[Portraits de personnalités inspirantes : Rosa Bonheur]

Rosa Bonheur, célèbre peintre et sculptrice animalière française du XIXème siècle, menant une vie à la fois excentrique et conventionnelle, est reconnue pour avoir été une femme libre.


Marie Rosalie Bonheur, dite Rosa Bonheur, est née en 1822 à Bordeaux. Alors qu’on l’a voulait couturière, elle fut encouragée par son père, le peintre Raymond Bonheur, à faire de la peinture. Elle passe une partie de sa jeunesse à la campagne, au château de Grimont en Gironde, où elle acquiert une réputation, qui la suivra toute sa vie, d’être un « garçon manqué ».


Ses peintures témoignent d’un talent précoce. Elle expose au Salon de Paris de 1841 et y obtient une médaille d’or en 1848 grâce au tableau Boeufs et Taureaux, race du Cantal (exposé aujourd’hui au Musée d’Orsay). Elle acquiert rapidement une forte réputation dans les scènes animalières et champêtres, qui la feront rattacher au mouvement réaliste. En 1853, son oeuvre Marché aux chevaux présenté au salon lui vaut une gloire internationale et lui permet de faire des tournées. Elle est la première artiste dans l’histoire de la peinture qui voit le marché de l’art spéculer sur ses tableaux de son vivant.

Marché aux chevaux

Rosa Bonheur réalise également des sculptures en terre cuite représentant des animaux domestiques. Tout comme ses peintures, ses sculptures de caractère connaissent un grand succès. Parmi ses oeuvres sculptées célèbres, on retrouve le Bélier couché en bronze de 1843, ou le Taureau de la même année.


Rosa Bonheur sera vue comme une femme non conformiste. En 1852, pour pouvoir se rendre sur les marchés aux bestiaux, elle obtiendra auprès de la préfecture de police l’autorisation de porter des pantalons.

Transgressant les codes alors convenus de la féminité, elle porte les cheveux courts, fume le cigare et monte à cheval.


En 1860, elle acquiert le château de By en Seine-et-Marne et y installe son atelier. Alors qu’elle se présente simplement comme une travailleuse ou une fermière, elle reçoit en 1865, des mains de l’impératrice Eugénie, la distinction de Chevalier de la Légion d’honneur. En 1894, elle devient la première femme officier de la Légion d’honneur.


Refusant le mariage, elle vivra cependant 50 ans une union avec la même femme, Nathalie Micas, peintre également, qui mourra en 1889. La même année, elle rencontrera la peintre américaine Anna Klumpke, avec qui elle vivra jusqu’à sa mort en 1899, et qui deviendra sa légataire universelle.


Aujourd’hui, on considère que la vie de Rosa Bonheur est associée aux débuts du féminisme.

On peut retrouver certaines oeuvres de l’artiste et s’immerger dans sa vie, à l’atelier de Rosa Bonheur qui est ouvert au public au musée-château de By, à Thomery en Seine-et-Marne.


Cet article n’engage que son auteure.
Article de Nastasia SYED

Partager :

[Portraits de personnalités inspirantes : James Baldwin]

    Symbole d’une amérique qui s’exile pour mieux vivre en plein combat pour les droits civiques, James Baldwin est un activiste auteur de romans, pièces, nouvelles et poèmes né à Harlem (New York City) le 2 août 1924. 

    S’il fut un temps oublié par la vaste majorité de la population, son oeuvre et l’homme qu’il était sont revenus sur le devant de la scène avec le mouvement « Black Lives Matter » et le film-documentaire « I am not your negro » de Raoul Peck (2016). 

    James Baldwin montre dès son enfance un intérêt grandissant pour les livres et l’écriture, à 13 ans il publie son premier article pour le journal de l’école qu’il intitule « Harlem – Then and Now ». Son enfance à Harlem est celle d’un jeune afro-américain au début des années 1940, les brimades des officiers de police blancs, le racisme environnant et ultimement les émeutes de 1943 marqueront ainsi son esprit et ses écrits. Il réalise ce qu’est la condition de noir dans son pays. Ses années formatives sont également rythmées par la religion dans laquelle il se réfugie pendant un temps, la reconnaissance de son talent par ses aînés dès le début de son parcours académique et sa rencontre avec le peintre Beauford Delaney qui lui laisse entrevoir la possibilité d’une vie d’artiste.  

    James Baldwin conscient de sa condition d’homme noir homosexuel aux États-Unis prend l’initiative de s’exiler à Paris à 24 ans. Il refuse que ses écrits soient lus sous le prisme de son apparence ou de ses préférences. Ainsi pendant les premières années il se rapproche des penseurs de la rive gauche et se fait éditer par son ami Themistocles Hoetis, éditeur de Richard Wright. 

    Des années 1950 aux années 1980 Baldwin écrit des romans semi-autobiographiques comme Go tell it on the montain (1953), des romans sur l’homosexualité comme Giovanni’s Room (1956) et des essais notamment sur la condition des afro-américains comme le très célèbre The fire next door (1963). 

