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[Portraits de la semaine: Raymond Aron, philosophe de la paix et de la liberté]

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Dans un moment de l’histoire où la guerre frappe aux portes de l’Europe, où la paix est mise en discussion et menacée, il y a un philosophe dont la lecture pourrait nous aider à éclaircir l’actualité, à l’interpréter et l’analyser : Raymond Aron, et ses écrits tels que Paix et guerre entre les nations (1962), Essai sur les libertés (1965), Démocratie et totalitarisme (1965), et beaucoup d’autres ouvrages qui ont marqué l’histoire de la philosophie politique et de la sociologie du XXème siècle.

Ecrivain prolifique et intellectuel indépendant, Raymond Aron naît à Paris en 1905 et il intègre en 1924 l’École Normale Supérieure, la même année que Paul Nizan et Jean-Paul Sartre, avec lequel il entretiendra pour toute sa vie une relation assez compliquée : amis pendant les années de la rue d’Ulm, les deux intellectuels commencent à avoir des divergences au niveau politique, divergences qui s’accentuent quand Aron prend les distances à l’égard du maoïsme de Sartre, pour se rapprocher de la pensée libérale. 

Si – dans l’ouvrage homonyme – Aron se définit « spectateur engagé », c’est pour souligner, d’un côté, la nécessité d’une prise de position, du choix, de la décision politique qui accompagne l’intellectuel engagé et, de l’autre côté, la lucidité du spectateur, c’est-à-dire l’observation, l’analyse lucide d’une personne qui regarde les faits sans prétendre jouer un rôle moralisateur, le rôle du grand maître moralisateur qu’il faut suivre. 

         C’est aussi grâce à cette posture engagée et, en même temps, détachée que les analyses philosophiques, sociologiques et politiques de Raymond Aron présentent une lucidité qui est très souvent synonyme d’indépendance intellectuelle, de refus du dogmatisme : sans jamais adhérer aveuglément à une idéologie préconstituée, l’auteur de l’Essai sur les libertés explique les événements de son époque en gardant une liberté intellectuelle à laquelle beaucoup de ses contemporains avaient renoncé. 

         Confiant dans le progrès sans l’idolâtrer, Raymond Aron a toujours incarné une manière de penser modérée et pondérée, plus encline au dialogue et à la réflexion qu’aux solutions extrêmes. La philosophie aronienne est une philosophie de la liberté et de la paix dans la mesure où elle dénonce toute forme de totalitarisme, phénomène que l’auteur de Démocratie et totalitarisme analyse et définit en cinq points :

« 1. Le phénomène totalitaire intervient dans un régime qui accorde à un parti le monopole de l’activité politique.

2. Le parti monopolistique est animé ou armé d’une idéologie à laquelle il confère une autorité absolue et qui, par la suite, devient la vérité officielle de l’État.

3. Pour répandre cette vérité officielle, l’État se réserve à son tour un double monopole, le monopole des moyens de force et celui des moyens de persuasion. L’ensemble des moyens de communication, radio télévision, presse, est dirigé, commandé par l’État et ceux qui le représentent.

4. La plupart des activités économiques et professionnelles sont soumises à l’État et deviennent d’une certaine façon, partie de l’État lui-même. Comme l’État est inséparable de son idéologie, la plupart des activités économiques ou professionnelles sont colorées par la vérité officielle.

5. Tout en étant désormais activité d’État et toute activité étant soumise à l’idéologie, une faute commise dans une activité économique ou professionnelle est simultanément une faute idéologique. »

(Aron, Raymond, Démocratie et totalitarisme, 1965, coll. Idées, Gallimard, Paris)

Cette lucidité analytique se retrouve également chez l’Aron théoricien des relations internationales : on fait référence, entre autres, à des ouvrages comme Paix et guerre entre les nations (1962), où la réflexion sociologique se mêle à une observation attentive des actualités géopolitiques, où la théorie du philosophe s’unit à l’expérience pratique du journaliste, comme le montre la division de l’œuvre elle-même, dont les quatre parties sont, successivement, « théorie », « sociologie », « histoire » et « praxéologie ». 

Complexe et hétérogène, l’œuvre de Raymond Aron se situe au carrefour entre plusieurs disciplines, en touchant des sujets différents et variés : des relations internationales à la politique interne française, de l’histoire à la sociologie, toujours avec un esprit libre, une indépendance intellectuelle assez rare, un attachement sincère aux valeurs de paix et liberté.

Cet article n’engage que son auteur

Emilia Bezzo

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[Rubrique Culturelle: Exposition « Réseaux-Mondes » au Centre Pompidou]

« Tout est-il devenu réseau ? » Voilà la question posée par le Centre Pompidou dans cette exposition qui tiens du 23 février au 25 avril 2022. On y découvre toute l’étendue et la complexité de ce qu’est un « réseau ». En effet, si aujourd’hui on peut se demander si tout n’est pas réseau, c’est parce qu’il s’agit d’une notion qui a connu une extension considérable, dans tous les domaines de la société.

L’exposition présente donc les différents angles sous lesquels on peut déterminer ce que sont les « réseaux » et leurs impacts, en suivant l’évolution même de l’élargissement de sa définition.

