C’est une exposition très touchante qui se tient actuellement au Louvre Lens, jusqu’au 25 janvier prochain.

En guise d’introduction la direction du musée rappelle comme il tient à coeur de donner la parole à cette couleur qui est emblématique de l’histoire de la région du Pas de Calais. De manière très naturelle c’est ainsi que l’espace du musée rend hommage au passé minier qui se trouve sous ses fondations.

Au fil des pièces du musée, peintures, sculptures et fragments monumentaux orchestrent une symphonie envoûtante, qui rassemble en un congrès éblouissant des oeuvres que le temps sépare de plusieurs siècles voire millénaires.

De la statuaire égyptienne, à l’aube du XXI e siècle une histoire vivante du noir se dévoile peu à peu en laissant la belle part à notre imaginaire individuel et collectif. Notre rapport à l’obscurité s’interroge, et les contrastes se font de plus en plus nets dans notre perception: vision réelle ou vision rêvée, mort et éternité, l’ombre et l’éblouissement, mystères et évidences…On en retient que ces dualités semblent nécessaires à la prise de conscience de la force des beautés multiples.

On rencontre un rideau de nuit et le basculement du jour, dans la peinture du XIX e siècle qui trône tout au long du parcours. En filigrane, l’art sacré médiéval et la spiritualité sont clairement expliqués et s’en suit la représentation ténébriste de la figure humaine. Le noir inséparable de la lumière permet d’admirer le lien entretenu avec cette densité dans l’histoire des idées, et en peinture une délicate histoire du costume nous introduit aux différentes pensées qui se conjuguaient dans le port du noir, témoin de prospérité, de sobriété religieuse et de deuil.

Il est très intéressant de comprendre quelles sources mènent à une telle production, et c’est ainsi que se croisent les textes sacrés, la mythologie, et la poésie en particulier avec la série des Noirs d’Odilon Redon inspirée des vers d’Edgar Allan Poe par exemple.

La richesse de cette exposition repose sur la diversité de la provenance des œuvres présentes au Louvre Lens, sur leur grand format tel l’Ombre de Rodin, mais aussi par les formes qu’elle prend tout particulièrement en ce moment de flottement et d’adaptation vitale pour les musées en ces temps de confinement.

Les organisateurs ont dû composer une installation surprise par des annulations de prêt et adapter la scénographie des salles en conséquence. De plus, c’est avec un grand enthousiasme que nous pouvons encore participer à ce voyage grâce aux contenus virtuels créés pour maintenir l’expérience artistique. Le site du louvre lens à la maison propose une réinvention de la médiation à travers des explications d’oeuvres en podcasts ( https://www.louvrelens.fr/podcasts-exposition-soleils-noirs/ ), une visite virtuelle et diverses activité en lien avec cette exposition d’une grande beauté.

Pour continuer le voyage:

Visite Virtuelle par la directrice du Louvre Lens

L’univers d’Odilon Redon:

https://www.connaissancedesarts.com/arts-expositions/odilon-redon-noirs-et-lumineux-dessins-symbolistes-11137628/

ns-symbolistes-11137628/

Soulages et Hartung, une amitié scellée dans le noir

http://www.lecurieuxdesarts.fr/2018/03/une-amitie-scellee-dans-le-noir-pierre-soulages-et-ha

ns-hartung-christie-s-paris.html

Les Fables de La Fontaine illustrées par Gustave Doré

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65833937/f243.item

Article de : Albane Aumond Levesque

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