L’art est souvent un enjeu lors des conflits, la Seconde Guerre mondiale n’échappant aucunement à cette exception.

Effectivement, les nazis ont été à l’origine de la spoliation d’oeuvres d’art la plus massive, évaluée à plus de cinq millions de tableaux et sculptures. En conséquence, un groupe est formé en juin 1943, nommé les « Monuments Men », par le général Eisenhower et dont l’objectif est de de suivre les Alliés afin de récupérer les très nombreuses œuvres d’art dérobées par les nazis.

Créés grâce à l’initiative du conservateur et directeur de musée américain George L. Stout, ces « Monuments Men » sont des conservateurs, historiens, archivistes, au nombre d’environ 350 et issus de treize nationalités différentes.

Leur travail a notamment fait l’objet d’un ouvrage écrit par Robert M. Edsel et paru en 2007, ainsi que d’un film réalisé par George Clooney sorti en 2014.

Ces derniers reconstituent l’enjeu de l’appropriation des œuvres par le régime nazi, par leur caractère historique, mémoriel, symbolique (en somme, les oeuvres d’art -outre leur appréciation esthétique- ne sont-elles pas la représentation du devenir même de l’humanité en liant passé, présent et futur ?).

Ainsi, le combat de ces hommes et femmes consiste à restituer les biens culturels provenant des collections Rothschild ou de Paul Rosenberg, ainsi que des oeuvres éminemment emblématiques telles que L’Agneau mystique – dit aussi Retable de Gand- des frères Van Eyck ou la Madone de Bruges de Michel-Ange.   

Néanmoins, leur mission ne fut pas sans obstacles, au sein même des troupes alliées, dans un premier temps faisant sourire certaines, agaçant d’autres.

Leur rôle évolue toutefois lorsque les Alliés pénètrent en Allemagne, le film y étant relativement fidèle en explicitant l’utilité de figures comme Rose Valland, conservatrice du Jeu de paume pendant l’Occupation, qui lista en secret le contenu des caisses contenant les collections privées, ce qui fut notamment utile aux Alliés lors des mines de sel d’Altaussee et de Heilbronn où était amassée une partie du butin.

Leur histoire trop longtemps restée dans l’ombre, est aujourd’hui redécouverte. Incarnant un « état d’esprit » selon l’écrivain Robert M. Edsel, les « Monuments Men » ont joué un rôle primordial, nécessaire à la sauvegarde de la mémoire personnelle et collective, en préservant  notre devenir par la survivance du passé dans notre présent avec la symbolique et l’histoire que ces œuvres évoquent et représentent.

Sources :

Article de Noémie Ngako.

Cet article n’engage que son auteure.

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