Le terme de « réseau » apparait au XIIe siècle pour nommer le « nœud », puis, il est utilisé par les philosophes des Lumières pour désigner plus généralement « ce qui relie », ou encore par des scientifiques pour représenter la transmission neuronale et vasculaire. On retrouve donc naturellement des œuvres textiles réalisées autour du nœud, du tissage. Par exemple, l’artiste Julien Prévieux travaille des fils de laine entremêlés pour relier différents points et représenter l’évolution du parcours visuel ; cette artiste norvégienne, Gjertrud Hals travaille à partir de fibres de cuivre ou de fer pour reproduire le réseau sanguin. Ce lien fort au sens étymologique donne matière à inspirer de nombreux artistes contemporains, dans l’expérimentation d’œuvres très variées. 

Il est ensuite exposé, la vision utopique de la ville des années 1950, avec la présentation d’œuvres d’artistes et de dessins d’architectes représentant un « réseau global ». Le réseau mêle ainsi urbanisation et cybernétique. L’idée qui en ressort est principalement la représentation du réseau au sein des villes, dont l’extension serait sans limite.

Ensuite, ont été réunies des œuvres se plongeant au cœur du réseau informatique depuis son éclosion, en critiquant leurs effets sur la société. Ainsi, le centre Pompidou met en avant, au côté du minitel, des œuvres connectées en temps réels au réseau internet ou réseaux de crypto-monnaie. La majorité des artistes cherchent à y dénoncer les failles. Pour cela sont proposées, par exemple, des analyses de vidéos satellites de la NASA, des démonstrations du site internet Jodi, révélant pour la première fois la possibilité d’appréhender internet comme une matière artistique, ou encore un plateau de jeu rendant visible les arnaques de la blockchain !

Enfin, l’exposition explore la façon dont la « vitalité informatique » s’est mise au service du lien au sein du vivant, ou entre le vivant et le non-vivant, la biologie et l’intelligence artificielle, le tout abordé dans une dimension écologique.

La richesse de cette exposition se trouve dans l’ampleur des sujets traités, que ce soit concernant la variété des techniques artistiques allant de dessins, peintures, sculptures, vidéos, photographies, radios ; ou concernant la diversité des réseaux en eux-même, avec l’impact des avancées technologiques et leurs failles. De plus, le réseau peut aussi représenter le lien entre l’art, le design, l’architecture, les sciences et la société elle-même.

Une exposition dont l’apparente complexité la rend finalement accessible pour un public assez large : qu’on aime l’art, les sciences, la sociologie, l’informatique, tout le monde y trouvera un intérêt, car finalement au sein de cette exposition tous les domaines n’auraient-ils pas un lien ?

Article de Charlotte Gutmann.

Sources : https://www.centrepompidou.fr/fr/

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« De l’appropriation culturelle dans les boutiques souvenirs ? La difficile protection du patrimoine artisanal et artistique autochtone au Canada »

{Disclaimer. Dans cet article, l’appellation « Autochtone » est employée à plusieurs reprises. Il s’agit de la formule politiquement correcte en vigueur dans le contexte canadien, acceptée et utilisée par les peuples autochtones afin de se définir. C’est un terme générique qui englobe l’ensemble des trois peuples autochtones vivant sur le territoire canadien : les Premières Nations, les Inuit et les Métis}.

En 2012, le peuple Navajo engage des poursuites judiciaires à l’encontre de la marque américaine Urban Outfiters en raison de l’utilisation frauduleuse de la marque déposée « Navajo » pour l’une de ses collections de prêt-à-porter. Le verdict est rendu en 2016 : Urban Outfiters remporte le procès en vertu du principe de générification ; l’appelation d’une marque déposée pouvant expirer lorsque celle-ci est surutilisée dans la sphère publique. Les artisans et les artistes du peuple Navajo ne sont donc plus les seuls à pouvoir produire des marchandises faisant référence à leur culture. Cette affaire, largement médiatisée, va pousser les marques à avoir désormais recours à des formules détournées, telle que « d’inspiration amérindienne », afin d’éviter toute poursuite judiciaire. La protection intellectuelle des artistes autochtones devient alors beaucoup plus complexe.

Si le fait divers est ancien, il met cependant en relief une réalité toujours actuelle : celle d’une appropriation culturelle de l’art et de l’artisanat autochtone. Il faut cependant noter que les situations divergent grandement entre les Etats-Unis et le Canada. L’Indian Arts and Craft Act of 1990 états-unien interdit strictement toute production qui se rapporte à l’artisanat et à l’art autochtone par une personne non-autochtone. Cela a eu pour conséquence la création d’un marché artisanal et artistique authentique, offrant une protection économique aux artisans et une protection contre l’appropriation culturelle pour les peuples autochtones. Au Canada en revanche, la question est beaucoup plus épineuse.

