Jean-Marc Bonfils était la première victime française signalée des explosions meurtrières ayant ravagé et endeuillé Beyrouth, le 4 août 2020. Il est décédé après avoir filmé l’incendie entraîné par la première explosion depuis son appartement situé dans l’immeuble qu’il avait lui-même conçu. Pour son amis Ghassan Hajjar, nous avons perdu une « belle âme, un homme brillant ».

Diplômé de l’école d’architecture de Paris-Villemin et de l’école du Louvre, il a au court de sa vie pris part à de grands projets tels que celui de Greenpark à Paris, et a remporté un concours international avant de retourner au Pays du Cèdre en 1995. Après avoir travaillé dans le domaine de l’urbanisme et avoir assisté son père – lui-même architecte – , il a lancé en 2006 son propre cabinet d’architecture, JM. Bonfils and associates, qui a rapidement bénéficié d’une grande renommée internationale notamment grâce à l’« East Village » au quartier Mar Mikhaël. Cette « réinterprétation contemporaine de l’architecture libanaise traditionnelle », ainsi que d’autres projets variés sont la preuve du respect qu’il portait à l’environnement et au contexte, faisant de chacun de ses projets une nouvelle aventure. L’importance qu’il attachait au « sens » de chacun de ses projets lui a permis d’en décrocher  partout dans le monde.

Jean-Marc Bonfils s’est également placé « à la rencontre entre le moderne et l’ancestral ». En effet, il a voyagé et a longuement réfléchi à la nature de la mémoire pour chacune des reconstructions d’espaces publics détruits par la guerre et s’est ainsi énormément attaché à la notion de patrimoine. En parallèle de son métier d’architecte, il a eu un rôle important de conseiller d’un ancien ministre de la Culture. Il a travaillé avec ce dernier sur l’avant-projet de la Bibliothèque nationale. En tant que membre de la Fondation nationale du Patrimoine, il a également fondé deux écomusées. Sa collaboration avec les Archives nationales a en plus donné naissance à une exposition sur la mémoire collective à Sursock. C’est pour sa sensibilité, sa passion et sa défense du patrimoine que Roselyne Bachelot, le ministre de la Culture de la France a annoncé après la catastrophe, « la France et le Liban sont unis dans le chagrin de sa mort ».

Article de : Qianwen ZHAO

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