    The fire next door est publié alors que James Baldwin est de retour aux États-Unis comme une des figures de proue du mouvement pour les droits civiques. Il devient porte-parole de la cause, ses écrits sont lus par la population blanche pour, en un sens, mieux comprendre ce que désirent les afro-américains. Cela lui vaudra des reproches de la part de ces derniers qui le trouvent trop complaisant. Baldwin reviendra sur cette période dans No name in the street (1972), un long essai qui évoque ses combats des années 1960 et les marquants assassinats de trois de ses proches amis et symboles de cette lutte pour l’égalité : Medgar Evers, Martin Luther King Jr. et Malcom X.

    Les années 1970 et 1980 sont celles d’un retour à l’exil. James Baldwin s’installe à Saint-Paul-de-Vence dans le sud de la France où il continue d’écrire jusqu’à son décès en 1987. Chez lui passent les icônes afro-américaines de la musique jazz : Miles Davis, Nina Simone, Ray Charles, mais aussi d’autres artistes comme Joséphine Baker, Harry Belafonte, Sydney Poitier et Beauford Delaney. Il est dit de sa porte qu’elle était toujours ouverte. 

    Si les écrits de James Baldwin n’ont jamais vraiment disparu des étagères et que son œuvre a trouvé écho dans celle d’amis comme Maya Angelou et Toni Morrison, c’est avec la nouvelle vague de lutte contre les violences racistes que son œuvre réapparaît sur le devant de la scène. Ses mots sont toujours aussi justes et puissants, ils font résonance avec les plus jeunes générations. Ainsi on retrouve des citations sur des pancartes pendant des marches pacifistes, ses livres sont adaptés en films acclamés par la critique. Les mots de Baldwin sont toujours aussi vrais.  

Cet article n’engage que son auteure. 

Article de Yacine Navenot 

Partager :

[Portrait de personnalités inspirantes : Eva Hesse]

Née à Hambourg en Allemagne en 1936, Eva Hesse s’inscrit dans le mouvement minimaliste américain des années 60 et apporte des perturbations à cet art réglé.

 Par l’introduction de nouveaux matériaux instables comme le latex, elle conçoit ses œuvres comme une forme de résistance féminine aux structures rigides et masculines de l’art minimal.

Elle a déclaré que le sujet principal de son œuvre était « l’absurdité de la vie ».

En 1939, sa famille fuit les persécutions nazies en émigrant aux États-Unis. Eva Hesse entame alors une formation en design publicitaire à l’Institut Pratt de New York puis entre à l’Art’s Students League tout en travaillant pour le magazine Seventeen. Elle obtient son diplôme en design à la Cooper Union de New York en 1957 puis entre à Yale, à l’École d’art et d’architecture. Après avoir obtenu sa licence de Beaux-Arts, elle rentre à New York où elle rencontre le sculpteur Tom Doyle qu’elle épouse en 1961. Eva Hesse se tourne d’abord vers la peinture expressionniste, quasi figurative : on reconnaît des formes de visage et des attributs sexuels dans ses œuvres du début des années 60. 

Untitled 1960

Elle expose pour la première fois en 1963 et fait la rencontre de nombreux artistes minimalistes tel que Sol LeWitt, Robert Ryman, Robert Morris et Robert Smithson. En 1964, le couple est invité en Allemagne de l’Ouest et Eva Hesse entame une série de sculptures peintes, fabriquées à partir de matériaux de récupération trouvés dans une usine désaffectée dans laquelle elle installe son atelier. 

Elle insère ainsi des câbles et des fils électriques dans ses œuvres, sorte de bas-reliefs abstraits et colorés. Elle expose en 1965 en Allemagne puis rentre l’année suivante à New York où elle se sépare de son mari. Tout en continuant ses constructions biomorphiques, elle n’emploie plus de couleurs et simplifie de plus en plus son langage plastique, s’inscrivant dans le mouvement minimaliste. Ses pièces sont organiques tout en conservant une certaine régularité géométrique et portent des sous-entendu corporels. 

Hang Up, 1966

Hang Up une de ses oeuvres majeures “C’était la première fois que mon concept d’un sentiment extrême, poussé jusqu’à l’absurde aboutissait… Le cadre est entièrement fait de câbles et de fils électriques… C’est une œuvre extrême, c’est pour cela qu’elle me plaît et ne me plaît pas. C’est tellement absurde, ce long fil métallique qui sort du cadre… C’est la structure la plus ridicule que j’ai jamais conçue, et c’est bien ce qui fait sa réussite.”

Ce cadre fixé au mur est traversé d’un câble pendant de son coin inférieur à son coin supérieur. L’artiste négocie un entre-deux subtil entre la nature plane du dessin et le relief de la sculpture. 