La protection de la propriété intellectuelle autochtone rencontre un problème majeur au Canada du fait des dispositions particulières de la Loi sur les Indiens de 1876 encore en vigueur aujourd’hui. En effet, des individus peuvent être de culture autochtone sans être titulaire du statut légal d’« Indien » ; il s’agit alors d’« Indiens non-inscrits ». Si une législation similaire aux Etats-Unis venait à être adoptée au Canada, elle exclurait ainsi une partie des artistes et des artisans autochtones en dépit du fait qu’ils s’identifient comme tel et revendiquent une culture autochtone. En conséquence, la reconnaissance politique du patrimoine matériel autochtone rencontre des limites qui rendent impossible la mise en place d’une législation fédérale stricte afin de protéger les artisans et les artistes qui font perdurer cet héritage traditionnel. La reconnaissance du patrimoine matériel autochtone demeure cantonnée au domaine du symbolique au Canada.

Cette reconnaissance est insuffisante face à la recrudescence de la production de marchandises, principalement à destination des boutiques souvenirs, ayant attrait à la culture autochtone. Pourtant, cela est doublement préjudiciable pour les nations autochtones.

Tout d’abord, cette production non réglementée peut-être perçue comme problématique d’un point de vue mémoriel. En effet, cela revient à considérer les objets artistiques et artisanaux autochtones comme des marchandises ordinaires alors ces dernières portent le poids de politiques colonisatrices. A titre d’illustration, la production artisanale des Premières Nations était prohibée par la loi fédérale canadienne de 1876 à 1951 dans le cadre des lois d’assimilation. Beaucoup de ces objets ont perdu au cours de la colonisation leur valeur symbolique traditionnelle, devenant alors de simples artefacts et des marchandises monnayables.

En outre, la question est également économique. En raison de la compétition de marché, les artisans et artistes autochtones bénéficient moins des gains générés par leurs activités. L’artisanat et l’art traditionnels sont pourtant un moyen de générer des revenus et créer des emplois dans une société où les inégalités économiques perdurent et touchent principalement les communautés autochtones.

Ainsi, bien que cela semble anecdotique, le manque de vigilance d’un touriste peut priver des artisans et artistes autochtones de la reconnaissance de leur savoir-faire et art traditionnels mais également des gains économiques générés par leurs activités. Afin de soutenir ces artistes et artisans autochtones, au Canada comme ailleurs, il est possible de s’assurer de l’authenticité d’un produit en vérifiant que l’étiquette comporte le nom de l’artiste, de sa nation et de sa communauté d’origine ainsi que la mention « Art autochtone authentique ».  

Article de Camille Lecerf

Cet article n’engage que son auteure

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EFFRACTIONS, le festival de littérature contemporaine de la BPI

Effractions, le festival de littérature de la Bibliothèque d’information Publique de Pompidou, revient en 2022 pour sa 3ème édition. Inaugurée en 2020 par la BPI, ce projet littéraire consiste au regroupement de nouveaux écrivains dont le récit se plongerait entre réel et fiction.

Ce festival de littérature contemporaine offre au public une nouvelle perspective du réel : de manière abrupte ou légère, la réalité est abordée de multiples manières. Elle permet à ses lecteurs de découvrir un aspect original et authentique du réel d’un auteur. 

Comment le réel s’exprime-t-il à travers la fiction ?

L’objectif n’est pas d’interdire la « non fiction » mais de réfléchir au réel sous différents angles avec l’accueil de tous les genres littéraires . La BPI propose donc un large panel d’activités, de performances et de rencontres autour de cette littérature contemporaine, star du festival.

On s’interroge sur les questions de notre société actuelles et aux débats qui se développe à notre époque mais pas seulement. Le parallèle entre réel et fiction reste le coeur du festival : qu’importe le genre, la question est de savoir comment interpréter ce récit avec nos thématiques contemporaines.

Cette année, le public pourra découvrir ou redécouvrir de nombreux auteurs comme Antoine Wauters, Joseph Wrinkler, Leila Guerrero, Nicolas Mathieu, Laura Vazquez et beaucoup d’autres.

Le Jeudi 24 février 2022, rendez vous avec le premier événement avec la soirée d’ouverture, inaugurée par Antoine Wauters et son nouveau roman : Mahmoud ou la montée des eaux (2021). Venez découvrir la lecture de son récit accompagnée de deux musiciens, le Damast Duo, autour de la culture musicale syrienne.

Le festival commencera le 24 février et se conclurera le lundi 28 février 2022 !

Vous pourrez par ailleurs retrouver une future interview entre Sorbonne UNECSO et Blandine Faure, organisatrice du festival.

Pour plus d’information, retrouvez tous le programme sur le site de la BPI. 

Un article rédigé par Boulaaba Loujeine.

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[Portraits de personnalités inspirantes : Annie Ernaux – Penser le présent]

« L’habitude de vivre au milieu du monde, il y a le café et l’épicerie, deux petites chambres, mais il y a toujours le bruit des criants. » Annie Ernaux, naît Annie Duchesne en 1940 en Normandie. Ses parents d’origine ouvrière, deviennent commerçants et possèdent alors un café épicerie. Par son parcours universitaire en lettres, l’autrice rompt avec son milieu populaire d’origine ; c’est cette rupture et sa condition de transfuge de classe qui seront la véritable matrice de son œuvre. Après avoir terminé le lycée, premier contact avec des milieux sociaux plus bourgeois, elle fera ses études à l’université de Rouen puis de Bordeaux et deviendra agrégée de lettres modernes en 1971. Elle est ensuite enseignante de français au lycée avant d’intégrer le Centre national d’enseignement à distance (CNED). Elle réside aujourd’hui dans une ville nouvelle, Cergy, qu’elle décrit comme une espèce de no man’s land qui ne rappelle rien du passé. 

