Depuis 2007, une partie de la ville de Bordeaux est inscrite au patrimoine de l’Unesco. Gage de l’importance culturelle et architecturale du port de la Lune ainsi que de ses environs, une telle reconnaissance prend du temps mais s’inscrit dans une démarche de préservation du patrimoine pour les générations futures.

C’est en 2003 que la Ville de Bordeaux met en place des instances de réflexions sur une possible inscription au patrimoine de l’Unesco de certains quartiers. Le processus est long afin de monter un dossier solide, construit avec l’aide d’historiens, d’architectes, de scientifiques, de partenaires locaux et de l’Etat. La particularité de la ville est la large étendue urbaine qu’il est possible de présenter dans la catégorie « Ensemble Urbain Exceptionnel ». Après 4 ans de travail, le Comité du patrimoine mondial valide l’inscription de Bordeaux au patrimoine mondial de l’Unesco, le 28 juin 2007.

Sur les 4455 hectares qui composent la ville, ce sont 1810 d’entre eux qui sont inscrit au Patrimoine de l’Unesco en juin 2007, une superficie d’une ampleur encore jamais inaugurée par l’Unesco. Cette délimitation inclut principalement le Port de la Lune et la rive gauche de la Garonne ainsi que les grands boulevards, s’arrêtant au niveau de la gare. Cet ensemble d’une grande étendue est composé d’une mosaïque de quartiers aux identités particulières. Autour de ces 1800 hectares, une zone d’attention patrimoniale de 3700 hectares forme un espace tampon entre le centre ville et les communes alentoures.

Si cette vaste zone est aujourd’hui reconnue comme un chef d’oeuvre architectural et urbain, c’est notamment pour ses constructions classiques et néoclassiques donnant à la ville une unité et une cohérence remarquable. Illustrant le succès de la philosophie des lumières et son rôle de ville marchande, en lien avec la Grande Bretagne et les Pays Bas depuis plusieurs siècles, Bordeaux et son port sont un symbole l’humanisme, d’universalité et de culture. En effet, la ville est cosmopolite depuis le 18ème siècle et son port n’a pas changé de fonction, les deux étant lisible dans l’architecture urbaine. Le commerce effectué a tout de même évolué puisque durant près d’un siècle, Bordeaux est le deuxième port en nombre d’expéditions participant à la traite négrière. Disparu depuis 1837, cette période a permis une forte croissance et un enrichissement de la ville. Cette richesse ayant permis une forte progression architecturale, l’authenticité du bâti est aujourd’hui ce que l’inscription au patrimoine de l’Unesco permet de mettre en avant.

La reconnaissance par l’Unesco de l’importance culturelle du centre ville Bordelais n’est pas qu’une simple inscription à une liste : c’est une manière de s’engager pour la préservation du patrimoine. Il est alors primordiale d’entretenir et de protéger ce lieu afin de le transmettre aux générations futures tout en leur laissant des moyens matériels, juridiques et humains pour le préserver. La ville de Bordeaux a donc mis en place un plan de gestion, mis à jour afin de répondre à ces besoins de préservation et de transmission, dépendant en partie des évolutions de la société. Il permet aussi de concilier les exigences économiques et de qualité de vie avec la conservation du patrimoine.

9ème ville la plus habitée de France, toujours en développement économique, Bordeaux reste un site architectural et urbain à conserver en l’intégrant dans le développement de la ville et la mondialisation afin de pouvoir profiter de cet héritage encore longtemps.

Article de : Anaëlle Rapet

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