Objet projeté dans l’espace plutôt qu’un tableau conventionnel

S’inscrivant par cette oeuvre dans le minimalisme elle procède de la même manière que d’autres artistes contemporains : par série, répétition et quadrillage. Surtout, elle utilise des matériaux non conventionnels tel que le latex dont elle est l’une des premières à utiliser avec Louise Bourgeois, la fibre de verre, les fils électriques, le textile ou le caoutchouc. Elle réalise une série d’oeuvres abstraites introduisant une irrégularité dans la rigidité minimale par un désordre de fils liant deux monochromes ou même trois monochromes.

Eva Hesse connaît un certain succès dans le New York des années 60 et ses oeuvres sont exposées à la galerie Fischbach, elle participe aussi à la mythique exposition de Robert Morris “9 at Castelli”, explorant ce qu’il appelle “l’antiforme”.  

Recrutée en 1967 comme professeure à l’École d’Arts Visuels de New York. En 1970, Eva Hesse décède d’une tumeur au cerveau.

Article de : Sana Tekaïa

Cet article n’engage que son auteure.

Partager :

[Portraits de personnalités inspirantes : Claude Cahun]

Claude Cahun, une neutralité détonnante : un jeu de « réflexions » de soi et sur soi

Dans l’article d’aujourd’hui, il s’agira de faire le portrait d’une grande autoportraitiste méconnue du grand public, ayant marqué le XXe siècle par son engagement plastique et politique. Le portrait suivant de Claude Cahun est genré au féminin car l’historiographie et ses biographes l’ont ainsi genré d’artiste femme néanmoins il conviendrait de considérer cet.te artiste comme l’incarnation d’une réflexion sur le genre et de la non-binarité. 

Claude Cahun est une intellectuelle et artiste nantaise née Lucy Schwob en 1894. Claude Cahun est un nouveau nom qu’elle s’attribue pour brouiller son identité de genre tout en réaffirmant ses origines juives paternelles. Grande bourgeoise, elle bénéficie d’une formation en philosophie et littérature à la Sorbonne à Paris en 1917-1918.

Elle commence très vite en 1914 à publier les poèmes en prose Vues et Visions dans Le Mercure de France, grâce aux appuis de son père haut placé dans les milieux éditoriaux. Ses poèmes comme sa vie sont marqués par sa relation amoureuse clandestine puis assumée avec Suzanne Malherbe qui changent aussi de nom pour Marcel  Moore. Cette dernière est peintre, graveur et collagiste ce qui joue une grande importance dans les sensibilités artistiques développées par Claude Cahun.

Claude Cahun, en plus d’être écrivaine, est une artiste performeuse qui se met en scène dans des autoportraits photographiques sans cesse travesti. Elle joue de son genre et des métamorphoses entre cheveux longs, courts,  teints, maquillages. Elle cultive l’ambiguïté de genre entre féminité outrancière et masculinité virile. 

Le genre est une performance, au sens conceptualisé par la philosophe Judith Butler dans Gender trouble (1990). Claude Cahun met en scène ce trouble, et travaille autour du masque, du déguisement pour dénoncer les normes genrées.  Tout un travail autour de la dualité de l’être et du binarisme qui est marqué par son duo fusionnel avec Marcel Moore. 

Elle joue dans plusieurs pièces de théâtres dans les années 1920 comme Le Mystère d’Adam et Barbe Bleue, mais c’est à travers son appareil photographique et dans ses collages qu’elle performe le plus. Notamment en 1930 dans Aveux non avenus un essai autobiographique illustré par des photomontages réalisés avec Marcel Moore. 

Ce portrait genré au féminin n’a donc pas de raison de l’être puisque Claude Cahun incarne le Neutre, le non binaire « Masculin ? Féminin ? Mais ça dépend des cas. Neutre est le seul genre qui me convienne toujours. » écrit-elle dans Aveux non avenus en 1930. 

Claude Cahun entretient des relations étroites avec le groupe des surréalistes grâce à Jacques Viot qui la fait rencontrer André Breton en avril 1932. Cela donne une nouvelle impulsion à sa plastique, notamment ses collages. L’artiste très engagée politiquement s’insurge contre la politique culturelle du parti communiste français en 1934 dans un essai polémique Les paris sont ouverts. 

En 1936 elle participe à l’Exposition surréaliste d’objets à la galerie Charles Ratton. Ainsi avec Dora Maar ou Lee Miller elle est l’une des plus importantes photographes surréalistes. Rattachée au courant surréaliste, sa plastique autobiographique la maintient dans une recherche unique, personnelle. Comme au théâtre, elle se met en scène comme un objet et prend une apparence changeante où elle devient centrale, plus encore son apparence est centrale.  

Dans cet autoportrait de 1928, le jeu autour du miroir incarne la réfraction et la réflexion : Claude Cahun se réfléchit dans les tous les sens du terme. Elle mène un travail sur son identité et sur son apparence : des réflexions sur elle-même, plastiquement traduit par le reflet d’elle-même. 

L’artiste quitte Paris pour Jersey en 1938 où elle s’installe avec Marcel Moore pour échapper à la montée des tensions nationalistes. Le couple se fait arrêter par la Gestapo le 25 juillet 1944 après avoir mené des activités politiques et artistiques clandestines. Elles seront condamnées à mort par la cour martiale allemande mais y échappent finalement. Après cela Claude continue de s’intéresser à l’image d’elle-même dans la série Le chemin des chats  publiée en 1954. 