 « J’ai changé de monde, je le ressens toujours. »

« Tous les gens de Cergy viennent de partout, c’est une population sans racines. Une population qui n’a pas les mêmes strates de domination que dans les villes anciennes. »

Cette résidence, dans un lieu socialement neutre, est à la fois significatif et en opposition vis à vis de son œuvre qui par son caractère autobiographique et sociologique, accorde une place prédominante au passé, à la notion de souvenir et à la réflexion autour des différents milieux sociaux que l’autrice traverse au cours de sa vie. 

Annie Ernaux marquera la littérature de par son hyperréalisme, traçant un véritable récit collectif de la condition de femme transfuge. De fait, son œuvre, majoritairement autobiographique, est considérée comme étroitement liée à la sociologie. Lorsqu’Annie Ernaux fait son entrée en littérature en publiant Les Armoires vides en 1974, récit de sa déchirure sociale, le terme de transfuge de classe n’existait pas ; seuls Les héritiers et la Reproduction traitaient des différences de classes. Les héritiers (1964), est une enquête sociologique de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron qui théorise pour la première fois comment l’école peut être un lieu de reproduction des inégalités sociales en démontrant les différences en matière de compétence sociales et culturelle des étudiants que l’école méconnaît en les traitant comme égaux scolairement ; selon les sociologues, « l’absence de don » scolaire des enfants issus de milieux populaires serait le résultat en réalité d’une socialisation différenciée du fait de leurs milieux sociaux. La reproduction (1970) des mêmes auteurs vient affirmer la notion de violence symbolique, c’est-à-dire l’intériorisation des normes par des individus, dont ils n’ont pas nécessairement conscience, qui sont liées à leur milieu social et qui les conditionnent. 

Les Armoires vides traitent ainsi d’une impression, celle « d’être coupé en deux » que l’autrice ne peut nommer, à travers l’histoire de son passage du lycée à la faculté, et celle de son amour avec un garçon issu de la bourgeoisie. C’est seulement en 1985 qu’elle découvrira le terme décrivant sa condition, celle de transfuge de classe. À cette notion est alors attachée une forme de trahison ; celle de laisser derrière soi une certaine misère en étant emportée vers des milieux non seulement plus riches matériellement, mais avec des codes sociaux et des manières de faire différentes, renforçant de fait la rupture avec le milieu d’origine. « Je hasarde une explication : écrire c’est le dernier recours lorsqu’on a trahi » selon Genet. C’est sur cette trahison que porte l’écriture « auto-socio biographique » d’Annie Ernaux, qui décrit de facto cette séparation dans les premières pages de La Place en 1983, récit de la prise de conscience du gouffre qui s’est creusé entre elle et son père, fidèle à sa condition paysanne et éloigné de la lecture, pour lequel elle obtiendra le Prix Renaudot en 1984. Il y a l’époque de l’enfance heureuse, de l’adéquation ou elle n’a pas encore de regard extérieur sur ses parents, regard venu de l’école et de la bourgeoisie, elle reste « dans le même ordre du monde ». À l’adolescence, par ses professeurs, par ses camarades naît alors ce regard « venu du dehors » qu’elle décrira plus précisément dans son roman La Honte (1997). 

« Je voulais dire, écrire au sujet de mon père, sa vie, et cette distance venue à l’adolescence entre lui et moi. (…) Une distance de classe, mais particulière, qui n’a pas de nom. Comme de l’amour séparé. » 

C’est à cette difficulté de trouver « sa place », tandis que son père demeure « condamné à rester » à la sienne que le titre du récit fait référence. Cette « double condamnation » et le sentiment croissant de l’écart entre son milieu d’origine et celui du monde littéraire et bourgeois, la croissance des différences matérielles et de capitaux culturels entre elle et ses propres parents, poussent l’autrice à refuser le roman, à s’éloigner de la littérature qu’elle se destine pourtant à enseigner. Elle se décrira alors comme «immigrée de l’intérieur ».

« Ce que Bourdieu appel la misère du monde, cela restera pour moi quelque d’ineffaçable, qui fait partie de moi.  C’est important pour moi d’écrire certaines choses, d’aller vers la réalité et de ne pas inventer. Dans les engagements politiques, ce qui importe c’est ça, d’avoir vécu parmi ceux qui étaient dans une pauvreté plus générale. »

Malgré la désignation de récit « auto-socio biographique » Annie Ernaux garde une distance ambiguë avec les composantes du terme, sur la notion de l’autobiographie d’abord déclarant de fait son désir de ne pas écrire pour elle seule, dans une forme d’individualisme ; « (Le désir d’écriture) c’est un désir qui part de moi, qui n’est pas imaginaire, mais sachant très bien que je ne vais pas écrire simplement sur ce qui m’arrive, mais l’écrire de façon à le situer de manière générale. Je vis de façon individuelle, mais je veux l’écrire de manière collective. Je ne suis pas unique. Le mot auto est un peu gênant. » Et vis-à-vis de la sociologie « Je ne suis pas une écrivaine sociologique ». 

