyers sont chers, à Paris il y a plus de frais bien sûr mais la précarité elle est présente partout. 

Marianne Condette : J’ai encore une autre question, parce que vous nous avez expliqué que pour avoir le droit à un certain type d’aide il faut remplir certains dossiers mais est ce qu’il existe un accompagnement pour aider les étudiants à remplir les dossiers ? 

Bérangère Poncet : Pas à ma connaissance, nous par exemple si un étudiant à des difficultés pour remplir un dossier pour l’AGORAE on va évidemment l’aider et l’accompagner. Mais après à l’université je suis pas sur. Après si l’étudiant fait la démarche de, et qu’il dit voilà je n’arrive pas à compléter mon dossier il sera peut être accompagné. Souvent les démarches administratives sont longues ce qui explique que les étudiants ne demandent pas d’aide ou abandonnent en faisant leur dossier parce que c’est trop long, et il y a trop de papiers qui sont demandés. 

Mariette Boudgourd : Comment vous vous projetez dans ce deuxième semestre pour les étudiants qui vont se faire à distance et probablement confinés ..?

Bérangère Poncet : C’est compliqué (rire), honnêtement on va pas se mentir ça va être compliqué ! Il y a trois grands combats: lutter contre le décrochage scolaire, lutter contre le mal être et lutter contre la précarité. C’est les trois combats que l’AGEP va tenter de mener, là pour la précarité on distribue des repas chauds tous les soirs. Donc si jamais des étudiants écoutent ce podcast et qui ont besoin d’aide tous les soirs il faut se rendre sur la page facebook de l’AGORAE et de l’AGEP pour pouvoir s’inscrire. On fera de la communication régulièrement, après le décrochage et la santé mentale on va voir ce qui est possible. mais voilà il y a déjà pas mal d’aides mise en place pour la santé mentale sur Paris, donc n’hésitez vraiment pas à vous renseigner et à voir quels sont les dispositifs. Et sur le décrochage scolaire, pour l’instant il n’y pas vraiment de solution, on tente de mettre en place des séances de tutorat, d’entraide entre étudiants. On va voir comment les universités vont anticiper ce second semestre parce que là elles se rendent bien compte qu’on ne peut pas faire comme si de rien n’était comme si dans deux mois elles allaient retourner sur les campus. Les universités pour la plupart sont pour un retour, c’est surtout au niveau du gouvernement que ça bloque et ça a de réelles problématiques parce qu’au final on est des personnes en construction, qui ont besoin d’interactions sociales. On est un peu les oubliés de la crise, il faut se le dire ! Donc on espère que le gouvernement réagisse vraiment sur la réalité des choses et du fait que ça devient difficile pour tout le monde…C’est pas une note positive désolé (rire).

Mariette Boudgourd : Mais vous pensez que la médiatisation en cours va faire bouger les choses là dessus sur les mesures qui vont être prise pour les étudiants, ou ça risque d’être que pour les lycéens, et le secondaire que ça va bouger pour la reprise des cours…Enfin vous ne pouvez pas savoir mais..

Bérangère Poncet : J’espère, j’espère que la médiatisation,tout ce qui se passe va faire bouger les choses. On essaye au niveau national des discussions sont mises en place pour faire comprendre que là on va arriver sur une situation de non retour, qui n’est plus maîtrisable donc si aucune mesure n’est mise en place. Qu’il n’y a pas d’accompagnement et des universités et des étudiants cela va faire une génération de sacrifiés.. enfin ça l’est déjà un semestre et demi, et surtout à Paris avant la crise les grèves des transports, des réformes par rapport à l’enseignement supérieur donc ça fait un moment que les étudiants sont impactés et ne peuvent pas réalisés leurs études et leur formation dans de bonnes conditions. Voilà après j’ai pas l’impression que le gouvernement réagisse vraiment à la médiatisation des malheurs des étudiants donc peut être qu’ils vont se réveiller et se dire à oui en effet (rire) mais…

Mariette Boudgourd : Merci beaucoup !

Bérangère Poncet :  Merci 

(interlude musicale)

Mariette Boudgourd : Merci pour votre écoute, vous pouvez retrouvez notre podcast sur toutes les plateformes audio ou sur notre blog ou il sera également retranscrit en script n’hésitez pas à prolonger cette discussion en commentaire et à partager vos expériences. À très vite ! 

(interlude musicale)

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[Enseignement supérieur : mobilité et échanges inter-universitaires]

La 40éme conférence générale de l’UNESCO a eu lieu du 12 au 27 novembre à Paris, et – parmi les décisions prises lors de celle-ci – l’une d’elles saura tout particulièrement retenir l’attention des étudiants qui nous suivent :
L’UNESCO a adopté un projet de Convention mondiale sur la reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur, destinée à faciliter la mobilité étudiante entre universités des cinq continents. Elle entrera en vigueur après avoir été ratifiée par vingt pays.

L’objectif est de faciliter les échanges universitaires interrégionaux, notamment par la mise en place de principes universels afin d’améliorer la reconnaissance des diplômes. En effet, aujourd’hui, 5 millions de jeunes étudient à l’étranger et 2,5 millions étudient en dehors de leur région d’origine.

Cette convention complétera alors les 5 conventions régionales de l’UNESCO sur la reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur. Il s’agit du premier traité des Nations Unies sur l’enseignement supérieur doté d’une portée mondiale et il devrait permettre de réduire les obstacles auxquels les étudiants, enseignants, chercheurs et demandeurs d’emploi se trouvent confrontés en dehors de leur pays d’origine.

La nouveauté de cette convention se trouve donc dans son ouverture à la mobilité académique interrégionale et à la mise en place de principes universels pour améliorer les pratiques de reconnaissance des diplômes.

Elle bénéficiera particulièrement aux personnes qui souhaitent faire reconnaître leurs titres dans une région autre que leur région d’origine, soit pour accéder à l’enseignement supérieur, soit pour poursuivre leurs études.
La Convention va également créer des plateformes pour que les autorités nationales collaborent par-delà les frontières et les régions afin de développer de meilleurs outils et pratiques de reconnaissance des qualifications de l’enseignement supérieur.

Article de : Louise Sineux

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