Il faut attendre l’après Seconde Guerre mondiale pour que l’œuvre de Claude Cahun trouve un écho pour les Gender studies et  chez les théoriciens du postmoderne sur la question de l’identité. Son travail a fait l’objet d’une importante exposition à la Médiathèque Jacques Demy  en 2015 à Nantes « Claude Cahun et ses doubles »

Enfin ce portrait rappelle le travail de plusieurs artistes plasticiens contemporains comme Grayson Perry qui joue avec les normes genrées ou encore de la photographe et performeuse Cindy Sherman dont l’oeuvre autour du travestissement est actuellement disponible en exposition virtuelle. 

➱ Exposition virtuelle Cindy Sherman : L’exposition « Cindy Sherman à la Fondation  » se prolonge en ligne, jusqu’au 31 janvier 2021. Parcourez virtuellement les galeries grâce aux commentaires des commissaires d’exposition. 

Cet article n’engage que son auteure ! 

Article de : Mariette Boudgourd

Partager :

[Portraits de personnalités inspirantes : Olympe de Gouges]

« La femme a le droit de monter à l’échafaud, elle doit avoir également le droit de monter à la Tribune » déclare sur un ton polémiste qui lui est propre Marie Gouze, davantage connue sous le nom d’Olympe de Gouges, dans l’article 10 de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne.

Cette femme de lettres françaises, également figure politique importante du XVIIIe siècle, est née le 7 mai 1748 à Montauban et morte guillotinée le 3 novembre 1793 à Paris. Considérée comme une pionnière du féminisme français; la défense des droits de la femme et de l’égalité des sexes fut effectivement l’oeuvre de toute une vie et, pourtant, ce n’est qu’à la fin du XXe siècle, notamment à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, que sa figure et son travail furent redécouverts grâce aux travaux mis à jour d’historiens.

Si ce personnage marquant de l’Histoire est désormais étudié et apparait dans les manuels scolaires, non seulement son parcours et sa vie sont encore (trop) mal, voire méconnus, mais sa reconnaissance nationale, par les institutions publiques, est toujours remise en cause.

Féministe mais surtout humaniste

Olympe de Gouges interpelle souvent pour son travail de féministe, soit pour sa défense sans relâche des droits des femmes.

En effet, sa réflexion concernant l’égalité des femmes commence avec la publication en 1786 de la pièce Le Mariage inattendu de Chérubin, qui répond notamment au Mariage de Figaro de Beaumarchais et dans laquelle elle dénonce le mariage forcé des femmes et plaide pour l’émancipation féminine.  

Toutefois, son oeuvre la plus célèbre reste sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, publiée en 1791 et qui se veut être une parodie de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. La femme de lettres prône publiquement avec cette déclaration, la volonté d’une égalité des sexes.

Femme engagée, ses travaux ne se limitent pourtant pas -contrairement à ce que l’on pourrait croire- à la question de l’égalité des sexes.

Elle traite également d’autres sujets sensibles au sein de la société française du XVIIIe siècle, tels que la situation des enfants illégitimes, les ouvriers ou l’esclavage qu’elle dénonce dans Zamore et Mirza ou l’Esclavage des Noirs (1784) et Réflexions sur les hommes nègres (1788), oeuvres qui la rendent célèbre et lui permettent d’intégrer la Société des Amis des Noirs.

En conséquence, par la nature des sujets traités par la femme de lettres, cette dernière se révèle être une véritable humaniste. 

Révolutionnaire intellectuelle

Les questions sociétales sensibles qui apparaissent dans les écrits d’Olympe de Gouges, ainsi que les réflexions et propositions de solutions qu’elle apporte, symbolisent le caractère avant-gardiste de l’écrivain.

Effectivement, militante active elle réclame l’égalité de traitement sans distinction de sexe, couleur ou revenu, et plaide pour l’instauration du divorce -qui le sera en 1792.

Ses idées sont donc révolutionnaires intellectuellement dans la mesure où ses écrits, tracts et affiches dénoncent l’ordre établi et se révèlent profondément modernes, voire avant-gardiste pour son époque.

Par exemple elle obtint que les femmes fussent admises dans une cérémonie à caractère national, d’abord à « la fête de la loi » du 3 juin 1792, puis à la commémoration de la prise de la Bastille le 14 juillet 1792

Contemporaine de la Révolution française, Olympe de Gouges n’hésite pas à diffuser publiquement ses idéaux, partageant (droit de vote sans distinction de sexe, contre la peine de mort) ou non (partisane d’une monarchie constitutionnelle sur le modèle britannique et non de l’instauration d’une République) de la Révolution française.

Néanmoins son hostilité envers la Terreur et la figure de Robespierre engendre son arrestation puis condamnation à la guillotine par ce dernier le 3 novembre 1793, à seulement 45 ans. 

Vers une reconnaissance nationale ?