Les Années, publié en 2008, est une sorte de fresque de sa vie, allant des années 1940 à sa date de publication, parsemée de photographie de l’écrivaine. Le récit commence par « Toutes les images disparaîtront. » L’autrice raconte que cette phrase lui est venue en 1985, alors qu’elle n’avait pas encore le projet de ce livre. L’image à l’origine de cette phrase est un trajet en RER, et la vision d’un jeune garçon « moi à la même époque. j’avais un grand adolescent et un autre, des jeunes gens, et ce petit garçon était le temps, la fuite du temps, et ce qui était brusquement la sensation très forte du temps de sa propre vie. Toutes les images disparaîtront, c’est l’idée de la fuite à travers ces images ». Cette notion d’image, et donc de photographie, aura également une place importante dans son œuvre ; dans les Années, elle décrit son usage comme historique, comme une preuve du passé et d’une réalité à interroger, à déchiffrer. Dans Une femme, publié en 1987, elle justifie l’usage de la photo comme une manière de saisir l’insaisissable du plaisir amoureux avec par exemple les photos de lits ou de vêtements « les vêtements qui forment un tableau que l’on ne peut garder ». 

L’autrice posera également à travers sa réflexion sociologique la question de sa condition de femme, notamment dans La Femme gelée, son troisième roman publié en 1981 qui retrace une partie de sa vie en se concentrant sur son histoire de femme des années 1960, du combat collectif des femmes françaises de cette époque et de l’idée de domination masculine. Après son parcours de lycéenne, elle dira que « La vie de femme commencera ensuite, dans le système du genre. » « L’indignité de mes désirs n’est pas une question que je me suis posée en cet instant, pas plus que lors de l’écriture, et c’est de cette absence qu’on voit le mieux la vérité. » Elle a alors lu Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir, et la décrit comme une écrivaine ayant toujours voulu regarder les choses de façon directe.  « À la fin des années 50, Le Deuxième sexe, tout son propos va à l’encontre de ce qui existe. » Tandis que La Femme gelée est déjà un ouvrage majeur du féminisme, elle publie en 2000, L’évènement, qui traite de l’avortement. Quatre ans après la légalisation de la pilule, et douze ans avant la Loi Weil qui légalisera l’interruption volontaire de grosses en 1975, Annie Ernaux confie être tombée enceinte en 1963 et décrit alors sa volonté d’avorter à tout prix. « Comme d’habitude, il était impossible de déterminer si l’avortement était interdit parce que c’était mal, ou si c’était mal parce que c’était interdit ».  Son œuvre est adaptée en 2020 au cinéma par Audrey Diwan. 

Annie Ernaux est en somme une figure de la femme transfuge, qui de par l’hyperréalisme de son écriture amène une véritable profondeur sociologique sur sa propre vie, conférant à son récit une portée collective permettant à chacun de nourrir ses propres réflexion personnels. 

Eloise Frye de Lassalle

Cet article n’engage que son auteure

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[Rubrique culturelle: Les Figures de l’Ombre, un film qui met en lumière la Journée internationale des femmes et des filles de science. ]

C’est en décembre 2015 que l’assemblée générale des Nations-Unies choisie le 11 février pour célébrer la journée internationale des femmes et filles de science.

L’UNESCO et ONU-Femmes en collaboration avec des partenaires s’engagent à promouvoir l’accès et la participation pleine et équitable des femmes et des filles à la science. L’UNESCO et ses partenaires mènent ainsi le combat primordial qui est celui pour l’égalité des genres mais aussi pour l’accompagnement des femmes et des jeunes filles dans leur formation et leur pleine aptitude à développer leurs projets scientifiques. 

Le 11 février 2021, la directrice générale de l’UNESCO, Madame Audrey Azoulay a déclaré que ces programmes « en matière d’égalité des genres doivent permettre d’éliminer les stéréotypes de genre par l’éducation, de modifier les normes sociales, de promouvoir les modèles que représentent les femmes scientifiques et de sensibiliser aux plus hauts niveaux de prise de décisions. »

Ce combat contre les stéréotypes est parfaitement illustré dans le superbe film Les Figures de l’Ombre réalisé par Théodore Melfi et sorti en 2017 en France. Il s’agit d’un drame biographique tiré du roman américain The Hidden figures de Margot Lee Shetterly. 

Le film retrace le travail de mathématiciennes afro-américaines qui ont contribué aux programmes aéronautiques et spatiaux de la NASA : Katherine Goble, Dorothy Vaughan et Mary Jackson.

A travers ce film, Théodore Melfi retrace l’histoire de trois femmes travaillant au centre de recherche Langley en tant que calculatrices humaines. Elles sont confrontées à la fois au misogynisme et au racisme qui règnent dans l’institution. En effet, malgré leur génie pour les sciences, Katherine Goble, Dorothy Vaughan et Mary Jackson peinent à se faire une place.  Elles se battent alors pour faire entendre leur voix et trouver la place qu’elle mérite dans ce monde des sciences gouverné par la gent masculine. 

