Aujourd’hui, nous célébrons la journée de la Tolérance. Son histoire remonte à 1995 lors du cinquantième anniversaire de l’Acte constitutif de l’UNESCO, adopté ce même jour en 1945. Voilà donc un quart de siècle qu’a été rédigée La Déclaration de principes sur la tolérance qui affirme la ligne directrice des missions menées par les États membres des Nations unies.

S’en est suivi la création du Prix UNESCO-Madanjeet Singh 2020 visant à faire reconnaître les fruits de la tolérance et de la non-violence. Il est décerné cette année au Centre de Résolution de Conflit pour son action en République démocratique du Congo.

Protéger l’enfance, un combat pour l’avenir

C’est au nord-est de la RDC où les conflits armés sont endémiques que depuis 10 ans, le CRC vient au secours d’enfants soldats et les aide à réapprendre une existence digne de leur jeunesse, en termes d’éducation, d’attachement culturel et d’accès à  la formation. La plupart de ces jeunes soldats ont entre 7 et 16 ans et se sont enrôlés volontairement à force de précarité ou bien ont été kidnappés parfois directement dans leurs écoles. En orchestrant une médiation sur le long terme, avec l’aide d’agences de protection de l’enfance, la mission des Nations Unies au Congo, et en facilitant le dialogue entre les dirigeants de ces groupes armés, près d’un millier d’enfants ont quitté les armes et ont bénéficié d’un accompagnement quant aux séquelles que créent ces expériences à ce stade essentiel de la vie.

L’éducation, ou comment donner toutes les possibilités

Outre cette protection du vol de l’enfance, cette organisation participe activement au rétablissement de l’entente entre les communautés congolaises en créant un cercle vertueux de communication. L’intolérance a ici donné lieu à des persécutions violentes,  alors les membres du CRC ont pour objectif d’éviter ces conflits en créant une communication fondée sur la compréhension mutuelle.

En acte, cela signifie que des formations ont été dispensées dans des coopératives agricoles pour permettre localement de meilleures capacités d’exploitation en matière d’innovation agraire et de gestion financière des exploitations, dans un climat le plus pacifique possible.

A travers ce rassemblement éducatif au travail ayant pour but d’améliorer la coexistence des communautés, ce sont plusieurs générations locales qui voient éclorent les fruits de la patience et de la détermination du Centre Résolution Conflits. L’impact socio-culturel de cette initiative est encouragé par l’Unesco et le prix décerné aujourd’hui hisse ses acteurs au titre d’exemples à suivre dans le processus de création d’une paix durable.

La médiation comme principe actif

Le nerf de la guerre civile entre les communautés résulte de la difficulté à “faire société”. La tolérance inhérente à ces initiatives constructrices applique raisonnablement les préceptes d’une médiation, d’un dialogue pacifique, qui manquent cruellement en République Démocratique du Congo. Le CRC assume alors différentes fonctions: celle de recréer ce lien social, puis de prévenir les conflits et de les résoudre en se plaçant en tant que tiers dans les discussions.

Ces dix dernières années de travail sur place avec l’aide de l’UNICEF a permis de contrer de lourdes craintes de stigmatisation entres les communautés. C’est précisément dans l’instauration systématique de ces dialogues interethniques que le CRC se porte garant de la responsabilité et de la liberté des personnes aidées. Une fois les enfants instruits, et les tribus réconciliées par la formation aux dynamiques de production, les paroles se rencontrent et s’expriment au-delà de hiérarchies insidieuses.

En 2019, la carte interactive du site Peace Insight résumait en cinq points les projets menés à bien par le CRC:

  • Médiation entre les milices et les forces des Nations Unies pour obtenir la libération en toute sécurité de 5 000 villageois pris en otage;
  • Négociation avec la milice Maï-Maï pour obtenir la libération des enfants qu’ils avaient enlevés pour les utiliser comme enfants soldats;
  • Intervention dans le camp de réfugiés d’Eringeti, qui abrite 30 000 personnes ethniquement diverses, où de violents combats avaient éclaté;
  • Mettre en place un comité de paix impliquant les anciens de chaque clan, l’ONU, les politiciens locaux, les services de sécurité et les groupes religieux; et
  • Former différentes tribus à éviter et résoudre les conflits.

Article de : Albane Levesque

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