Selon sa déclaration testamentaire, la femme de lettres, qui toute sa vie durant aura été engagée, déclare « Je lègue mon cœur à La Patrie (…). Mon âme aux femmes, je ne leur fais pas un don d’indifférence ». 

Libre d’esprit, Olympe de Gouges refusa après son veuvage de se remarier afin de préserver une liberté intellectuelle et politique. Figure avant-gardiste défendant auprès des institutions publiques une égalité pour tous et condamnant toute forme d’inégalité sociale concernant les femmes, les ouvriers ou les esclaves, elle eut un impact retentissant dans la société française du XVIIIe siècle.

Comme de nombreuses femmes de l’Histoire, elle fut pourtant oubliée avant d’être redécouverte, d’abord par des études universitaires étrangères après la Seconde Guerre mondiale mais surtout avec la publication en 1981 de la biographie d’Olivier Blanc en France.

Olympe de Gouges fait finalement son entrée à l’Assemblée nationale en 2016, par le biais de son buste de marbre blanc, demeurant la première (et seule -pour l’instant) figure féminine au sein de l’institution française. Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone, avait alors énoncé à cette occasion qu’il aura fallu « plus de deux siècles pour que l’on reconnaisse le talent de cette pionnière de l’égalité des droits ».

Néanmoins, cette reconnaissance nationale fait toujours l’objet de débats car la question de son entrée au Panthéon, demandée depuis 1989, est controversée.

Le Président François Hollande s’était notamment montré favorable à la panthéonisation de cette figure historique en 2014, mais la demande fut rejetée, ce qui laisse la question en suspens.

Ce personnage emblématique que représente Olympe de Gouges est donc certes reconnu comme étant la première « féministe » française; cependant il ne faut pas pour autant omettre ses autres combats et leurs sujets, tout aussi importants, qu’elle a rendu visibles malgré leur caractère sensible, et dont l’approfondissement mériterait une attention plus profonde, tant ils sont inspirants.

Sources

Olivier BLANC, Olympes de Gouges, Paris, Éditions Syros, 1981

Olivier BLANC, Marie-Olympe de Gouges. Une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, Paris, René Viénet, 2003

Benoîte GROULT, Ainsi soit Olympe de Gouges : la Déclaration des droits de la femme et autres textes politiques, Paris, Grasset, 2014

« Olympe de Gouges au Panthéon », Libération, 30 septembre 2013 (https://www.liberation.fr/societe/2013/09/30/olympe-de-gouges-au-pantheon_935883)

« Recalée au Panthéon, Olympe de Gouges, statufiée, entre à l’Assemblée », Franceinfo Culture, 19 octobre 2016 (https://www.francetvinfo.fr/culture/arts-expos/sculpture/recalee-au-pantheon-olympe-de-gouges-statufiee-entre-a-l-assemblee_3366187.html)

Cet article n’engage que son auteure.

Article de : Noémie Ngako

Partager :

[Portraits de personnalités inspirantes : Niki de Saint Phalle]

Plasticienne franco-américaine, née en 1930 et décédée en 2002, Niki de Saint Phalle est essentiellement connue pour ses Nanas, mais elle a laissé un héritage artistique sans pareil. Tableaux-performances, sculptures féministes, films psychanalytiques, l’artiste s’est inspirée de grandes figures comme Jackson Pollock pour ensuite pouvoir inspirer toute une génération d’artistes derrière elle. 

Sa vie 

Née le 29 octobre 1930 à Neuilly Sur Seine, sa famille américaine – ruinée par le krach boursier – avait, un an plus tôt, quitté l’Amérique. Après avoir habité chez ses grands-parents pendant quelques années, elle rejoint ses parents, réinstallés à Greenwich. Elle y fut élevée par une nourrice qu’elle appelait « Nana ». 

A 11 ans, victime d’un viol par son père, elle reste traumatisée toute sa vie. Enfant instable et turbulente, elle devint cependant une femme rebelle et indépendante. Pour elle, l’art était une sorte de thérapie, d’exutoire pour s’émanciper de ce traumatisme. 

Pendant un temps, dans sa jeunesse, elle fut mannequin pour Vogue et Life Magazine. A 18 ans, elle se maria avec Harry Mathews, écrivain. Alors qu’ils étaient encore jeunes, ils eurent deux enfants. De nature révoltée, pourtant issue d’une très ancienne lignée aristocratique française, elle refusa le puritanisme religieux et déménagea à Paris avec son mari et sa première fille, Laura. 

Hospitalisée à Nice en 1953 suite à une dépression, Niki de Saint Phalle dessina et peignit beaucoup pendant son rétablissement ; elle décida alors de se consacrer totalement et pleinement à son art. Deux ans plus tard, elle accoucha d’un petit Philip. 

Sa rencontre avec Jean Tinguely lui permit de rejoindre le groupe des Nouveaux Réalistes. Elle s’installa d’ailleurs avec ce dernier après son divorce. C’est durant ces années-là qu’elle réalisa ses premières œuvres dont Tir, qui suscita l’indignation et le scandale et qui eu un retentissement mondial. 