Au fur et à mesure, elles réussissent à transpercer le mur des préjugés et deviennent alors des acteurs essentiels au fonctionnement du centre de recherche. Katherine participe au succès des calculs de trajectoires des missions du programme Mercury et Apollo 11 qui mènera les premiers hommes sur la Lune en 1969. Mary devient la première femme ingénieure et Dorothy Vaughan est nommée superviseuse d’équipe dans la nouvelle section IBM, un ordinateur que mêmes les ingénieurs de la Nasa n’arrivent pas à faire fonctionner. 

Ce film retrace ainsi la conquête de l’espace dans la Guerre Froide mais aussi la lutte raciale aux États-Unis, décrivant à la fois la NASA comme un monde d’hommes et la situation à laquelle fait face la population afro-américaine : une Amérique « racisée », vivant sous les lois Jim Crow qui instaurent une séparation entre les Blancs et les Noirs. 

Les héroïnes progressent au fur et à mesure sans violence et sont finalement reconnues pour ce qu’elles sont : des mathématiciennes de talent. 

Les Figures de l’Ombre est l’illustration parfaite de la mission de l’UNESCO, la promotion et l’acharnement pour attribuer une place de mérite aux femmes et filles de sciences. 

Le film est disponible sur la plateforme Disney + mais aussi à l’achat. 

Bande Annonce Les Figures de l’ombre : https://www.youtube.com/watch?v=YhOI3idTasA

Cet article n’engage que son auteur, Aurélie SABATHIER 

Sources : 

Unesco.org

Franceinter.fr

Nasa.gov

studiocine.org

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[Combat pour la restitution des marbres du Parthénon]

C’est en raison des fuites d’eau dans le bâtiment du British Muséum que le débat pour la restitution des marbres du Parthénon est revenu sur le devant de la scène. En effet, c’est ce que souligne le Comité intergouvernemental “Retour & Restitution” de l’Unesco, l’urgence de son retour dépend déjà d’une réclamation de longue date, et surtout, par rapport aux conditions actuelles de conservations qui sont alarmantes. 

En effet, ces marbres sont conservés depuis 1816 au British Muséum de Londres. C’est le diplomate et militaire Lord Elgin en 1801 qui les a fait déplacés jusque dans le territoire britannique lorsqu’il était ambassadeur de Grande-Bretagne auprès de l’Empire ottoman, sous lequel la Grèce était sous contrôle.

Alors que la ville d’Athènes attend depuis le début du XIXème siècle la restitution des marbres du Parthénon, elle entreprend la construction d’un nouveau musée dans lequel des salles sont dédiées au retour des 75 mètres de frise détenues par le British Museum. En effet, ne pouvant obtenir le rapatriement définitif des fresques, La Grèce a demandé au musée de Londres de leur prêter la fresque pour fêter le bicentenaire de son indépendance. 

L’ironie de cette histoire est celle de redonner espoir à la Grèce, non pas grâce à un dialogue bien mené entre les deux pays, mais à cause de problèmes techniques liés à la conservation. Il faut par conséquent attendre l’extrême, c’est-à-dire la détérioration d’une œuvre d’art, pour agir. 

C’est de part l’actualité “humide”, ainsi que dans ce contexte conflictuel que le Comité intergouvernemental “Retour & Restitution” intervient. Effectivement, créé en 1976 sous l’égide de l’Unesco, ce comité d’experts a pour but d’entreprendre, de guider et de faciliter les échanges et négociations autour de la restitution de propriété culturelle dans un cadre d’une période coloniale ou acquise de manière illicite.

L’avancé de cette restitution devrait alors être abordée et définie par le rapport de la 22ème session du Comité. Seulement, Boris Johnson reste ferme sur le fait que ces œuvres antiques resteront sur le territoire anglais puisque son donateur, le Lord Elgin, les auraient acquises de manière légale. Il met fin alors à toutes discussions, aussi bien pour une restitution que pour le prêt.

Aujourd’hui le débat perdure encore, mais pour finir sur une note positive, nous avons le musée italien de Palerme en Sicile qui prête sur une longue durée, un fragment qu’ils avaient du pied d’Artemis, afin de montrer l’exemple, notamment au British Muséum.  

