Le siège de SONU nous a annoncé que notre association entamait un partenariat avec Cop’1 – Solidarités étudiantes en décembre alors, lorsque l’on a proposé à certains membres actifs de se joindre à leur équipe pour leur porter main forte lors d’une des deux distributions alimentaires hebdomadaires, je n’ai pas hésité une seconde. Depuis mon entrée à Paris 1 Panthéon Sorbonne en septembre, j’entendais parler de cette association, je la voyais sur les réseaux sociaux, et même récemment à la télé ! Alors j’y suis allée le vendredi 29 janvier. Résumé d’une soirée avec les Co’p1 – Solidarités étudiantes.

    Co’p1 – Solidarités étudiantes, c’est quoi ? 

L’association Co’p1 – Solidarités étudiantes se veut apartisane avec pour seul et unique but de venir en aide aux étudiants qui sont extrêmement fragilisés à cause de la crise du Coronavirus. Elle effectue principalement des distributions de denrées aux étudiants, mais pas que. Elle s’efforce de les accompagner, tant sur le point psychologique qu’humain pour les aider à traverser cette période le plus sereinement possible. Fondée en septembre 2020 avec son président Ulysse Guttmann-Faure, étudiant en double Licence de Droit et Science Politique, l’association ne compte pas moins de 200 bénévoles, répartis dans 10 pôles. Oui, car il y a une chose à laquelle je n’avais pas pensé : c’est un projet tellement énorme, qu’il ne peut pas être porté par des effectifs restreints.

    Les missions de Co’p1 – Solidarités étudiantes

Souvent, les gens la connaissent comme une association de distribution alimentaire. Pourtant, elle est, elle représente tellement plus que ça. Alors que les étudiants récupèrent leur panier de nourriture, ils peuvent aussi bénéficier de produits d’hygiène, comme du dentifrice, des masques chirurgicaux – indispensables ces derniers temps – et des serviettes hygiéniques, réutilisables ou jetables, pour lutter contre la précarité menstruelle. 

Co’p1 – Solidarités étudiantes, c’est aussi un accompagnement à chaque instant. Avant de partir, les étudiants peuvent aussi s’entretenir avec des bénévoles qui font de leur mieux pour leur apporter les réponses dont ils ont besoin – aides au logement, Sécurité sociale, trêve hivernale, aides psychologiques – ou simplement leur parler, les écouter et les réconforter pour affronter cette vie suspendue depuis maintenant presque un an. 

    Bienveillance 

Bienveillance. Pour beaucoup, c’est le nouveau mot à la mode, dont les contours définitionnels sont bien flous. Pourtant, ce mot représente exactement ce que l’on ressent lors de la préparation et de la distribution des paniers. Arrivée à 16h30, je ne connaissais personne mais je n’ai eu à attendre qu’une poignée de seconde avant que l’une des bénévoles prenne le temps de m’expliquer l’organisation de la soirée. A ce moment-là, tous semblaient se connaître, alors que certains venaient pour la première fois. De l’entraide, de la coopération, voilà les rapports qu’avaient les bénévoles entre eux. De la gentillesse, de la compréhension, de la tendresse aussi. Voilà ce que j’ai ressenti : de la sollicitude qui fait chaud au cœur. Tous ensemble, nous faisions des chaînes humaines pour distribuer pommes de terre, carottes et oignons dans les sacs floqués au nom de l’Association, maintenant reconnaissables entre 1000. Ensemble, nous avons déballé, rangé les denrées, organisé les stands. 

Solidarité

18h30. Les premiers étudiants bénéficiaires des paniers ont commencé à entrer. Tout à coup, on a allumé une enceinte portable, de la musique a commencé à retentir dans la salle et bientôt, j’aperçu les premiers sourires dissimulés par les masques, cafés distribués dehors en mains, pour lutter contre le froid mordant d’une nuit hivernale. J’ai vu des jeunes, et des moins jeunes, des étudiants étrangers, des Français, des filles et des garçons, des habitués et des “petits nouveaux”. Tous étaient reconnaissants, nous remerciaient, voulaient s’engager dans l’Association aussi. Drôle de sentiment : être heureux d’aider, mais triste de devoir le faire. Là aussi, et car l’un ne va pas sans l’autre, la solidarité était constamment accompagnée de bienveillance, de mots encourageants et de petites blagues ; pour reconstruire l’espace d’un instant ce lien social que tant ont perdu ces derniers mois. Comme une bulle de joie, dans une vie qui paraît sous bien des aspects très sombre. 

Et finalement vint la fin de la rencontre, le rangement des cartons, le lavage du sol, l’entreposage des denrées qui elles seront écoulées le lendemain après midi. Le moment de dire au revoir aussi, de remercier d’avoir eu l’occasion de participer, et d’être félicité pour le travail accompli. 

Alors, on entend que les jeunes sont irresponsables et égoïstes, conséquences évidentes de leur immaturité. Moi, c’est tout l’inverse que j’ai vu ce vendredi 29 janvier au soir. J’ai vu des étudiants aider leurs pairs dans le besoin, en respectant les gestes barrières, en discutant joyeusement, en prenant leurs responsabilités quand il le fallait pour régler le moindre problème qui pouvait subvenir. J’ai vu des étudiants venant pour leur panier repas, repartir avec les informations nécessaires pour faire partie de l’équipe des Cop’1 – Solidarités étudiantes eux-aussi. J’ai vu des étudiants dans le besoin, nous souhaitant bon courage. Finalement, j’ai vu cette Humanité que la société a tant perdu durant cette dernière année. 

Article de : Tifenn Genestier

Cet article n’engage que son auteure.

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