Œuvre Tir, 1961, plâtre, peinture, métal et objets divers sur de l’aggloméré, 175x80cm, 60 à 80 kg, Centre Pompidou, Paris : peinture performance qui vise à, selon elle, « tirer sur la société et ses injustices ». 

En 1971, elle épousa Jean Tinguely, et travailla sur des installations monumentales à Paris comme la Fontaine Stravinski ; et même des films, comme Daddy en 1972.

Son engagement

Niki de Saint Phalle était une artiste engagée politiquement, et résolument féministe. Elle n’a cessé de représenter des épisodes de sa vie à travers son œuvre. Expliquant plus tard qu’elle avait été élevée « pour le marché du mariage », et qu’il était pour elle hors de question de ressembler à sa mère, elle commença à créer les Nanas en papiers collés dès 1964. Pour elle, elles étaient les représentations de la femme « libérée du mariage et du masochisme ». 

« Elles sont elles-mêmes, elles n’ont pas besoin de mecs, elles sont libres, elles sont joyeuses ». 

Image 1 : Gwendolyn, 1966, en face du musée de Stockholm. 

Image 2 : Nana hors du musée d’art moderne de Tinguely à Bâle. 

Image 3 : Nana à Montréal

Mais son engagement ne s’arrêta pas là : elle créa des immenses phallus colorés lors de la propagation du virus du sida, pour inciter les gens à se protéger. 

Elle dénonça également, tout au long de sa vie, les violences faites aux personnes noires aux USA, et la domination masculine et patriarcale. 

Sa fin 

Pendant nombre d’années, Niki de Saint Phalle a travaillé sur ses œuvres avec des matériaux qui sont aujourd’hui reconnus comme dangereux pour la santé, et au mépris des règles de sécurité : elle inhala beaucoup de vapeurs toxiques, ce qui l’a conduite à souffrir d’inflammations et de gonflements dans ses poumons. A 71 ans, en 2002 donc, elle décéda alors d’une insuffisance respiratoire.

Article de : Tifenn Genestier

Partager :

[Portraits de personnalités inspirantes : Margaret Keane l’ombre des Big Eyes (1927) ]

Margaret Keane est une artiste peintre américaine connue pour ses portraits originaux d’enfants et d’animaux aux yeux surdimensionnés mais dont le mérite a longtemps été attribué à son ancien époux, Walter Keane.

Margaret Keane, de son vrai nom Peggy Doris Hawkins, est née le 15 septembre 1927 à Nashville dans le Tennessee. Immergée dans l’art dès son plus jeune âge, très vite elle témoigne de son penchant pour la création de personnages aux grands yeux menaçants. Elle ira étudier au Watkins Art Institute de Nashville et à la Traphagen School of Design de New York avant d’épouser Frank Ulbrich avec qui elle aura une fille, Jane. 

Le travail de Margaret Keane est influencé par Amedeo Modigliani sur la façon dont elle peint les femmes. Van Gogh, Gustav Klimt et Picasso ont également influencés Margaret dans l’utilisation de la couleur, la dimension et la composition de ses toiles. Elle travaille à la fois sur des peintures à l’acrylique et à l’huile.

Le basculement de sa vie commence au début des années 1950, lorsqu’elle quitte son époux avec sa fille, et décide de s’installer à San Francisco. Alors que sa nouvelle vie dans sa nouvelle ville débute, Margaret rêve de pouvoir vivre de ses peintures représentant les êtres vivants qui l’entourent. Elle leur dessine de grands yeux, ressemblant à des biches, qui permettent de traduire les émotions qui se cachent dans chacun de ses personnages. Elle en fait sa signature à travers des portraits d’enfants et se concentre sur les yeux car dévoilant plus la personne intérieure. On retrouve dans ses tableaux la joie, la compassion et l’amour. Ce feu d’artifice de sensations, distingue Margaret des autres artistes de son époque. 

C’est à cette même époque, en 1953, qu’elle rencontre Walter Keane avec qui elle se marie à Honolulu en 1955. A partir de ce moment commencent les années d’oppressions subies par Margaret. En effet, celui-ci réussit à s’approprier les toiles de Margaret et vend les oeuvres de son épouse sous son nom. Alors que ces oeuvres remportent un grand succès, la véritable artiste reste dans l’ombre de son mari. 

Après 10 ans de vie commune, Margaret Keane part s’installer à Hawai et décide de se rendre justice. Après l’approfondissement de sa foi en devenant Témoin de Jéhovah, elle dénonce la supercherie de son mari grâce à une radio locale. Alors que Walter Keane réclame des droits sur les oeuvres, le conflit mène au divorce des deux époux. Lors du procès, Margaret prouve qu’elle est bien l’auteur des tableaux et peint elle-même une toile devant le juge en 53 minutes. Walter Keane, quant à lui, refuse de se prêter au jeu. La vérité est rétablie et Margaret reçoit des dommages et intérêts.