Source photo : Jean-Pierre Dalbéra – Panneau de la frise des Panathénées (lieu : British Museum) https://www.flickr.com/photos/dalbera/8706164279 

Source texte : 

Clara Baudry : https://www.connaissancedesarts.com/musees/british-museum/retour-en-grece-des-marbres-du-parthenon-lunesco-relance-le-debat-11164429/ 

Lou Fritel https://www.lefigaro.fr/culture/marbres-du-parthenon-l-unesco-appelle-le-british-museum-a-revoir-sa-position-20211005 

Antoine Bourdon : 

https://www.connaissancedesarts.com/monuments-patrimoine/marbres-du-parthenon-boris-johnson-dit-non-au-retour-des-sculptures-en-grece-11154149/

Violette Celbert : https://www.lefigaro.fr/arts-expositions/la-grece-relance-sa-campagne-pour-une-restitution-des-frises-du-parthenon-20211116

Article d’Aurélie Ménard

Cet article n’engage que son auteure

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« Exposition Paris-Athènes au Musée du Louvre »

L’exposition Paris Athènes au musée du Louvre se tient du 30 septembre 2021 jusqu’au 7 février 2022. Elle est ainsi mise en place à l’occasion du bicentenaire de la révolution grecque en 1821 qui, petit rappel historique, a permis à la Grèce, vivement soutenue par la puissance européenne, à faire reconnaître son indépendance par l’Empire Ottoman. Ainsi nous retrouvons l’influence allemande et française notamment dans un certain nombre d’œuvres grecques, empreintes des mouvements artistiques néoclassiques d’Europe de l’Ouest. L’exposition retrace une période plus vaste marquée de conflits géopolitiques, de la naissance de la Grèce moderne de 1675 à 1919. L’exposition nous plonge dans un voyage entre Paris et Athènes en nous faisant parvenir l’héritage d’un mélange de culture grecque et européenne.

Il est donc possible au travers de cette exposition de comprendre et retracer l’origine de l’inspiration grecque qui a poussé de nombreux artistes et intellectuels à la création à travers toute l’Europe. L’exposition mêlant développement de l’État grec moderne et histoire archéologique de cette région est magnifiquement présentée dans le hall Napoléon du musée du Louvre au travers d’un parcours chronologique détaillé. Ainsi sont présentées au public sculptures, tenues traditionnelles et peintures qui sauront ravir les passionnés d’histoire de l’art et les curieux intrigués par la découverte de trésors artistiques souvent méconnus légués par cette période.

L’exposition est encore visible pour trois jours, dépêchez-vous !

Un article de Lili M’rabet

Cet article n’engage que son autrice.

Source :

Expo Paris-Athènes au Musée du Louvre | Réservation de Billet | Expo Paris 2022

Paris – Athènes (louvre.fr)

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[Le pass navigo, un pass culturel en cette nouvelle année 2022]

Le groupe Ile de France mobilité s’est lancé dans un partenariat avec plus de 300 espaces culturels dans le territoire de l’Ile de France. 

Ce projet vise à répondre à trois problématiques interdépendantes : relancer la fréquentation des établissements culturels, redynamiser la fréquentation du réseau de transports en commun et enfin, faire découvrir des avantages méconnus du pass navigo. 

L’un des premiers objectifs mis en avant par la campagne est de transformer le simple pass navigo en un pass culturel magique. Deux constatations sont à prendre en compte : les lieux culturels sont en grande difficulté depuis deux ans, trés souvent considéré comme n’étant pas “produit” de première nécessité, en parallèle de cette crise le réseau de transport en commun se voit aussi affecté. Par conséquent, la carte qui sert quotidiennement à prendre les transports en commun, ou bien mise de côté si l’on est en télétravail, s’ôte d’une nouvelle fonction, celle de vous permettre certains avantages dans de nombreux lieux culturels. Une nouvelle fonction qui donne envie de découvrir, d’autant plus qu’il n’y a aucune manipulation a faire, donc très facile d’utilisation. Il suffira de la présenter à l’entrée des lieux culturels partenaires. 

  • Qu’est ce que nous apporte réellement cet avantage ? 

Selon le site Ile de France Mobilité, le pass Navigo nous permet de bénéficier de “tarifs réduits ou dégressifs, la gratuité sur certaines visites, des réductions sur la restauration, des invitations aux vernissages, des ateliers, des rencontres, etc.” 

Mais ces avantages seront-ils à la hauteur de nos espérances ? Est-ce bien de réels avantages qui permettent à ceux qui ont vu leur budget se resserrer pendant la crise et encore aujourd’hui, de pouvoir bénéficier tout de même de leur droit culturels ? 

La réponse se constituera au fur et à mesure de son utilisation. 

Ce pass culturel est donc actif depuis le 10 janvier notamment dans 147 cinémas indépendants, 52 salles de spectacles, 12 festivals, 63 musées, 26 centres culturels et 1 librairie. Nous pouvons dès lors constater que ces avantages mettent en avant les pratiques culturelles du cinéma, des arts du spectacles vivants et des arts visuels avec les visites de musée. A contrario, les librairies et les centres culturels comme les tiers-lieux sont très peu représentés dans l’offre. Cela peut s’expliquer de deux manières, soit le groupe Ile de France mobilités n’est pas intéressé à promouvoir ce genre de lieux, soit, ces types de lieux n’étaient pas intéressés par le partenariat. 

  • Une offre culture au service du transport : 

Dans un second temps, cette offre profite bien évidemment au profit du groupe Ile de France Mobilité, comme le Vice-Président du réseau, Grégoire de Lasteyrie, la ci bien dit :  “L’opération vise à redynamiser la fréquentation des transports en commun comme des lieux concernés”. En effet, depuis la crise, tous les transports en général n’ont pas retrouvé leur flux de voyageurs d’avant-crise, puisque la fréquentation du réseau a diminué presque d’un quart. 

Enfin, cette opération a pour but de mettre en avant la multiplicité des avantages que nous offre déjà depuis longtemps le pass navigo, mais qui ses avantages sont encore méconnus de la majorité des usagers. En effet, le pass navigo met à disposition des parkings voiture en couronne, parkings vélo, et propose même des trajets offerts en BlaBlaCar, et encore bien d’autres que vous trouverez sur le site internet d’ile de France Mobilité.  

  • Qui peut bénéficier de ces avantages ? 

Tous les détenteurs d’un pass navigo en cours de validité (hors Navigo Jour, Easy et Découverte), soit plus de 4 millions de Franciliens. 

Si vous voulez en savoir plus et connaître la liste des endroits culturels partenaires ainsi que les avantages apportés par chaque établissement, rendez-vous sur le site d’Île-de-France Mobilités.

Source : 

Cet article n’engage que son auteur

Article d’Aurélie Ménard

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[Léonard de Vinci, Michel-Ange… Florence, le berceau de la Renaissance italienne]

Ce mercredi 2 février à 18h30, une conférence intitulée Florence, le berceau de la Renaissance italienne sera organisée par Conferentia. L’événement, gratuit et ensuite disponible en replay, sera l’occasion d’en apprendre davantage sur la place qu’a eu la ville de Florence dans le développement des idéaux de la Renaissance.

Présentation de la conférence

Comme l’organisateur de la conférence l’explique, « Florence en 1400 vit une sorte d’âge d’or. Quand le reste de l’Europe est encore plongé dans le Moyen Âge, la ville toscane frémit d’idées nouvelles, la Renaissance s’éveille. Les artistes partent à la conquête de l’espace, du volume, de l’anatomie et de la perspective et Florence devient la ville de l’avant-garde artistique ». Lors de cette conférence, l’intervenante Tatiana Mignot aura l’occasion de revenir sur les œuvres et les artistes qui ont ouvert la voie aux grands génies.

Titulaire d’un Master en Histoire de l’Art et d’une Licence en Histoire, Tatiana Mignot est guide-conférencière à la Sorbonne. Spécialisée dans la période classique (période de l’histoire de la Grèce antique correspondant à la majeure partie des Ve et IVe siècles avant J.-C.), elle travaille également pour l’Ecole du Louvre en tant que chargée de travaux dirigés sur la peinture de la Renaissance.

Conferencia, qui organise cette conférence, est un organisme qui propose chaque semaine des conférences ayant pour objectif de créer des moments de partage de connaissances avec des intervenants spécialisés, quel que soit le thème abordé. Si la plupart des conférences proposées par Conferentia sont payantes, cela n’est pas le cas de Florence, le berceau de la Renaissance italienne.

Florence durant la Renaissance italienne

Mais pourquoi la ville de Florence fait-elle si régulièrement l’objet d’émissions télévisées, ouvrages, documentaires et conférences ?

Rappelons tout d’abord que la Renaissance italienne (Rinascimento), dont les origines remontent au début du XIVe siècle dans la sphère littéraire, a été une période de grands changements culturels en Europe. S’étalant de la fin du XIVe siècle (Trecento) à la fin du XVIe siècle (Cinquecento), elle a amorcé la Renaissance, assurant ainsi la transition entre le Moyen Âge et l’Europe moderne.

D’ailleurs, le terme « Renaissance » a lui-même une signification particulière dans la mesure où il illustre le regain d’intérêt pour la culture de l’Antiquité classique, après les « âges sombres ». Alors que la fin du XVe siècle voyait l’apogée de la Renaissance italienne, le pays était plongé dans le chaos par les invasions étrangères, qui ont par la suite participé à la diffusion des idéaux de la Renaissance dans le reste de l’Europe.

Or cette Renaissance italienne, dont les principales réalisations culturelles sont à la fois de nature littéraire, artistique et architecturale, a vu le jour en Toscane, et tout particulièrement à Florence. En effet, la ville de Florence a connu un essor artistique et économique à partir du XIIe siècle, devenant de fait le berceau d’une certaine  « Renaissance italienne ». De nombreux artistes y sont nés ou y ont vécu, tels que Michel-Ange, Giotto ou Botticelli, contribuant à sa renommée. Aujourd’hui, cette ville traversée par l’Arno regorge de merveilles architecturales, dont l’importance culturelle est démontrée par leur présence au patrimoine mondial de l’UNESCO. 

Que vous souhaitiez en apprendre davantage sur le rôle qu’a eu la ville de Florence à la Renaissance, ou que vous soyiez tout simplement passionnés par ce mouvement, rendez-vous le mercredi 2 février à 18h30 !

Page Facebook de la conférence : https://www.facebook.com/events/462695555362324/ 

Lien pour s’inscrire : https://bit.ly/3qpN0qS 

Site de Conferentia : https://www.conferentia.fr/ 

Pour en savoir plus sur la Renaissance et Florence : La Renaissance à Florence : le Quattrocento, La Renaissance, Centre historique de Florence

Cet article n’engage que son autrice.

Mathilde Varboki

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