Le nom de Margaret Keane a été remis sur le devant de la scène grâce à l’adaptation cinématographique de son destin, comme dans Sleeper (1973) de Woody Allen et dans Big Eyes (2014) de Tim Burton. Dans Big Eyes Tim Burton met à la lumière du grand public la vie et l’oeuvre de l’artiste, ainsi que la scandaleuse injustice infligée par son ancien mari. Ce film biographique met en scène Margaret, jouée par l’actrice Amy Adams, et Walter, joué par l’acteur Christoph Waltz. On voit également l’artiste apparaitre elle même dans l’une des scènes du film.

Aujourd’hui, Margaret Keane continue de peindre chez elle, à Napa, en Californie. L’explication de ses oeuvres se trouve dans ses mots: « Les yeux que je dessine sur mes enfants sont une expression de mes sentiments les plus profonds. Les yeux sont les fenêtres de l’âme ».

Cet article n’engage que son auteure.

Article de : Nastasia Syed

Partager :

[Portrait de personnalités inspirantes : Séraphine Louis]

Séraphine Louis :  Une mystique au geste naïf 

Séraphine Louis, Les Grappes de raisins (vers 1930), Paris, musée Maillol.(Source : Musée Maillol)

Séraphine de Senlis – Bouquet de mimosas

Séraphine Louis, Bouquet de mimosas, vers 1925, Musée de Laval (source : Musée de Laval)

Séraphine Louis est une artiste peintre autodidacte appartenant au groupe des Naïfs méconnue du grand public,  au regard de la postérité du Douanier Rousseau. Pourtant cette femme à la vie tourmentée figure très vite parmi les artistes de prédilection de grands  collectionneurs du début du XXe.  

Séraphine Louis, ou Séraphine de Senlis, est née le 3 septembre 1864 à Arcy dans l’Oise. Orpheline, elle est placée dans une famille à côté de Paris avant d’être recueillie dans un couvent à Senlis en 1882. Cette enfance particulière marque sa vie d’artiste peintre d’une grande spiritualité qui guide sa peinture. 

Très vite, elle devient femme de chambre au service de la bourgeoisie dans l’Oise, et guidée par des voix et visions divines elle se met à peindre avec très peu de moyens. Elle réalise des natures mortes de fleurs, fruits et plumes, en créant ses propres peintures à base de ripolin et de colorants naturels comme du sang animal. 

Son geste est vif, primitif ce qui permet la création de pièces uniques, poétiques. Ses natures mortes aux couleurs vives ne laissent pas présager d’une telle condition matérielle pour l’artiste. Ses bouquets sont emprunts de quelque chose d’unique qui relève du merveilleux, du divin de par la frénésie du motif et du geste créateur. 

Elle est rapidement repérée par le critique et marchand d’Art allemand Wilhelm Uhde chez qui elle travaille comme femme de ménage depuis 1912. Elle peint alors dans la plus grande précarité sur des pots, du carton, des assiettes. Wilhelm Uhde repère malgré cela le talent de la jeune femme et ses compositions inédites, et devient très vite son mécène. En 1927, elle présente six toiles à la Société des Amis des Arts, à l’Hôtel de Ville de Senlis encouragée par Wilhelm Uhde. 

Elle peint grâce à ses nouveaux revenus sur de très grands formats, d’immenses compositions de fleurs et de fruits bigarrées toujours aussi fascinantes. Ses œuvres constituent un renouveau pour la nature morte, sa naïveté est habitée par le merveilleux. Les fleurs et les fruits sont des formes qui signifient le divin, l’infiniment grand et l’infiniment petit de cette création divine qui l’anime. Elle se nourrit des thèmes chrétiens comme l’arbre de vie et travaille ses compositions avec des couleurs vives et lumineuses à la manière des vitraux. 

Wilhelm Uhde organise une exposition à Paris « Les peintres du Cœur sacré » où elle est exposée parmi d’autres artistes autodidactes comme Le Douanier Rousseau ou Louis Vivin,  qui peignent le quotidien avec des couleurs intenses et un dessin « naïf ». Un tournant dans sa vie d’artiste d’autant qu’en 1928 pour la première fois un musée allemand achète une de ses toiles. 

Mais Séraphine Louis finit par rencontrer des problèmes financiers au moment de la crise financière des années 1930, elle sombre dans des délires paranoïaques. En janvier 1932 ses crises à répétition entraînent son internement à l’hôpital psychiatrique de Clermont-de-l’Oise. Le 11 décembre 1942, l’artiste décède après dix ans d’internement où elle a cessé de peindre et se fait enterrer dans une fosse commune du cimetière de Clermont. Tragique et misérable fin de vie pour une artiste si unique et autodidacte. Encore aujourd’hui son oeuvre est encore bien mal connue du grand public, c’est pourquoi nous vous invitons pour en savoir plus sur sa vie à écouter et regarder ce court hommage à Séraphine Louis diffusé le 18 avril 1969 sur l’ORTF : Picardie – Sur les pas de Séraphine à Senlis

Cet article n’engage que son auteure ! 

Article de : Mariette Boudgourd

Partager :

[Portrait de personnalités inspirantes – André Malraux]

André Malraux est né le 3 novembre 1901 à Paris d’un père appartenant à une famille de tonneliers et d’une mère fille d’épicier. Il grandit avec cette dernière à Bondy après la séparation puis le divorce de ses parents. C’est dans cette ville qu’il commence sa scolarité, plus tard il renoncera au baccalauréat, n’ayant pu intégrer le lycée Condorcet.

Commence alors son éducation autodidacte, André Malraux apprend le sanskrit et le chinois à l’École des langues orientales, fréquente l’École française d’Extrême-Orient et celle du Louvre, lit abondamment. Ce cumul de connaissances le mène à l’écriture de son premier article en janvier 1920 intitulé « Les origines de la poésie cubiste » pour la revue de lettres et d’idées Connaissance. L’année suivante c’est son premier livre qui voit le jour Lunes en papier, un ouvrage accompagné d’illustrations de Fernand Léger et publié par Kahnweiler, dédié au poète Max Jacob qu’il admire.

Son mariage le 21 octobre 1921 avec Clara Goldschmidt marque un tournant, lui octroyant une liberté matérielle qui donne vie à ce qui deviendra sa passion des voyages. Ils découvrent alors tous deux musées et nouvelles cultures.

C’est en octobre 1923, lors d’une mission archéologique au temple cambodgien d’Angkor, qu’André Malraux et Louis Chevasson scient et dégradent des sculptures du temple de Banteay Srei. Ils sont alors inculpés par les autorités mais laissés en liberté.

Le duo Malraux / Chevasson fait une seconde fois face aux autorités, mais cette fois-ci de Saïgon, en 1924, tous deux condamnés à des peines de prison ferme. Malraux était alors en contact avec les chefs révolutionnaires annamites, chinois et soviétiques, prenant part à la création du mouvement Jeune Annam perçu comme l’ancêtre du Viet-Minh. La peine sera toutefois en appel transformée en un an de prison avec sursis.

L’engagement de Malraux ne prend pas fin avec son retour en France.

Il milite contre le colonialisme :

En 1925 il crée avec l’avocat Paul Monin L’Indochine (qui après rachat devient L’Indochine enchainée), journal anticolonialiste. Il rencontre en Chine des agents du Kuomintang, visite l’Inde, l’Afghanistan, le Japon. Ses nombreux écrits reflètent alors son engagement, son attachement pour le continent asiatique et sa considération pour sa population. Il remporte ainsi le 7 décembre 1933 le prix Goncourt pour La condition humaine.

Il est militant anti-fasciste :

André Malraux s’engage également en 1936 pour la cause des républicains pendant la guerre d’Espagne. Il y prend part en tant qu’aviateur, créant et dirigeant l’escadrille España composée de volontaires. En 1937 il se rend aux États-Unis, cherchant des soutiens et des fonds pour les hôpitaux espagnols.

Le pacte germano-soviétique de 1939 marque sa séparation du communisme. En 1940 il est mobilisé dans les chars, blessé, fait prisonnier mais parvient à s’échapper en zone libre. Il entre à terme dans la résistance française.

De cet engagement dans la résistance résulte la rencontre avec Charles de Gaulle dont il devient, en août 1945, le conseiller culturel pendant la gouvernance provisoire. En novembre de la même année, il est nommé ministre de l’information.

Pendant la fin des années 1940 et les années 1950 André Malraux donne des conférences comme « L’homme et la culture » en Sorbonne et publie des ouvrages portant sur l’art et la culture. Il reprend également ses voyages.

C’est en 1959 qu’il est nommé Ministre d’État puis ministre d’État chargé des affaires culturelles. Il donne alors de nombreux discours dans le cadre de ses fonctions, notamment le 8 mars 1960, alors président de la cérémonie rendue au siège de l’UNESCO inaugurant la campagne internationale pour la sauvegarde des monuments de la Nubie.

Suite à sa rencontre avec John Fitzgerald Kennedy il est désigné pour accompagner la Joconde aux États-Unis en 1963.

Il inaugure également nombre de maisons de la culture, établissements créés dès 1961 à son initiative visant à rendre la culture accessible à tous.

Mais c’est son oraison funèbre de 1964 pour l’entrée de Jean Moulin au Panthéon qui marque les esprits avec la formulation « Entre ici Jean Moulin (…) ».

André Malraux quitte le gouvernement le 28 avril 1969 après la démission du Général de Gaulle.

Avec les années 1970, il entre dans sa dernière décennie marquée par l’enregistrement d’entretiens avec Jean-Marie Drot de 1974 à 1976 pour l’émission de télévision « Journal de Voyage avec André Malraux à la recherche des arts du monde entier ».

André Malraux décède le 23 novembre 1976. Un hommage national lui est rendu dans la cour carrée du Louvre quatre jours plus tard. Ses cendres sont à leur tour transférées au Panthéon le 23 novembre 1996.

Article de : Yacine Navenot

Partager :